Abbaye du Saulchoir

Ancienne abbaye du Saulchoir
Façade de l'ancien palais abbatial du Saulchoir
Façade de l'ancien palais abbatial du Saulchoir

Ordre cistercien
Abbaye mère Abbaye de Braille
Fondation 1233
Fermeture 1797
Diocèse Tournai
Fondateur Guillaume III de Montaigu
Localisation
Pays Drapeau de la Belgique Belgique
Région Drapeau de la Région wallonne Région wallonne
Province Drapeau de la province de Hainaut Province de Hainaut
Commune Tournai
Section Kain
Coordonnées 50° 37′ 47″ nord, 3° 23′ 52″ est
Géolocalisation sur la carte : Hainaut
(Voir situation sur carte : Hainaut)
Ancienne abbaye du Saulchoir
Géolocalisation sur la carte : Belgique
(Voir situation sur carte : Belgique)
Ancienne abbaye du Saulchoir

L'abbaye du Saulchoir était située autrefois à Kain, au nord de la ville de Tournai, en Belgique, dans la province de Hainaut. Il s'agissait d'un monastère de moniales cisterciennes fondé en 1233 à proximité du Melles, en un lieu nommé Barbanisart. Cinq ans et demi plus tard, il fut transféré en un autre lieu nommé Saulchoir.

Juridiquement, cette abbaye dépendait directement de l'abbaye de Citeaux. Elle ne fut jamais très prospère et fut même souvent endettée. Elle disparut à la suite des troubles de la période révolutionnaire, en 1797, les quelques moniales ayant été expulsées et les bâtiments vendus comme biens nationaux.

Des pères dominicains français en exil occupèrent les lieux de 1904 à 1939 et en firent leur maison de formation théologique.

HistoireModifier

Origine de la communauté religieuseModifier

L’obituaire de l’abbaye prend un soin particulier à faire mémoire des généreux fondateurs, et donnent ainsi, à proximité du Melles, le récit des origines de l’abbaye : « L’an du Verbe Incarné 1233, fut fondé le monastère du Sart en un lieu nomme Barbarnisart des biens de Jean, dit Aletack, bourgeois de Tournay, et d’Agnès son épouse, lesquels pour former dans les bonne mœurs à la vie religieuse, selon la règle de Saint Benoît et la discipline de Cîteaux, les personnes qui à l’avenir voudront se consacrer à Dieu, choisirent treize religieuses au monastère de Braille et les amenèrent au jour de la Circoncision de Notre-Seigneur au dit lieu Barbarnisart. Les dits Jean et Agnès disposant d’une partie de leurs biens qui Dieu leur avait donnes, concédèrent à perpétuité au nouveau monastère, en terre manse et revenus la valeur de plus de deux cents livres tournois, sans que leurs héritiers puissent s’opposer à ces libéralités.

Implantation de l'abbaye et positionnement juridiqueModifier

La communauté demeura en ce lieu (Barbarnisart) environ cinq ans et demi, après quoi elle fut transférée le jour de la Nativité de la Sainte Vierge Marie l’an de Notre-Seigneur 1238 en un autre lieu appelé Saulchoir et l’église fut consacrée sous le vocable de Notre-Dame du Sart »[1].

Guillaume III de Montaigu, abbé de Cîteaux décide de la position juridique de l’abbaye : elle sera maison-fille de Braille, dans le diocèse d'Arras (qui devra donc fournir des religieuses) mais juridiquement, elle dépendra directement de l’abbaye de Cîteaux dont l’abbé fera la visite canonique prescrite par la Charte de Charité cistercienne.

Pauvreté de l'abbayeModifier

Par choix de vie pauvre ou destin, l’abbaye du Saulchoir ne fut jamais très prospère. Durant les cinq siècles et demi de son histoire elle connaît la pénurie et est souvent endettée. Lors du siège de Tournai, en 1708, le duc Louis de Bourgogne loge au Saulchoir et est ému du sort des religieuses au point d’écrire aux magistrats de Tournai : «Je vous écris cette lettre pour vous faire connaître que la vertu et la régularité des religieuses de Saulchoir m’engagent à leur accorder ma protection. Le séjour que je fais dans leur monastère m’a donné lieu d’apprendre qu’elles sont pauvres. Vous êtes à portée de les aider et de les secourir dans leurs besoins, par des plaisirs que vous pourrez faire. Soyez sûr que j’aurai agréables tous les services que vous leur rendrez ; je ne doute pas que vous ne vous y portiez volontiers par les preuves que j’ai de votre zèle et attachement pour moi. Je suis, camp du Saulchoir, le , votre bon ami, Louis »[2] Le duc leur accorde de plus une pension de 200 florins.

