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Adolphe Paupe

bibliographe, spécialiste de Stendhal
Adolphe Paupe
Naissance
Troyes (Aube)
Décès (à 62 ans)
Paris
Activité principale
comptable à la compagnie d'assurances La Prévoyance
Distinctions
surnommé l'archiviste de Stendhal
Auteur
Genres

bibliographe, critique littéraire

spécialiste de Stendhal

Œuvres principales

  • Histoire des œuvres de Stendhal (1903)
  • La vie littéraire de Stendhal (1914)
La vie littéraire de Stendhal, 1914.

Adolphe Paupe est un bibliographe et critique littéraire, né en 1854 à Troyes et mort en 1917 à Paris. Il est connu comme spécialiste de l'écrivain Stendhal.

BiographieModifier

 
Troyes, rue de la Trinité.

Adolphe Édouard Célestin Paupe est né le à Troyes dans l'Aube.

Son père, Louis François (né en 1816), est imprimeur lithographe. Le , il épouse Joséphine Clausel, fille d'Alexandre Clausel, artiste peintre et premier photographe de Troyes[1] qui habitait au no 19 de la rue la Trinité[2]. Son imprimerie porte le nom commercial Paupe-Clausel.

La famille Paupe habite au no 4 de la rue de la Trinité[3], à proximité de l'Hôtel de Mauroy situé au no 7 de la même rue étroite aux maisons très anciennes.

JeunesseModifier

Adolphe est le quatrième enfant d'une fratrie de garçons au nombre de cinq[4]. Il passe son enfance et sa jeunesse dans cette ville du sud de la Champagne "pouilleuse", comme on disait alors. Le recensement de 1872 le mentionne toujours à Troyes, avec sa famille, mais il disparaît sur celui de 1876.

Sa famille quitte Troyes, avant 1881, à l'exception d'un frère d'Adolphe qui perpétue l'atelier d'imprimeur de son père[5]. Elle s'installe à Paris, rue Saint-Merri (4e arr.)[6].

Mariage et enfantsModifier

Adolphe Paupe se marie le à Paris (9e arr.), avec Marie Adélaïde Favre[n 1], née le à Paris[7]. Ses deux parents sont présents à la cérémonie : son père, âgé de 67 ans, est mentionné comme «représentant de commerce». Adolphe vivait alors chez eux, rue Saint-Merri au no 16, selon son acte de mariage.

 
Le Paris d'Adolphe Paupe.

Le couple réside à Dijon (Côte-d'Or), rue François-Rude puis rue de la Trémouille[n 2]. Après la naissance du deuxième enfant - mais la raison est probablement d'ordre professionnel -, il quitte la Bourgogne pour Paris vers 1889-1890. La famille s'installe dans le 18e arrondissement, d'abord rue Durantin, no 8, et enfin rue des Abbesses au no 50[8].

Adolphe Paupe est le père de cinq enfants :

  • Virginie Jeanne Suzanne, née le , à Dijon.
  • André Léopold, né le , à Dijon.
  • Anna Camille Suzanne, née le , à Paris (18e arr.).
  • Suzanne Octavie Mauricette, née le , à Paris (18e arr.).
  • Aline Charlotte Henriette, née le , à Paris (18e arr.).

Carrière professionnelleModifier

Adolphe Paupe a été comptable (1883), gérant du quotidien dijonnais Le Petit Bourguignon (1886, 1888)[9] ; l'un des témoins à la naissance de sa fille, en , est Victor Bergery, rédacteur au Petit Bourguignon[n 3].

Il devient ensuite chef de bureau dans une compagnie d'assurances à Paris[10]. Pierre-Joseph Richard[n 4] révèle que Remy de Gourmont «venait de temps à autre trouver Paupe à son bureau, 23, rue de Londres»[11].

 
La Prévoyance, 23 rue de Londres.

Or, à cette adresse, dans le 9e arrondissement, se trouvait le siège d'une importante compagnie d'assurances sur les accidents, la Prévoyance[12]. Il s'agit de la société dans laquelle travaillait Adolphe Paupe.

