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Abiola Irele

universitaire nigérian
Abiola Irele
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Biographie
Naissance
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Igbo-Ora (en)Voir et modifier les données sur Wikidata
Décès
Voir et modifier les données sur Wikidata (à 81 ans)
CambridgeVoir et modifier les données sur Wikidata
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Critique littéraire, universitaireVoir et modifier les données sur Wikidata
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A travaillé pour

Francis Abiola Irele, plus connu comme Abiola Irele (1936-2017), est un universitaire et critique littéraire nigérian. Défenseur et diffuseur de la négritude, il est considéré comme le doyen des savants littéraires africanistes[1].

Il a été professeur de littérature africaine, française et comparée à l'université d'État de l'Ohio, professeur invité d’études africaines et afro-américaines et de langues et littératures romanes à l'université Harvard et vice-principal exécutif à l'université de l'État de Kwara (en)Ilorin, au Nigéria).

BiographieModifier

JeunesseModifier

Francis Abiola Irele naît à Igbo-Ora (en), au Nigeria, le , mais sa famille déménage très tôt à Enugu. Lui et sa famille appartiennent à l'ethnie Edo, mais il est né dans une région où la langue la plus parlée est l'ora et la première langue que Francis Abiola Irele apprend est l'igbo, langue parlée par les domestiques qui travaillent pour son père et s'occupent de lui en grandissant[2],[3]. En 1940, sa famille déménage à Lagos, où il commence à parler le yoruba. En 1943, ses parents se séparent et le jeune Francis retourne avec sa mère à Igbo-Ora, où il apprend et maîtrise la langue locale. L'année suivante, il repart néanmoins vivre avec son père à Lagos, et le yoruba devient sa langue principale, Irele s'identifiant même à son ethnie[2].

La première rencontre d'Abiola Irele avec la littérature se fait à travers des contes folkloriques et des poètes oraux qui racontent des « raras » dans les rues. Au cours de ses années d'études, il commence à lire davantage de littérature anglaise[2].

Abiola Irele obtient son diplôme de l'université d'Ibadan en 1960. Immédiatement après, il se rend à Paris pour apprendre le français et obtient un doctorat en français à la Sorbonne, en 1966[4].

CarrièreModifier

À son retour au Nigeria, Francis Abiola Irele travaille à la Faculté des langues de l'université de Lagos, puis de l'université du Ghana[4]. Il devient rédacteur en chef du magazine Black Orpheus de 1968 à 1975[4]. Il occupe également des postes d’enseignant à l'université d'Ife (aujourd'hui l'université Obafemi Awolowo (en)) et, en 1975, à l’université d’Ibadan, où il obtient la chaire du département des Langues[4].

En 1989, il s'installe à Columbus, en Ohio, aux États-Unis, et devient professeur de littérature africaine, française et comparée à l'université d'État de l'Ohio[1].

Abiola Irele devient ensuite professeur invité d’études africaines et afro-américaines et de langues et littératures romanes à l’université Harvard[1],[5].

Il est aussi vice-président de la université de l'État de Kwara (en) (fondée en 2009 à Ilorin, au Nigéria).

La négritudeModifier

Article détaillé : Négritude.

Irele contribue à expliquer la compréhension de la « négritude » initialement théorisée par Aimé Césaire dans le magazine L'Étudiant noir puis dans son livre révolutionnaire Cahier d'un retour au pays natal (1939), dans plusieurs articles, dont « A Defence of Negritude » dans Transition (1964)[6], « Negritude or Black Cultural Nationalism » dans The Journal of Modern African Studies (1965)[7] et « What is Negritude? » (1977)[9], où il définit la négritude comme « le mouvement littéraire et idéologique des intellectuels noirs francophones, qui a pris la forme d'un aspect distinctif et significatif de la réaction globale du Noir à la situation coloniale... »

Dans son recueil d'essais Négritude et condition africaine (2008)[b 1], Irele explore la question de la pensée africaine. Il commence par rejeter la notion de différence idéologique entre les Afriques anglophone et francophone. Il vise à enraciner le progrès africain dans le présent et non dans un passé romancé[10].

MortModifier

Francis Abiola Irele meurt à l'âge de 81 ans le dans un hôpital américain de Cambridge (Massachusetts)[11]. Parmi ses hommages, un poème de Wole Soyinka[12].

ŒuvreModifier

Principaux ouvragesModifier

Auteur de nombreux articles et ouvrages, il est principalement connu pour les suivants[13] :

  • The African experience in literature and ideology (1981)[b 2]
  • The African imagination : literature in Africa & the Black diaspora (2001)[b 3]
  • The Cambridge history of African and Caribbean literature (2002)[b 4]
  • Négritude et condition africaine (2008)[b 1]
  • The Cambridge companion to the African novel (2009)[b 5]

Autres ouvragesModifier

  • The Oxford encyclopedia of African thought (2010)[b 6]
  • The negritude moment : explorations in francophone African and Caribbean literature and thought (2011)[b 7]
  • Literature and ideology in Martinique: René Maran, Aimé Césaire, Frantz Fanon (1972)[b 8]

Comme éditeurModifier

  • Léopold Sédar Senghor, Selected poems of Léopold Sédar Senghor (1977, nombreuses rééditions)[b 9]
  • VV. AA., A companion to African philosophy (2004, éditeurs : Kwasi Wiredu, W. E. Abraham, Abiola Irele, Ifeanyi Menkiti)[b 10]
  • Chinua Achebe, Things fall apart : authoritative text, contexts and criticism (2009)[b 11]
  • VV. AA., Lectures africaines: a prose anthology of African writing in French (1969)[b 12]

