Action des chrétiens pour l'abolition de la torture

association française

L'Action des chrétiens pour l'abolition de la torture (ACAT) est une association qui œuvre depuis sa création en France en 1974 pour le respect des droits de tout être humain, qu'il soit libre ou prisonnier. Elle milite tout particulièrement contre la torture[1] et les mauvais traitements, pour l'abolition de la peine de mort partout dans le monde[2], et pour la défense du droit d'asile en France[3]. Les fondatrices sont deux femmes, Hélène Engel et Edith du Tertre, qui ont été sensibilisées à la question de la torture à la suite d’une conférence du pasteur italien Tullio Vinay à son retour du Sud-Vietnam en 1974.

Action des chrétiens pour l’abolition de la torture
upright=Article à illustrer Organisation
Histoire
Fondation
16 juin 1974
Cadre
Type
ONG
Objectif
Combattre la torture partout dans le monde, sans distinction idéologique, ethnique ou religieuse. Promouvoir l'abolition de la peine de mort. Défendre le droit d’asile.
Siège social
7 rue Georges Lardennois 75019 Paris
Pays
Organisation
Membres
36 600 adhérents et donateurs (Rapport Une année d'action - Essentiels 2017)
Président
Bernadette Forhan
Secrétaire
Élisabeth Descours
Trésorier
Élisabeth Heriard-Dubreuil
Affiliation
Fédération internationale de l’ACAT (FIACAT)
Site web

Association chrétienne reconnue d'utilité publique, l'ACAT est membre de la Commission nationale consultative des droits de l'homme auprès du premier ministre. Œcuménique[4], elle regroupe des chrétiens protestants, catholiques et orthodoxes ainsi que des membres d'autres confessions et des laïcs.

La Fédération internationale de l'action des chrétiens pour l'abolition de la torture (FIACAT) a statut consultatif auprès des Nations unies, du Conseil de l'Europe et de la Commission africaine des droits de l’homme et des peuples. Elle est membre de la Coordination internationale pour la décennie de la culture de paix et de non-violence.

Pour promouvoir son action auprès du public et lui permettre de faire appel au don en confiance, l’association adhère au Comité de la Charte.

Quelques actionsModifier

En , l'ACAT est à l'origine d'un coup de froid des relations entre la France et le Maroc[5]. En cause : une plainte contre Abdellatif Hammouchi, le chef de la DGST marocaine. L'ACAT a en effet profité d'un voyage de Abdellatif Hammouchi à Paris, dans le cadre d'une rencontre du ministre marocain de l'Intérieur Mohamed Hassad avec ses homologues européens, pour demander aux autorités françaises de l'entendre au sujet de faits présumés de tortures envers deux citoyens marocains : Adil Lamtalsi et Naâma Asfari.

En , l'ACAT publie un rapport intitulé "L'ordre et la force"[6] à propos de l'usage de la force par la police et la gendarmerie française, qui dresse un état des lieux des violences policières en France entre 2005 et 2015.

En , l'ACAT soutient une plainte déposée par une famille de la bande de Gaza contre l'entreprise française Exxelia pour complicité de crimes de guerre et homicide involontaire [7]. Les plaignants, assistés par l’ACAT, sont des membres d'une famille dont trois enfants ont perdu la vie lors d’une frappe israélienne lors de la guerre de Gaza de 2014.

L'association dépose un référé liberté en afin d'empêcher une exportation d'armes françaises vers l'Arabie saoudite, indiquant que ces armes peuvent être employées dans la guerre au Yémen, comme l'indique une enquête de Disclose[8].

Le 11 mars 2020, l'ACAT a publié un rapport très critique sur les violences policières lors du maintien de l'ordre des manifestions en France[9], particulièrement depuis le mouvement des gilets jaunes. L'enquête cible les consignes gouvernementales données aux forces de l'ordre, et ne veut pas stigmatiser ses exécutants, les gendarmes et les policiers. Dans ce rapport l'ACAT alerte sur l'usage excessif et surtout offensif des LBD et des grenades lacrymogènes et de désencerclement, qui occasionnent de nombreux blessés et mutilés[10]. Elle dénonce aussi le recours de plus en plus systématique de la tactique policière de la "nasse". Elle s'indigne des autorités judiciaires politiques et une justice à deux vitesses : impunité pour les policiers qui commettent des violences illégitimes, non port du matricule RIO pourtant obligatoire, procédure judiciaire longue de l'IGPN ; tandis que pour les manifestants interpellés, l'immédiateté et la sévérité des sanctions sont vues comme des mesures d'intimidation. Enfin l'ACAT fait plusieurs propositions comme la création d'un "organe indépendant chargé d'enquêter sur les faits commis par des agents de police et de gendarmerie", en mettant en cause l'impartialité des enquêtes réalisées par l'IGPN ou l'IGGN. Également elle invite le gouvernement à privilégier des solutions alternatives au maintien de l'ordre à la française : mise en place d'unités dédiées au dialogue (comme en Suède, Pays-Bas, Allemagne), et présence d'officiers de liaison dans les manifestations[11].

DistinctionModifier

En 1989, l'ACAT s'est vu attribuer le Prix des Droits de l'homme de la République française[12].

PrésidentsModifier

  • 2015-2017 : Gabriel Nissim[13]
  • 2017-2018 : Florence Couprie
  • 2018 : Bénédicte Tardi
  • depuis 2018 : Bernadette Forhan[14]

Notes et référencesModifier

  1. « Rapport ACAT 2014 : la torture psychologique se répand dans le monde », sur www.lavie.fr, la Vie,
  2. « ACAT France : Notre organisation »
  3. « Droit d'asile | ACAT France », sur www.acatfrance.fr (consulté le 14 septembre 2016)
  4. « Œcuménisme | ACAT France », sur www.acatfrance.fr (consulté le 14 septembre 2016)
  5. « Torture, fouille, diplomatie... pourquoi la France et le Maroc s'étaient brouillés » (consulté le 14 septembre 2016)
  6. Julia Pascual, « Violences policières : un rapport dénonce un risque d’impunité des forces de l’ordre », Le Monde.fr,‎ (ISSN 1950-6244, lire en ligne, consulté le 14 septembre 2016)
  7. « Crimes de guerre : une famille palestinienne va porter plainte contre une entreprise française » (consulté le 14 septembre 2016)
  8. « Macron « assume » la livraison d’armes à l’Arabie saoudite, malgré la guerre au Yémen », Le Monde,‎ (lire en ligne, consulté le 9 mai 2019)
  9. Action des Chrétiens pour l'Abolition de la Torture, « Maintien de l'ordre, à quel prix ? Enquête sur l'évolution des pratiques de maintien de l'ordre en France et leurs incidences sur les libertés », ACAT,‎ (lire en ligne)
  10. « Maintien de l'ordre : le rapport d'une ONG chrétienne fustige "excès" et "violences illégitimes" », sur Marianne, (consulté le 13 mars 2020)
  11. « "Armes dangereuses", "règne de l'opacité", "entraves aux libertés" : une ONG critique le maintien de l'ordre à la française », sur Franceinfo, (consulté le 13 mars 2020)
  12. « ATD-quart-monde et l'ACAT lauréats du Prix des droits de l'homme », Le Monde,‎ (lire en ligne)
  13. Marie Lefebvre-Billiez, « Gabriel Nissim : un Moïse dominicain », sur Réforme, (consulté le 6 novembre 2020).
  14. « Bernadette Forhan, nouvelle présidente de l'ACAT (Action des chrétiens pour l'abolition de la torture) », sur Diocèse de Saint-Denis-en-France, (consulté le 6 novembre 2020).

Liens externesModifier