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Dieulouard

commune française du département de Meurthe-et-Moselle
(Redirigé depuis Affaire de Dieulouard)

Dieulouard
Dieulouard
Le château de Dieulouard en 2008.
Blason de Dieulouard
Héraldique
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Grand Est
Département Meurthe-et-Moselle
Arrondissement Nancy
Canton Entre Seille et Meurthe
Intercommunalité Communauté de communes du bassin de Pont-à-Mousson
Maire
Mandat
Henri Poirson
2014-2020
Code postal 54380
Code commune 54157
Démographie
Gentilé Déicustodiens ou Scarponais
Population
municipale
4 757 hab. (2016 en augmentation de 4,6 % par rapport à 2011)
Densité 269 hab./km2
Géographie
Coordonnées 48° 50′ 26″ nord, 6° 04′ 14″ est
Altitude Min. 177 m
Max. 307 m
Superficie 17,69 km2
Localisation

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Dieulouard

Dieulouard est une commune française située dans le département de Meurthe-et-Moselle en région Grand Est.

Sommaire

GéographieModifier

La commune fait partie du Parc naturel régional de Lorraine[1].

LocalisationModifier

Dieulouard se situe entre Pont-à-Mousson et Nancy, sur la rive gauche de la Moselle, au pied d'une falaise calcaire au sommet de laquelle se trouve le monument de Notre-Dame-des-Airs. Cette petite ville d'environ 5 000 habitants est très bien desservie, notamment par la N411 qui va de Toul à Dieulouard. Pour aller à Nancy ou à Metz, qui ne sont qu'à une trentaine de minutes de Dieulouard, les habitants disposent de nombreux moyens routiers (A31, N57) et ferroviaires (TER).

Entre les deux bras de la Moselle, en amont de Dieulouard, se trouvent des étangs où l'on peut se livrer à la pêche. Située au cœur de la petite Suisse lorraine, cette ville verdoyante est le point de départ de plusieurs randonnées. Elle est également dotée de commerces de proximité.

Communes limitrophesModifier

ToponymieModifier

 
Scarpona sur la table de Peutinger.

Le nom est attesté sous les formes[2],[3] : Castellum Deilauvart (992-1025); Castrum quod dicitur Deus Louvart (1028); Castrum Desluardum (1041-1046); Deulewart (1082); D[eu]slowart (1090-1107); Deulewart (1120-1163); Deusteuward (1156); Deulouart (1184); Deilowart (1240); Deulowart (1249); Deulouvart et Delouard (1253); Dieulewart (1270); Dei Custodia (1277); Delouwart (1278); Deilewart (1285); Deullouart (1323); Deulowairt (1335); Duaillewart (1425); Deullewart (XVe siècle); Dieullewart (1498); Dieulowart (1551); Dieueleward (1594); Dieulewardt (1637).
Puis au cours de la Révolution française, la commune porte le nom de Scarpone[4].

Le nom de Dieulouard résulte de l'évolution de Deu la ward, c'est-à-dire « Dieu la garde, la préserve », que lui donnèrent les premiers seigneurs[5],[6].

HistoireModifier

 
Dieulouard en 1924.

L'actuelle ville de Dieulouard a pris la suite de la cité gallo-romaine de Scarpone ou Scarponne (Scarpona[7] sur la carte de Peutinger), située sur une île de la Moselle, à la limite du pays des Médiomatriques et de celui des Leuques. Bien que ce point reste discuté, il est généralement admis que les Leuques seraient à l'origine de la fondation de Scarpone, qui a donné son nom à la porte Serpenoise à Metz.

Selon une légende évoquée par l'abbé Melnotte dans sa notice historique sur Scarpone et Dieulouard (1895), la ville aurait été fondée par une colonie de Troyens fugitifs, ayant à leur tête un dénommé Serpanus.