Notes et référencesModifier

Références bibliographiques des ouvrages dont il est l'auteur ou l'éditeur
  1. a et b Abiola Irele, Négritude et condition africaine, Paris, Amsterdam, Karthala, Sephis, , 189 p. (ISBN 9782811100339, OCLC 377988249).
  2. (en) Abiola Irele, The African experience in literature and ideology, Londres, Heinemann, , 216 p. (ISBN 9780435916312, OCLC 7938230).
  3. (en) Abiola Irele, The African imagination : literature in Africa & the Black diaspora, Oxford, New York, Oxford University Press, , 296 p. (ISBN 9780195358810, OCLC 252640004).
  4. (en) Abiola Irele et Simon Gikandi, The Cambridge history of African and Caribbean literature, Cambridge, New York, Cambridge University Press, , 2 vol. : 906 p. (ISBN 9780521832762, OCLC 51900409).
  5. (en) Abiola Irele, The Cambridge companion to the African novel, Cambridge, New York, Cambridge University Press, , 282 p. (ISBN 9780521855600, OCLC 316824136).
  6. (en) Abiola Irele et Biodun Jeyifo, The Oxford encyclopedia of African thought, New York, Oxford University Press, 2010 (2 vol.) (ISBN 9780195334739, OCLC 428033171).
  7. (en) Abiola Irele, The negritude moment : explorations in francophone African and Caribbean literature and thought, Trenton (États-Unis), Africa World Press, , 259 p. (ISBN 9781592217977, OCLC 671386029).
  8. (en) Abiola Irele, Literature and ideology in Martinique: René Maran, Aimé Césaire, Frantz Fanon, Buffalo, State University of New York at Buffalo, (OCLC 981193).
  9. (en) Léopold Sédar Senghor, Selected poems of Léopold Sédar Senghor, Cambridge, New York, Cambridge University Press, , 134 p. (ISBN 9780521213394, OCLC 2345665).
  10. (en) A companion to African philosophy, Malden (États-Unis), Blackwell, , 587 p. (ISBN 9780631207511, OCLC 51838695).
  11. (en) Chinua Achebe, Things fall apart : authoritative text, contexts and criticism, New York, W.W. Norton & Co., , 597 p. (ISBN 9780393932195, OCLC 181139863).
  12. (en) Abiola irele (dir.), Lectures africaines: a prose anthology of African writing in French, Londres, Ibadan Heinemann Educational Books, , 118 p. (ISBN 9780435945046, OCLC 44547)
Références
  1. a b et c (en) « Critique de The African Imagination », sur Oxford University Press (consulté le 7 juillet 2019).
  2. a b et c Savory 2009, p. 109–132.
  3. (en) [vidéo] From Harvard to KWASU Abiola Irele in Motion sur YouTube.
  4. a b c et d (en) Obi Nwakanma, « Tribute: Francis Abiola Irele (1936 – 2017) », sur Vanguard, (consulté le 7 juillet 2019).
  5. (en) « Biographie de Francis Abiola Irele », sur Université Harvard : Département des Études Africaines et Afro-américaines (consulté le 7 juillet 2019).
  6. (en) Abiola Irele, « A Defence of Negritude », Transition, no 13,‎ , p. 9-11 (JSTOR 2934416).
  7. (en) Abiola Irele, « Negritude or Black Cultural Nationalism », The Journal of Modern African Studies, vol. 3, no 3,‎ , p. 321-348 (JSTOR 159547).
  8. (en) Tejumola Olaniyan et Ato Quayson, African literature: an anthology of criticism and theory, Malden (Mass., États-Unis), Blackwell Publishing, (ISBN 9781405112000).
  9. L'article a été par la suite publié dans l'ouvrage African Literature: An Anthology of Criticism and Theory du Nigérian Tejumola Olaniyan (en) et du Ghanéen Ato Quayson (en)[8].
  10. (en) J. Michael Dash, « Review of Négritude et condition africaine », Research in African Literatures, vol. 40, no 4,‎ , p. 200–201 (JSTOR 40468180).
  11. (en) « Abiola Irele (1936 – 2017) », sur The Nation, .
  12. (en) Wole Soyinka, « For FRANCIS ABIOLA IRELE – “Olohun-Iyo” », sur Premium Times, (consulté le 8 juillet 2019).
  13. (en) « Liste des ouvrages de et sur Abiola Irele », sur WorldCat (consulté le 8 juillet 2019).

AnnexesModifier

BibliographieModifier

  • (en) Aduke Adebayo et Segun Odunuga, Literature, ideology, and society : essays in honour of Abiola Irele, Ibadan, AMD Publishers, , 437 p. (ISBN 9789782816603, OCLC 43500010).
  • (en) Ruthmarie H. Mitsch (Smithsonian Libraries. African Art Index Project), « Memorial tribute : Abiola Irele », Research in African literatures, vol. 48, no 3,‎ , p. 154-157 (OCLC 1031405539).
  • (en) E. Savory, « An interview with francis abiola irele », Wadabagei: A Journal of the Caribbean and its Diaspora, vol. 12, no 1,‎ , p. 109–132 (lire en ligne).  

Liens externesModifier