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Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Adyguéen.
Adyguéens
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Drapeau adyguéen

Populations significatives par région
Drapeau de la Turquie Turquie 2 000 000[1]
Drapeau de la Russie Russie 719 000 (2010)
Drapeau de la Syrie Syrie 100 000
Drapeau de la Jordanie Jordanie 65 000
Drapeau de l'Allemagne Allemagne 40 000
Drapeau de l'Irak Irak 34 000
Population totale environ 4 000 000
Autres
Régions d’origine Nord du Caucase
Langues adyguéen, russe
Religions musulmans sunnites
Ethnies liées Kabardes, peuples Circassiens
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Carte de répartition

Les Adyguéens ou Tcherkesses ou encore Circassiens, sont un peuple du nord-ouest du Caucase, habitant l'Adyguée où ils représentent 23 % de la population, la Karatchaïévo-Tcherkessie où ils en représentent 11 % et la Kabardino-Balkarie où ils sont nommés Tcherkesses, tous trois sujets fédéraux de la Russie[2]. L'ensemble des Adyguéens du Caucase représentent quelque 800 000 personnes auxquelles s'ajoute une très importante diaspora.

Le district national Chapsoughs (en), district autonome créé pour les tribus chapsoughs des bords de la mer Noire, a été supprimé en 1943. Les Kabardes de la Kabardino-Balkarie sont souvent considérés comme composant la branche orientale des Adyguéens.

Alors que le nom que se donne ce peuple est Adyguéens, il est souvent connu en Occident sous le nom de Circassiens, un terme qui se réfère en réalité à un groupe de peuples plus vaste du Nord-Caucase.

HistoireModifier

Les Adyguéens émergèrent aux alentours du Xe siècle, mais comme une entité jamais politiquement unie, puisque certaines sources en font mention bien plus tôt. Leur absence d'unité a réduit leur influence dans la région et leur capacité à lutter contre les raids fréquents des Huns, des Avars, des Petchénègues, des Khazars et des Mongols.

Cette absence d'unité coûtera leur indépendance aux Adyguéens ; leur territoire sera peu à peu transmis aux cosaques de l'Empire russe en récompense de leur soutien à Catherine II (1764-1775), ceci à la suite des affrontements avec l'Empire Ottoman à la fin du XVIIIe siècle et pendant la première moitié du XIXe siècle. À cette époque, ce qui est appelé la pacification du peuple des Adyguéens a reçu une certaine publicité en Occident. Après la guerre de Crimée, la Russie s'est de plus en plus intéressée aux territoires du Caucase et aux peuples qui y habitent. Après les Tchétchènes et les Ingouches et la victoire contre Imam Chamil dans l'est du Caucase en 1859, les Russes soumirent les Adyguéens à l'ouest de la région en 1864, provoquant une vague d'exils vers l'empire ottoman, jusque dans les Balkans[3].

De 1917 à 1920, la Révolution russe, fait progressivement passer la région dans l'Union des républiques socialistes soviétiques.

 
Commémoration à Istanbul (Turquie) de l'expulsion du Caucase.

Comme bien d'autres minorités ethniques soumises au joug soviétique, les Adyguéens ont été déportés en masse ; près d'un million et demi d'entre eux se sont réfugiés dans l'Empire ottoman. La collectivisation communiste a également contribué au déclin de ce peuple[4].

Le 21 mai 1864[5],[6] est la date retenue par les Adyguéens (ou Tcherkesses) pour commémorer, dans le monde entier, l'anniversaire tragique de leur expulsion du Caucase par les Russes, concernant essentiellement les peuples Circassiens (Adyguéens), les Oubykhs, les Abkhazes, exil qui commencera en 1864 et qui se terminera majoritairement en 1867.

CultureModifier

 
Intérieur d'une maison circassienne. Publié en 1821, éd. J. Dekeyn.
 
Circassien portant la tchokha (manteau traditionnel en laine), 1898.

Peuple à la culture guerrière, les hommes adultes portaient les armes, et les enfants étaient entraînés dans l'objectif de devenir des guerriers. Les liens familiaux n'étaient pas primordiaux. Les parents confiaient souvent leurs enfants aux bons soins d'autres adultes plutôt que de les élever eux-mêmes.

