Albert Ayler

saxophoniste de jazz américain
Albert Ayler
Naissance
Cleveland (Ohio)
Drapeau des États-Unis États-Unis
Décès (à 34 ans)
New York
Drapeau des États-Unis États-Unis
Genre musical Jazz - free jazz
Instruments Saxophone ténor, saxophone alto, saxophone soprano
Années actives 1952 – 1970
Labels Bird Notes, Debut, ESP-Disk, Impulse!

Albert Ayler, né le à Cleveland (Ohio) et mort par suicide le à New York, est un saxophoniste (ténor, alto, et soprano) américain.

BiographieModifier

Issu de la petite bourgeoisie afro-américaine, il joue déjà à dix ans avec son père dans une fanfare, souvent lors des enterrements, et le dimanche à l'église. Il écoute à la maison de nombreux disques de jazz classique et bebop.

Après des cours de musique dans une école privée et dans une high school, il participe à un orchestre amateur fondé par un camarade. Son premier travail professionnel est une tournée avec l'orchestre rhythm and blues de l'harmoniciste Little Walter, en 1952. À vingt-deux ans, son service militaire l'amène en France, à Orléans (où, dans la fanfare du régiment, le 76th Army Band, il abandonne le saxophone alto pour le saxophone ténor), puis en Suède et au Danemark.

Il retourne à la vie civile en Californie, puis à Cleveland, mais son style en gestation heurte ses auditoires. De retour en Suède l'année suivante, il reçoit un meilleur accueil et enregistre en 1962 son premier disque avec deux musiciens locaux : Torbjörn Hultcrantz et Sune Spånberg ; puis, l'année suivante, le disque My name is Albert Ayler avec Niels-Henning Ørsted Pedersen. Au « Jazzhus Montmartre », à Copenhague (à l'époque sorte de quartier général du jazz scandinave), il joue fréquemment et écoute quelques hôtes presque permanents de cette région : Don Cherry, Don Byas et Dexter Gordon.

De retour à New York, il est engagé dans quelques night clubs de Greenwich Village, enfin porté par l'essor du free jazz. Mais en 1964, ses premiers enregistrements américains (des negro spirituals), en compagnie de Sunny Murray, Henry Grimes et Call Cobbs, ne trouvent pas d'éditeur. La firme ESP, vouée au jazz d'avant-garde, publie enfin la même année le premier d'une série de microsillons de compositions d'Ayler (le premier Ghost, est un des manifestes du free jazz). Le succès n'est toujours pas au rendez-vous. Il enregistre toutefois la musique du film New York Eye and Ear Control de Michael Snow.

De nouveau au Danemark, il retrouve Don Cherry dans l'Albert Ayler Quartet, puis, revenu à New York, il parvient à se produire avec son fidèle ami Sunny Murray et son frère Donald Ayler au Village Gate, au Town Hall, au Judson Hall, au Slug's.

En 1966, une longue tournée le conduit de nouveau en Europe. Il se produit le à la salle Pleyel, au Paris Jazz Festival. On retrouve une partie de ce concert sur le disque Lörrach, Paris 1966. L'accueil d'une partie de la critique est hostile (par exemple Jef Gilson). Mais il trouve en John Coltrane, conquis par son style (« he is profoundly ahead of me »), un appui de taille. Malheureusement pour peu de temps. À la mort de Coltrane, en 1967, ce sont les frères Ayler qu'il a chargés de la rituelle musique funéraire, la traditionnelle fanfare étant réduite à un simple quartet.

Introduit par Coltrane auprès des dirigeants du label Impulse!, accueillant tous les avant-gardistes, il produira une série de disques à un rythme assez soutenu jusqu'en 1969, accompagné par un personnel fluctuant, mais comportant fréquemment le violoniste Michael Sampson, le bassiste Alan Silva et le batteur Beaver Harris, auxquels se joint la chanteuse et poly-instrumentiste Mary Parks (Mary Maria). En 1969, il tente d'intégrer des musiciens de pop ou de rock, en des sortes d'essais de « fusion », sans grand succès.

