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Adua et ses compagnes

film sorti en 1960
Adua et ses compagnes
Description de cette image, également commentée ci-après

Titre original Adua e le compagne
Réalisation Antonio Pietrangeli
Scénario Ruggero Maccari, Antonio Pietrangeli, Tullio Pinelli et Ettore Scola d’après une histoire de Ruggero Maccari, Antonio Pietrangeli et Ettore Scola
Acteurs principaux
Sociétés de production Zebra Film
Pays d’origine Drapeau de l'Italie Italie
Genre Comédie dramatique
Durée 106 min
Sortie 1960

Pour plus de détails, voir Fiche technique et Distribution

Adua et ses compagnes (Adua e le compagne) est un film italien réalisé par Antonio Pietrangeli et sorti en 1960.

SynopsisModifier

Après que leur maison close ait été fermée, quatre prostituées veulent s’établir à leur compte en ouvrant un restaurant en banlieue de Rome. Mais, comme elles sont fichées par la police, l'administration refuse de leur délivrer la licence adéquate. Une de leurs relations du milieu, Ercoli, prétendument « docteur », leur propose alors de résoudre leur problème en achetant le restaurant et en leur louant les locaux. Plus tard, lorsque l'affaire s'avère rentable, il se manifeste de façon autoritaire pour les faire travailler sous sa coupe.

Fiche techniqueModifier

DistributionModifier

ProductionModifier

TournageModifier

  • Début des prises de vue : [1].
  • Intérieurs : studios Incir-De Paolis (Rome)[1].
  • Extérieurs en Italie : Rome/Latium[1].
  • Simone Signoret[3] : « J'honorais un vieux contrat, toujours repoussé. Je tournais en Italie Adua et ses compagnes. Nous ne faisions pas un chef-d'œuvre. […] Je goûtais le printemps romain, les retrouvailles avec l'Europe[Note 1], les dîners avec les gens de l'équipe dans les trattoria, sous les tonnelles. Ils et elles — les gens du film — étaient drôles, tendres, vieux comme le vieux monde et jeunes comme les jeunes filles assises en amazone à l'arrière des Lambrettas. […] Et je rejouais la comédie pour la première fois depuis deux ans. Je la rejouais dans ma langue, on me doublerait après : aucune problème linguistique. »

BOModifier

Musiques additionnelles[4] :

AccueilModifier

Les Inrockuptibles[5] : « Par son sujet, Adua et ses compagnes fait penser au Plaisir de Max Ophuls ou à La Rue de la honte de Kenji Mizoguchi : Adua et ses trois copines sont putes, et à la fermeture de l'établissement où elles sont employées, elles décident de se mettre à leur propre compte, à la campagne, et en ouvrant une trattoria en guise de couverture “honorable” (l'Italie des années cinquante ne badinait pas avec la morale catholique) : ce sera donc bons petits plats au rez-de-chaussée et dans le jardin, passes discrètes à l'étage[Note 2]. […] À travers ces quatre femmes exerçant le “plus vieux métier du monde”, Pietrangeli reste fidèle à l'essentiel de son œuvre : brosser un tableau de la condition féminine dans l'Italie de l'après-guerre en se plaçant résolument du côté des femmes, de leurs aspirations et de leurs tentatives d'émancipation. […] Chacune vit un dilemme dramatique particulier dont le point commun est la pression exercée par l'hypocrisie d'une société catholique, patriarcale et capitaliste (qui rime parfois avec mafia). Dans cette Italie-là (mais ça vaut pour d'autres pays et d'autres époques), on méprise officiellement les putes tout en ayant volontiers recours clandestinement à leurs services. Au-delà de cet aspect politique, social et sociétal, Pietrangeli s'affirmait comme un vrai bon cinéaste par la chair dont il savait nourrir ses personnages, sa façon de placer de nombreuses scènes n'obéissant pas à la progression dramaturgique mais prenant le temps de regarder vivre les protagonistes, ses doses d'humour allégeant une tonalité fondamentalement dramatique, ses plans longs, son noir-et-blanc solaire, sa délicieuse bo jazzy lounge... Passée l'étrangeté d'entendre Simone Signoret ou Emmanuelle Riva doublées en italien (elles sont toutes les deux magnifiques, de même que Sandra Milo, Gina Rovere et Marcello Mastroianni), on déguste ce film comme une savoureuse madeleine dont le goût se situe quelque part entre le drame néo-réaliste et la comédie italienne et dont le féminisme sensible revêt aujourd'hui un caractère quasi-prophétique. »

DistinctionsModifier

Notes et référencesModifier

NotesModifier

  1. C'est son premier film à son retour des États-Unis où elle est restée de nombreuses semaines après avoir reçu en 1960 l'Oscar de la meilleure actrice pour son interprétation dans le film Les Chemins de la haute ville (1959).
  2. Mais cette partie de leur projet s'émousse, car la réussite de leur entreprise les valorise et fait qu'elles s'investissent assez rapidement dans leur nouvelle profession de restauratrice en abandonnant la précédente.

RéférencesModifier

Liens externesModifier