Abimael Guzmán

fondateur péruvien du mouvement armé maoïste Sentier lumineux

Manuel Rubén Abimael Guzmán Reynoso, alias camarada Gonzalo, appelé aussi presidente Gonzalo, né le à Mollendo (province d'Islay, région d'Arequipa) dans le sud du Pérou et mort en détention le à Callao (Pérou)[1], est un philosophe, professeur d'université, homme politique, révolutionnaire péruvien et fondateur du mouvement armé maoïste Sentier lumineux (PCP-SL).

Abimael Guzmán
Image dans Infobox.
Biographie
Naissance
Décès
Voir et modifier les données sur Wikidata (à 86 ans)
Callao navy base (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Nom de naissance
Manuel Rubén Abimael Guzmán ReinosoVoir et modifier les données sur Wikidata
Pseudonymes
Presidente Gonzalo, Cuarta Espada del Comunismo, Camarada Gonzalo, Cuarta Espada del MarxismoVoir et modifier les données sur Wikidata
Nationalité
Formation
Université nationale de Saint Augustin (en)Voir et modifier les données sur Wikidata
Activités
Conjoints
Augusta La Torre
Elena Iparraguirre (en)Voir et modifier les données sur Wikidata
Autres informations
A travaillé pour
San Cristóbal of Huamanga University (en)Voir et modifier les données sur Wikidata
Partis politiques
Peruvian Communist Party – Red Flag (en) (-)
Parti communiste péruvien (jusqu'en )
Sentier lumineux (depuis )Voir et modifier les données sur Wikidata
Condamnation
Lieu de détention
Callao navy base (d)Voir et modifier les données sur Wikidata

BiographieModifier

Abimael Guzmán est le fils naturel d'un riche marchand[2]. Sa mère est morte alors qu'il avait cinq ans[3]. Après des études de philosophie, il devient professeur de philosophie à l'université d'Ayacucho, une région pauvre du Pérou.

 
Affiche du Sentier lumineux célébrant cinq ans de guerre populaire, Abimael Guzmán tenant le drapeau adopté par le groupe révolutionnaire (1985).

En dissidence du Parti communiste péruvien, il se tourna vers le maoïsme. Après un séjour de plusieurs mois en Chine, il démissionne de l'université en 1978, et entre dans la clandestinité pour fonder le Sentier lumineux, un mouvement qui prône la lutte armée pour renverser l'État péruvien. Qualifié de terroriste par le pouvoir en place, il fut l'un des initiateurs de la « guerre populaire prolongée » qui débuta par un acte symbolique en  : à deux jours des élections, un commando brûla les urnes de Chuschi, un village isolé du département.

Arrestation et jugementModifier

 
Maison située au 459, rue Varsovie dans le district de Surquillo où le chef du Sentier lumineux Abimael Guzman a été capturé par les forces du GEIN le .

Son organisation est à l'image de son fondateur : obsédée par le secret. Ainsi, entre 1977 et 1991, les autorités ne parviennent à mettre la main sur aucune photo ou vidéo de lui. En 1992, durant le premier gouvernement d'Alberto Fujimori, le Groupe spécial d'intelligence (Grupo Especial de Inteligencia - GEIN) de la Direction nationale contre le Terrorisme (DINCOTE) commence à chercher dans plusieurs résidences de Lima, suspectant que les terroristes les utilisaient comme refuge. Une des maisons surveillées, située dans le quartier aisé de Surquillo est celle de la danseuse Maritza Garrido Lecca, qui y vivait supposément seule. Cependant, les agents du GEIN remarquent que les poubelles de cette maison contiennent beaucoup plus de déchets que ce qu'une seule personne peut produire. Surtout, ils découvrent des tubes de crèmes et de médicaments utilisés pour le traitement du psoriasis, une maladie de peau dont ils savent que Guzmán souffre. Le , le GEIN fait irruption dans la maison. Au second étage, ils trouvent et arrêtent Abimael Guzmán, et huit autres dirigeants du Sentier Lumineux, dont Laura Zambrano et Elena Iparraguirre, cette dernière étant la compagne de Guzmán.[réf. nécessaire]

Lors de la capture, la police saisit l'ordinateur de Guzmán, qui contient des documents révélant la composition de son armée, les armes dont le groupe dispose ainsi que la localisation de leurs bases dans chaque région du pays. Le Sentier lumineux compte alors 23 430 membres, armés de 235 revolvers, 500 fusils, et 300 autres armes comme des grenades. Le gouvernement présente alors Guzmán comme un psychopathe et un délinquant commun, l'exposant publiquement devant tous les médias de communication dans une cage, vêtu d'un uniforme rayé blanc et noir[4].

En , depuis sa prison, Guzmán propose, sous la pression du bras droit de Fujimori, Vladimiro Montesinos, un accord de paix entre les membres du Sentier lumineux encore dans la clandestinité et l'État péruvien, lequel ne se concrétise pas. Cette proposition a fait débat au sein des dirigeants du Sentier lumineux encore en liberté, certains s'estimant trahis par Guzmán, d'autres prenant cette déclaration comme un signe de la défaite du mouvement[réf. nécessaire].

Abimael Guzmán est jugé par un tribunal militaire formé de juges masqués, afin de les protéger ainsi que leurs familles de représailles. À l'issue de ce procès de trois jours, il est condamné à la prison à perpétuité et incarcéré à celle de la base navale de Callao. En 2003, le Tribunal constitutionnel estime que le tribunal militaire est anticonstitutionnel et ordonne un nouveau procès devant des juridictions civiles. Le commence le nouveau procès de Guzmán. Un scandale éclate après que Guzmán s'est servi de la présence de la presse internationale comme d'une vitrine pour son mouvement. Les trois juges nommés sont accusés en outre d'être trop cléments avec lui. Deux d'entre eux démissionnent. Un troisième procès est donc programmé. Il débute en et condamne le Guzmán à une peine de prison à perpétuité pour terrorisme, meurtres et autres crimes commis dans le cadre du conflit entre la guérilla maoïste du Sentier lumineux et les militaires, qui a coûté la vie à 69 000 personnes entre 1980 et 2000. Il est détenu à la prison de Callao[réf. nécessaire]. En , sa demande de libération (Habeas Corpus) est refusée[5].

Abimael Guzmán meurt en prison le à Callao, des suites d'une pneumonie bilatérale[6].

Notes et référencesModifier

  1. (es) « Murió Abimael Guzmán: Cabecilla del grupo terrorista Sendero Luminoso », sur rpp.pe, 11 septembre 2021.
  2. Chrystelle Barbier, « Abimael Guzman, chef du Sentier lumineux, est condamné à la prison à vie au Pérou », sur lemonde.fr, (consulté le ).
  3. (en) United Nations High Commissioner for Refugees, « Pérou : information sur la famille d'Abimael Guzman », sur Refworld
  4. « Au Pérou Abimaël Guzman en cage », sur lemonde.fr, (consulté le ).
  5. « Pérou: Abimael Guzman, fondateur de la guérilla du Sentier lumineux, restera en prison », sur RFI, (consulté le ).
  6. « Au Pérou, le sort du corps d’Abimael Guzman, fondateur du Sentier lumineux, pose question », Le Monde.fr,‎ (lire en ligne, consulté le )

Voir aussiModifier

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BibliographieModifier

Articles connexesModifier

Liens externesModifier