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District de Mohmand
District de Mohmand
Le district de Mohmand est en jaune sur la carte. Elle faisait partie des anciennes régions tribales (en bleu) et désormais de la province de Khyber Pakhtunkhwa (en vert).
Administration
Pays Drapeau du Pakistan Pakistan
Province Khyber Pakhtunkhwa
Chef-lieu Ghalanai
Démographie
Population 466 984 hab. (rec. 2017)
Densité 203 hab./km2
Langue(s) pachto
Géographie
Superficie 229 600 ha = 2 296 km2

Le district de Mohmand (en ourdou : ضِلع مہمند) est une subdivision administrative de la province de Khyber Pakhtunkhwa au Pakistan. Il était intégré aux régions tribales jusqu'à leur fusion avec la province en 2018 et était jusqu'alors appelé agence de Mohmand.

Mohmand est une région montagneuse traversée par la rivière Swat. La capitale administrative de la subdivision est Ghalanai. La population essentiellement constituée de tribus pachtounes compte près de 500 000 habitants en 2017. La zone est quasiment exclusivement rurale et peu développée.

Située à la frontière avec l'Afghanistan, elle est une région stratégique dans la lutte contre les talibans et l'armée pakistanaise y a mené des opérations militaires dans le cadre du conflit armé du Nord-Ouest du Pakistan.

HistoireModifier

 
Mine de marbre à Mohmand.

Mohmand a été sous la domination de plusieurs puissances au cours de l'histoire, notamment l'Empire timouride puis l'Empire moghol. Assimilé en 1858 au Raj britannique, Mohmand est une zone stratégique alors qu'il se trouve face à l'Afghanistan.

En 1947, Mohmand est intégré au Pakistan suite à la partition des Indes, bien que la zone ait longtemps soutenu le mouvement Khudai Khidmatgar qui s'était opposé au mouvement pour le Pakistan. L'agence de Mohmand est créée en 1951[1].

À l'instar du reste des régions tribales, Mohmand est difficilement contrôlé par le pouvoir pakistanais et nourrit un sentiment de défiance envers les autorités. Le régime juridique en place laisse d'un côté une autonomie aux assemblées tribales qui dominent Mohmand, mais les habitants sont privés de nombreux droits dont bénéficient les autres Pakistanais et la zone est directement administrée par le pouvoir central.

Ce régime juridique est officiellement aboli en mai 2018 et Mohmand est intégré à la province voisine de Khyber Pakhtunkhwa, devenant ainsi un district. Cette décision longtemps demandée par la population est saluée alors que les habitants espèrent le développement de la région et l'accès à des services publics de base.

Insurrection talibaneModifier

 
Paysage du district.

Étant situé à proximité de l'Afghanistan, Mohmand est souvent touché par les conflits qui secouent son voisin. La montée de la mouvance talibane dès les années 1990 va conduire à la déstabilisation de la zone, surtout après 2001 avec l'intervention de l'OTAN en Afghanistan qui conduit de nombreux talibans afghans et Al-Qaida à se servir des régions tribales comme base arrière[1].

Au milieu des années 2000, des groupes locaux opposés au gouvernement pakistanais se constituent. Les premiers combats à Mohmand ont lieu en 2009 puis en avril 2011, l'armée pakistanaise a lancé l'opération Brekhna en visant les talibans pakistanais du Tehrik-e-Taliban Pakistan. Les combats ont fait des centaines de morts. En 2012, le gouvernement proclame la victoire et annonce que Mohmand n'est plus une zone de combats[2].

Le 26 novembre 2011, l'OTAN commet une bavure en tuant 28 soldats pakistanais[3].

DémographieModifier

 
Habitants du district.

Lors du recensement de 1998, la population de l'agence a été évaluée à 334 453 personnes, uniquement ruraux[4]. Le recensement suivant mené en 2017 pointe une population de 466 984 habitants, soit une croissance annuelle de 1,8 %, bien inférieure aux moyennes provinciale et nationale de 2,9 % et 2,4 % respectivement[4].

La population du district est majoritairement d'ethnie pachtoune et la langue la plus parlée est le pachto, comme pour la plupart de la province.

En 2007, le taux d'alphabétisation du district dépasse à peine les 17 %, et présente surtout une forte inégalité de sexes : 29 % pour les hommes contre 4 % pour les femmes[5].

