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Acte de rétablissement de l'État lituanien

L'acte de rétablissement de l'État lituanien signé par les membres du Conseil Suprême de la République de la Lituanie.
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Le , l'Acte de Rétablissement de l'État lituanien ou Acte du 11 mars, signé par les membres du Conseil Suprême de la République de la Lituanie, a proclamé le rétablissement de l'indépendance de la Lituanie[1].

Sommaire

HistoireModifier

Contexte historiqueModifier

Entre les XIIIe et XVIe siècles, le peuple lituanien avait défendu avec succès son statut comme État-nation indépendant en brisant les tentatives polonaises, prussiennes et suédoises pour occuper et contrôler son pays. Au XVIe siècle fut créée avec la Pologne une union dynastique qui dura jusqu'au XVIIIe siècle, quand l'Empire russe étendit son contrôle sur la totalité des régions baltes - Lituanie, Estonie et Lettonie. L'effondrement de l'Empire russe en 1917 eut pour conséquence une période de 22 ans d'indépendance pour les trois États baltes. Le 16 février 1918 le Conseil de Lituanie, présidé par Jonas Basanavičius, proclama la restauration d'un État indépendant de Lituanie. Les trois Etats baltes se constituèrent en démocraties parlementaires, mais la Lituanie en 1926 puis les deux autres en 1934 devinrent des régimes autoritaires.

En août 1939, le Pacte Molotov-Ribbentrop prévoyait pour les trois États baltes la fin de leur indépendance de l'entre-deux-guerres et l'Armée rouge les envahit en 1940. Cependant l'attaque d'Hitler contre l'Union soviétique en 1941 suspendit la « soviétisation » de la région et fut suivie d'une occupation allemande de trois ans. Le retour des Soviétiques en 1944 imposa de nouveau un contrôle totalitaire, une collectivisation agricole brutale, des déportations massives et un afflux de colons russes. Les statistiques officielles chiffrent à plus de 120 000 le nombre de personnes déportées de Lituanie en Sibérie et dans d'autres parties de l'Union soviétique. Certaines sources portent le nombre à 300 000.

Pendant toute la domination soviétique, la résistance nationale fut extrêmement visible. Des mouvements de guérillas et des organisations secrètes de résistance se formèrent. Bien que la mort de Staline eût entraîné une certaine diminution de la terreur et des déportations massives, un grand nombre de personnes furent encore menacées et arrêtées. L'Église catholique, qui avait traditionnellement joué un grand rôle dans la vie du pays, fut un élément central dans le soutien à la résistance. C'est par dizaines de milliers que les Lituaniens signèrent pétitions et lettres pour exiger le respect de leurs droits comme catholiques et comme citoyens libres. Les journaux clandestins comme Aušra (L'Aube), Laisvės sauklys, Perspektyvos (Perspectives) et Salin vergiją (À bas l'esclavage) encouragés le peuple à s'organiser pour exiger plus d'indépendance et de liberté. Avec la libéralisation de la politique soviétique vers la fin des années 1980 émergea le nationalisme sécessionniste. Dès 1986, par exemple, les Lituaniens reprirent certains des noms de rues antérieurs au régime soviétique.

L'ActeModifier

Voici ce que l'Acte stipule :

CONSEIL SUPRÊME DE LA RÉPUBLIQUE DE LITUANIE

Acte concernant le Rétablissement de l'État lituanien

Le Conseil Suprême de la République de Lituanie, représentant la volonté de la nation, décrète et proclame solennellement que les pouvoirs souverains de l'État de Lituanie, abolis par les forces étrangères en 1940, sont rétablis, et que désormais la Lituanie est à nouveau un État indépendant.

L'Acte d'indépendance du 16 février 1918 du Conseil de Lituanie et le décret de l'Assemblée constituante du 15 mai 1920 sur la restauration de l'État démocratique de Lituanie n'ont jamais perdu leur effet juridique et comprennent la fondation constitutionnelle de l'État de la Lituanie.

Le territoire de la Lituanie est un et indivisible et la constitution d'aucun autre État n'est valide à l'intérieur de ses frontières.

L'État de Lituanie insiste sur son adhésion aux principes universellement reconnus de droit international, il reconnaît le principe d'inviolabilité de frontières comme formulé dans l'Acte final de la Conférence sur la sécurité et la Coopération en Europe tenue à Helsinki en 1975, et il garantit les droits humains, civils et ethniques des communautés.

Le Conseil Suprême de la République de Lituanie, en proclamant son pouvoir souverain, commence par le présent acte à mettre en œuvre la souveraineté complète de l'État.

ConséquencesModifier

Article détaillé : Événements de janvier.

