Ouvrir le menu principal

Abbaye de Saint-Guilhem-le-Désert

abbaye située dans l'Hérault, en France
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Guilhem.

Abbaye de Saint-Guilhem-le-Désert
L'abbaye de Gellone à Saint Guilhem le Désert / Hérault / Languedoc-Roussillon © Photo: Xavier Cailholwww.Go-Production.com
Présentation
Culte Catholique
Type Abbaye
Rattachement diocèse de Lodève
Début de la construction 804
Protection Logo monument historique Classé MH (1840, église)
Logo monument historique Classé MH (1889, cloître)
Logo monument historique Classé MH (1987, autres bâtiments)
 Inscrit MH (1986, église)
Patrimoine mondial Patrimoine mondial (1998)
Géographie
Pays Drapeau de la France France
Région Occitanie
Département Hérault
Ville Saint-Guilhem-le-Désert
Coordonnées 43° 44′ 01″ nord, 3° 32′ 56″ est

Géolocalisation sur la carte : France

(Voir situation sur carte : France)
Abbaye de Saint-Guilhem-le-Désert

Géolocalisation sur la carte : Languedoc-Roussillon

(Voir situation sur carte : Languedoc-Roussillon)
Abbaye de Saint-Guilhem-le-Désert

Géolocalisation sur la carte : Hérault

(Voir situation sur carte : Hérault)
Abbaye de Saint-Guilhem-le-Désert
Le cloître avec son vivier au premier plan

L’abbaye de Saint-Guilhem-le-Désert ou abbaye Saint-Sauveur de Gellone est une ancienne abbaye bénédictine fondée en 804 par saint Guillaume de Gellone (v. 742-812), appelé en occitan Guilhèm, aristocrate aquitain de l'époque carolingienne.

L'église de l'abbaye est classée monument historique dès 1840 ; Le cloître est classé en 1889 et le reste de l'abbaye en 1987[1]. Elle est également inscrite au patrimoine mondial de l'UNESCO au titre des chemins de Saint-Jacques-de-Compostelle en France depuis 1998.

HistoireModifier

La fondationModifier

La fondation de l'abbaye de Gellone se fait lors de la conquête franque de l'Occitanie, arrivant après l'occupation par les Wisigoths suivie de celle des Musulmans[2]. Pépin le Bref puis Charlemagne (742-814) s'efforcent de mettre en place une nouvelle structure administrative, tandis que Benoît d'Aniane, un très haut noble d'origine germanique, et Guilhem comte de Toulouse, se chargent de la reprise en main religieuse. Le premier fonde l'abbaye d'Aniane dans les années 780 et[réf. nécessaire] le second fonde en 804[F 1] ( ?) deux abbayes-filles de l'abbaye d'Aniane : Notre-Dame de Caseneuve à Goudargues (Gard) et[réf. nécessaire] Saint-Sauveur de Gellone, située actuellement dans l'Hérault, dans un lieu proche d'Aniane mais un peu plus isolé[F 1]. L'abbaye de Gellone est dédiée au Saint-Sauveur ; la charte de fondation mentionne aussi sainte Marie, les saints Pierre, Paul, André, Michel, et tous les apôtres[F 2].

Guillaume de Gellone

Guillaume de Gellone (Guilhem en occitan)[réf. nécessaire] est comte de Toulouse[3] et duc d'Aquitaine[Information douteuse] [?] à la fin du VIIIe siècle. Settipani le donne comme cousin de Charlemagne par sa mère, ce qui n'est pas prouvé[4]. Il suit le parcours de son ami Benoît d'Aniane[réf. nécessaire] en se retirant de la vie laïque après une carrière militaire bien remplie, effectuant une donation à Gellone le 18 des calendes de janvier de l’an 812[n 1] du calendrier julien[F 2], ou 813 selon le calendrier grégorien moderne. En 806 il commence son séjour à l'abbaye, y passe la fin de sa vie, y meurt entre le et le [3] et y est enterré.

Plus de trois siècles plus tard, des chansons de gestes du XIIe et XIIIe siècles mettent en scène un personnage fougueux engagé dans des combats acharnés contre les Sarrazins. La geste de Guillaume d'Orange s'inspire d'une légende épique autour de Guilhem et contribue grandement à la renommée de Gellone.[réf. nécessaire]

Présence de nonnes

Les statuts primitifs mentionnent deux nonnes de Saint-Guilhem menant une vie monacale dans cette maison[F 2].

