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Abbaye Sainte-Catherine du Mont (Semnoz)

abbaye située en Haute-Savoie, en France
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Abbaye Sainte-Catherine-du-Mont
image de l'abbaye
Article à illustrer

Diocèse Diocèse de Genève
Diocèse d'Annecy
Fondation 1160
Dissolution 1772
Abbaye-mère Bonlieu
Lignée de Cîteaux
Abbayes-filles Bellerive
Petit-Lieu
Rumilly
Congrégation Ordre cistercien
Période ou style

Coordonnées 45° 52′ 15″ nord, 6° 06′ 45″ est[1]
Pays Drapeau de la France France
Province Comté de Savoie
Région Rhône-Alpes
Département Haute-Savoie
Commune Annecy

Géolocalisation sur la carte : France

(Voir situation sur carte : France)
Abbaye Sainte-Catherine-du-Mont

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(Voir situation sur carte : Annecy)
Abbaye Sainte-Catherine-du-Mont

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(Voir situation sur carte : Haute-Savoie)
Abbaye Sainte-Catherine-du-Mont

L'abbaye Sainte-Catherine-du-Mont située en Haute-Savoie, est fondée au XIIe ou au XIIIe siècle dans l'actuelle commune d'Annecy, mais dans une combe isolée du Semnoz. En 1772, elle est fermée et ses occupantes rejoignent un autre couvent situé en centre-ville.

Sommaire

SituationModifier

Le couvent, aujourd'hui ruiné, est situé dans une combe du Semnoz[2], à environ trois kilomètres et demi du centre-ville d'Annecy, mais 238 mètres plus haut, à 630 mètres d'altitude[3]. Le chemin qui traverse cette combe s'appelle encore aujourd'hui « chemin de Sainte-Catherine »[1].

HistoireModifier

FondationModifier

L'abbaye est fondée par Marguerite de Genève (surnommée Beatrix), fille du comte de Guillaume Ier. La date en est incertaine. Les deux dates extrêmes avancées sont 1179 et 1228[4]. Cependant, en 1179, la princesse savoyarde n'était pas encore née (la date la plus probable de sa naissance est 1180). En 1228, de nombreuses sources indiquent que l'établissement existe déjà, même s'il n'est pas forcément érigé en abbaye[5].

François Mugnier conclut à une fondation avant 1195, qui n'aurait donc pas été fondé par Marguerite, mais qu'elle aurait érigé en abbaye. En tout état de cause, ce sont des religieuses de l'abbaye de Bonlieu, située dans l'actuelle commune de Sallenôves, à une vingtaine de kilomètres au nord-ouest, qui viennent s'installer dans ce lieu[5].

Il semble que le portique de l'édifice ait accueilli la sépulture du comte de Genève, Guillaume Ier, mort très probablement le [6],[7],[8].

Au Moyen ÂgeModifier

Une contestation de la filiation de l'abbaye se crée en 1242 : les moniales de Sainte-Catherine veulent s'émanciper de la filiation à l'abbaye de Bonlieu. Des abbés médiateurs viennent résoudre le conflit, et finissent par trouver un compromis dans lequel, contre paiement d'une rente, Sainte-Catherine est détachée de la filiation de Bonlieu[9].

L'abbaye prospère ensuite, au point de fonder deux abbayes-filles, à proximité du lac Léman : celle de Bellerive, dans l'actuelle commune suisse de Collonge-Bellerive, et celle du Petit-Lieu, à Perrignier[10].

Au XVIIe siècleModifier

Le 4 mars 1607, Louise de Ballon effectue dans l'abbaye sa profession solennelle. Elle a seize ans et y habite depuis l'âge de ses sept ans[11], avec une de ses sœurs. Contrairement à l'abbaye-mère de Bonlieu, Sainte-Catherine jouit alors d'une bonne réputation[12]. Mais cette piété ne lui suffit pas et, en 1622, elle la quitte, souhaitant réformer la vie religieuse. Avec le soutien de son évêque, François de Sales, elle fonde l'ordre des Bernardines réformées, qui ouvre son premier couvent dans le centre-ville de Rumilly, puis essaime, en Savoie et dans tout le Sud-Est de la France[13],[14].

Après le départ de Louise de Ballon, les habitudes mondaines de l'abbaye ne changent guère (possessions personnelles des sœurs, pas de clôture) ; néanmoins, le retour à une certaine ferveur religieuse est sensible[15].

Transfert à AnnecyModifier

En 1772, l'abbaye est transférée au centre-ville, sur le site qu'occupe le couvent de Bonlieu depuis 1648, à l'actuel emplacement du Pâquier et du centre culturel[13].

RévolutionModifier

Une faïencerie sera installée dans l'ancienne abbaye ; elle sera dirigé par Jean-Claude Burnod, avocat, procureur-syndic d'Annecy, membre de l'académie littéraire des Arcades à Rome[16].

