Albert Thibaudet

critique littéraire, historien et professeur français
Albert Thibaudet
Albert Thibaudet années 1930.jpg
Albert Thibaudet, années 1930.
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Albert Thibaudet, né à Tournus (Saône-et-Loire) le et mort à Genève le , est un critique littéraire français très apprécié de l'entre-deux-guerres, qui écrit pour La Nouvelle Revue française (NRF) de 1912 à sa mort.

BiographieModifier

Jeunesse et formationModifier

Albert Thibaudet est issu de la bourgeoisie bourguignonne, son père était l'un des notables du radical-socialisme de la Saône-et-Loire.

Ancien élève d'Henri Bergson, il fut influencé par le bergsonisme.

L’Académie française lui décerne le prix d'éloquence en 1896[1].

Il séjourna en Grèce de 1901 à 1903 et publia ses réflexions à la suite de ce séjour dans Les Images de Grèce.

Il commença une carrière littéraire sans connaître le succès. En 1897, il publia Le Cygne rouge, un drame symboliste en vers et en prose, influencé par l'œuvre de Mallarmé. Il publia ensuite des essais et en 1912, publia son premier ouvrage de critique, La Poésie de S. Mallarmé. Influencé par la théorie de Bergson sur l'intuition, il l'appliqua à la création littéraire.

Carrière professionnelleModifier

Il mena de front une carrière d'enseignant et de critique littéraire. Albert Thibaudet est l'un de ceux qui eurent le plus d'influence sur la littérature française pendant de l'entre-deux-guerres.

En , il fut mobilisé au 60e régiment territorial en tant que caporal et partit pour la Grande guerre, emmenant dans son havresac quelques maîtres-livres, dont L'histoire de la guerre du Péloponnèse de Thucydide. Il n'a jamais combattu bien qu'il ait passé, avec le 260e régiment territorial, quelques semaines dans les tranchées de première ligne, à des tâches de soutien. Affecté en 1917 au 45e régiment territorial, toujours pour des taches à l'arrière, il n'est démobilisé qu'en [2].

Il fut titulaire de la chaire de littérature française à Genève de 1924 à sa mort.

On lui doit la fameuse expression « la République des professeurs » (titre d'un de ses ouvrages à propos du Cartel de 1924 qui réunissait Herriot, Blum et Painlevé, tous sortis de la rue d'Ulm), que l'on oppose aujourd'hui à la « dictature des médias », notion développée par Louis Porcher. On lui doit aussi la phrase : « Si Paris est la capitale de la France, Lyon est la capitale de la province ».

 
Maison natale d'Albert Thibaudet, à Tournus.

Critique littéraireModifier

Pendant vingt ans, à partir de 1912, il tint la rubrique de critique littéraire à la NRF. Pour lui le critique doit communiquer au lecteur le plaisir de lire. Sa méthode critique allie la sympathie et le plaisir, le savoir et le goût.

Son érudition impressionnante lui permit de publier des essais sur Thucydide, sur Henri Bergson, Gustave Flaubert, Stendhal, Maurice Barrès, Paul Valéry, sur les partis politiques en France.

Ses Réflexions publiées entre 1938 et 1941 présente un classement, situant des courants et des générations littéraires. Il publia en 1936, Histoire de la littérature française de 1789 à nos jours.

René Rémond voit en lui « le fondateur de l'histoire des idées politiques ».

C'est aussi un européiste convaincu. Il participe en 1928 au premier cours universitaire de Davos, avec de nombreux autres intellectuels français et allemands.

Hommage et distinctionsModifier

Albert Thibaudet fut président d'honneur de la Société des amis des arts et des sciences de Tournus et membre de l'académie de Mâcon[3].

Le centre Thucydide (institut de recherche de l'université Panthéon-Assas (Paris II)) a créé, en 2008, un prix Albert-Thibaudet qui honore l'auteur d'un ouvrage francophone sur les relations internationales.

ŒuvresModifier

(Liste non exhaustive, classée par années croissantes de 1er éditions).

Extraits des publications de l'auteur parmi plus de 200 parutions[4] :

Parutions posthumes

Notes et référencesModifier

Note
  1. Essai que l'helléniste Jacqueline de Romilly qualifia d' « un des plus remarquables publiés sur Thucydide ».
Références
  1. « Prix d’éloquence de l'Académie française pour : Ronsard. D’une flamme divine allumer les esprits (Pièce no 16) », sur Académie française, (consulté le ).
  2. Michel Leymarie, « Thibaudet, poilu de l’arrière », Commentaire, Paris, Cairn.info, no 118,‎ , p. 515-527 (ISSN 0180-8214, DOI 10.3917/comm.118.0515, lire en ligne  , consulté le ).
  3. Lucien Taupenot, « Albert Thibaudet (1874-1936), un Tournusien critique littéraire “au bâton ferré” », Images de Saône-et-Loire, Mâcon, Groupe Patrimoines 71 / Archives départementales, no 124,‎ , p. 10 (lire en ligne, consulté le ).
  4. « Œuvres textuelles d'Albert Thibaudet », sur data.bnf.fr (consulté le ).
  5. Bernard Rigaux, « De Thucydide à la Grande Guerre avec Thibaudet », bulletin de la Société des amis des arts et des sciences de Tournus, Tournus, s.n., t. CXVI,‎ , p. 29-43 (ISSN 0153-9353).

Voir aussiModifier

BibliographieModifier

Articles

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