Karim Aga Khan IV

chef spirituel des ismaéliens nizârites
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Karim Aga Khan IV
(fa) کریم آقاخان چهارم
Description de cette image, également commentée ci-après
Karim Aga Khan IV en décembre 2014.

Titre

Imam des ismaéliens nizârites

Depuis le
(65 ans, 6 mois et 25 jours)

Prédécesseur Aga Khan III
Biographie
Titulature Prince
Nom de naissance Karim al-Hussaini
Naissance (86 ans)
Genève (Suisse)
Père Ali Khan
Mère Joan Yarde-Buller
Conjoint Sarah Croker Poole
Gabriele Thyssen
Enfants Zahra Aga Khan
Rahim Aga Khan
Hussain Aga Khan
Aly Muhammad Aga Khan
Religion Ismaélisme
Description de l'image Shiite Calligraphy symbolising Ali as Tiger of God.png.

Le prince Karim al-Hussaini dit Karim Aga Khan IV ( en persan : كريم الحسين شاه), né le à Genève, est le chef spirituel des ismaéliens nizârites.

Fils du prince Ali Khan, le prince Karim, alors âgé de 20 ans et étudiant à l'université Harvard, succède à son grand-père, l'Aga Khan III, à la mort de celui-ci le , à la tête de dix millions d'Ismaéliens, en tant que 49e imam de la communauté ismaélienne[1].

BiographieModifier

Petit-fils du précédent Aga Khan, Karim passe son enfance au Kenya[2]. Après avoir étudié au collège Le Rosey en Suisse[3], il est diplômé de Harvard en histoire islamique. À la mort de l'Aga Khan III, il est désigné pour lui succéder, malgré la tradition, qui aurait voulu que son père Ali hérite de la fonction, ce qui lui fut refusé en raison de son existence sulfureuse. Il est intronisé quarante-neuvième imam des Ismaéliens en 1957, à Dar es-Salaam en Tanzanie[4].

En 1959, Karim Aga Khan rachète un journal kényan et fonde le Nation Media Group, un groupe de presse qui devient par la suite important en Afrique de l'Est.

Karim Aga Khan crée en 1967 la Fondation Aga Khan (en) (Aga Khan Foundation, AKF), un organisme sans but lucratif. En 1977, il met en place le prix Aga Khan d'architecture pour récompenser l'excellence en architecture dans les sociétés musulmanes. L'architecte français Jean Nouvel en collaboration avec l'agence parisienne AS (Architecture-Studio) obtient ce prix en 1987 pour la réalisation de l'Institut du monde arabe à Paris.

L'Aga Khan crée et dirige AKDN (Aga Khan Development Network), l'un des plus importants réseaux de développement privés au monde, dont la mission est d'améliorer les conditions de vie et contribuer au développement économique des pays les plus pauvres. Ces institutions couvrent divers domaines comme l'agriculture, l'industrie, l'architecture, l'éducation et la santé[3].

Il est en 2005 à l'initiative de la Fondation pour la sauvegarde et le développement du domaine de Chantilly. Il est président de l'Académie diplomatique internationale[5].

En 2007, tous les ismaéliens du monde fêtèrent les 50 années d'imamat (Jubilé d'or) du prince Karim Aga Khan.

Depuis 2007, Karim Aga Khan est membre associé étranger de l'Académie des beaux-arts ; il a été élu au fauteuil de l'architecte Kenzo Tange, décédé en 2005[6]. Sa réception au sein de l'institution par le secrétaire perpétuel Arnaud d'Hauterives a lieu le 18 juin 2008[7].

À l'occasion de son jubilé d'or à la fin des années 2000, il lance le barrage hydraulique de Bujagali, sur le Nil blanc et au bord du lac Victoria, en Ouganda, inauguré en 2012[2].

Il a créé un musée d'art islamique à Toronto[3].

Il défend un islam modéré, adapté au monde moderne[8].