Anciennement matriarcal, ce peuple a donné aux femmes un rôle plus important que d'autres peuples musulmans. Elles portaient les armes aux côtés des hommes, et aujourd'hui encore, elles sont tenues à un haut degré de respect et de dignité.

Avant l'invasion russe, la société adyguéenne était très stratifiée. Si certaines tribus de l'Adyguée étaient moins inégalitaires, beaucoup d'autres étaient divisées en castes. La plus haute était la caste des princes, suivie d'une caste de basse noblesse, puis du peuple (roturiers), des serfs et des esclaves. Dans les décennies qui précédèrent l'invasion russe, deux tribus rejetèrent ce système traditionnel et mirent en place un processus « démocratique », mais cette évolution a été stoppée par la fin de l'indépendance adyguéenne.[réf. nécessaire]

 
Alphabet circassien. Adamsa123.

Aujourd'hui, la plupart des Adyguéens parlent le russe et/ou leur langue originelle, l'adyguéen, une langue caucasienne. Ces deux langues s'écrivent dans l'alphabet cyrillique.

L’ethnographe Leonti Lioulie (ru) (1805 — 1862) rapporte que les Adyguéens (nommés alors Circassiens) professaient initialement une religion monothéiste propre et croyaient au dieu « Ttkhè » (Тхьэ). Du VIe au XVe siècles le christianisme domine sous l’influence de Byzance (et quelques missions catholiques génoises) mais avec la chute de Constantinople en 1453, les différents groupes adyguéens se convertissent peu à peu à l’islam et se rangent sous l’autorité du sultan ottoman. Au XIXe siècle, la majorité des Adyguéens est ainsi devenue sunnite de tendance hanafite.

Les adyguéens sont répartis en une douzaine de tribus ou clans (tlapq), symbolisées par les étoiles sur le drapeau actuel. Il s'agit, par ordre alphabétique des Abkhezes, Besleneïs, Bjédoughs, Chapsoughs, Egueroukaïs, Gatoukaïs, Janeïs, Kabardes, Mamkheghs, Natoukhaïs, Oubykhs et des Témirgoïs[7]. La plupart des Adyguéens vivant dans le Caucase sont des Bjedoughs et des Témirgoys, alors que la majorité des membres de la diaspora sont abzakhes (en) et Chapsoughs. La langue commune adyguéenne est basée sur le dialecte Kémirgoy.

La diasporaModifier

On constate la présence des Adyguéens hors des montagnes du Caucase à partir du Moyen Âge (Ve siècle-XVe siècle) du fait culture guerriere. En effet, ils sont évoqués dans les armées des empires perse, romain, byzantin ou de la Horde d'or. On les trouva ensuite en grand nombre au sein des Mamelouks ottomans et d’Égypte. La dynastie des sultans burjites a été fondée par des mamelouks adyguéens. Une bonne partie des femmes choisies pour le harem de la dynastie ottomane furent des Adyguéennes, surtout à partir du XVIIIe siècle.

 
Adyguéens d'Israël en habits traditionnels

La culture adyguéenne a été en grande partie détruite après l'invasion russe de 1864[8], qui a également causé une diaspora de l'ensemble des peuples du nord-ouest du Caucase, connue sous le nom de muhadjirs, vers diverses régions de l'Empire ottoman. Aujourd'hui, la plupart des membres de la diaspora adyguéenne se trouve en Turquie, principalement dans les provinces de Samsun, Kahramanmaraş, Kayseri et Düzce. Des communautés importantes vivent en Jordanie, en Syrie, au Liban, en Égypte, en Israël (dans les villages de Kfar Kama et Rikhaniya[9] en Galilée), en Libye, en Macédoine du Nord et aux États-Unis (États de New York et du New Jersey).

  • La petite communauté résidant au Kosovo a regagné l'Adyguée en 1998, pendant la Guerre du Kosovo.
  • Certains Adyguéens, émigrés en Bulgarie en 1864 et 1865, ont pour la plupart fui le pays lors de la séparation d'avec l’Empire ottoman en 1878. Aujourd'hui, il en reste environ 1 300 en Bulgarie.
  • Avant la Guerre civile syrienne de 2012, près de 100 000 Circassiens vivaient en Syrie. Début novembre 2012, près de 6 000 d'entre eux ont fui la Syrie et se sont réfugiés d'abord en Turquie puis dans le Caucase du Nord, principalement dans le Kabardino-Balkarie et sa capitale Naltchik. Beaucoup se disent sans espoir de retour, ayant travaillé dans les structures de l’État syrien et perçus comme pro-Russes[10].