Le critique et écrivain Paul Léautaud le consigne d'ailleurs explicitement à la date du jeudi de son Journal littéraire : «Aujourd'hui jeudi je suis allé rue de Londres, à la Compagnie d'Assurances La Prévoyance, voir Adolphe Paupe, au sujet de la Chronique stendhalienne et de Gourmont. J'ai retrouvé le même homme curieux au possible, en tant que stendhalien»[13].

Cette occupation professionnelle n'avait cependant guère d'intérêt pour lui : il a consacré l'essentiel de sa vie à l'œuvre stendhalienne.

Adonné au culte stendhalienModifier

Paul Léautaud a plusieurs fois évoqué la figure d'Adolphe Paupe et noté la place subalterne qu'il réservait à son emploi. Ce que rappelle le magazine Pourquoi pas ? en 1935 :

 
Édition 1831.

« À propos de l'anniversaire de la mort de Remy de Gourmont, le Mercure de France publie de charmants et émouvants souvenirs de Paul Léautaud. Celui-ci, avec Gourmont, avait fait la connaissance, en 1906, d'un employé comptable dont l'histoire était singulière.

Ce brave homme, M. Paupe, s'était consacré totalement au culte stendhalien. Il vivait très modestement mais ne se refusait rien quand il s'agissait du culte qu'il avait voué à l'auteur de La Chartreuse de Parme. Il possédait une collection très rare, livres, manuscrits, gravures. Seulement, cette collection coûtait à M. Paupe, à sa femme et à ses enfants pas mal de privations. - Du pain, Stendhal, et de la viande après, disait M. Paupe, en souriant. Et il ajourait : "Moi je dîne de Stendhal et je soupe de Beyle !".

À sa femme qui, devant les visiteurs, se plaignait des dépenses imposées par l'achat des documents, M. Paupe répondait : "Si l'on peut dire... Ainsi, Le Rouge et le Noir, je ne l'ai que dix fois...!" Et il se réjouissait parmi ses richesses stendhaliennes, tandis que l'humble ménagère et les cinq gosses vivaient un peu de l'air du temps[14]. »

 
Le 50, rue des Abbesses.

Dans son Journal littéraire, à la date du , Léautaud raconte la visite rendue à Paupe par lui-même et Remy de Gourmont :

« Il a passé presque plus d'une année pour son manuscrit de la Correspondance[n 5], négligeant des travaux de comptabilité qu'il faisait auparavant chez lui le soir et qui augmentaient son budget. Il a cinq enfants. Gourmont lui a demandé si sa famille est stendhalienne. Il a avoué que non, et bien au contraire. "Dame, lui dis-je, vous devez user beaucoup de pétrole, à travailler comme vous dites tous les soirs jusqu'à minuit, et alors... - Oui", m'a-t-il répondu en me regardant et le ton suffisait.

Ce ton évoquait Mme Paupe, les soucis du ménage, les besoins, les dépenses plus nécessaires, etc., et les reproches de l'épouse, à voir la lampe encore allumée à onze heures, à cause de Stendhal. On comprend que Paupe, comme il nous disait, désire qu'il soit possible de lui donner un billet de mille sur l'argent qu'on trouvera, si on le trouve, pour éditer la Correspondance. Cela lui permettra de dire à sa femme : "Tu vois bien, Stendhal, ce n'était pas si mauvais que ça. Tu avais bien tort de crier autant. J'ai touché mille francs... Embrassons-nous"[15]. »

Le journal Le Temps décrit Adolphe Paupe dans ses dernières années :

« Sa vue, devenue faible, l'obligeait à porter de grosses lunettes, et il examinait les manuscrits nouveaux avec l'attention d'un savant penché sur le microscope. Il savait tout de l'œuvre immense de Beyle et les moindres ébauches de l'écrivain lui étaient familières. On lui doit non seulement de mieux connaître cette œuvre, mais encore de l'aimer davantage[10]. »

