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Abou Madyane
Biographie
Naissance
Décès
Nom dans la langue maternelle
أبو مدينVoir et modifier les données sur Wikidata
Formation
Activités
Autres informations
Domaines
Religions
Maîtres
Ali ibn Harzihim (en), Abu Yaaza (en), Abd al Qadir al-JilaniVoir et modifier les données sur Wikidata
Influencé par

Abou Madyane, de son nom complet Choaïb Abou Madyane El Andaloussi (arabe : شعيب أبو مدين الأندلسيي), Sidi Boumediène pour les Algériens, est un professeur et poète du soufisme, il est considéré comme un pôle du soufisme en Algérie et au Maghreb d'une manière générale[1]. On lui doit d'avoir introduit le soufisme en Afrique du Nord.

Fondateur de la principale source initiatique du soufisme du Maghreb et de l'Andalousie, il est né à Cantillana dans la proximité de Séville en 1126 et est décédé à Tlemcen en 1197[1]. Il a vécu à Béjaïa de 1166-1197. Il est le saint patron de la ville de Tlemcen en Algérie[1].

BiographieModifier

Issu d'une famille andalouse, Abou Madyane étudie à Séville puis arrive au Maghreb pour étudier à Tanger[2] puis à Fès[3],[4]. Il se rend ensuite au Machreq, pour le pèlerinage, où il rencontre Abd al Qadir al-Jilani à La Mecque. Sur le chemin du retour, il fait un détour en Palestine où il participe avec Saladin à une bataille importante contre les Croisés, il y perdit une main[1]. Après son pèlerinage et ses études au Moyen-Orient, il s'installe et enseigne à Béjaïa, ancienne capitale florissante et lettrée des Hammadides[1].


Il est surnommé « al qutb » (le pôle, la sommité), il a été inspiré par Al-Jilani et Al-Ghazâlî[5]. Abou Madyane transmit leur enseignement par Ibn Machich et par Chadili à la plupart des tariqas du Maghreb. Savant, mystique, professeur, poète, il disait : « Quand la Vérité apparaît, elle fait tout disparaître ». Sa réputation de science et de sainteté lui valurent, venant de Béjaia en compagnie de ses disciples, il s'installe au village de Takbalet (commune de Bensekrane) situé à environ 30 km de Tlemcen, où il enseigne la théologie et la science mystique. Il meurt à El Eubbad le [1]. C'est là que l'on édifia son mausolée devenu lieu de pèlerinage des Tlemcéniens et l'un des plus fréquentés au Maghreb[5].

D'après le chroniqueur Zerkechi, un sultan de Constantine étant venu rendre une visite pieuse au XIVe siècle, et s'étant arrêté devant le catafalque du saint, avait posé dessus sa main en prêtant le serment solennel de ne plus rien faire d'autre, à partir de ce jour-là, que rendre le bien pour le mal[6]. Ibn Arabî a appelé Abou Madyane « le professeur des professeurs ».

DécèsModifier

Considéré comme le saint patron de la ville de Tlemcen, Sidi Boumédiène n'y avait pourtant jamais vécu. Convoqué par le sultan almohade Yacoub El Mansour qui avait pris ombrage de son enseignement et s'inquiétait de sa réputation, celui-ci l'avait fait appeler à Marrakech, sa capitale, pour l'interroger. Boumediene accéda à ces injonctions et s'était mis en route depuis Bejaia pour se rendre à Marrakech, il est mort des suites d'une maladie, sur le chemin au lieu-dit El Eubbad. Ses disciples l'ont enterré à El Eubbad, lieu de méditation et de piété situé sur les hauteurs de la ville de Tlemcen.[7]

Mausolée de Sidi BoumedièneModifier

 
Visite au tombeau du Saint à El Eubbad un jour de Mawlid

Le mausolée d'Abou Madyane, dénommé al-Ghawth (le salut des affligés), est situé dans le faubourg d'El Eubbad à Tlemcen[8]. Il a été construit par le calife almohade Muhammad an-Nasir, honorant la mémoire du saint au début du XIIIe siècle[9]. Il est restauré et embelli par le sultan zianide Yaghmurasen, puis par le sultan mérinide Abu al-Hasan Ali (le sultan noir) qui lui adjoignit, mis à part un petit palais, une mosquée dans laquelle Sarmachik, l'architecte de Mohammed El-Kebir bey d'Oran, entreprit des travaux, et à laquelle l'Emir Abdelkader fait don d'un minbar[10].

