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Actions antifascistes en France

Action antifasciste
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Cadre
Forme juridique réseau informel
But opposition à l'extrême droite
Zone d’influence France
Fondation
Identité

L’Action antifasciste est une mouvance, souvent située à l'extrême gauche et organisée en « collectifs » autonomes.

Les groupes se réclamant de l'appellation Action antifasciste ne sont ni un parti politique, ni une organisation politiquement constituée, ni une association. Ils s'organisent en « collectifs » qui agissent par différents moyens : manifestation, action plus violente, partage d’informations, réflexion théorique sur l’antifascisme, graffiti, musique, etc.[1]

Indépendants les uns des autres, les groupes, souvent « affinitaires », forment une mouvance plus qu'un véritable mouvement traditionnel organisé. Le politologue Nicolas Lebourg précise que « c’est assez typique d’une nouvelle forme de militantisme qui se construit loin d’un parti monolithique ou d’un léninisme d’une seule teinte[2]. »

Difficilement évaluables en nombre, les structures Action antifasciste en France collaborent parfois avec divers syndicats libertaires et collectifs antiracistes locaux. Ils disposent de sites internet ou de pages Facebook pour organiser leurs actions.

Éléments historiquesModifier

Les années 1980 à 2000Modifier

 
Le logo du Réseau No Pasaran (2010)[3].

En France, dans les années 1980, des collectifs antifascistes autonomes (Section carrément anti-Le Pen), souvent non organisés et non institués, se fédèrent en partie dans le Réseau No Pasaran qui s'auto-dissout en 2013.

En 1990, est créé le réseau associatif Ras l'front dont le but est de lutter contre le Front national et ses idées. Fin des années 2000, le réseau disparait.

Époque contemporaineModifier

L'antifascisme contemporain n'est pas à proprement parler un mouvement unifié et structuré. Selon Gilles Vergnon, professeur d’histoire contemporaine à l’Institut d'études politiques de Lyon et auteur de l’Antifascisme en France : « le mouvement antifasciste n’est plus du tout organisé au niveau national comme c’était le cas dans les années 1990[4] », et par ailleurs, « c’est une mouvance qui postule un antifascisme radical, c’est-à-dire qu’il n’est pas question d’avoir des alliances larges contre le Front national : ils ne s’allient ni avec la droite modérée ni avec la gauche du gouvernement »[5].

Dans les années 2000, il n’existe plus d’organisation nationale active et coordonnées. Pour Guillaume Origoni, docteur en histoire contemporaine à Paris X, spécialiste des groupes radicaux, « depuis le début des années 2000 [...] les modes d’action ne se réfèrent pas à un grand projet de transformation de la société mais plutôt à des combats précis [...] En ce moment, ce sont les violences policières »[6].

Collectifs « Action antifasciste » en FranceModifier

Action antifasciste Paris-BanlieueModifier

Article détaillé : Action antifasciste Paris-Banlieue.

Créée en 2012, l'Action antifasciste Paris-Banlieue regrouperait le plus grand nombre de militants antifascistes à Paris[7],[2]..

Action antifasciste Paris-Banlieue est largement médiatisé, en , par l'affaire Clément Méric[8] puis, en , suite à l'attaque et l'incendie d'une voiture de police en marge d'une manifestation de policiers contre la « haine anti-flics ».

L'Action antifasciste Paris-Banlieue fréquenterait notamment le bar Le Saint-Sauveur, au pied de la butte de Ménilmontant[9],[10].

Collectif CAPABModifier

  Cet article possède un paronyme, voir Action antifasciste Paris-Banlieue.

Le collectif antifasciste Paris-Banlieue est un groupe indépendant de l'AFA Paris-Banlieue visant à recruter plus largement. Il à vocation à réunir en son sein des membres issus des quartiers, des lycées, des facs ou des entreprises sur des thèmes plus larges tels que l’antiracisme, tels que le féminisme, les droits LGBT, ou l’anticolonialisme[11].

Il est reproché au CAPAB de tenir des positions ambiguës vis-à-vis de l’Islam et d'être sélectif dans ses indignations[12].

Action antifasciste MarseilleModifier

Début 2015, l'AFA-Marseille participe à des actions de mémoire, 20 ans après la mort du jeune Marseillais d'origine comorienne Ibrahim Ali, tué d'une balle en plein cœur tirée par un colleur d’affiches du Front national[13].