Courses hippiquesModifier

Poursuivant le travail accompli par son grand-père, il dirige l'élevage et l'écurie familiale dont les jockeys portent une casaque verte et des épaulettes rouges. Ses chevaux figurent parmi les plus célèbres du monde et se distinguent régulièrement dans les plus grandes courses de plat. Il a été propriétaire du fameux champion Shergar (enlevé et peut-être abattu par l'IRA en 1983) et a remporté notamment le prix de l'Arc de Triomphe à quatre reprises (Akiyda en 1982, Sinndar en 2000, Dalakhani en 2003 et Zarkava en 2008)[8].

Vie privéeModifier

Il épouse le mannequin Sarah Croker Poole en , avec qui il a deux fils, Rahim et Hussain, et une fille, Zahra. Ils divorcent en 1995. En , il épouse la juriste allemande Gabriele Homey dite Gabriele Thyssen (Bégum Aga Khan), avec qui il a un fils né en 2000. Le , ils annoncent leur volonté de divorcer et vivent actuellement séparément[9].

Informations complémentairesModifier

Il est victime, entre 2015 et 2017[10], de l'arnaque dite au faux Le Drian[11], et se fait soutirer un montant[12] de plusieurs dizaines de millions d'euros[13].

DécorationsModifier

 
Le prince Karim Aga Khan IV reçoit un morceau de trinitite, en 1959.
  •   Membre de première classe de l'ordre du Courage (Bahreïn, 2003)

DistinctionsModifier

Docteur Honoris causaModifier

Prix et récompensesModifier

TitulatureModifier

  • -  : prince Karim Aga Khan ;
  • depuis le  : Son Altesse l'Aga Khan IV ;
  • depuis 1959 : Son Altesse Royale l'Aga Khan IV (prédicat iranien non utilisé par l'intéressé).

En 1957, la reine Élisabeth II lui confère le prédicat d'altesse. En 1959, le chah d'Iran lui confère le prédicat d'altesse royale[18].

Liens externesModifier

Notes et référencesModifier

  1. « Mais qui sont les Agha Khan ? », sur leparisien.fr, .
  2. a et b « Aga Khan, « Prince » du développement », Jeune Afrique, 24 août 2017.
  3. a b et c Charles Jaigu, « Son altesse l'Aga Khan », Le Figaro Magazine, semaine du 16 février 2018, pages 56-62.
  4. « L’Aga Khan IV, soixante années de règne », sur pointdevue.fr, .
  5. « L'Aga Khan, le milliardaire des pauvres », sur lalibre.be, .
  6. « Aga Khan à l'Académie des Beaux-Arts », Le Figaro, 6 juin 2008.
  7. Arnaud d'Hauterives, Discours de réception de S.A. le Prince Karim Aga Khan en tant que membre associé étranger à l'Académie des beaux-arts, AKDN, 18 juin 2008.
  8. a et b « Présentation du Son Altesse l'Aga Khan », sur iis.ac.u.
  9. « Divorce de l'Aga Khan : le prince condamné à verser 60 millions d'euros à son ex-épouse », sur lepoint.fr, .
  10. Le Point magazine, « Escroquerie au "faux Le Drian": deux hommes condamnés à 7 et 10 ans en appel », sur Le Point, (consulté le )
  11. « A nos millions ! J’emmerde la justice française ! », sur Épris de justice, (consulté le )
  12. Par AFP, « Les deux escrocs s’étant fait passer pour Le Drian condamnés en appel », sur fr.timesofisrael.com (consulté le )
  13. « Affaire du «faux Le Drian» : deux hommes jugés en appel pour une monumentale escroquerie », sur LEFIGARO, (consulté le )
  14. (en) « Aga Khan Conferred Companion of the Order of Canada », sur akdn.org, .
  15. « L’Aga Khan, chef des chiites ismaéliens, Grand Croix de la Légion d’honneur », sur la-croix.com, .
  16. (en) no 57155, p. 24, London Gazette, 31 décembre 2003.
  17. « Aga Khan receives presidential honour in recognition of his service to humanity », sur akdn.org, .
  18. Charles Jaigu, « Son Altesse l'Aga Khan », sur lefigaro.fr, .

Voir aussiModifier