La mort du filsModifier

Adolphe Paupe avait un seul fils, André Léopold, né le à Dijon, peu de temps avant que la famille Paupe ne vienne à Paris[9]. Le jeune homme meurt de maladie, «aggravée en service» pendant la guerre, le , à l'hôpital Mirabeau à Tours[16]. La même année, il perd son ami Remy de Gourmont. Ce qui fait dire au journal Le Temps au lendemain des obsèques d'Adolphe Paupe :

« M. Édouard Champion, qui l'a salué au cimetière, nous a appris que ce beyliste illuminé avait souffert de douleurs tout humaines : "Au cours des dernières années, la mort de son ami Remy de Gourmont, qui l'appréciait particulièrement, l'avait bien durement frappé, et plus durement encore la mort glorieuse d'un fils chéri, un grand beau gars au regard clair et dont la timidité était, sous les armes, devenue bravoure". Ainsi, la guerre n'avait même pas épargné la tour d'ivoire où le père Paupe vivait en communion constante avec le dieu de sa curiosité[10]. »

Paul Léautaud fréquente Adolphe Paupe depuis une dizaine d'années[14]. Il a relaté ce moment de deuil et tancé la manière dont Paupe réagissait. Édith Silve, spécialiste de Léautaud, le rappelle :

 
Léautaud en 1915.

« La douleur d’Adolphe Paupe à qui on vient de ramener son fils mort lui donne l’occasion de transformer une scène mortuaire en une scène comique. En effet, Paupe qui partageait avec son fils une commune passion pour Stendhal n’a rien trouvé de mieux, pour honorer la mémoire de son fils, que de truffer de notes les pages de garde des volumes qu’ils avaient lus tous deux. Loin de Léautaud l’idée de voir dans ce rite un acte d’amour du père pour son fils ; cette dévotion qui passe par la littérature – et quelle littérature : Stendhal – que Paupe semble plier à tous les usages, revêt à ses yeux un caractère dérisoire et cocasse.

Il est vrai que Paupe a toujours prêté le flanc à la satire de Léautaud à cause de la manière dont il abordait cet auteur en se livrant à d’harassants travaux de copie et de décryptage de lettres de Stendhal, dormant et mangeant avec son auteur jusqu’à en rassoter. Paupe a confondu sa dévotion à Stendhal et le souvenir qu’il doit à son fils pour établir une sorte de rituel auquel il a eu la fâcheuse idée de convier Léautaud. "Le fils de Paupe, note ce dernier dans son journal d’août 1915, qui avait fait la retraite de Charleroi avait, par exemple, reçu deux balles dans son casque. Paupe a répété ce détail dans ses notes de chaque volume : “il avait reçu deux balles dans son casque”. Quand on lit cela trois ou quatre fois de suite comme je l’ai fait tantôt (…), cela prend un petit air comique"[17]. »

La mort d'Adolphe PaupeModifier

Adolphe Paupe meurt le . Le Temps lui a accordé une nécrologie :

« C'était un religieux : entendez qu'il avait consacré toute sa vie au culte d'un homme ou plutôt d'une œuvre. Il était stendhalien comme on est chartreux ou même spirite. Il était l'exégète savant d'Henri Beyle, en même temps que le conservateur de sa mémoire. Il veillait sur le temple du "Milanese" avec ferveur et jalousie. Et il répandait la parole du maître avec la foi d'un apôtre. Sa vie était humble. (...) il habitait une "bourgeoise" et modeste maison de la rue des Abbesses. Ses journées étaient toutes consacrées à ses devoirs de bureaucrate, mais ses soirées étaient vouées à sa mission littéraire. Il a dressé des monuments à la gloire de son dieu : l'Histoire de l'œuvre, la Vie littéraire, la Correspondance de Stendhal[10]. »

André Billy a laissé un portrait d'Adolphe Paupe dans son livre de souvenirs, Le Pont des Saints-Pères (1947) :

 
Tombe de Stendhal.

« J'avais connu Adolphe Paupe au Censeur où il publiait une Chronique stendhalienne[n 6] analogue à celle que Martineau donne encore au Divan. C'était alors un homme d'environ cinquante-cinq ans, à qui sa très mauvaise vue et ses moustaches tombantes donnaient un air extrêmement triste. Il était tout simplement timide et sa timidité s'aggravait, il me semble, de sa dévotion à Stendhal, car il ne vivait que pour lui, dans son souvenir et dans le rayonnement de sa gloire ; le reste ne lui était rien.

