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Enfants afro-colombiens

Les Afro-Colombiens sont les habitants noirs de Colombie, descendants des esclaves venus d'Afrique pour servir de main-d’œuvre aux conquistadors espagnols. Libérés en 1851, ils représentent aujourd'hui 10,5 % de la population totale du pays. Ils vivent surtout sur la côte occidentale et, dans une moindre mesure, sur la côte septentrionale.

Les arts, et en particulier la musique colombienne, ont reçu un apport important des Afro-Colombiens. La cumbia, le vallenato, le currulao (es) et la champeta sont des styles musicaux directement issus de la culture afro-colombienne.

RépartitionModifier

 
Carte de répartition des Afro-Colombiens en Colombie.

Les Afro-Colombiens sont principalement présents sur les côtes Caraïbe et Pacifique. Le département ayant le taux le plus élevé d'Afro-Colombiens est celui de Chocó, avec 82,5 %.

Département Capitale Population totale (2005) Afro-Colombiens (%)
  Chocó Quibdó 388 476 82,1
  San Andrés y Providencia San Andrés 59 573 57,0
  Bolívar Carthagène des Indes 1 836 640 27,6
  Valle del Cauca Cali 4 052 535 27,2
  Cauca Popayán 1 182 022 22,2
  Nariño San Juan de Pasto 1 498 234 18,8
  Sucre Sincelejo 762 263 16,1
  La Guajira Riohacha 655 943 14,8
  Córdoba Montería 1 462 909 13,2
  Cesar Valledupar 878 437 12,1
  Antioquia Medellín 5 601 507 10,9
  Atlántico Barranquilla 2 112 001 10,8
  Magdalena Santa Marta 1 136 819 9,8
  Putumayo Mocoa 237 197 5,5
  Colombie Bogota 41 468 384 10,62

Les villes ayant les plus fortes populations afro-colombiennes sont Cali (542 936), Carthagène des Indes (319 373), Buenaventura (271 141), Barranquilla (146 538), Medellín (137 988), Tumaco (129 491), Quibdó (100 007), Turbo (99 274), Bogota (97 885) et Riohacha (44 841).

HistoireModifier

C'est depuis Carthagène des Indes que furent amenés les esclaves vers les mines d'or d'Antioquia et du Chocó, dans la vallée du Cauca ainsi que dans la région du fleuve Magdalena. Jusqu'au milieu du XVIe siècle, les esclaves étaient des Wolofs originaires de l'actuel Sénégal, puis des Africains de l'Angola, du Congo, du Dahomey, du Ghana et de la côte Calabar. Comme dans toute l'Amérique latine, les esclaves n'acceptèrent jamais leur sort et se révoltèrent à de nombreuses reprises[1]. Lors de l'une des plus importantes révoltes, en 1529, les esclaves noirs détruisirent la ville de Santa Marta. Les esclaves libérés s'enfuyaient et fondaient plusieurs palenques, des villages fortifiés qui abritaient la communauté. Le palenque Castillo est en terre indienne près de Popayán. Les Espagnols l'attaquèrent fréquemment.

Au début du XVIIe siècle, l'esclave Benkos Biohó organise une armée de fugitifs dans les monts de María au sud de Carthagène. Il réussit à dominer toutes les montagnes de la Sierra María dans le département de Bolívar, son but étant de conquérir Carthagène. En 1605, Benkos Biohó et le Gouverneur de Carthagène, Suazo, signent un traité de paix qui reconnaît l’autonomie du Palenque de la Matuna. En 1608, il fonde Le palenque de San Basilio qui est encore aujourd'hui l'un des principaux lieux d'expression de la culture afro-colombienne. En 1621, il est fait prisonnier puis pendu et écartelé en place publique à Carthagène le 16 mars 1621[2].

PersonnalitésModifier

 
Portrait de Juan José Nieto Gil, président noir de Colombie du 25 janvier au 18 juillet 1861.

La musique colombienne compte de nombreux représentants afro-colombiens. C'est le cas de Joe Arroyo, Piper Pimienta (es), Wilson Saoko (es), Alejandro Durán, Totó la Momposina, Leonor González Mina (es), Calixto Ochoa (es) ou Alexis Lozano (es), de même que Jairo Varela (es) et son groupe de salsa internationalement connu, le Grupo Niche.

En sport, c'est une haltérophile afro-colombienne, María Isabel Urrutia, qui aux Jeux olympiques d'été de 2000 de Sydney a permis à la Colombie de gagner sa première médaille d'or, tandis qu'Edgar Enrique Rentería a brillé dans les plus grandes équipes américaines de baseball. Des boxeurs tels Kid Pambelé ou Mambaco Pacheco ont été champions du monde.

En politique, Benkos Biohó fut un esclave du XVIe siècle en fuite perçu comme l'instigateur du premier mouvement noir de résistance au système colonial basé sur l'esclavage, tandis qu'un des présidents colombiens, Juan José Nieto Gil, était noir, contrairement à ce que laissent supposer certains portraits de lui.

RéférencesModifier

  1. Isabelle Leymarie, Du Tango au Reggae : Musiques noires d'Amérique latine et des Caraïbes, Flammarion, (ISBN 2 08 210813 9)
  2. « Ma Ngombe : guerreros y ganaderos en Palenque » (consulté le 17 août 2013)

Voir aussiModifier

Articles connexesModifier

Liens externesModifier

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