Ce monument qui existe encore, est devenu un lieu de pèlerinage. Il a subi des actes de vandalisme dans les années 1990 mais a été récemment restauré[9].

AnnexesModifier

FilmographieModifier

Un film documentaire consacré à cette célèbre personnalité historique a été réalisé par le cinéaste algérien Yahia Mouzahem, dans le cadre de la manifestation « Tlemcen capitale islamique 2011 »[11].

Proverbes et poèmes d'Abou MadyaneModifier

  • Bidayat Al Mouridin, Ms 938, Bibliot. Nat. Alger.
  • Ouns Al Wahid, Ms 2-105 (8) fol. 337-343, Bibliot. Nat. PARIS, ed. in Cairo 1301-1884, with a commentary by Ahmed Bâ'chan.
  • Tahfat Al Arib, pub. et trad. in Latin par F. de DOMBAY, Vindobonae. 1805, Ebn Médirai Mauri Fessani Sentenciae quaedam arabicae.
  • Diwan, (collection of his poems) édit. Chaouar of Tlemcen, Damascus, 1938.
  • (ar) (fr) Sid-Ahmed Sekkal, Un saint de première grandeur : Sidi Abou Madian الوالي الصالح سيدي أبي مدين, Éditions Sekkal, Tlemcen, 1993

Publications sur Abou MadyaneModifier

  • Miguel Asín Palacios, Šâdilîes y alumbrados , Libros Hiperión, Madrid, 1990, págs. 30-37
  • Terry Graham, “Abu Madian: Un sufí español representante de la gnosis del Jorâsân”, in: Sufí nº 3 , Editorial Nur, Madrid, primavera de 2002, pp. 34–41. (Nota de la Redacción)
  • Ibn Qunfud (Abu-L Abbas Ahmad) Uns al-Faqir wa Izz al-Haqir, Rabat, Université Mohammed V, 1965,
  • Text in Arabic, ed. by Mohammed El Fassi and Adolphe Faure with an introduction in French: Enquête sur la vie, les maîtres et les disciples de Sidi Bu-Madian et voyages à travers le Maroc. Contribution à l'étude de l'Histoire religieuse du Maroc. (Levi-Provençal " les Manuscrits arabes de Rabat N° 385 et E.I. - III - 867 )
  • Un saint de première grandeur, Sidi Abou Madian, Édition Sekkal
  • Mohamed Souheil Dib, La nourriture de la passion, sur la pensée de l'œuvre d'Abû Madian (Essai) - Éditions Âl-Ouns, Paris, 2003
  • (ar) (fr) Sid-Ahmed Sekkal, Un saint de première grandeur:Sidi Abou Madian الوالي الصالح سيدي أبي مدين, Éditions Sekkal, Tlemcen, 1993

Notes et référencesModifier

  1. a b c d e et f Sidi Boumediene Chouaib, pôle du soufisme au Maghreb : Un nom lié à la ville ancestrale, El Moudjahid du 16/04/2011.
  2. [1]
  3. Anthologie de la poésie populaire algérienne d'expression arabe, Souhel Dib, 1987
  4. Cahiers d'études africaines, n° 173-174: Vol. XLIV (1-2), Collectif, 2004
  5. a et b Gilbert Meynier, L’Algérie, cœur du Maghreb classique : De l’ouverture islamo-arabe au repli (698-1518), Paris, La Découverte, , 358 p. (ISBN 9782707152312), p. 69
  6. Sid-Ahmed Sekkal, Un saint de première grandeur:Sidi Abou Madian الوالي الصالح سيدي أبي مدين, Éditions Sekkal, Tlemcen, 1993, p 78
  7. Expériences du divin dans l’Algérie contemporaine,Sossie Andezian, 1987
  8. Gilbert Meynier, L’Algérie, cœur du Maghreb classique..., op cité, p.297.
  9. a et b Gilbert Meynier, L’Algérie, cœur du Maghreb classique : De l’ouverture islamo-arabe au repli (698-1518), Paris, La Découverte, , 358 p. (ISBN 9782707152312), p. 123
  10. Sid-Ahmed Sekkal, Un saint de première grandeur:Sidi Abou Madian الوالي الصالح سيدي أبي مدين, Éditions Sekkal, Tlemcen, 1993, p 79
  11. Cinéma : Fin de tournage du film sur le savant soufi Sidi Boumediene Chouaïb, El Moudjahid du 09/01/2011.

BibliographieModifier