Aiguèze

commune française du département du Gard

Aiguèze
Aiguèze
Le village d'Aiguèze surplombant l'Ardèche.
Blason de Aiguèze
Blason
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Occitanie
Département Gard
Arrondissement Nîmes
Intercommunalité Communauté d'agglomération du Gard Rhodanien
Maire
Mandat
Charles Bascle
2020-2026
Code postal 30760
Code commune 30005
Démographie
Gentilé Aiguezois
Population
municipale
214 hab. (2017 en diminution de 0,93 % par rapport à 2012)
Densité 11 hab./km2
Géographie
Coordonnées 44° 18′ 15″ nord, 4° 33′ 23″ est
Altitude Min. 40 m
Max. 405 m
Superficie 20,03 km2
Élections
Départementales Canton de Pont-Saint-Esprit
Législatives Quatrième circonscription
Localisation
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Aiguèze
Liens
Site web aigueze.fr

Aiguèze est une commune française située dans le département du Gard en région Occitanie.

GéographieModifier

LocalisationModifier

Au Sud des Gorges de l’Ardèche face à Saint-Martin-d'Ardèche nous trouvons la commune d'Aiguèze. Elle est limitrophe avec Le Garn, Laval-Saint-Roman, Saint-Christol-de-Rodières, Salazac et Saint-Julien-de-Peyrolas dans le Gard. Au nord elle partage sa limite, L'Ardèche, avec Saint-Remèze et Bidon dans le département voisin.

Géologie et reliefModifier

Depuis la Révolution, qui lui fit perdre les terroirs des communes actuelles de Laval-Saint-Roman dans le Gard et de Saint-Martin-d'Ardèche en Ardèche, la commune est en grande partie constituée de bois et de garrigues en bordure du vaste plateau urgonien (altitude moyenne 300 à 400 m) que trouent les gorges de l'Ardèche : toute la moitié sud du canyon est sur son territoire. Le village qui, vu de l'Ardèche côté nord, est en raide surplomb sur la rivière, se trouve en fait dans une légère combe, sur une faille propice aux sources ou résurgences - d'où son nom qui rappelle l'eau, aigo. Une étroite paroi calcaire verticale exhausse le bord de la falaise et a permis l'installation précoce d'une forteresse (restes de donjon et de tour des XIe et XIIe siècles dominant au sud le village, au nord toute la perspective de fin de l'Ardèche jusqu'au Rhône et au mont Ventoux). Le reste du terroir est composé d'alluvions anciennes, souvent caillouteux, propice au vignoble et à l'olivier, avec le vallonnement du ruisseau ou vallat d'Aiguèze au lit partiellement asséché (moulin ancestral de la Roquette).[réf. nécessaire]

HydrographieModifier

La région est soumise à des épisodes méditerranéens ; ainsi le 9 août 2018, lors d'une crue du Valat d'Aiguèze, ce dernier est devenu un « torrent de quinze mètres de large[1]. »

Voies de communication et transportsModifier

ToponymieModifier

HistoireModifier

Perché sur la falaise qui domine l'Ardèche à la fin de ses gorges, la forteresse d'Aiguèze (XIe-XIIe siècle) évoque les rivalités entre les barons d'Aiguèze, vassaux des comtes de Toulouse, et les comtes-évêques de Viviers. La concurrence entre ces deux grands seigneurs se termine lors de la croisade contre les Albigeois et la victoire du roi de France allié au Pape. Lors de la Guerre de Cent Ans, la région est régulièrement ravagée par les grandes compagnies (soldats déserteurs et bandits de grand chemin) : c'est la période des Jacqueries. Dans la région, les Tuchins s'emparent de plusieurs cités, dont celle d'Aiguèze[2] en enivrant la garnison. Le roi de France mobilise une véritable armée pour reprendre la forteresse qu'il détruit de fond en comble : en 1384, il reste neuf feux à Aiguèze, alors qu'aux temps de sa splendeur 500 hommes d'armes et plus d'un millier de personnes y vivaient. Aiguèze ne s'en remettra jamais. Dans la deuxième moitié du XVe siècle, la population est partiellement revenue. Un hôpital fortifié est construit. Au siècle suivant, l'église est agrandie (porche de 1552) et de nombreux bâtiments sont relevés. Dans bien des maisons, les rez-de-chaussées ont des voûtes romanes du XIe ou XIIe siècle, et les étages des fenêtres à meneaux Renaissance. Le XIXe siècle est celui d'une relative prospérité agricole en polyculture et petit élevage. Une filature de soie s'installera sur la Roque surplombant l'Ardèche. À la fin du siècle, la crise du phylloxéra anéantit le vignoble. Le début du XXe siècle a deux visages : Aiguèze paie un lourd tribut à la Grande Guerre : un tiers des hommes valides n'en reviennent pas. Mais grâce notamment au mécénat de Mgr Fuzet, archevêque de Rouen et enfant du pays, Aiguèze change tout en conservant son caractère médiéval : autour de 1915, plantation de platanes, aménagement du jeu de boules, rénovation de l'église (clocher octogonal devenu gothique, fresques néo-gothiques de la nef), restauration de l'Escalo, chemin qui descend du Castelas jusqu'à l'Ardèche où se dressent les ruines de Borian, un ancien hameau de pêcheurs. Depuis 1905, un pont suspendu au quartier de la Blanchisserie relie Aiguèze à Saint-Martin-d'Ardèche. Sous l'impulsion de Robert Fruton, lié par sa femme et son beau-père Edmond Bascou, à la famille Romanet dont est issu, Mgr Fuzet, l'église d'Aigueze a été restauré à la fin du XXème siècle (toiture, peintures intérieures, vitrail de la nativité).[réf. nécessaire]