 
Carte du pagus Scarponensis

À l'époque romaine, Scarpone fait partie de la province de Gaule Belgique, dont la capitale est Durocortorum (Reims), puis de la province de Belgique Première, dont la capitale est Augusta Treverorum (Trèves). C'est alors la ville la plus importante du pagus Scarponensis[8],[9] qui était limité, au sud par le pagus Tullensis (Toul), au sud-ouest par le pagus Bedensis (le pays de Blois qui a survécu dans le nom de Broussey-en-Blois ou de Rosières-en-Blois), à l'ouest et au nord-ouest par le pagus Virdunensis (Verdun), au nord-est par le pagus Mettensis (Metz), à l'est par le pagus Salnensis (le Saulnois dont il reste la trace dans Dain-en-Saulnois, Silly-en-Saulnois, Fresnes-en-Saulnois, Laneuveville-en-Saulnois), au sud-est le pagus calvomontensis (Chaumontois). Scarpona est connue par l'Itinéraire d'Antonin. La Chronique de Frédégaire cite Berthonius homo Scarponensis, en 624. Scarpona est située sur la rive gauche de la Moselle où la voie romaine de Metz à Reims par Nasium traversait la Moselle pour rejoindre Toul. Le nom du pagus Scarponensis, connu entre 706 et 1028, par les chartes et le cartulaire de Gorze a subi au cours du temps des variantes : pagus Scarmensis, Scarbonensis, ou Carmensis. Scarponne était le lieu de résidence du comte en charge de l'administration du comitatus Scarponensis. Aujourd'hui Scarponne n'est plus qu'un hameau dépendant de Dieulouard. Au Xe siècle c'était une forteresse importante. Elle était au Moyen Âge placée sur une île et dépendait du diocèse de Toul. En 1604, un changement du cours de la Moselle met le hameau de Charpeigne dans le diocèse de Metz. Au traité de Meersen, le pagus Scarponensis passe à Charles le Chauve avec le Verdunois et le Toulois. Il marque la frontière orientale du royaume de Francie occidentale jusqu'en 879. Après la diète de Trebur, il a fait parie de la Francie orientale malgré les efforts des derniers carolingiens, Charles III le Simple et Lothaire. Le pagus Scarponensis tenu par les comtes de Charpeigne n'est plus cité après 1028[10]. Il a probablement été partagé entre les trois places fortes de Dieulouard, Mousson et Prény[11].

Dans sa notice de 1895, l'abbé Melnotte fait état d'une tradition locale selon laquelle le fameux Labarum annonçant la victoire de Constantin serait apparu dans les environs de cette ville en 311.

Voici, résumée en quelques dates, l'histoire de Scarpone et de Dieulouard depuis les invasions barbares, étant précisé que les dates les plus anciennes sont parfois controversées :

  • 366 : Flavius Jovin défait les Alamans près de Scarpone.
  • 451 : sous la conduite d’Attila, les Huns envahissent la Gaule et mettent à sac la ville de Metz après avoir vainement tenté de s’emparer de Scarpone.
  • 625 : date approximative de la création du Pagus Scarponensis (comté de Scarpone).
  • 945 : le comté de Scarpone passe aux mains de la maison d’Ardenne (ou Ardenne-Verdun), d’où sont issus notamment Sigefroid, premier comte de Luxembourg, et Godefroy de Bouillon, fondateur du royaume latin de Jérusalem.
  • 985 : Lothaire, roi des Francs[12], s’empare de Verdun, fait prisonnier le comte Godefroy et assiège Scarpone. La comtesse Mathilde de Saxe, épouse de Godefroy, tient tête à l’envahisseur. Godefroy ne sera libéré qu'après l’avènement d'Hugues Capet en 987.
  • 997 : Frédéric, fils de Godefroy le Captif, cède le comté de Scarpone à Heimon (ou Haymon), évêque de Verdun. Cette cession, qui devient effective à la mort de Frédéric en 1022, coïncide probablement avec la fondation du village de Dieulouard sur la rive gauche de la Moselle.
  • 1007 : date traditionnelle de la destruction de Scarpone (attribuée selon les auteurs à Henri II, roi de Germanie, ou à son successeur, Conrad II). Les habitants de la localité se réfugient à Dieulouard.
  • 1020 : consécration de la collégiale Saint-Laurent.
  • 1140 : le concile provincial de Dieulouard tente de mettre fin aux usurpations de biens ecclésiastiques commises par Théodoric d’Imbercourt, châtelain de Bar.
  • 1320 : date approximative de la charte d’affranchissement accordée aux habitants de Dieulouard par Henri d’Apremont, évêque de Verdun.
  • 1429 : Jean Coulon, dit Jean de Dieulouard, écuyer de René d'Anjou (gendre du duc de Lorraine et beau-frère de Charles VII), accompagne Jeanne d’Arc à Chinon.
  • 1504 : consécration de la nouvelle église paroissiale Saint-Sébastien.
  • 1552 : la prévôté de Dieulouard est réunie à la France par Henri II en même temps que les trois évêchés de Metz, Toul et Verdun.
  • 1608 : les bénédictins anglais prennent possession de l’ancienne collégiale Saint-Laurent, dont ils font leur prieuré.
  • 1660 : Louis XIV fait démanteler le château de Dieulouard.
  • 1790 : la commune de Dieulouard fait désormais partie du département de la Meurthe.
  • 1793 : les bénédictins anglais sont expulsés de Dieulouard.
  • 1870 : durant la guerre franco-allemande a lieu l'affaire de Dieulouard (13 août) où le 27e régiment d'infanterie se trouve engagé.
  • 1871 : la commune de Dieulouard fait désormais partie du département de Meurthe-et-Moselle.
  • 1873 : installation des Gouvy à Dieulouard.
  • 1918 : deux bombes allemandes tombent sur l’église Saint-Sébastien sans exploser.
  • 1920 : inauguration du monument aux morts de Notre-Dame des Airs.

