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Dilige, et quod vis fac (en français : Aime et fais ce que tu veux) est un aphorisme latin tiré d’un sermon de saint Augustin. Il suggère, dans une perspective éthique chrétienne, que si l’amour (l'agapé) pour l’autre est authentique, désintéressé et total la volonté (humaine) fera nécessairement ce qu’il y a de meilleur (ce qui ne veut pas dire ‘sans erreur’).

Sommaire

OrigineModifier

La phrase latine est tirée du Iohannis Epistulam ad Parthos tractatus decem, traité VII, 8. Saint Augustin y commente un passage de la première lettre de saint Jean : 1 Jean 4:4-12 : « Ce court précepte t'est donné une fois pour toutes : Aime et fais ce que tu veux. Si tu te tais, tais-toi par Amour, si tu parles, parle par Amour, si tu corriges, corrige par Amour, si tu pardonnes, pardonne par Amour. Aie au fond du cœur la racine de l'Amour : de cette racine, rien ne peut sortir de mauvais. Voici ce qu’est l’Amour ! Voici comment s’est manifesté l’Amour de Dieu pour nous : il a envoyé son Fils unique dans le monde, afin que nous vivions par Lui. Voici ce qu’est l’Amour : ce n’est pas nous qui avons aimé Dieu, c’est Lui qui nous a aimés le premier » (1 Jn 4, 9-10). Ce n’est pas nous qui L’avons aimé les premiers, mais Il nous a aimés, afin que nous L’aimions. Ainsi soit-il[1]. »

ExplicationModifier

Remis dans le contexte de la théologie de saint Augustin, son sens est : « Si tu aimes vraiment comme Dieu aime, alors fais ce que tu veux, car tu ne pourras vouloir que le bien. Celui des autres et le tien. »[2]

Pour Marie-Noëlle Thabut, « Saint Augustin a résumé la doctrine de Paul en une maxime qui devrait nous accompagner toujours : « Aime et fais ce que tu veux ». Cela veut dire que nous sommes libres de prendre des décisions, libres d'inventer le comportement qui nous paraît le meilleur dans chaque circonstance de notre vie, mais si notre amour est authentique une seule préoccupation nous guidera dans nos choix : le souci des autres : « Ne soyez un obstacle pour personne, ni pour les Juifs, ni pour les païens, ni pour l'Église de Dieu. »[3]

IllustrationModifier

Saint Augustin lui-même illustre ce qu’il veut dire en donnant un exemple : « Un père fouette son garçon, alors qu'un kidnappeur le caresse. Si on vous donne le choix entre les coups et les caresses, ne choisiriez vous pas les caresses et n’éviteriez-vous pas les coups? Mais si l’on considère ceux qui sont à l’origine des actions on comprend que c'est l'amour qui fouette, et la méchanceté qui caresse. C'est ce à quoi j'insiste: les actions humaines ne peuvent être comprises que par leur racine dans l’amour. Toutes sortes d'actions peuvent sembler bonnes sans nécessairement procéder de l'amour ».

Aujourd'huiModifier

BibliographieModifier

  • Victorien Bertrand, Petits sermons où l'on ne dort pas, T. III "Nourriture du vrai chrétien", Paris, C. Dillet, 1867, Vingtième sermon : Sur l'amour du prochain[5].

RéférencesModifier

AnnexesModifier

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Lien externeModifier