En 1970, il donne deux concerts à la Fondation Maeght à Saint-Paul de Vence, et reçoit, enfin, un accueil triomphal. Quelques mois après, on le retrouve noyé dans le port de New York, à trente-quatre ans. Selon Daniel Caux, le meilleur connaisseur français d'Ayler et organisateur de ses concerts à la fondation Maeght, il s'agit d'un suicide.[réf. nécessaire]

DiscographieModifier

  • 1962 : Albert Ayler: The first recordings, vol. 1 (GNP Crescendo)
  • 1962 : The Albert Ayler: The first recordings, vol. 2[1] (DIW)
  • 1963 : Albert Ayler free jazz / My name is Albert Ayler (Freedom Records)
  • 1964 : Goin' home (Black Lion)
  • 1964 : Spirits (Witches & Devils) (Debut)
  • 1964 : Swing low sweet spiritual (Osmosis)
  • 1964 : Prophecy [live] (ESP)
  • 1964 : Spiritual Unity[2] (ESP)
  • 1964 : New York eye & ear control[3],[4](ESP)
  • 1964 : Vibrations (Freedom)
  • 1964 : The Hilversum session (Osmosis)
  • 1964 : The Copenhagen tapes (Ayler)
  • 1965 : Bells [live][5] (Calibre)
  • 1965 : Spirits Rejoice[6],[7](ESP)
  • 1966 : La Cave Live, Cleveland 1966[8]
  • 1966 : At Slug's saloon, vol. 1 [live] (Get Back)
  • 1966 : At Slug's saloon, vol. 2 [live] (ESP)
  • 1966 : Lörrach, Paris 1966[9] [live] (hatOLOGY)
  • 1966 : In Greenwich Village [live] (Impulse!)
  • 1966 : Albert Ayler: the cillage concerts, vol. 7 [live] (ABC / Impulse! / MCA)
  • 1966 : Complete live at Slug's
  • 1967 : Love cry (Impulse!)
  • 1968 : New grass (Impulse!)
  • 1969 : Music is the healing force of the universe (Impulse!)
  • 1969 : The last album (Impulse!)
  • 1970 : Live on the riviera[10]
  • 1970 : Nuits de la fondation Maeght - 1970, vol. 1 (Shandar)
  • 1970 : Nuits de la fondation Maeght - 1970, vol. 2[11] (Shandar)
  • 2017 : European Radio Studio Recordings 1964 (Hatology)
  • 2017 : Copenhagen Live 1964 (Hatology)

Note : Si l'on excepte quelques titres sous la direction de Cecil Taylor ou de Sunny Murray, Albert Ayler n'a enregistré que ses propres disques, et raconte sa vie et ses musiques aussi[12].

Rééditions chez Hathut Records[13] dans la collection Ezz-thetics, d'enregistrements ESP-Disk "revisités"[14].

Liens externesModifier

Notes et référencesModifier

  1. « Something Different! The First Recordings Vol. 1 & 2, by Albert Ayler », sur Go! Bop! (consulté le )
  2. « Spiritual Unity AND NEW Spiritual Unity 50th Anniversary Expanded Edition, by Albert Ayler », sur Albert Ayler (consulté le )
  3. « New York Eye & Ear Control, by Albert Ayler », sur Albert Ayler (consulté le )
  4. « New York Eye And Ear Control revisited, by Albert Ayler », sur ezz-thetics by Hat Hut (consulté le )
  5. « Albert Ayler: Bells & Prophecy: Expanded Edition (2 Disc), by Albert Ayler », sur Albert Ayler (consulté le )
  6. « Spirits Rejoice, by Albert Ayler », sur Albert Ayler (consulté le )
  7. « Spirits Rejoice & Bells revisited, by Albert Ayler », sur ezz-thetics by Hat Hut (consulté le )
  8. « La Cave Live, Cleveland 1966 revisited, by Albert Ayler », sur ezz-thetics by Hat Hut (consulté le )
  9. « Berlin, Lörrach, Paris & Stockholm. Revisited, by Albert Ayler Qintet », sur ezz-thetics by Hat Hut (consulté le )
  10. « Live On The Riviera, by Albert Ayler », sur Albert Ayler (consulté le )
  11. « Albert Ayler - Revelations, by Albert Ayler », sur Elemental Music Records (consulté le )
  12. « The Albert Ayler Story, by Albert Ayler », sur Albert Ayler (consulté le )
  13. « Hat Hut Records Ltd. », sur Discogs (consulté le )
  14. « REVISITED », sur Discogs (consulté le )

Voir aussiModifier

BibliographieModifier

Articles connexesModifier