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Agora de la danse

bâtiment du Québec, au Canada

Logo, depuis 2017

L'Agora de la danse est un lieu de recherche, de création et de diffusion en danse contemporaine de Montréal (Québec). Véritable tremplin pour la création, l’Agora de la danse est le premier lieu permanent spécifiquement consacré à la danse contemporaine au Québec. Elle est à l’avant-plan de la création et de la diffusion chorégraphique depuis plus de 25 ans à Montréal. En plus d’offrir une scène pour la danse et ses publics, l’Agora s’engage en coproduction dans des démarches artistiques porteuses et accompagne les chorégraphes à long terme.

Sommaire

Édifice WilderModifier

 
Édifice Wilder
vu de la place des Festivals

Après 24 ans sur la rue Cherrier, l'Agora de la danse est installée depuis février 2017, à l'Édifice Wilder - Espace danse[1], situé au 1435 rue de Bleury à Montréal dans l'arrondissement Ville-Marie, au cœur du Quartier des spectacles ; et cela aux côtés de trois autres grandes institutions de la danse à Montréal : Tangente, l'École de danse contemporaine de Montréal et les Grands Ballets Canadiens de Montréal.

Forts de leur expertise et savoir-faire, l’Agora de la danse, Les Grands Ballets Canadiens, Tangente et l’École de danse contemporaine de Montréal ont choisi de s’unir pour créer un lieu de convergence en danse, ouvert sur la collectivité. L'édifice Wilder - Espace danse, intégré à la place des Festivals est une vitrine inestimable du potentiel artistique d’ici et du reste du monde et renforce le positionnement de Montréal comme plateforme incontournable de la danse sur la scène internationale. Pour l'Agora qui travaille depuis 25 ans avec acharnement à diffuser, soutenir et valoriser la danse contemporaine, ce projet représente à la fois une continuité et un élan nouveau. Car si l’Agora de la danse se trouve forte de trois nouveaux espaces : Studios de répétition, de recherche et création et salle de diffusion, tous dotés d’équipements de pointe, c’est toute la communauté des créateurs en danse qui se trouve enrichie de nouveaux outils pour amener la création québécoise toujours plus loin. « Placer l’Agora de la danse au cœur du quartier des spectacles, de sa vitalité,aux côtés de ténors de la discipline, c’est donner une place de choix à cet art nécessaire et audacieux. » a récemment commenté Florence Junca-Adenot, présidente de notre conseil d’Administration et membre fondatrice de l’Agora de la danse.

HistoriqueModifier

En 1985[2], Martine Époque, chorégraphe, danseuse et professeure, fonde le Département de danse de l’Université du Québec à Montréal (UQAM) qui emménage en 1987 dans le Pavillon Latourelle du 840, rue Cherrier. À cette époque il n’existe pas de salle de diffusion consacrée exclusivement à la danse contemporaine. Sous son impulsion et celle d’un noyau fondateur composé de Florence Junca-Adenot (alors Vice-directrice administration-finance de l’UQAM et depuis lors Présidente du Conseil d’administration de l’Agora de la danse), de Gaétan Patenaude (Directeur du Regroupement des professionnels indépendants de la danse du Québec, futur Regroupement québécois de la danse) et de Dena Davida (Directrice artistique, désormais Commissaire et éducatrice de Tangente), va naître le projet d’un centre de diffusion international de la danse expérimentale. Pour gérer le nouveau centre, l'Agora de la danse est créée en 1987 ; il s'agit d'un organisme sans but lucratif, distinct de l’Université. 

En 1990, on procède à un aménagement majeur du Pavillon, mais respectueux de son décor intérieur, pour tenir compte de la nouvelle vocation. Érigé entre 1914 et 1919, l’endroit avait été conçu pour accueillir des activités sportives. Il s’agissait d’une palestre, dotée, entre autres, d’un gymnase, d’une piscine et même d’une salle de quilles. La réussite de la transformation, que l’on doit à l’architecte Mario Saïa, a été soulignée en 1991 d’un prix de l’Ordre des architectes du Québec et d’un des prix Orange de Sauvons Montréal. 

En 2017, Danse-Cité devient locataire et compagnie de danse résidente de l'Agora de la danse. Le pavillon devient alors un des seuls lieux au monde à être entièrement consacré à la danse.  Cette même année marque la fin d'une période de transformation majeure[3] de l'édifice, comprenant la réfection des 11 étages existants de l'édifice datant de 1918 ainsi que la construction de deux bâtiments de six et huit étages[4]. L'édifice Wilder offre alors 22 300 mètres carrés de plancher à ses résidents et ses visiteurs. L'édifice a par ailleurs été certifié LEED-NC suite à cette transformation.