Décadence et suppressionModifier

L’administration temporelle est mal gérée. La situation empire, et l’abbaye est si endettée que, en 1754, le gouvernement y envoie des commissaires-inspecteurs. Leur rapport est édifiant : « Tout annonce la pauvreté dans la maison, qui a l’air d’une prison plutôt que d’un couvent ». Le dortoir est délabré. Les bâtiments sont en très mauvais état et menacent ruine. Le cloître n’est debout que soutenu par des étançons, etc.

À la fin du XVIIIe siècle, les mesures tracassières de Joseph II, très opposé à la vie religieuse ‘inutile’ (c’est-à-dire ‘contemplative’) aggravent la situation. Pour se faire quelques revenus les moniales louent leur refuge urbain, à Tournai, à des personnes âgées qui y prennent pension.

L’arrivée des révolutionnaires français met fin à une lente agonie. En 1797, les quelques moniales qui vivent encore au Saulchoir sont expulsées avec Dame Amélie Hervier, dernière abbesse. Elles sont recueillies dans une ferme voisine.

Les bâtiments sont vendus comme biens nationaux, et l’ensemble est progressivement démantelé et démoli au long du XIXe siècle. Seul subsiste la Fontaine Saint-Bernard[Passage contradictoire], une source aux eaux bienfaisantes qui alimente le Melles, un petit ruisseau se jetant dans l’Escaut à Kain.

Arrivée des DominicainsModifier

En 1905, les pères dominicains français s’exilant de France à la suite de la loi interdisant l’enseignement aux congrégations religieuses, arrivent au Saulchoir. Ils font de l'ancienne abbaye leur maison d’études théologiques, qui gardera le nom de Saulchoir, même après leur retour en France en 1939. « Le Saulchoir » est aussi, en 2020, le nom donné à la bibliothèque des dominicains de Paris.

AbbessesModifier

GénéralitésModifier

Peu est connu de l’histoire de l’abbaye, même si, grâce à l’obituaire, la liste des abbesses successives est connue. Plusieurs sont issues de l’aristocratie. La fille du fondateur Jean (ou Jehan) Aletack, en est la première abbesse. Au XVIe siècle, l’abbesse Quinte de Bruges voit son abbaye détruite par les Gueux, en 1566. La lente reconstruction est menée à bien par celles qui lui succèdent, Anne de Wattripont et Madeleine du Buisson. Près de soixante ans plus tard, en 1628, le nouveau monastère est achevé.

Seule Jeanne Malet de Coupigny semble avoir laissé des traces plus visibles dans l’histoire. Elle commence en 1628 un long abbatiat de trente ans. Pour son jubilé de 50 ans de vie religieuse, en 1645, un triptyque lui est présenté où elle est représentée en ‘orante’. Un volet de ce triptyque se trouve aujourd’hui à la cathédrale de Tournai.

Liste des abbessesModifier

  • ...
  • ~1584 : Anne de Waudripont [3].

Notes et référencesModifier

  1. Traduction d’un texte ancien de Gallia Christiana… par Joseph-Marie Canivez, L’ordre de Cîteaux en Belgique, 1926, p. 406
  2. D’après Canivez, op.cit., p. 408.
  3. F. Desmons, « La chartreuse du Mont-Saint-André à Chercq près de Tournai, seconde période, 1566-1783 », Annales de la Société historique et archéologique de Tournai,‎ , p. 84 (lire en ligne, consulté le )

Voir aussiModifier

Articles connexesModifier

BibliographieModifier

  • Joseph-Marie Canivez: L'Ordre de Cîteaux en Belgique, Forges-lez-Chimay, Abbaye de Scourmont, 1926.