Politique et administrationModifier

Tendances politiques et résultatsModifier

Liste des mairesModifier

Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
1944 1972 Charles Roth    
1972 mars 1989 Charles Guerné    
mars 1989 1990 Yvon Biston PS Directeur d'école
1990 - Délégation spéciale    
1990 mars 2008 Yvon Biston PS Directeur d'école retraité
Conseiller général du canton de Dieulouard (2001 → 2015)
mars 2008 En cours
(au 16 avril 2014)
Henri Poirson DVD Ingénieur
Les données manquantes sont à compléter.

JumelagesModifier

Population et sociétéModifier

DémographieModifier

L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir de 2006, les populations légales des communes sont publiées annuellement par l'Insee. Le recensement repose désormais sur une collecte d'information annuelle, concernant successivement tous les territoires communaux au cours d'une période de cinq ans. Pour les communes de moins de 10 000 habitants, une enquête de recensement portant sur toute la population est réalisée tous les cinq ans, les populations légales des années intermédiaires étant quant à elles estimées par interpolation ou extrapolation[13]. Pour la commune, le premier recensement exhaustif entrant dans le cadre du nouveau dispositif a été réalisé en 2006[14].

En 2016, la commune comptait 4 757 habitants[Note 1], en augmentation de 4,6 % par rapport à 2011 (Meurthe-et-Moselle : +0,1 %, France hors Mayotte : +2,44 %).

Évolution de la population  [ modifier ]
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
9251 2941 3331 2911 3321 4301 4201 5131 601
1856 1861 1872 1876 1881 1886 1891 1896 1901
1 4601 5071 3151 6501 7821 8061 9181 9932 245
1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954 1962
2 3972 5711 9532 6573 0263 3033 4533 5364 854
1968 1975 1982 1990 1999 2006 2011 2016 -
5 3325 3725 2124 9034 7674 6094 5484 757-
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[4] puis Insee à partir de 2006[15].)
Histogramme de l'évolution démographique
 

SportsModifier

  • Dieulouard est réputée en Meurthe-et-Moselle pour le handball avec une équipe en nationale 2, l'ESS Dieulouard HB, après une belle saison[Quand ?] qui l'a vue terminer deuxième de N3.
  • Le club de football Étoile sportive qui a eu des résultats honorifiques dans les années 1970 avec le 7e tour de la Coupe de France atteint plusieurs fois. Malheureusement cette association sportive fut dissoute tant par manque de finances que de jeunes et de dirigeants.
  • Le tennis est bien pratiqué.
  • Et comment oublier le club local de rugby qui, jumelé avec la commune voisine de Liverdun, fait régulièrement bonne figure au sein du Comité territorial d'Alsace-Lorraine ? Actuellement en Promotion d'Honneur pour la saison 2011/2012, le club a vu cette saison l'arrivée de nombreux joueurs, débutants ou confirmés, et l'avenir s'annonce plutôt bien... tout comme pour l'école de rugby dont les effectifs ne cessent de croître.