Une salle de spectacle : le point de rencontre entre artistes et publicsModifier

La toute jeune Agora fait ses premiers pas sous la direction artistique d’Aline Gélinas, puis dès 1992, de Francine Bernier. Sous leur égide, l’organisme s’est fait un devoir de proposer au public québécois quelques-uns des grands noms de la danse contemporaine d’ici et d’assurer une large diffusion, ailleurs dans le monde, de créations d'artistes du Québec. Hantée par des créateurs marquants, des artisans et des collaborateurs qui ont, chevillés au corps, la passion pour la création d'ici, l'Agora de la danse est tout à la fois cette étape où ils viennent parfaire leur travail lors de résidences d'artistes, un relais entre le public dans toute sa diversité et des œuvres remarquables, et finalement un repère dans un parcours artistique. Port d'attache pour les uns, nouvelle escale pour d'autres, les programmations proposées sont tissées de surprises tout autant que de continuité, toutes marquées par le talent. Parmi les nombreux chorégraphes que nous avons eu la chance de recevoir en près de 22 ans, citons Hélène Blackburn, Maria Munoz, Danièle Desnoyers, Paul-André Fortier, Lucie Grégoire, Daniel Léveillé, Jocelyne Montpetit, José Navas, Crystal Pite ou encore Isabelle Van Grimde. L'Agora de la danse est aussi cette table ouverte, arrêt « gastronomique » où quelque 13 000 spectateurs par année viennent se nourrir et apaiser leur soif de différences, réfléchir ou s'abandonner au langage universel du geste, à la beauté d'univers créatifs singuliers.  

Un cadre et des outils pour la créationModifier

Une fois le rideau tombé sur la scène, la vie de l’Agora se poursuit, intense et méconnue. En coulisse, la création prend forme. Très tôt dans l’histoire de l’Agora, les artistes, qui sont au cœur de ses préoccupations, se sont vus offrir des résidences de créations leur permettant de créer in situ et de raffiner leur travail. La qualité des spectacles produits s’en est considérablement ressentie. À ces résidences qui permettent aux créateurs d'affiner le spectacle, de l'adapter spécifiquement à l'espace scénique du Studio, il faut ajouter des résidences de recherche et création. La pièce Dark Matter de Crystal Pite fut par exemple créée en nos murs. Quelques compagnies et chorégraphes sont particulièrement associés à l'Agora dans un travail à plus long terme de recherche fondamentale. Dans un engagement réciproque, ces artistes et l'Agora de la danse se rassemblent autour d'une même envie de voir la danse progresser en tant que discipline et de l'ancrer dans la communauté. À titre d'exemple, citons Montréal Danse, Van Grimde CorpsSecrets, Estelle Clareton, Hélène Blackburn, Daniel Léveillé et George Stamos. L’accompagnement financier des créateurs par le biais de la codiffusion et d’une aide concrète lors de la mise en marché des spectacles a permis parallèlement de valoriser les artistes et de sensibiliser les médias et le public à la danse contemporaine. En effet, la question du financement est souvent cruciale pour les créateurs. La réponse de l’Agora de la danse fut d’instaurer un lien particulier avec le milieu des affaires et de construire, petit à petit, grâce à la générosité de mécènes, d’individus et d’entreprises, un fonds de création. Florence Junca-Adenot, présidente du conseil d’administration de l’Agora et récipiendaire en 2007 du prix Arts-Affaires, fut la grande instigatrice de ce projet, il y a plus de 21 ans. Depuis, chaque printemps, une soirée-bénéfice est organisée: la Soirée Danse-Affaires. Réunissant plus de deux cents personnalités du monde économique, c’est l’une des soirées les plus originales et les plus stimulantes du milieu des arts. En effet, quelques personnalités du milieu des affaires relèvent le défi de monter sur la scène de l'Agora pour y interpréter des morceaux choisis du répertoire chorégraphique de la compagnie Montréal danse. Cette soirée est destinée à promouvoir l’essor de la danse contemporaine, à aider l’Agora de la danse à poursuivre sa mission et à renforcer les liens entre la communauté des affaires et celle de la danse.La majeure partie des fonds récoltés est consacrée au Fonds de création de l’Agora qui finance la création d’œuvres chorégraphiques et le programme de résidence d’artistes. Grâce à ce fonds, l’Agora multiplie les coproductions devenant ainsi l’un des  principaux coproducteur en danse au Québec. Depuis sa fondation, l'Agora de la danse a reçu près de 400 productions dont une forte majorité de créations québécoises et quelque 15 % d’œuvres canadiennes et internationales. Plus de 400 000 $ ont été investis en coproduction pour aider la réalisation de plus de cinquante spectacles. Crystal Pite, Danièle Desnoyers, Peggy Baker, José Navas, Dominique Porte, Ame Henderson, La 2e Porte à Gauche, Clara Furey, ou encore Mélanie Demers en ont par exemple bénéficié. Soulignons que toutes ces actions sont menées avec une grande proximité avec les artistes. Après plus de 25 années d’existence, on mesure le chemin parcouru et à partir de la petite histoire de ce lieu, une histoire plus vaste et plus importante se raconte, celle de la création en danse contemporaine québécoise.  

