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Accident des 24 Heures du Mans 1955

Plaque commémorative du drame du 11 juin 1955.
Schéma de l'accident

L'accident des 24 Heures du Mans 1955 est, avec 84 morts (dont le pilote Pierre Levegh) et 120 blessés[1], l'accident le plus important de l'histoire du sport automobile. Il s'est produit le au cours de la 23e édition des 24 Heures du Mans lorsqu'une collision entre deux véhicules projette des débris dans la foule.

Sommaire

L'accidentModifier

Deux voitures, la Jaguar no 6 de Mike Hawthorn et la Mercedes no 19 de Juan Manuel Fangio, sont en tête et rejoignent la Mercedes no 20 de Pierre Levegh qui est donc sur le point de concéder un tour de retard. Hawthorn dépasse Levegh, puis, peu avant d'aborder la ligne droite des stands, déborde par la gauche l'Austin-Healey de Lance Macklin, une voiture d'une catégorie inférieure et qui roule sensiblement moins vite (la différence de vitesse entre les catégories est au cœur de l'accident). Fangio, qui accuse environ 200 mètres de retard sur Hawthorn, est quant à lui encore quelques longueurs derrière son équipier Levegh (qui avait levé le bras pour lui signaler que devant eux la piste n'était pas libre). À peine Hawthorn a-t-il débordé Macklin qu'il freine brutalement devant lui et oblique sa trajectoire vers la droite pour prendre l'allée des stands et s'y arrêter.

Visiblement surpris par la manœuvre d'Hawthorn, Macklin qui contrairement à Hawthorn ne dispose pas de freins à disque, est incapable de ralentir suffisamment, doit alors faire un écart vers la gauche pour l'éviter et à son tour surprend Pierre Levegh qui est juste derrière lui. Levegh ne peut alors éviter de heurter par l'arrière l'Austin qui fait office de tremplin. Sa Mercedes décolle et s'écrase sur le muret qui sépare la piste des tribunes. En retombant, la Mercedes explose littéralement. Levegh est tué sur le coup tandis que des éléments de la Mercedes (notamment le moteur, le train avant, et l'aérofrein, sorte de capot mobile qui se révèlera être l'élément le plus meurtrier) sont projetés dans le public, tuant plus de 80 spectateurs et faisant environ 120 blessés. Déséquilibré par le choc, Macklin part, lui, en toupie au beau milieu de la piste, repasse devant la Jaguar d'Hawthorn qui s'arrêtait aux stands, et écrase trois personnes dont un gendarme dans les stands, juste devant la Jaguar d'Hawthorn. Quant à Fangio, il parvient miraculeusement à se frayer un chemin au milieu du chaos, n’abîmant que légèrement sa carrosserie. Cet événement reste à ce jour le plus grand drame de l'histoire du sport automobile: Le capot aérofrein, très robuste en raison de la force aérodynamique qu'il devait absorber, est d'autant mieux catapulté qu'il était situé à l'arrière de la Mercedes. Il vole ainsi comme une sorte de guillotine, coupant à peu près tout ce qui se trouve sur son passage.

Malgré l'ampleur du drame, les organisateurs décident de ne pas stopper sa course pour empêcher un départ massif de spectateurs, éviter de saturer les routes et ainsi permettre aux secours d'intervenir.

ConséquencesModifier

L'ampleur du drame provoqua dans l'opinion publique un vif mais bref sentiment de rejet pour le sport automobile, que ce soit en France ou dans d'autres pays européens. Plusieurs gouvernements allèrent même jusqu'à interdire les compétitions automobiles sur leur sol. Ainsi, en Suisse, cette interdiction est restée en vigueur jusqu'en 2007 pour les courses sur circuit, amenant à disputer les Grand Prix automobile de Suisse de 1975 et de 1982 sur le circuit de Dijon-Prenois. Mercedes se retira de la compétition sportive sur circuit pour une longue période, ne revenant en tant que constructeur en Formule 1 qu'en 2010.

Le débat sur la sécurité des pilotes ne sera soulevé que bien plus tard, à la fin des années 1960, avec des retombées au XXIe siècle où le nombre de victimes diminue sensiblement.

DocumentairesModifier

Notes et référencesModifier

Lien externeModifier