Évolution du statut de l'abbaye

À l'origine, l'abbé d'Aniane est aussi abbé de Gellone. Ensuite Gellone a son propre abbé, délégué par celui d'Aniane et soumis à ce dernier[F 2]. Puis le pape Alexandre II canonise Guillaume de Gellone en 1066[5] sous le nom de Saint Guilhem, et deux ans après en 1068 il décide que l'abbaye est dorénavant soumise directement au saint-siège[F 2].

La première relique

Il semble que ce soit en 804, lorsque Guillaume fait ses adieux à Charlemagne et au monde laïc, que l'empereur lui donne un fragment de « la Vraie Croix ». Charlemagne l'avait lui-même reçu en l'an 800 du prêtre de Zacharie au nom du patriarche de Jérusalem. Cette relique va faire la renommée de l’abbaye[6].

Le Moyen ÂgeModifier

Dès cette époque, l'abbaye détient des reliques précieuses. Outre le morceau de la Sainte Croix susmentionné, on y trouve des fragments de linge de Marie et des ossements de Guillaume[6] (devenu saint Guillaume en 1066[5]). {{|refnec|Avec la vogue des pèlerinages, ces relique et le culte de la sépulture de Guilhem attirent des foules de pèlerins. L'abbaye devient une étape très importante sur le « chemin d'Arles », un des itinéraires vers Saint-Jacques-de-Compostelle.}}

 
Chevet de l'église de l'abbaye

Au début du XIe siècle, l'abbé Pierre Ier fait reconstruire l'abbaye. Commencée vers 1030, l'abbatiale et le cloître sont représentatifs du « premier art roman méridional ».

La campagne de travaux est marquée par la consécration d'un autel à saint Guilhem en 1076[2]. C'est à cette époque que des troubadours commencèrent la composition de la Geste de Guilhem d'Orange qui contribuera à son renom et à celui de l'abbaye.

Guy de Vissec (d. 1324) est le prieur de l'abbaye.

À son apogée, l'abbaye devait compter une centaine de moines, la moitié résidant au monastère, les autres établis dans des prieurés dépendant de Gellone.

Le clocher a pris place sur le porche au XVe siècle.

Époques moderne et contemporaineModifier

Le XVe siècle marque le début du déclin de l'abbaye. En 1568, pendant les Guerres de Religion, des protestants pillent l'abbaye. Une grande partie du mobilier et du temporel sera ensuite vendu pour réparer les dégâts. Un rapport de 1624, du chapitre général bénédictin, indique que malgré les réparations, les bâtiments conventuels, le réfectoire, le dortoir et les cellules sont en état de ruine. Les seize moines ne logent plus au monastère et ne suivent plus la vie commune.

L'abbaye est dans un état d'abandon avancé, quand la Congrégation de Saint-Maur en prend possession et réussit à sauver l'essentiel. En 1644, les bâtiments conventuels sont reconstruits, le cloître, le réfectoire, le dortoir et la salle capitulaire sont restaurés.

À la Révolution, six moines de Saint-Maur vivent à Saint-Guilhem.

L'abbaye est alors vendue comme bien national, et l'église devient l'église paroissiale du village. On installe dans le monastère une filature et une tannerie. Le cloître, vendu à un maçon, fait office de carrière de pierres.

En 1840, l'administration des Monuments historiques prend l'abbaye en charge. Des restaurations successives donnent un nouveau lustre aux bâtiments sauvés de la destruction. Néanmoins, en 1906, un collectionneur américain George Grey Barnard achète à Pierre de Vernière, juge à Aniane, un ensemble d'éléments sculptés du cloître aujourd'hui intégré à une reconstitution du cloître présentée au musée The Cloisters à New York.