Il avait réuni dans son petit appartement de la rue des Abbesses tout ce qu'il avait pu trouver se rapportant de près ou de loin, parfois de très loin, à Stendhal. Il avait présentes à la mémoire toutes les dates de la vie temporelle et de la vie posthume de Stendhal. C'était un homme vraiment extraordinaire, dont la ferveur stendhalienne ne peut être comparée qu'à celle, balzacienne, de notre cher Marcel Bouteron. La mort de son fils, tombé à la guerre, le tua[18]. »

Adolphe Paupe fut inhumé au cimetière de La Chapelle. Édouard Champion prononça un discours.

Adolphe Paupe, le stendhalienModifier

Adolphe Paupe date son «initiation» comme stendhalien de l'année 1876[19]. Ses principales publications interviennent cependant presque trente ans plus tard, avec l'Histoire des œuvres de Stendhal en 1903.

Adolphe Paupe n'a jamais manifesté la moindre forfanterie à l'égard de son travail. Le , Paul Léautaud le rencontre au siège de la société La Prévoyance pour lui demander de collaborer à un projet de journal. Adolphe Paupe se montre :

« Toujours aussi modeste, répétant qu'il n'est qu'un copiste, qu'un comptable, et qu'il n'a fait que de la comptabilité stendhalienne. "Bélugou[n 7] m'a fait du reste le plus beau compliment qu'on puisse me faire, a-t-il ajouté, en me disant qu'il n'y avait rien de moi dans mon livre"[20]. »

L'archiviste de StendhalModifier

C'est par cette formule qu'était désigné Adolphe Paupe[21], parfois aussi le «notaire du stendhalisme»[22]. L'éditeur Édouard Champion est l'un des contemporains de Paupe qui a témoigné à ce sujet :

 
Éd. Champion, éditeur, 1938.

« Le Stendhal-Club ! C'est tout là-haut, à Montmartre, au cinquième d'une maison modeste, tout près du cimetière où repose Stendhal. Des fenêtres on peut - presque - surveiller sa tombe. Le maître du logis sait tout de Stendhal, et il sait tout Stendhal. Interrogez-le sur une date, il vous la dira à l'instant même, comme il achèvera de mémoire la phrase de Stendhal que vous aurez commencée.

M. Paupe a réuni tout ce qu'il avait pu trouver d'éditions, d'articles, de numéros de revue concernant l'auteur de La Chartreuse. Il a abonné Stendhal au courrier de la presse et c'est chaque jour, du monde entier, un énorme courrier posthume des plus bigarrés, lettres d'amour et d'injures, billets signés et anonymes. Tous ces articles, il les massacre un peu pour les coller sur des cahiers, les agrémentant de découpures et d'images. Et la reliure est souvent faite de ses propres mains.

Vous que Stendhal passionne, faites ce pèlerinage. Allez 50, rue des Abbesses. Vous verrez un homme enthousiaste, entièrement voué à une mémoire vénérée, sans espoir de profit, sans bruit de gloire, et que nul honneur humain n'est allé trouver[23]. »

 
L'Homme libre, 12 mars 1914.

En réalité, les «archives Stendhal» désignaient la collection particulière d'Adolphe Paupe : «...ce dernier possédait dans deux profondes armoires, pompeusement intitulées "Archives du Stendhal-Club", les éditions, les manuscrits de l'auteur du Rouge avec mille curieuses et cocasses reliques»[24]. Dans Le promeneur de la Butte Montmartre, l'écrivain Paul Desalmand (1937-2016) note pareillement : «Sa maison du 50 rue des Abbesses devint une sorte de musée Stendhal personnel où s'entassaient gravures, huiles, statues en plâtre ou en bronze, bibelots divers, assiettes décorées de scènes de romans et évidemment des textes et ouvrages divers[25]»

