Abbaye Saint-Michel de Sozan
Église abbatiale du chapitre Saint-Michel de Sozan.
Église abbatiale du chapitre Saint-Michel de Sozan.

Abbaye mère rattachée directement au Saint-Siège
Fondation avant 1291
Diocèse archidiocèse de Lviv
Pays Drapeau de l'Ukraine Ukraine
Région historique Galicie
Subdivision administrative Sambir Raion
Commune Sozan
Écu de l'abbaye de Sozan.

L'abbaye Saint-Michel de Sozan est une ancienne abbaye de Galicie, jadis en Autriche-Hongrie et aujourd'hui en Ukraine, dans le raion de Staryi Sambir.

Fondation (avant 1291)Modifier

La plus ancienne mention de l'abbaye remonte à 1291, en tant que monastère de l'Église orthodoxe[1] suivant lla règle de saint Basile le Grand. Saint Michel Archange en est le patron céleste, célébré le .

Territoire ecclésiastique indépendant (1392-1918)Modifier

Monastère familial des Sozanski (1392)Modifier

En 1392, le monastère devient la propriété familiale, lorsque Simon de Sozan l'acquiert en échange de plusieurs autres propriétés royales[2]. A cette époque, cette situation relève du privilège et du droit d'une stavropégie (équivalent oriental de l'abbaye nullius) du patriarcat de Constantinople. Le chef de famille devient abbé nullius et plus tard prince-abbé héréditaire de l'abbaye, laquelle adopte le blason familial. La plupart de ces princes-abbés seront prêtres et mariés, selon la discipline orientale.

Unions avec Rome (1596 et 1630)Modifier

Jusqu'en 1596, le monastère était orthodoxe. Cette année-là fut signée l'union de l'Eglise ruthène avec Rome, appelée Union de Brest-Litovsk.

Une seconde union eut lieu entre l'Église arménienne avec l'Église catholique romaine, le , l'abbaye passée au catholicisme remplace le rite constantinopolitain par le rite de Léopol (mélange entre les rites arménien et tridentin, en latin, avec missel propre). La langue officielle pour les documents officiels devient le latin, et pour la liturgie : le latin, le grec et l'araméen jusqu'en 1907.

Chapitre noble (1786)Modifier

Le monastère est sécularisé en chapitre noble de chanoines séculiers en 1786 avec le privilège du dernier roi de Pologne Stanislas II, et des statuts capitulaires remplacent la règle monastique ; les chanoines habitent le monastère. L'admission au canonicat nécessite de justifier sa noblesse sur trois générations. L'église collégiale de Saint-Michel-Archange est une Eglise exempte.

L'église collégiale Saint-Michel Archange fut de nouveau consacrée après reconstruction en 1806, tandis que l'église-fille gréco-catholique fut édifié et consacrée en 1821.

 
Ancien château Saint-Michel du prince-abbé de Sozan.
 
Entrée du mausolée et écu des Sozan.
 
Mausolée de la famille Sozanski.
 
Carte militaire du district de Sambor (1877), au temps de l'Autriche-Hongrie. Au centre, l'église collégiale Saint-Michel (en blanc) et l'église grecque-catholique Saint-Michel (en noir).

La juridiction de l'abbaye s'étend sur les villages alentours, soit plusieurs hectares. L'empereur d'Autriche est patron de l'abbaye, qui relève directement de sa juridiction.

En 1907, la Très Sainte Vierge Marie (sous le vocable de son Assomption) et saint Grégoire l'Illuminateur sont élevés au rang de patrons secondaires de l'abbaye. L'abbé nullius change pour lui-même et le chapitre le rite de la messe, issu désormais des rites léopol (de Léopol, Lviv en ukrainien, Lemberg en allemand), latin et hiérosolymitain.

Principauté souveraine (1918-1921)Modifier

En 1918, à la chute de l'empire austro-hongrois à la fin de la Première Guerre mondiale, l'abbaye devient une principauté ecclésiastique souveraine. Le premier et unique souverain en est le prince-abbé Henri-Adam de Sozan.

Période contemporaineModifier

 
Partition de la Pologne en 1945 (Sozan est au Sud-Ouest de Lviv).
 
Raion de Staryi Sambir (Ouest de l'Ukraine).

En 1921, la République de Pologne annexe l'abbaye. Sa partie orientale (dont la Galicie) est occupée par les troupes soviétiques dès 1939, puis annexée en 1945.

Destruction et spoliationModifier

Cette même année, l'Armée rouge chasse le prince-abbé et sa famille ainsi que le chapitre et confisque leurs biens. Des Ukrainiens pro-soviétiques dévastent entièrement les propriétés du chapitre et du prince-abbé, et dynamitent l'église paroissiale. Disparaissent alors le trésor, la bibliothèque et les archives du chapitre, de la famille Sozan et de la paroisse de Sozan.

Exil du chapitreModifier

Les premiers trouvent asile en Hongrie, tandis que le prévôt du chapitre s'exile aux États-Unis, et que les autres chanoines sont tués ou dispersés. Le chapitre et son prince-abbé vivent toujours actuellement en exil, comme d' autres entités ecclésiastiques de l'archidiocèse de Léopol.

HôpitalModifier

Les bâtiments de l'abbaye sont aujourd'hui occupés par un établissement hospitalier neuropsychiatrique.

AnnexesModifier

RéférencesModifier

  1. Édit royal de 1291 dans les archives d’État de l'Ukraine, copié dans : Joseph Lewicki, Grammatik des kleinrussischen Sprache, Przemysl, 1834.
  2. Édit royal de 1392 dans les archives d’État de la Pologne à Varsovie, cité dans le journal Gazeta Lwowska, Lemberg, 1859.

SourcesModifier

  • Collectanea ex archivo collegii historici, t. XII, pars 1, Cracovie, Academia litterarum, 1919.
  • Joseph Lewicki : Grammatik der Ruthenischen oder Klein Kuffischen Sprache in Galizien ; Przemysl, 1834.
  • Wlasylaw Makarski : Nazwy miejscowosci dawnej ziemi przemyskie ; Lubli, 1999.
  • Pr Franciszek Piekosinski : Studya, rozprawy i materyaly z dziedziny historyi polskiej i Prawa Polskiego, t. VII ; Cracovie, 1907.
  • Pr Wladyslawa Semkowiscza : Rocznik, Polskiego towarzystwa heraldycznego, t. XI, r. 1931/2 ; Cracovie, 1932.
  • Ludwik Wyrostek : Rod Dragow-Sasow ; Cracovie, 1932.

Liens externesModifier