Niklot (1090 – 1160), dernier roi des Abodrites.

Les Abodrites (ou Obodrites, Obotrites) sont une confédération tribale slave établie au VIe siècle dans les régions connues aujourd'hui sous le nom de Holstein et de Mecklembourg, au Nord-Est de l'actuelle Allemagne. Sa capitale est Liubice (« aimée »), l'actuelle Lübeck. À partir de 1147, les Abodrites, alors fidèles à la mythologie slave, deviennent la cible de croisades avant d'être intégrés au Saint-Empire romain germanique en 1164 : une partie est germanisée, une autre part vers le sud-est et sera intégrée au royaume de Pologne à l'époque de la dynastie des Piast.

La confédération abodrite est composée de trois tribus principales : les Vagriens, les Polabes et les Abodrites proprement-dit. Elle est gouvernée par un roi, mais les familles nobles ont un pouvoir très important.

Le pays des Abodrites est parfois désigné sous le nom de Slavonie ou Esclavonie[1].

HistoireModifier

Au cours du IXe siècle, les Abodrites se rapprochent des rois danois avec qui ils contractent des mariages. En 967, Otton Ier du Saint-Empire établit un évêché missionnaire à Oldenbourg sous l'autorité de l’archevêché de Hambourg-Brême. Acceptée dans les milieux dirigeants, la religion chrétienne peine à convaincre le peuple et plusieurs révoltes païennes ont lieu au cours desquelles des églises sont brûlées et des prêtres tués. Vers 1120, l'archevêque Adalbert de Brême intensifie les efforts missionnaires, mais, craignant les troubles, les princes abodrites décident d'interdire les missions[2].

Au cours de la deuxième croisade, à l'appel de Bernard de Clairvaux et du pape Eugène III, des croisés saxons et danois guerroient, sous le commandement de Henri XII de Bavière, contre les païens slaves, dont les Abodrites, mais sont repoussés. En 1159, le roi Valdemar Ier de Danemark demande à Henri de Bavière d'intervenir car les Abodrites et Pomoranes (« proches de la mer » en slave) pillent régulièrement le littoral de son royaume. Henri déclare donc la guerre aux Abodrites et entreprend la conquête de leurs territoires.

En 1164, Pribislav Ier, le fils du dernier roi des Abodrites Niklot est défait par la coalition que dirige Henri et doit en reconnaître la suzeraineté. La région est dès lors définitivement intégrée au Saint-Empire romain germanique[2]. Les terres auparavant contrôlées par Niklot, excepté le comté de Schwerin, sont ensuite données en fief à Pribislav et forment le noyau de ce qui deviendra le duché de Mecklembourg.

La région connaît alors, grâce à l'apparition de bancs de harengs dans la Baltique, un développement économique considérable. L'activité maritime se développe dans un cadre commercial prospère, allant de pair avec la christianisation, la germanisation et l'adoption du droit germanique, attirant marins et marchands. Les nobles abodrites qui refusent cette évolution partent vers le royaume de Pologne en formation et deviennent vassaux de la dynastie des Piast. La langue abodrite perdure, dans certains villages, jusqu'à la fin du XVe siècle. L'ancienne capitale abodrite Lübeck devient capitale de la Hanse.

Souverains des AbodritesModifier

BibliographieModifier

  • (en) & (de) Peter Truhart, Regents of Nations, K. G Saur, Munich, 1984-1988 (ISBN 978-3-598-10491-6), Art. « Germany/Deutschland », p.2429.
  • Francis Dvornik Les Slaves. Histoire et civilisation de l'Antiquité aux débuts de l'Époque contemporaine Éditions du Seuil Paris 1970. « Les Slaves baltes, Polabes. Les Wendes » p. 260-276.

Notes et référencesModifier

  1. Royaume éphémère […] fondé en 1047 par Gottschalk selon le Larousse du XXe siècle, tome 6, 1933
  2. a et b (en) Alan V. Murray (dir.) et al., The Crusades : an encyclopedia, États-Unis, ABC-CLIO, , 1re éd., 1200 p. (ISBN 978-1576078624, LCCN 2006019410), « Abodrites », p. 3