Seuls 22 % des enfants du district sont scolarisés en 2007. Selon un classement national sur la qualité de l'éducation, le district se trouve parmi les moins bien dotés du pays, avec une note de 28 sur 100 et une égalité entre filles et garçons de 55 %. Il est classé parmi les quatre derniers des 141 districts au niveau des résultats scolaires et 109e sur 155 au niveau de la qualité des infrastructures des établissements du primaire[6].

AdministrationModifier

 
Le pont de Dand.

Le district est divisé en sept tehsils ainsi que 65 Union Councils[7].

Tehsil Population (rec. 2017)[8]
Ambar Utman 62 109
Halim Zai 78 749
Pindiali 88 363
Prang Ghar 35 290
Safi 99 114
Haut-Mohmand 51 068
Yake Ghund 52 291

Selon le recensement de 2017, Mohmand ne compte aucune zone rurale si bien que le taux d'urbanisation s'affiche à 0 %. La capitale Ghalanai compte 6 422 habitants.

Ville Population (rec. 2017)[9]
Ghalanai 6 422

ÉconomieModifier

 
Troupeau près de la rivière Swat.

Le district de Mohmand est pauvre, très reculé, peu doté en infrastructures et services publics. La population souffre notamment de malnutrition, de maladies et de manque d'accès à l'eau. Le principal moyen de subsistance des habitants est l'agriculture et l’élevage alors que les paysans disposent surtout de petites surfaces, souvent inférieures à deux hectares. À Mohmand, près d'un tiers des foyers reçoivent de l'argent de membres de leur famille travaillant ailleurs dans le pays (22 %) ou à l'étranger (9 %) en 2007[5].

Suite à l'intégration de Mohmand à la province de Khyber Pakhtunkhwa en 2018, la population espère une hausse des investissements publics. En 2019, le gouvernement annonce un plan de dix ans pour développer les infrastructures, notamment dans le but de permettre un accès au réseau téléphonique[10].

PolitiqueModifier

Suite à la réforme électorale de 2018, le district est représenté par la circonscription no 42 à l'Assemblée nationale. Quand il était intégré aux régions tribales avant 2018, les candidats aux élections étaient interdits de se présenter sous l'étiquette d'un parti politique sous l'effet du régime dérogatoire au droit commun alors en vigueur.

Lors des élections législatives de 2018, le district ne compte pas encore de circonscription à l'Assemblée provinciale de Khyber Pakhtunkhwa, malgré son intégration récente à cette dernière province. Par ailleurs, le Mouvement du Pakistan pour la justice remporte le siège en jeu lors de ce scrutin.

Résultats lors des élections législatives de 2018
Parti Voix % Élus
nationaux
Mouvement du Pakistan pour la justice 22 742 24,86 % 1
Parti national Awami 13 790 15,08 % 0
Muttahida Majlis-e-Amal 10 128 11,07 % 0
Parti du peuple pakistanais 3 643 3,98 % 0
Ligue musulmane du Pakistan (N) 3 368 3,67 % 0
Autres partis 294 0,32 % 0
Indépendants 37 508 41,01 % 0
Total exprimés (participation : 36,04 %) 91 473 100 % 1
Source : Commission électorale du Pakistan[11]

RéférencesModifier

  1. a et b (en) Mariam Abou Zahab, « Frontières dans la tourmente : la talibanisation des zones tribales », Outre-Terre,‎ (lire en ligne).
  2. (en) South Waziristan operation: Only Sararogha cleared in three years sur Dawn.com, le 6 août 2012
  3. Bavure de l'Otan au Pakistan: toujours des zones d'ombres, les USA nomment un enquêteur sur Le Point, le 9 novembre 2011.
  4. a et b (en) Provisional province wise population by sex and rural/urban - Census - 2017 Pakistan sur pbscensus.gov.pk.
  5. a et b (en) Multiple Indicator Cluster Survey (MICS) - FATA sur fata.gov.pk, 2009
  6. (en) Pakistan District Education Rankings 2017 sur elections.alifailaan.pk
  7. (en) Tribal districts divided into 700 councils for LG polls sur Dawn.com, le 3 décembre 2018
  8. (en) Mohmand summary, sur pbscensus.gov.pk. Consulté le 29 décembre 2018
  9. (en) Mohmand Blockwise, pbscensus.gov.pk. Consulté le 29 décembre 2018
  10. (en) Govt to spend Rs100b annually on tribal area development: PM sur The Express Tribune, le 18 mars 2019
  11. (en) NA-42 (Mohmand 1) sur le site de la Commission électorale du Pakistan.

Voir aussiModifier