Politique et administrationModifier

Administration municipaleModifier

Le nombre d'habitants au dernier recensement étant compris entre 100 et 499, le nombre de membres du conseil municipal est de 11[3].

Liste des mairesModifier

Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
Les données manquantes sont à compléter.
1965 1972 Rolland Chenivesse    
1972 1983 Jean Arnaud    
1983 2001 Robert Coste    
2001 2014 Roland Vincent   retraité de la fonction publique
2014 23 mai 2020 Alain Chenivesse DVD Retraité
23 mai 2020[4] En cours
(au 26 mai 2020[4])
Charles Bascle[4]   Retraité[5]

Rattachements administratifs et électorauxModifier

Aiguèze fait partie de la communauté de communes de Valcèzard et de la communauté d'agglomération du Gard rhodanien.

Population et sociétéModifier

DémographieModifier

Les habitants s'appellent les Aiguezois[6]. Les habitants sont surnommés Rasclets par les habitants de Saint-Martin-d'Ardèche en bord de rivière, qu'eux-mêmes dénomment des Trempe-quieù. On se perd en conjectures sur le sens de ce surnom, lo rasclet étant en occitan, domaine provençal-rhodanien, un râle d'eau, oiselet présent localement[7]. S'agit-il d'une éponymie au titre qu'un Aiguézois serait râleur, ou d'une métathèse par péri-francisation du verbe rascla/râcler, suggérant une âpreté sinon au gain, du moins à la conservation avide de ce qui est en propre ? Même le conte provençal de la vielha cabrassa d'Igueso qui ne voulait pas passer l'Ardèche, faisant choir lo Tonin et sa frenno dins l'aigo ne donne pas d'éclaircissement convaincant (il ferait plus figure de témoignage de l'attachement communautaire véritablement profond liant les Aiguézois entre eux, cabras incluses).

Évolution démographiqueModifier

L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir de 2006, les populations légales des communes sont publiées annuellement par l'Insee. Le recensement repose désormais sur une collecte d'information annuelle, concernant successivement tous les territoires communaux au cours d'une période de cinq ans. Pour les communes de moins de 10 000 habitants, une enquête de recensement portant sur toute la population est réalisée tous les cinq ans, les populations légales des années intermédiaires étant quant à elles estimées par interpolation ou extrapolation[8]. Pour la commune, le premier recensement exhaustif entrant dans le cadre du nouveau dispositif a été réalisé en 2007[9].

En 2017, la commune comptait 214 habitants[Note 1], en diminution de 0,93 % par rapport à 2012 (Gard : +2,56 %, France hors Mayotte : +2,36 %).

Évolution de la population  [ modifier ]
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
410411496714553545523493486
1856 1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896
515513517417434435417385401
1901 1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954
354352301235223222189175165
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2006 2007 2012
190206161182215204218220216
2017 - - - - - - - -
214--------
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[10] puis Insee à partir de 2006[11].)
Histogramme de l'évolution démographique

Pyramide des âgesModifier

La répartition de la population de la commune par tranches d'âge est la suivante :

  • 50 % d’hommes (0-14 ans = 13,6 %, 15 à 29 ans = 20,9 %, 30 à 44 ans = 16,4 %, 45 à 59 ans =25,5 %, plus de 60 ans =23,6 %)
  • 50 % de femmes (0-19 ans = 17,3 %, 15 à 29 ans = 10,9 %, 30 à 44 ans = 19,1 %, 45 à 59 ans =25,5 %, plus de 60 ans =27,2 %).

Contrairement aux répartitions nationale et départementale, la population masculine de la commune est égale à la population féminine.