Dans le quotidien de Clemenceau, L'homme libre, le journaliste André Maurel[n 8] évoque le Stendhal-Club :

« Il est un lieu pourtant que le Stendhal-Club peut invoquer pour son siège (...). Et c'est tout simplement la haute demeure de la rue des Abbesses, du haut de laquelle M. Adolphe Paupe a réuni les archives du club. Entendez les siennes, celles réunies par lui et qui contiennent des trésors inappréciables puisqu'ils échapperont toujours à l'impôt (...). J'avais appelé autrefois Casimir Stryienski le paléographe particulier de Stendhal. De même a-t-on nommé M. Paupe l'archiviste particulier. (...) M. Paupe ouvre largement sa porte à qui se recommande d'amour stendhalien. J'ai feuilleté les dossiers et compulsé les livres, bien rangés dans l'armoire vitrée, chapelle, saint des saints, touchant et grave à la fois, où un culte fleurit, celui de l'intelligence et de la sensibilité la plus aiguë qui fût jamais peut-être[26]. »

Histoire des œuvres de StendhalModifier

 
Histoire des œuvres de Stendhal, 1903.

Ami d'Adolphe Paupe, Remy de Gourmont qualifiait d'«excellente» l'Histoire des œuvres de Stendhal[27]. Quant à Casimir Stryienski, le «découvreur de Stendhal» à partir des manuscrits de la bibliothèque de Grenoble, il raconte l'origine de cet ouvrage à laquelle il se trouve mêlé personnellement :

« Depuis plusieurs années, j'avais amassé des notes qui devaient me servir à faire une œuvre modeste, mais fort utile - une bibliographie stendhalienne. Le temps me manquait pour réunir et coordonner mes fiches, éparpillées dans mes tiroirs... quand j'eus la bonne fortune d'entrer en relations avec M. Adolphe Paupe ; je lui proposai de se charger du travail et de lui confier tous mes matériaux. M. Paupe se mit en campagne avec tant de zèle que la bibliographie devint bientôt un volume et dépassa de beaucoup les proportions ordinaires, elle se changea bel et bien en une histoire raisonnée des ouvrages de Beyle (...)

M. Paupe a non seulement fait la nomenclature des éditions, il a dressé une liste des articles les plus saillants consacrés à Beyle. Non satisfait de les énumérer sèchement, il a extrait avec impartialité certains passages de ces articles, enregistrant les critiques aussi bien que les éloges, et c'est là que son travail est tout à fait précieux. Quel intérêt n'y a-t-il pas, en effet, de pouvoir comparer l'étude de Jules Janin sur le Rouge et le Noir, au lendemain de l'apparition de ce roman, avec celle de Taine ou celle de Bourget[28] ? »

L'ouvrage comporte vingt-cinq chapitres portant sur les ouvrages de Stendhal proprement dits, et dix-huit autres chapitres thématiques.

 
Table des matières de l'Histoire des œuvres de Stendhal, Adolphe Paupe, 1903.

Le travail de Paupe a été salué par la critique :

 
Jules Bertaut.
  • «Les beylistes vont être dans la joie : M. Adolphe Paupe vient (...) d'achever une bibliographie très complète des œuvres de l'auteur de la Chartreuse, ainsi que des études et des critiques qui s'y rapportent. C'est là un document d'une valeur incontestable qui fixe dès maintenant certains points de la vie et de l'histoire (si compliquée) des œuvres de Henri Beyle», écrit Jules Bertaut[n 9] dans La Revue hebdomadaire[29].
  • «M. Casimir Stryienski et M. Adolphe Paupe nous ramènent à Stendhal lui-même, à un Stendhal exact, contrôlé, soigneusement dépouillé des déformations matérielles et des déviations intellectuelles qu'ont dû, plus ou moins, lui faire subir les "trente-six romanciers au milieu desquels la mode l'admet", ou l'admettait. Ainsi nous rendront-ils capables de goûter Stendhal sans danger. (...) M. Adolphe Paupe a voulu joindre à la sécheresse bibliographique l'amusant défilé des opinions. Après l'histoire et la genèse de chaque ouvrage, il nous donne les jugements les plus célèbres qui furent publiés soit à leur apparition naturelle, soit au cours de critiques modernes, soit à l'occasion des découvertes faites à la bibliothèque de Grenoble», note-t-on dans La Chronique des livres[30].