Implication dans la communautéModifier

L’Agora de la danse a parallèlement développé des actions culturelles auprès du grand public permettant ainsi à la danse contemporaine de conquérir une audience toujours plus large. À ses débuts, il y avait en moyenne 50 spectateurs par représentation, contre plus de 170 aujourd’hui. Toujours à l’avant-garde, l'Agora de la danse a été la première à avoir proposé des spectacles Jeunesse, toujours plus créatifs, et a mis en place de nombreuses façons de rallier à notre cause un public chaque fois plus exigeant et des manières de s’impliquer dans notre communauté.  Saviez-vous par exemple que l’Agora de la danse a déjà vendu de la soupe ? Démarché ses voisins en faisant du porte-à-porte? Recréé des assemblées de cuisine ? Organisé une « Rave Party » ? Publié un journal ? Marié la danse et le slam ? L’approche originale de l’Agora de la danse n’est plus à démontrer. Dans le domaine social, en collaboration avec Sabrina Lemeltier, directrice de La Dauphinelle, un centre d’hébergement pour femmes victimes de violence conjugale, l'avocate Amélie Dionne-Charest, la compagnie Montréal-Danse, l’Agora de la danse a mis en place en 2008 un projet unique au Québec : Danse contre la violence. Depuis 2009, des femmes marquées par les épreuves bénéficient d’ateliers hors-normes où la danse joue un rôle essentiel dans leur parcours vers un mieux-être. Un programme d’ateliers de danse est ainsi offert dans deux maisons d’hébergement de la région de Montréal (La Dauphinelle, Assistance aux femmes). 

Rayonnement internationalModifier

L’Agora de la danse est instigatrice et coordonnatrice de plusieurs plateformes internationales avec pour objectif affiché d'ouvrir des portes à l'étranger aux créateurs d'ici et de nourrir et de confronter la culture québécoise au contact d'artistes d'ailleurs. Voici quelques exemples de ces réalisations : elle œuvre depuis 15 ans avec les Rencontres chorégraphiques internationales de Seine-Saint-Denis, permettant à des créateurs québécois d’être diffusés lors de ce festival de renommée mondiale. Une douzaine d’entre eux ont même bénéficié de tournées européennes. L'Agora a par ailleurs soutenu la venue d’artistes français au Québec. Son implication dans cet événement qui a une forte résonance des deux côtés de l’Atlantique a valu à Francine Bernier la reconnaissance du gouvernement français qui lui a décerné le titre de Chevalier de l’ordre des Arts et des Lettres en 2001. En 2002, un lien se tisse avec le Kunstencentrum Vooruit de la ville de Gand (Belgique), donnant l’occasion à des chorégraphes de talent comme Paul-André Fortier, Marie Chouinard ou Linda Gaudreau d’être présentés à plusieurs reprises dans ce haut lieu de la culture flamande. De son côté, l’Agora de la danse a reçu, en 2003, l’imposante délégation de chorégraphes de ce centre d’art lors de l’événement Vooruit au Québec. Ajoutons que cette présence flamande en terre québécoise était assortie d’un colloque international autour de la question de l’identité culturelle et a mis à contribution plusieurs organismes montréalais comme l'Université du Québec à Montréal, le Musée d'art contemporain de Montréal et l'Usine C. Initiée en 2002 par l'Agora de la danse et le Groupe des 20 de la région Rhône-Alpes, Puzzle Danse est un projet dont le principe est de réunir deux chorégraphes québécois et deux créateurs français qui présentent dans un même programme de courtes pièces sur un même thème et avec le même nombre d'interprètes. De part et d'autre de l'océan sont invités un artiste bien établi et un de la relève. Ce projet a donné lieu à près de 30 représentations partout au Québec (Sept-Îles, Baie-Comeau, Québec, Le Bic, et au Centre national des Arts d’Ottawa) et à une large diffusion sur le territoire français. En 2004, Francine Bernier instaure une collaboration avec le Festival de danse de Munich qui ajoute alors un volet québécois à sa programmation, ce qui a notamment valu aux chorégraphes Dave Saint-Pierre, Jean-Pierre Perreault, Louise Lecavalier ou encore Daniel Léveillé d’être programmés lors de cet événement. L’Agora de la danse a, pour sa part, pu faire découvrir au public québécois des créations allemandes lors de l’évènement Montréal – Munich en 2006 et accueilli à son Studio l’un des grands représentants de la danse contemporaine allemande, Micha Purucker. Cet événement d’envergure a par ailleurs permis de rassembler plusieurs intervenants majeurs de Montréal tels la Place des Arts, le Musée d’art contemporain de Montréal, la Maison de la culture Frontenac, le Goethe-Institut Montréal et le Département de danse de l’Université du Québec à Montréal, autour d’un but commun : partager avec le Québec la richesse et la diversité de la culture allemande. Plus récemment, les événements Destination danse : Catalogne en 2008 et Destination danse : France en 2009, ont permis au public québécois de découvrir des chorégraphes et des interprètes qui tracent un portrait sensible des grandes tendances de la danse dans leur pays.

Notes et référencesModifier

  1. Édifice WILDER - Espace danse
  2. « Accueil | Agora de la danse », sur www.agoradanse.com (consulté le 4 août 2016)
  3. « Visite virtuelle du futur Wilder Espace Danse », sur Le Devoir (consulté le 8 février 2019)
  4. « Édifice Wilder - Espace Danse Québec », sur Portail Constructo (consulté le 8 février 2019)

SourceModifier