ArchitectureModifier

 
Nef de l'abbatiale de Gellone
 
Cloître de Gellone, la galerie ouest sur la gauche et la galerie nord au fond, percées d'arcades géminées

Église abbatialeModifier

Le porche de l'église date du XIIe siècle et le clocher du XVe siècle. La nef surprend par sa grande hauteur (18 mètres de haut) pour une largeur de seulement 6 mètres. Elle est composée de quatre travées, avec des arcs doubleaux. Le tout est soutenu par des pilastres. La nef et les deux collatéraux sont voûtés en berceau en plein cintre. On peut observer des arcs de décharge sur les murs latéraux. L'abside quant à elle est à l'extérieur percée de dix-huit niches.[réf. nécessaire]

L'église est classée monument historique par la liste de 1840[1].

Autel de GuilhemModifier

 
Autel de Guilhem

Dit l' autel du Sauveur.

Cette pièce a échappé aux destructions. Il pourrait s'agir d'un autel en marbre blanc et calcaire noir, incrustés de pâte de verre de couleurs (bleu, jaune, rouge, vert, violet), que Guilhem aurait rapporté d'Aix-la-Chapelle.

Le panneau de gauche représente le Christ en majesté dans une mandorle, entouré des symboles des évangélistes.

Le panneau de droite représente le Christ en croix, entouré de la Vierge et de Saint Jean. À droite et à gauche de la croix, le soleil et la lune. Au bas de la croix, des morts sortent de leur tombeau.

C'est probablement l'ancien maître-autel, sous le vocable du Sauveur.

Sacramentaire de GelloneModifier

Article détaillé : Sacramentaire de Gellone.

Il s'agit d'un livre de l'époque de Charlemagne (fin du VIIIe siècle) servant aux moines pour la célébration des cérémonies. Ce manuscrit est aujourd'hui conservé à la Bibliothèque nationale de France. L'iconographie pré-romane est très riche et justifie l'importance de ce document.[réf. nécessaire]

CloîtreModifier

Sa construction comprend trois périodes.

La première qui est conservée, se situe au XIe siècle pour l'aile nord et ouest avec un petit morceau sur la partie est. Elle ne comprend que peu de sculptures.

La deuxième période est la réalisation des galeries est et sud et à l'étage avec la construction le long des promenoirs nord et ouest. Cet ensemble est daté de 1205 par un texte parlant du nouveau cloître. Qui est doté de sculptures.

La troisième période se situe vers 1300 et concerne la fermeture du cloître dans ses parties hautes au sud et à l'est. Cette partie comporte les colonnettes octogonales à chapiteaux prismatiques.

Dans ce cloître, la décoration sculpturale laisse entrevoir la trace de quatre ateliers : deux de style roman, avec des feuilles d'acanthe et des personnages longilignes, les visages sans expression et deux de style gothique avec des personnages très naturels.

Le cloître a été démantelé et ne possède plus que deux galeries (galerie nord, une partie de la galerie ouest). Le cloître à l'origine comportait un premier étage construit à la fin du XIIe siècle. La galerie nord est percée par une série d'arcades géminées, en plein cintre, reposant sur une colonnette centrale. Les sculptures du cloître vendues à Barnard en 1906 se trouvent aujourd'hui au musée The Cloisters à New York. Quelques pièces sont conservées à la Société archéologique de Montpellier.

Un dépôt lapidaire, abrité dans l'ancien réfectoire, présente des chapiteaux, des colonnes ondées, des statues. On y trouve le tombeau en marbre du fondateur de l'abbaye. Il s'agit d'un tombeau antique de l'école d'Arles, qui a été réutilisé. Autre sarcophage, celui des sœurs de Guilhem, Albane et Bertane.

Il subsistait deux fresques partielles dont peut-être une Annonciation avec une Vierge à genoux. Une restauration a eu lieu en 2007.

Le cloître est classé par arrêté en 1889[1].

GalerieModifier


AbbésModifier

Religieux et personnages célèbresModifier

Terriers, dépendances, propriétésModifier

(liste non exhaustive)

Prieurés
Villages 

Musées de l'abbayeModifier

On y accède par le cloître.

Concerts et tourismeModifier

L'été, l'abbaye de Saint-Guilhem-le-Désert accueille des concerts, en particulier ceux des Rencontres musicales de Saint-Guilhem-le-Désert depuis 1998.