En 1942, le critique stendhalien bien connu, Henri Martineau continue de louer la publication d'Adolphe Paupe : «Paupe apportait en outre un livre des plus précieux, son Histoire des œuvres de Stendhal, importante bibliographie commentée qui parut en 1904»[31].

La vie littéraire de StendhalModifier

En 1914 paraît le dernier ouvrage du beyliste de Montmartre, en appendice aux Œuvres complètes de Stendhal publiées par Édouard Champion. Il en décrit lui-même la portée : «De mon côté, j'offre ici ma glane d'inédits, relatifs aux Œuvres de Stendhal dont ils racontent la genèse et les incidents de publication. J'exprime toute ma gratitude à M. Champion qui a bien voulu ajouter ce petit supplément à sa grande entreprise stendhalienne et à M. Muller qui en a corrigé les épreuves avec un rare dévouement lors de la période où je fus privé de l'usage de mes yeux»[32].

Le critique littéraire à L'Action française, Pierre Lasserre, écrit :

« La Vie littéraire de Stendhal, par le fameux stendhalien, M. Adolphe Paupe, qui sait sur la biographie et les œuvres de Stendhal tout ce qu'il est humainement possible de savoir. Sous cette rubrique, M. Paupe a compris l'historique des livres de son auteur, des notes sur ses relations avec les hommes de lettres de son temps, les opinions exprimées sur lui par les principaux écrivains du XIXe siècle et l'élucidation de petits problèmes pleins de saveur[33]. »

 
Table des matières de La Vie littéraire de Stendhal, Adolphe Paupe, 1914.

PublicationsModifier

AuteurModifier

LivresModifier

ArticlesModifier

Éditeur scientifiqueModifier

  • Stendhal. Correspondance, 1800-1842, publiée par Ad. Paupe et P.-A. Chéramy, 3 volumes, 1908.

BibliographieModifier

  • Stendhal en miroir. Histoire du stendhalisme en France, 1842-2004, Philippe Berthier, éd. Honoré Champion, 2007.

Articles connexesModifier

Notes et référencesModifier

NotesModifier

  1. Fait assez rare à l'époque, l'acte signale la profession de l'épouse : «employée de commerce». Il est également noté qu'elle est domiciliée : «de fait, place du Havre, 56 ; et de droit chez son père, rue de la Roquette, 115».
  2. Aujourd'hui, boulevard de la Trémouille.
  3. Douze ans plus tard, ce Victor Bergery est toujours au Petit Bourguignon et assiste au procès du célèbre criminel Joseph Vacher ; son nom est cité par le juge d'instruction qui a laissé un récit-analyse de cette affaire : Vacher, le plus grand criminel des temps modernes, 1932, p. 333.
  4. Pierre-Joseph Richard ne doit pas être confondu avec Jean-Pierre Richard.
  5. La Correspondance (1800-1842), publiée par Adolphe Paupe et Paul-Arthur Chéramy, préface de Maurice Barrès, éd. Bosse, 3 volumes, est parue en 1908.
  6. Par exemple, dans Le Censeur politique et littéraire, du 18 mai 1907 : «Le Rouge et Noir chanté par Béranger» ; dans celui du 25 mai 1907 : «Les Mémoires d'un touriste», «Les illustrations du Rouge et Noir», «Le Rouge et Noir et la chansonnette». La période de parution du Censeur politique et littéraire s'étend d'octobre 1906 à mars 1908 ; cf. revues-littéraires.com.
  7. Léon Bélugou (1865-1934), homme de lettres ayant collaboré notamment à La Revue Blanche et au Mercure de France ; stendhalien ; ami de Marcel Proust et d'Edith Wharton ; devenu administrateur de sociétés minières en Indochine après la Première Guerre mondiale.
  8. André Maurel (1863-1943), journaliste et écrivain proche de Maurice Barrès ; cf. Frédéric Da Silva, «Le Supplément littéraire du Figaro "tripoté" par Paul Bonnetain», Médias 19.
  9. Jules Bertaut (1877-1959), historien, essayiste, critique littéraire.