À la suite du décès du militant libertaire Clément Méric[14], Hazem Nosotros, membre de l’Action antifasciste Marseille[15], réalise un film documentaire réunissant divers témoignages, en France comme à l’étranger[16]. L'auteur met le documentaire en ligne sur youtube en [17].

Le samedi , le collectif Action antifasciste Marseille réuni quelque 300 personnes pour un « repas de quartier contre l’extrême droite »[18].

Action antifasciste NP2CModifier

 
Symbole de l'Action antifasciste NP2C dans une rue de Bruxelles.

L’Action antifasciste NP2C (comme Nord-Pas-de-Calais) se définit comme un groupe « autonome, non lié à une formation politique traditionnelle ». Il se définit comme « étant plutôt sur des bases libertaires, même s’il n’y a pas que des anarchistes »[19]. L'Action antifasciste NP2C serait impliquée dans des affrontements physiques avec des militants d'extrême droite, notamment à Lille en [20]. En , elle appelle à manifester à Lille contre l'ouverture d'un bar de la « mouvance identitaire »[21]. Le même mois, l’Action antifasciste NP2C revendique des dégradations dans le centre ville de Lille autour de ce bar[22].

En , Hervé Rybarczyk, guitariste d'un groupe lillois de punk-rock est retrouvé mort dans le canal de la Deûle. L'affaire est classée sans suite, mais rebondit en 2017 avec la mise en examen de trois membres de l’extrême droite radicale à l'occasion du procès du White Wolf Klan pour « violences volontaires ayant entraîné la mort sans intention de la donner, en réunion, avec préméditation ou guet-apens et avec arme ». Il semblerait que Hervé Rybarczyk ait été victime d'un guet-apens prémédité. En , l'Action antifasciste NP2C appelle à un rassemblement en hommage «  aux victimes du fascisme » et dénoncent le rôle de l'utradroite mise en cause dans le décès d’Hervé Rybarczyk[23],[24],[25],[26].

Action antifasciste d'AgenModifier

En 2016, l'Action antifasciste d'Agen anime le bar « L’Embuscade » situé rue Gérard Duvergé, du nom du résistant libertaire français de la Deuxième Guerre mondiale[27].

Union antifasciste toulousaineModifier

En 2013, un membre de l'Union antifasciste toulousaine (UAT) revendique la radicalité et admet ne pas rejeter totalement l'affrontement physique dans « une démarche d'autodéfense [...] le projet de société de l'extrême droite [étant] profondément violent »[5].

Réseau antifasciste angevinModifier

Fondé en , après la mort de Clément Méric, le Réseau antifasciste angevin (Raaf) est particulièrement actif, en 2018, contre l'ouverture en janvier à Angers d'un local public de la mouvance identitaire[28]. Ce local a fermé ses portes le [29].

Brigade Antifasciste de StrasbourgModifier

Fondée en , la Brigade Antifasciste (BAF) se définit comme un groupe communiste internationaliste antifasciste, deux sections sont actives, l'une à Strasbourg, et l'autre dans les villes de Sélestat et de Colmar[30]. Particulièrement active suite à l'ouverture d'un bar d'extrême droite à Strasbourg, ainsi qu'en réponse à de nombreux actes de violences imputés aux membres de l'organisation gérant le bar identitaire[31],[32].

GalerieModifier

BibliographieModifier

  • Gilles Vergnon, L’antifascisme en France, de Mussolini à Le Pen, Presses universitaires de Rennes, 2009.

VidéosModifier

  • Hazem El Moukaddem, Acta non verba, film documentaire, Marseille, Collectif Nosotros, 2014, 66 minutes, voir en ligne.
  • Action antifasciste à Sciences Po Paris le jeudi , contre la présence du FN à Sciences-Po Paris, voir en ligne.