L'acte de restauration de l'État lituanien servit de modèle et d'inspiration à d'autres républiques soviétiques. Toutefois, la question de l'indépendance n'était pas immédiatement réglée et la reconnaissance par d'autres pays n'était pas acquise. Mikhail Gorbachev traita cet acte d'illégal ; l'URSS exigea sa révocation et commença à appliquer des sanctions contre la Lituanie, y compris un blocus économique. En outre, le 13 janvier 1991, les forces soviétiques prirent d'assaut à Vilnius le bâtiment du Parlement avec la Tour de télévision. Des civils lituaniens sans armes affrontèrent des soldats soviétiques. Quatorze personnes furent tuées et sept cents blessées dans ce qui fut connu sous le nom d'Événements de janvier.

L'Islande fut la première à reconnaître l'indépendance de la Lituanie le 11 février 1991. Après l'échec du Putsch de Moscou en août, elle fut suivie par la France le 21 août et les États-Unis le 2 septembre. Le président Bush fit savoir que si la Russie utilisait la force armée contre la Lituanie, les États-Unis réagiraient en conséquence. Finalement, le 6 septembre 1991, l'indépendance de la Lituanie fut reconnue par l'Union soviétique. Suivit rapidement alors la même reconnaissance par plusieurs autres pays dont la Hongrie, la Bulgarie, l'Italie, le Canada, la Pologne, Malte, Saint-Marin, le Portugal, la Roumanie, l'Ukraine, la Lettonie et l'Estonie. Le 17 septembre 1991, la Lituanie fut accueillie comme un membre des Nations unies en même temps que l'Estonie et la Lettonie.

Le gouvernement lituanien est une démocratie parlementaire, avec une autorité législative prévue dans sa constitution, le Conseil suprême. À ce titre, c'est lui qui choisit le président et approuve son choix pour les postes de ministres et de Premier ministre.

Les Actes du 16 février 1918 et du 11 mars 1990 comptent parmi les plus importants dans l'histoire de la Lituanie. Ils ont élargi les possibilités pour le bien-être et la croissance du pays, sur les plans financier, culturel, scientifique et politique. Grâce à eux les citoyens lituaniens jouissent des droits fondamentaux de liberté d'expression et de représentation démocratique. Les Lituaniens célèbrent les deux dates comme fêtes nationales.

Chronologie de reconnaisance du nouvel État lituanien[2]Modifier

Date Pays
31 mai 1990   RSS de Moldavie
11 février 1991   Islande
28 février 1991   Norvège
16 mai 1991   Slovénie
27 juillet 1991   RSFS de Russie
3 août 1991   Croatie
23 août 1991   Lettonie
24 août 1991   Hongrie
  Norvège
25 août 1991   Argentine
  France
26 août 1991   Bulgarie
  Canada
  Italie
  Malte
  Pologne
  Roumanie
  Saint-Marin
  Ukraine
27 août 1991   Albanie
  Allemagne
  Australie
  Belgique
  Espagne
  Estonie
  Géorgie
  Irlande
  Luxembourg
  Suède
28 août 1991   Afrique du Sud
  Autriche
  Chili
  Finlande
  Nouvelle-Zélande
  Suisse
  Uruguay
29 août 1991   Mongolie
  Tchécoslovaquie
30 août 1991   Vatican
31 août 1991   RSS du Kirghizistan
2 septembre 1991   Équateur
  États-Unis
  Pays-Bas
3 septembre 1991   Grèce
  Libye
  Nicaragua
  Turquie
4 septembre 1991   Brésil
  Israël
  Tunisie
5 septembre 1991   Corée du Sud
  Mexique
6 septembre 1991   Colombie
  Égypte
  Japon
  Singapour
  Union soviétique
7 septembre 1991   Afghanistan
  Bangladesh
  Chine
  Corée du Nord
  Pérou
  Sénégal
8 septembre 1991   Pakistan
9 septembre 1991   Bolivie
  Cuba
  Inde
  Syrie
  Thaïlande
  Viêt Nam
10 septembre 1991   Azerbaïdjan
  Cap-Vert
  Iran
  Népal
11 septembre 1991   Madagascar
12 septembre 1991   Arménie
  Chypre
13 septembre 1991   Yemen
15 septembre 1991   Bahreïn
  JOR
  Koweït
  Philippines
16 septembre 1991   KSA
17 septembre 1991   Indonésie
  ONU
19 septembre 1991   Émirats arabes unis
20 septembre 1991   Laos
24 septembre 1991   RSS du Turkménistan
25 septembre 1991   Namibie
  Ouzbékistan
2 novembre 1991   Sri Lanka
23 décembre 1991   Ghana
  Kazakhstan
24 décembre 1991   Mozambique
25 décembre 1991   RSS du Tadjikistan
27 décembre 1991   Algérie
  Biélorussie
30 décembre 1991   Liban
2 janvier 1992   Iraq
6 janvier 1992   Burundi
16 janvier 1992   Burkina Faso
25 janvier 1992   Mali
31 janvier 1992   Bénin
21 février 1992   Costa Rica
17 mars 1992   Zimbabwe
25 september 1992   Salvador
6 novembre 1992   Bosnie-Herzégovine
10 novembre 1992   Nigeria
12 janvier 1993   Tchad

SourcesModifier

RéférencesModifier