Alain Tanner

réalisateur suisse
Alain Tanner
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Alain Tanner répondant à André S. Labarthe à la Cinémathèque française lors de la table ronde « Mai 68 a-t-il été filmé ? »
Naissance
Genève, Suisse
Nationalité Drapeau de la Suisse Suisse
Décès (à 92 ans)
Genève, Suisse
Profession Réalisateur
Films notables Charles mort ou vif
La Salamandre
Jonas qui aura 25 ans en l'an 2000
Les Années lumière
Dans la ville blanche

Alain Tanner, né le à Genève et mort dans la même ville le , est un réalisateur suisse.

BiographieModifier

Alain Tanner naît le à Genève[1], « dans la moyenne bourgeoisie genevoise »[2].

Il étudie les sciences économiques à l'Université de Genève. Avec Claude Goretta, il fonde en 1951 le Ciné-club universitaire de Genève. À 23 ans, il s'engage pour un stage de deux ans dans la marine marchande.

De 1955 à 1958, il séjourne à Londres où il se passionne pour le cinéma et trouve un emploi au British Film Institute de Londres. En 1957, il réalise son premier film, avec Claude Goretta Nice Time (Piccadilly la nuit). Le film obtient le Prix du film expérimental au Festival de Nice 1957.

De retour d'Angleterre, il entre comme réalisateur à la Télévision suisse romande où il signe plusieurs courts métrages et des documentaires (comme celui sur les inondations de Florence du 1 décembre 1966). En 1962, il fonde l'Association suisse des réalisateurs.

En 1968, il fonde le Groupe 5 avec Michel Soutter, Claude Goretta, Jean-Louis Roy et Jean-Jacques Lagrange, instrument de concertation destiné à promouvoir le jeune Cinéma Suisse.

Il se fait connaître dès la fin des années 1960 avec des films comme Charles mort ou vif (1969), lauréat du Léopard d'or au Festival international du film de Locarno, La Salamandre, avec Bulle Ogier[3] (1971), Jonas qui aura 25 ans en l'an 2000 (1976), Les Années lumière (1981), Grand prix au Festival de Cannes, et Dans la ville blanche (1983), César du meilleur film francophone.

En 2007, il livre ses réflexions sur son expérience de réalisateur, et l'évolution du cinéma au cours des quarante dernières années dans l'ouvrage abécédaire Ciné-Mélanges[4], publié aux éditions du Seuil[5].

Le , Alain Tanner reçoit le titre de docteur honoris causa de l'Université de Lausanne[6]. Il est l'invité d'honneur des Rencontres Cinéma de Gindou[7] du 23 au .

Il est membre du jury du Festival de Cannes 1972 et de la Mostra de Venise 1983.

En 2014, les archives d'Alain Tanner entrent à la Cinémathèque suisse[8].

Il meurt le , à l'âge de 92 ans[9].

Ses idées, son cinémaModifier

Pour Tanner, le cinéma issu du marketing contemporain est rangé dans la catégorie « anticonstitutionnel ». Chantre de l'antilibéralisme esthétique, Tanner propose un cinéma à contre-courant : « Je ne suis plus synchrone du tout. […] Mais compte tenu de l'air du temps, je trouve cela plutôt réjouissant. Serais-je synchrone aujourd'hui que je vivrais cela comme une trahison. »

Tanner estime qu'il faut partager quelque chose avec le spectateur, le tenir à la bonne distance (ni trop près pour ne pas dormir, ni trop loin pour ne pas souffrir), lui offrir quelque chose à dépiauter. Ensuite habiter le lieu où l'on tourne, qu'on ne peut pas confondre avec son ennemi, le décor : « Il faut le sentir, le palper avec les sens, le laisser venir à vous, par les lumières du matin et du soir. » Pas de plans de coupe, pas de plans trop brefs (petit truc pour avoir un son direct réussi). Bref, pour Tanner, c'est l'affaire de « ressentir » le monde, c'est-à-dire la politique, et citant Jean Vigo : « Avoir un point de vue documenté. »

CitationModifier

« Un jour, en discutant avec une classe d'une école de cinéma, je posai aux étudiants la colle suivante : « Savez-vous pourquoi on dit que le découpage est de droite et le montage de gauche ? » Silence effaré dans les rangs. Trente ans plus tôt, quelqu'un aurait eu la réponse, et aujourd'hui, c'est comme si j'avais parlé chinois. »

— Parution du 6 juin 2007 dans le journal Libération[10]. https://www.letemps.ch/culture/colere-heritage

FilmographieModifier

 
Alain Tanner par Erling Mandelmann (1993).

DocumentaireModifier

Notes et référencesModifier

  1. Pascal Gavillet, « Hommage – Tanner s’en va, le cinéma suisse est en deuil »  , sur 24 heures, (consulté le )
  2. Antoine Duplan, « Le cinéaste genevois est décédé: Alain Tanner, passage du poète », Le Temps,‎ , p. 19 (ISSN 1423-3967, lire en ligne  , consulté le )
  3. Pierre Gelin-Monastier, « Le Saint-André-des-Arts : 50 ans d’indépendance au service du cinéma », sur Profession Audio|Visuel,
  4. Ciné-Mélanges
  5. « Ciné-mélanges, Alain Tanner, Documents - Seuil », sur www.seuil.com (consulté le )
  6. « TSRinfo.ch »(Archive.orgWikiwixArchive.isGoogleQue faire ?) TSR
  7. « Rencontres Cinéma de Gindou (Lot) »(Archive.orgWikiwixArchive.isGoogleQue faire ?), festival de cinéma en plein-air qui a eu lieu chaque année fin août.
  8. « Inventaire du fonds Alain Tanner » (consulté le )
  9. « Le cinéaste suisse Alain Tanner est décédé à 92 ans », sur rts.ch, (consulté le )
  10. liberation.fr

Voir aussiModifier

BibliographieModifier

  • Michel Boujut, Le milieu du monde, ou le cinéma selon Tanner, L'Âge d'Homme, Lausanne, 1974, 181 p.
  • Christian Dimitriu, Alain Tanner, H. Veyrier, Paris, 1985, 134 p.
  • Un esprit libre, Alain Tanner, Éd. Ciné-fils-Limelight, Strasbourg, 1993, 41 p.
  • Ciné-mélanges, Éditions du Seuil, 2007
  • Alain Tanner-John Berger, Tome 23, Coll. Théâtres au Cinéma, Bobigny 2011
  • Philippe Blanchon, L'été finissant après la disparition du printemps, sur « Messidor » d'Alain Tanner, L'Étrangère n°47-48, La Lettre Volée, 2018.

Liens externesModifier

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