Pyramide des âges à Aiguèze en 2007 en pourcentage[12].
HommesClasse d’âgeFemmes
0,9 
90  ans ou +
0,9 
8,2 
75 à 89 ans
12,7 
14,5 
60 à 74 ans
13,6 
25,5 
45 à 59 ans
25,5 
16,4 
30 à 44 ans
19,1 
20,9 
15 à 29 ans
10,9 
13,6 
0 à 14 ans
17,3 
Pyramide des âges du département du Gard en 2007 en pourcentage[12].
HommesClasse d’âgeFemmes
0,4 
90  ans ou +
1,1 
6,9 
75 à 89 ans
9,9 
14,6 
60 à 74 ans
15,1 
21,3 
45 à 59 ans
20,9 
19,9 
30 à 44 ans
19,8 
17,7 
15 à 29 ans
16,1 
19,1 
0 à 14 ans
17,0 

Culture locale et patrimoineModifier

Lieux et monumentsModifier

 
Église Saint-Roch

Le village comporte plusieurs sites classés ou inscrits à l'inventaire des monuments historiques, à savoir :

Le four communal construit en 1885 dans le quartier de la Roquette construit pour les mineurs de phosphate et de potasse.

Un pont suspendu sur l'Ardèche relie Aiguèze à Saint-Martin-d'Ardèche (dans l'Ardèche). Il a été ouvert à la circulation en 1905[13].

  Cliquez sur une vignette pour l’agrandir.

 
La plaque et la statue en l'honneur d'Honoré Agrefoul.

Sur l'ancienne place de la ville fortifiée, une plaque murale commémore le séjour entre 1706 et 1777 d'Honoré Agrefoul, inventeur supposé de l'absinthe et personnage fictif né de l'imagination d'un plaisantin d'Arles qui inaugura l'inscription en 1985 déguisé en François Mitterrand[14],[15]. La plaque indique que, de nos jours, ce breuvage est appelé pastis, ce qui est une contre-vérité manifeste.

En 2005, Aiguèze est la première commune du Gard à adhérer à l'association propriétaire de la marque de certification Les Plus Beaux Villages de France. Le , l’événement a été marqué par une grande fête médiévale costumée.[réf. nécessaire]

Patrimoine naturelModifier

Le Sentier de grande randonnée 4 (GR4) Méditerranée-Océan traverse le village vers la garrigue, les bois de Ronze (dolmens, avens) et Orgnac-l'Aven. Des chemins de randonnée sont balisés.

Les gorges de l'Ardèche sont situées, pour leur moitié sud, sur le territoire d'Aiguèze. Le site paléolithique de Castel Viel surplombe l'Ardèche au milieu des gorges.

Personnalités liées à la communeModifier

  • Frédéric Fuzet (1839-1915), prêtre puis évêque et archevêque. Bienfaiteur du village dont sa mère était native.

HéraldiqueModifier


Les armes d'Aiguèze se blasonnent ainsi : D'azur au pal fuzelé d'argent et de sinople[16]

Voir aussiModifier

BibliographieModifier

  • Léon Alfred Jouen (chanoine), Aigueze: le village, le château, l'église, Imprimerie de la Vicomté, 1911

Articles connexesModifier

Liens externesModifier

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Notes et référencesModifier

NotesModifier

  1. Population municipale légale en vigueur au 1er janvier 2020, millésimée 2017, définie dans les limites territoriales en vigueur au 1er janvier 2019, date de référence statistique : 1er janvier 2017.

RéférencesModifier

  1. « Intempéries dans le Gard : un Allemand de 70 ans porté disparu », sur midilibre.fr (consulté le 5 mars 2020).
  2. Vincent Challet, « La révolte des Tuchins : banditisme social ou sociabilité villageoise ? », Médiévales, vol. 17, no 34,‎ , p. 101–112 à la page 109 (DOI 10.3406/medi.1998.1418, lire en ligne, consulté le 25 juillet 2020)
  3. art L. 2121-2 du code général des collectivités territoriales.
  4. a b et c « Élection du conseil municipal », sur le site du quotidien Midi libre, (consulté le 26 juillet 2020).
  5. « Syndicat des Gorges : Charles Bascle part à la retraite », sur le site du quotidien Le Dauphiné libéré, (consulté le 26 juillet 2020).
  6. habitants.fr, « Gard > Aiguèze (30760) » (consulté le 22 juillet 2012)
  7. Lou Pichot Tresor de Xavier de Fourvières, 1902, réédition Marcel Petit 1978
  8. L'organisation du recensement, sur insee.fr.
  9. Calendrier départemental des recensements, sur insee.fr.
  10. Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  11. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 2006, 2007, 2008, 2009, 2010, 2011, 2012, 2013, 2014, 2015, 2016 et 2017.
  12. a et b « le site de l'Insee », sur www.recensement-2007.insee.fr (consulté le 7 février 2015)
  13. « Pont suspendu de Saint-Martin (Aiguèze/Saint-Martin-d'Ardèche, 1905) | Structurae », sur Structurae (consulté le 8 novembre 2016)
  14. Pierre-André Delachaux, « « Les années vertes ou la fée au fond du verre », sur doc.rero.ch (consulté le 7 février 2015) », Nouvelle revue neuchâteloise, 1997, no 54, p. 3.
  15. « The History of Absinthe, Revised », sur www.feeverte.net (consulté le 7 février 2015)
  16. Gallica, « Folio 127, Armorial Général de France de Charles D'Hozier » (consulté le 22 juillet 2012)