Les Adyguéens dans la cultureModifier

 
Circassien tenant un cheval, E. Delacroix, huile sur toile, v. 1858. Tokyo.

Une huile sur toile d'Eugène Delacroix de 1858 représente un Circassien tenant un cheval par la bride et est exposée au Tokyo Fuji Art Muséum au Japon.

Les Circassiens sont abondamment cités par Lawrence d’Arabie dans son ouvrage Les Sept Piliers de la sagesse, en tant que musulmans aux origines européennes dans la Syrie historique (actuels Liban, Syrie, Jordanie). C’est notamment en se faisant passer pour un Circassien qu’il est fait prisonnier à Deraa.

L'un des principaux protagonistes du roman de la série SAS, Massacre à Amman, le général Khamis Gordour, est un Adyguéen désigné sous le nom de Tcherkesse dans le livre.

 
Instruments de musique, Centre du Patrimoine circassien, Kfar Kama, Israël. Photo D. Digger.

Notes et référencesModifier

  1. Andrew Dalby, Dictionary of Languages: The definitive reference to more than 400 languages, Bloomsbury Publishing, (ISBN 978-1408102145, lire en ligne), p. 136.
  2. C.Gras, Anthracite (Roman), Paris, Stock, , 335 p. (ISBN 978-2-234-07978-6), « Les cosaques du Don ».
  3. « Le retour au Caucase des Tcherkesses du Kosovo », sur RFI, (consulté le 26 juin 2019)
  4. Shenfield, Stephen D. 1999. The Circassians: a forgotten genocide?. In Levene, Mark and Penny Roberts, eds., The massacre in history. Oxford and New York: Berghahn Books. Series: War and Genocide p. 149–162.
  5. Delphine Darmency et Constance Desloire, « Le premier génocide contemporain a-t-il eu lieu à Sotchi, avec le massacre des Circassiens le 21 mai 1864? », Journal,‎ (lire en ligne).
  6. Régis Genté, « Les habitants perdus de Sotchi : 1864, l’exil forcé des Circassiens chassés par les Cosaques de l’Empire russe Read more at http://www.atlantico.fr/decryptage/habitants-perdus-sotchi-1864-exil-force-circassiens-chasses-cosaques-empire-russe-regis-gente-990225.html#rFLtaHk7Td3hbUD0.99 », Journal,‎ (lire en ligne).
  7. (en) Olson, James Stuart,, Pappas, Lee Brigance. et Pappas, Nicholas Charles., An Ethnohistorical dictionary of the Russian and Soviet empires, Greenwood Press, , 152 p. (ISBN 0313274975 et 9780313274978, OCLC 27431039, lire en ligne), p. 15
  8. « Déportation des tatars et des Tcherkesses: la douleur reste vive », sur Agence Anadolu (consulté le 1er juillet 2017).
  9. Ou « Rehaniya ».
  10. Le Figaro du 3 novembre 2012 : Les Syriens circassiens rêvent d'une nouvelle vie

Voir aussiModifier

BibliographieModifier

  • (en) Amjad Jaimoukha, The Circassians: A Handbook, New York: Palgrave, 2001; London: RoutledgeCurzon, 2001. (ISBN 978-0-312-23994-7)
  • (ru) Sarabi Mafedzev, Adygi : Obyčai : Tradicii, Izdatel'skij centr "Èl'-fa", Nal'čik, 2000, 355 p. (ISBN 5-88195-455-6)
  • (ru) Valerij Hatakšukovič Pšemurzov, Adygi : istoriâ, kulʹtura, mentalʹnostʹ, Poligrafservis i T., Nalʹčik, 2003, 115 p. (ISBN 5-93680-095-4)
  • (en) Ronald Wixman, « Adygei », in The Peoples of the USSR: An Ethnographic Handbook, M.E. Sharpe, 1988, p. 5-6 (ISBN 9780765637093)

Articles connexesModifier

Liens externesModifier

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