Nécropole de la Maison de GenèveModifier

Le couvent est considéré comme le « lieu habituel de sépulture des princes de la maison de Genève, depuis la fondation de cet établissement religieux »[17]. L'abbaye partage cette fonction avec la chartreuse de Pomier.

Le lieu semble avoir accueilli les sépultures des comtes de Genèves et des membres de leur famille :

Les auteurs Edmond Martène et Ursin Durand, Voyage littéraire de deux religieux bénédictins de la congrégation de Saint-Maur (1717), ajoutent que le tombeau de l'évêque de Langres, Gui de Genève se trouvait également ici à côté de ceux de son père, le comte Guillaume II et de ses oncles.

BibliographieModifier

  • [François Mugnier 1886] François Mugnier, Histoire documentaire de l'abbaye de Sainte-Catherine (près d'Annecy), CP Ménard, , 170 p. (lire en ligne), p. 4 ;
  • [Alain Guerrier 2002] Alain Guerrier, Louise de Ballon : (1591-1668), ARCIS (Association pour le Rayonnement de la Culture CIStercienne), , 9 p. (lire en ligne).
  • [Baud & Binz 1985] Henri Baud, Louis Binz, Le Diocèse de Genève-Annecy, Paris, Éditions Beauchesne, coll. « Histoire des diocèses de France » (no 19), , 331 p. (ISBN 9782701011127, OCLC 13051758, lire en ligne)
  • Henri Baud, Jean-Yves Mariotte, Jean-Bernard Challamel, Alain Guerrier, Histoire des communes savoyardes. Le Genevois et Lac d'Annecy (Tome III), Roanne, Éditions Horvath, , 422 p. (ISBN 2-7171-0200-0).
  • Pierre Duparc, Le comté de Genève, (IXe-XVe siècles), t. XXXIX, Genève, Société d’histoire et d’archéologie de Genève, coll. « Mémoires et documents » (réimpr. 1978) (1re éd. 1955), 621 p.

RéférencesModifier

  1. a et b « Carte IGN 3431 OT » sur Géoportail (consulté le 11 mars 2014)..
  2. Thérèse Leguay et Jean-Pierre Leguay, Histoire de la Savoie, Paris, Éditions Jean-paul Gisserot, , 128 p. (ISBN 978-2-877-47804-5, lire en ligne), p. 35.
  3. François Mugnier 1886, Chapitre I, « Situation du monastère », p. 3.
  4. Le Régeste genevois (1866) ne donne pas de date précise, citant l'abbé Joseph-Antoine Besson, ses auteurs se prononcent donc pour une création entre 1169 et 1185. Consultable en ligne dans le Répertoire chronologique des sources sur le site digi-archives.org de la Fondation des Archives historiques de l'Abbaye de Saint-Maurice (REG 0/0/1/416).
  5. a et b François Mugnier 1886, Chapitre II, « Fondation du monastère », p. 5 à 15.
  6. a et b Le Régeste genevois (1866) cite l'ouvrage de Edmond Martène et Ursin Durand, Voyage littéraire de deux religieux bénédictins de la congrégation de Saint-Maur, F. Delaulne (Paris) 1717. Consultable en ligne dans le Répertoire chronologique des sources sur le site digi-archives.org de la Fondation des Archives historiques de l'Abbaye de Saint-Maurice (REG 0/0/1/460).
  7. a et b Duparc 1978, p. 143 (Lire en ligne).
  8. a b et c Duparc 1978, p. 247 (Lire en ligne).
  9. François Mugnier 1886, Chapitre V, « Sainte-Catherine se rend indépendante de Bonlieu », p. 39 & 40.
  10. Christian Regat, « Les cisterciens en Savoie : Tamié de 1132 à 1701 », Mémoires et documents publiés par l’Académie salésienne, vol. 104,‎ (ISSN 1157-0644, lire en ligne).
  11. Alain Guerrier 2002, « Louise de Ballon, moniale cistercienne », p. 8 & 9.
  12. Alain Guerrier 2002, « Louise de Ballon, moniale cistercienne », p. 10.
  13. a et b Muriel Rottier, « Les ruines de Sainte-Catherine ont huit cents ans d’histoire », Le Dauphiné libéré,‎ (ISSN 1760-6314, lire en ligne).
  14. Alain Guerrier 2002, « Chemins vers une réforme », p. 13 à 15.
  15. Baud & Binz 1985, Le triomphe de la réforme catholique — L'essor des nouveaux ordres religieux, p. 132.
  16. Christian Regat - François Aubert, Châteaux de Haute-Savoie - Chablais, Faucigny, Genevois, Cabédita, 1994 (ISBN 9782882951175), p. 22.
  17. Jules Vuy, « Une charte inédite du XIIIe siècle et un article du Régeste genevois », Revue savoisienne, no 4,‎ , p. 33-34 (lire en ligne).
  18. Duparc 1978, p. 190 (Lire en ligne).