PhotographiesModifier

Notes et référencesModifier

  1. Elian Peltier, « Un militant « antifa » : « On est un peu comme une armée de réserve » », Rue89-L'Obs,‎ (lire en ligne).
  2. a et b Matthieu Goar, La galaxie des nouveaux antifascistes, 20 Minutes, 11 juin 2013.
  3. Fédération internationale des centres d'études et de documentation libertaires : Réseau No Pasaran - solidaires - égalitaires- libertaires.
  4. Tiphaine Le Liboux, « Les antifascistes, des survivants des années 90 », Libération, 6 juin 2013.
  5. a et b Carole Boinet, « De la rue au Web : qui sont les antifa ? », Les Inrocks,‎ (lire en ligne).
  6. Tanguy Youen, « Les "antifa" appellent à manifester pour Théo : de quoi parle-t-on ? », sur LCI, .
  7. Tiphaine Le Liboux, Les antifascistes, des survivants des années 1990, Libération, 6 juin 2013.
  8. Action antifasciste Paris-Banlieue dans Le Monde, Le Figaro, Libération.
  9. Nima Kargar, Edouard de La Rochefordière, « La carte de la gauche alternative à Paris », sur StreetPress, .
  10. Tiphaine Le Liboux, « Les nazillons sont désinhibés », Libération, 25 juin 2013, lire en ligne.
  11. Willy Le Devin, Quentin Girard, Skins et antifas : l’après-Méric fait bouger les lignes, Libération, 13 septembre 2013.
  12. Jack Dion, « La mouvance antiraciste malade du confusionnisme », .
  13. AFP, « Vingt ans après, le meurtre raciste du jeune Marseillais d'origine comorienne Ibrahim Ali reste une plaie ouverte », Réunion 1re (télévision),‎ (lire en ligne).
  14. Mathieu Dejean, « A Paris, les "antifa" manifestent, deux ans après la mort de Clément Méric », Les Inrocks,‎ (lire en ligne).
  15. Gilles Rof, « Les "antifas" marseillais appellent à la mobilisation contre les universités d'été du FN », Le Monde,‎ (ISSN 1950-6244, lire en ligne).
  16. « « Acta non verba » film documentaire de Hazem Nosotros », sur Mille Babords, .
  17. Hazem Nosotros, « Acta non verba » film documentaire, 2015, 66 minutes, voir en ligne.
  18. Cyril Castelliti, « A Marseille, climat tendu autour de l’Action française », Libération,‎ (lire en ligne).
  19. Sophie Filippi-Paoli, Pierre-Laurent Flamen, « Politique : enquête chez les ultras, à la rencontre des extrêmes (1/3) », La Voix du Nord,‎ (lire en ligne).
  20. Mathieu Pagura, « Violences rue Solférino : la piste d'une rixe entre extrémistes », Metronews,‎ (lire en ligne).
  21. lefigaro.fr avec AFP, « Bar d'extrême-droite à Lille : une manif interdite », Le Figaro,‎ (ISSN 0182-5852, lire en ligne).
  22. leparisien.fr, « Lille : un groupe d’antifascistes veut tagguer un bar identitaire et… se trompe de bâtiment », .
  23. Benjamin Duthoit, L’affaire des noyés de la Deûle relancée, arrestations au sein de l’ultra-droite, La Voix du Nord, 3 mai 2017, [lire en ligne].
  24. Stéphanie Maurice, L'ombre de l'ultradroite dans l'affaire des noyés de la Deûle, Libération, 4 mai 2017, [lire en ligne].
  25. « Lille : assassinat de notre camarade Hervé Rybarczyk par les identitaires », sur lahorde.samizdat.net, .
  26. Benjamin Duthoit, « Fière de mon père », témoigne la fille d’Hervé Rybarczyk, qui aurait été tué par l’ultra-droite, La Voix du Nord, 11 mai 2017, [lire en ligne].
  27. Mathilde Curien, « Qui sont les Antifas agenais ? », SudOuest.fr,‎ (lire en ligne).
  28. Maxime Huteau, Angers. Bar identitaire : le Réseau angevin antifasciste mène la lutte, Ouest-France, 22 février 2018, lire en ligne.
  29. https://raaf.noblogs.org/post/2018/12/20/alvarium-arrange
  30. « BAF », sur BAF (consulté le 6 août 2018)
  31. « Le Bastion social ouvre un bar identitaire à Strasbourg », L'Alsace.fr,‎ (lire en ligne, consulté le 6 août 2018)
  32. « Strasbourg. Forte mobilisation contre l’ouverture d’un bar d’extrême droite », L'Humanité,‎ (lire en ligne, consulté le 6 août 2018)

Voir aussiModifier