ÉconomieModifier

Culture locale et patrimoineModifier

Lieux et monumentsModifier

Édifices civilsModifier

  • Voie romaine Reims-Metz.
  • Vestiges de la Scarpone antique : remparts du castellum IVe siècle.
  • Château de Dieulouard : ancien château épiscopal bâti aux environs de l'an mil (plus précisément en 997, selon la tradition locale) pour protéger les habitants du nouveau village de Dieulouard ; remanié XVIe siècle pour s'adapter aux armes à feu, démantelé en 1660 par Louis XIV : enceinte polygonale flanquée jadis de sept tours rondes et d'une tour carrée ; chapelle castrale (église paroissiale depuis 1481) ; restes du chemin de ronde. Héberge l'association des Amis du Vieux Pays.
  • Plusieurs immeubles remarquables notamment de la Renaissance (Maison des Voués...).

Édifices religieuxModifier

  • Chapelle Notre-Dame-des-Airs [chapelle commémorative de la guerre 1914/1918], monument aux morts inauguré en 1920, supportant une statue de la Vierge haute de trois mètres et dominant l'ancien site de Scarpone et la vallée de la Moselle (48° 51′ 02,4″ N, 6° 04′ 14,5″ E).
  • Église Saint-Sébastien : église de style gothique, consacrée en 1504, édifiée sur un escarpement rocheux au-dessus d'une crypte médiévale. Les enveloppes métalliques de deux bombes allemandes, tombées en 1918 sur l’église sans exploser, ont été conservées et fixées à deux piliers de la nef ; la crypte renferme une statue de la Vierge en terre cuite ; deux vitraux évoquent des épisodes de l'histoire locale, la victoire de Jovin sur les Alamans (366) et le concile de Dieulouard (1140).
  • Plusieurs calvaires (tous disparus).

Équipements culturelsModifier

Musée des Amis du Vieux-Pays, au château : vestiges gallo-romains du site de Scarpone; reconstitution d'un cimetière d'inhumations sous tuiles.

Personnalités liées à la communeModifier

HéraldiqueModifier

Voir aussiModifier

BibliographieModifier

_ Bazaille Manuel ; "L'abbatiat de Jean de Dieulouard" ; Nos villages lorrains ; n°99 ; Septembre 2005.

Articles connexesModifier

Liens externesModifier

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Notes et référencesModifier

NotesModifier

  1. Population municipale légale en vigueur au 1er janvier 2019, millésimée 2016, définie dans les limites territoriales en vigueur au 1er janvier 2018, date de référence statistique : 1er janvier 2016.

RéférencesModifier

  1. Ministère de l'écologie, du développement durable et de l'énergie, Décret no 2015-73 du 27 janvier 2015 portant renouvellement du classement du parc naturel régional de Lorraine.
  2. Henri Lepage, Dictionnaire topographique du département de la Meurthe[réf. non conforme]
  3. Ernest Nègre, Toponymie générale de la France, Librairie Droz 1991. p. 1478.
  4. a et b Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  5. La France pittoresque, région de l'Est, page 37
  6. Ernest Nègre, op. cit.
  7. Histoire de Thionville par GF Teissier
  8. Dom Calmet, Histoire ecclésiastique et civile de Lorraine, qui comprend ce qui s'est passé de plus mémorable dans l' archevêché de Trèves, et dans les évêchés de Metz, Toul et Verdun, depuis l'entrée de Jules César dans les Gaules jusqu'à la mort de Charles V, duc de Lorraine, arrivée en 1690, avec les pièces justificatives, chez Jean-Baptiste Cusson, Nancy, 1728, tome 1, col. 17, 208, 276, 743, 872 (lire en ligne)
  9. Auguste Longnon, « Pagus Scarponensis », dans Atlas historique de la France, p. 115, 117, 201 (lire en ligne)
  10. Medieval Lands : comtes de Charpeigne
  11. Louis Davillé, « Le “pagus Scarponensis” », dans Annales de l'Est et du Nord, 2e année, 1906, p. 1-32, p. 219-247
  12. Remarque : Dans la titulature des rois,le changement de la terminologie rex Francorum (roi des Francs) en rex Francia (roi de France) ne se fait qu'à l'époque de Philippe II Auguste.
  13. L'organisation du recensement, sur insee.fr.
  14. Calendrier départemental des recensements, sur insee.fr.
  15. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 2006, 2007, 2008, 2009, 2010, 2011, 2012, 2013, 2014, 2015 et 2016.