RéférencesModifier

  1. Cf. Jacques Fournier, «Alexandre Clausel, peintre et photographe du siècle dernier», académie troyenne d'études cartophiles.
  2. Archives départementales de l'Aube, recensement numérisé de la ville de Troyes, 1846.
  3. Archives départementales de l'Aube, état civil numérisé, acte de naissance d'Adolphe Paupe en 1854.
  4. Archives départementales de l'Aube, recensements numérisés de la ville de Troyes, 1861, 1866, 1872, 1876.
  5. Archives départementales de l'Aube, recensement numérisé de la ville de Troyes, 1881.
  6. Archives de Paris, état civil numérisé, acte de mariage d'Adolphe Paupe.
  7. Archives de Paris, état civil numérisé.
  8. Fiche matricule d'André Léopold Paupe, classe 1908, archives numérisées de Paris.
  9. a et b Cf. acte de naissance de son fils André Léopold, archives départementales de la Côte d'Or, état civil numérisé.
  10. a b c et d Le Temps, 26 février 1917.
  11. P.-J. Richard, «Un Stendhalien du XIXe siècle. Adolphe Paupe», Le Cerf-Volant, no 19, octobre 1957.
  12. Cf. Le Moniteur de la Prévoyance, revue mensuelle, décembre 1900, p. 11.
  13. Paul Léautaud, Journal littéraire, choix de pages, éd. 1998, Folio, 2013-2018, p. 147.
  14. a et b Pourquoi pas ?, gazette hebdomadaire, 25 octobre 1935.
  15. Paul Léautaud, Correspondance littéraire, choix de pages, éd. 1998, Folio, 2013-2018, p. 150.
  16. Base des morts pour la France de la Première Guerre mondiale, site Mémoire des hommes.
  17. Édith Silve, Paul Léautaud et le Mercure de France, 1985, p. 38-39.
  18. André Billy, Le Pont des Saints-Pères, 1947.
  19. Adolphe Paupe, lettre à Casimir Stryienski du 20 mai 1903, dans Histoire des œuvres de Stendhal, 1903, p. 8.
  20. Paul Léautaud, Correspondance littéraire, choix de pages, éd. 1998, Folio, 2013-2018, p. 1148.
  21. L'Homme libre, journal de Clemenceau, 12 mars 1914.
  22. Émile Roux-Parassac, «Nécrologie de Paul Guillemin», Bulletin de la Société d'études des Hautes-Alpes, 1928, p. 327.
  23. Édouard Champion, note de l'éditeur, Bibliographie stendhalienne par Henri Cordier, membre de l'Institut, Paris, librairie ancienne Honoré Champion, 1914, p. IX-X.
  24. Chroniques des lettres françaises, Joseph Place directeur, no 5, septembre-octobre 1923, p. 740.
  25. Paul Desalmand, Le promeneur de la Butte Montmartre, 2009, p. 121. Le «promeneur» en question est l'auteur lui-même.
  26. André Maurel, «Au Stendhal-Club», L'Homme libre, 12 mars 1914.
  27. Remy de Gourmont, Promenades littéraires, 1913, p. 105.
  28. Casimir Stryienski, introduction à Histoire des œuvres de Stendhal, Adolphe Paupe, 1903, p. 11-12.
  29. La Revue hebdomadaire : romans, histoire, voyages, février 1904, p. 337.
  30. André Thévenin, La Chronique des livres, 10 janvier 1904, p. 101.
  31. Henri Martineau, Comœdia, 23 mars 1942.
  32. Adolphe Paupe, préface à «La Vie littéraire de Stendhal», Bibliothèque stendhalienne, appendice aux Œuvres complètes, 1914, p. VIII.
  33. Pierre Lasserre, L'Action française, 14 mars 1914.

Liens externesModifier