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Les accords de Triparadisos, conclus en 321 av. J.-C., réorganisent le commandement et les satrapies de l'empire d'Alexandre le Grand, mort en juin 323, après les accords de Babylone. Cette réorganisation se déroule au nord de la Syrie suite à la campagne malheureuse de Perdiccas en Égypte contre Ptolémée. Les principaux diadoques qui ratifient cet accord sont Antipater et Antigone le Borgne. Antipater est confirmé comme régent du royaume de Macédoine. Il est aussi attentif à contenir les ambitions de l'épouse de Philippe III, Eurydice.

Le principal bénéficiaire de cet accord est Antigone. De rares Orientaux sont présents à la conclusion de ce traité : le nord de l'Inde, les Paropamisades, sont, par exemple, laissés à l'aristocrate bactrien Oxyartès, père de Roxane, elle-même épouse d'Alexandre.

Sommaire

Contexte historiqueModifier

Article détaillé : Succession d'Alexandre le Grand.

En juin 323 av. J.-C., Alexandre le Grand meurt sans héritier réellement reconnu et laisse un immense empire sans dirigeant à sa tête. En effet, sa succession n’a pas eu le temps de s’organiser, et parmi la dynastie argéade, aucun des prétendants possibles n’est convaincant à court comme à long terme : Philippe III, fils de Philippe II et demi-frère d’Alexandre, ne paraît pas apte à diriger ; par ailleurs, même si l’enfant mis au monde par Roxane, épouse d’Alexandre, s'est révélé être un garçon, cela suppose une longue régence. Dès lors, les généraux qui entourent Alexandre, les diadoques, décident de prendre en main l’empire du roi défunt, assurant ainsi le maintien théorique de son unité. Un premier partage de l'empire se fait par les accords de Babylone. Cratère, l'un des principaux généraux d'Alexandre à la fin de son règne, se voit attribuer le rôle de prostatès (protecteur) des deux héritiers du trône, Philippe III et Alexandre IV. Antipater, reste stratège d'Europe (Macédoine et États grecs) comme depuis le début de la campagne d'Alexandre en Asie. Perdiccas, quant à lui, reçoit le titre de chiliarque, prenant ainsi en charge l'Asie et l'armée qui se trouve dans cette région. À l'issue des accords de Babylone, les satrapes désignés par Alexandre dans la partie orientale de l'empire gardent leur gouvernance. Les satrapies occidentales, à part la Lydie, sont attribuées aux grands généraux macédoniens. Les plus importantes sont :

Le partage de l'empireModifier

 
Découpage de l'empire d'Alexandre le Grand après les accords de Triparadisos (-321)

Perdiccas, soupçonné de vouloir prendre le pouvoir central et responsable du meurtre de Cynané, demi-sœur d'Alexandre, s'attire l'hostilité des principaux diadoques (Antipater, Cratère, Ptolémée et Antigone) qui établissent une coalition contre lui.

Le conflit a aussi pour origines le détournement en 322 av. J.-C. par Ptolémée de la dépouille d'Alexandre et l'assassinat de Cléomène de Naucratis, l'administrateur grec de Basse-Égypte[2], raisons pour lesquelles Perdiccas choisit de marcher contre le Lagide et de laisser la défense de l'Asie mineure à Eumène de Cardia et son frère Alcétas. Les défaites répétées de Perdiccas en Égypte entraînent une conjuration de ses principaux officiers qui l'assassinent à l'été 321.

Pendant ce temps, Eumène défait Cratère qui trouve la mort à la Bataille de l'Hellespont. Dès lors, afin de tenir compte de la nouvelle situation politique, un nouveau partage à Triparadisos se déroule avec comme principale décision de confier la régence de l'empire à Antipater[3].

Les dispositions les plus importantes adoptées sont les suivantes :

Les seuls changements effectués en Orient sont les suivants :

L'ensemble des dispositions qu'Antipater prend à Triparadisos sont acceptées avec une satisfaction générale. Par ailleurs, afin de consolider cet accord, le mariage de Ptolémée avec la fille d'Antipater, Eurydice, est décidée.

Notes et référencesModifier

  1. Le seul Grec parmi les plus proches officiers d'Alexandre.
  2. Will 2003, p. 37.
  3. Will 2003, p. 40.
  4. a et b Will 2003, p. 41.

AnnexesModifier

BibliographieModifier

  • Pierre Cabanes, Le Monde hellénistique de la mort d’Alexandre à la paix d’Apamée, Seuil, coll. « Points Histoire / Nouvelle histoire de l’Antiquité », 1995
  • Jean Delorme, Les grandes dates de l'Antiquité, Chapitre VIII : Royaumes et civilisations de l’orient hellénistique (323-200 av. J.-C.), Presse universitaire de France, coll. « Que sais-je ? », 2002, p. 73-86.
  • Jean-Marc Héroult, La fin de l’empire d’Alexandre le Grand, Larousse, 2010, 176p.
  • François Lefèvre, Histoire du monde grec antique, Le livre de Poche, 2012, 640 p.
  • Laurianne Martinez-Sève, Atlas du monde hellénistique (336-31 av J-C) : Pouvoir et territoires après Alexandre le Grand, Édition Autrement, coll « Atlas/Mémoires », 2014, 96 p.
  • Claire Préaux, Le Monde hellénistique. La Grèce et l'Orient de la mort d'Alexandre à la conquête romaine de la Grèce (323-146 avant J.-C.), tome 1, Presses universitaires de France, coll. « Nouvelle Clio. L'histoire et ses problèmes », 2003, 398 p
  • Édouard Will, Histoire politique du monde hellénistique 323-, Paris, Seuil, coll. « Points Histoire », (ISBN 2-02-060387-X).

Articles connexesModifier