L'abbatiale est un des sites les plus visités de l'Hérault avec 305 000 visiteurs en 2010 derrière Europark[7] (537 000 visiteurs) à Vias et l'aquarium Mare Nostrum à Montpellier (305 000 visiteurs).

Sur les autres projets Wikimedia :

Voir aussiModifier

Articles connexesModifier

BibliographieModifier

  • [Alaus et al. 1898] (la) Paul Alaus, Abbé Cassan et E. Meynial, Cartulaires des abbayes d'Aniane et de Gellone : Cartulaire de Gellone, Montpellier, Jean Martel, , sur gallica (lire en ligne), p. 12.
  • [Camps et al. 1994] Christian Camps, F.R. Hamlin et Claude Richard, Cartulaire de Gellone - Tables des Noms de Personnes et des Noms de Lieux, Montpellier, .
  • [Mallet 2013] Géraldine Mallet, L'Abbaye de Gellone à Saint-Guilhem-le-Désert, , 28-39/74 p p., chap. hors-série n°4.

Liens externesModifier

Notes et référencesModifier

NotesModifier

  1. Charlemagne devient roi des Francs en 768. La 34e année de son règne, année de la donation, est donc 812.

RéférencesModifier

  • [Fisquet] Honoré Fisquet, La France pontificale, vol. « Métropole d'Avignon - Montpellier » : 2e partie : Béziers, Lodève, Saint-Pons de Tomières, Paris, éd. Étienne Repos, 650 p., sur books.google.fr (lire en ligne), p. 475-508.
  1. a et b Fisquet, p. 475.
  2. a b c d et e Fisquet, p. 477.
  3. Fisquet, p. 478-508.
  4. Fisquet, p. 478.
  5. Fisquet, p. 479.
  6. Fisquet, p. 480.
  7. Fisquet, p. 481-483.
  8. Fisquet, p. 483-485.
  9. Fisquet, p. 485.
  10. Fisquet, p. 485-487.
  11. Fisquet, p. 487-489.
  12. Fisquet, p. 489.
  13. Fisquet, p. 489-490.
  14. Fisquet, p. 490-491.
  15. Fisquet, p. 491-492.
  16. Fisquet, p. 492.
  17. Fisquet, p. 492-493.
  18. Fisquet, p. 493-496.
  19. Fisquet, p. 496.
  20. Fisquet, p. 497.
  21. a et b Fisquet, p. 499.
  22. Fisquet, p. 500.
  23. Fisquet, p. 501.
  24. Fisquet, p. 502.
  25. Fisquet, p. 503.
  26. Fisquet, p. 412-413, 504.
  27. Fisquet, p. 505.
  28. Fisquet, p. 506.
  29. Fisquet, p. 507.
  30. Fisquet, p. 508.
Autres références
  1. a b et c « Ancienne abbaye de Gellone », notice no PA00103690, base Mérimée, ministère français de la Culture
  2. a et b Xavier Barral i Altet (photogr. Daniel Kuentz), Saint-Guilhem le-Désert, éd. Jean-Paul Gisserot, , 32 p..
  3. a et b (en) Charles Cawley, « Guillaume », dans « Toulouse, kings, dukes & counts », ch. 2 : « Dukes, marquis of Septimania (Gothie) », sur fmg.ac/MedLands (Foundation for Medieval Genealogy).
  4. (en) Charles Cawley, « Aldana, married Theoderic [I] Comte d'Autun », dans « Franks, merovingian nobility », ch. 1 : « Maiores Domus of the Kingdom of Austrasia (also in Neustria from 688) », section D : « Family of Arnulf », sur fmg.ac/MedLands (Foundation for Medieval Genealogy).
  5. a et b (en) Charles Cawley, « Guillaume », dans « Franks, carolingian nobility », ch. 1 : « Carolingian nobility in France », section J : « Families of Nibelung, Childebrand and Theoderic », sur fmg.ac/MedLands (Foundation for Medieval Genealogy).
  6. a et b « Naissance de Gellone au sein du désert », sur st-guilhem-le-desert.com (consulté le 11 août 2019). Voir aussi le lien clignotant dans le premier paragraphe.
  7. « L’Europark de Vias est le site le plus visité de l’Hérault », Midi libre,‎ (lire en ligne [sur midilibre.fr], consulté le 11 août 2019).