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Abbatiale Saint-Sauveur de Redon

abbatiale située en Ille-et-Vilaine, en France
Abbatiale Saint-Sauveur
FranceBretagneRedonAbbaye.jpg
Chœur et transept de l'abbatiale Saint-Sauveur.
Présentation
Destination initiale
Destination actuelle
Style
Gothique et Roman
Construction
XIe siècle
Hauteur

Clocher: 57m

Tour romane: 27m
Propriétaire
Commune
Statut patrimonial
Logo monument historique Classé MH (1862) (l'église)
Logo monument historique Classé MH (1875)(le clocher)
Localisation
Pays
Région
Département
Commune
Coordonnées
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L'abbatiale Saint-Sauveur est une église catholique située à Redon, en France[1]. Elle constitue l'une des parties de l'abbaye Saint-Sauveur de Redon, le reste des bâtiments conventuels est devenu un lycée.

Sommaire

LocalisationModifier

L'église est située sur le côté nord de l'abbaye Saint-Sauveur de Redon, à proximité immédiate de l'hôtel de ville.

HistoriqueModifier

L'édifice est classé au titre des monuments historiques en 1862 et 1875[1].

L'incendie de 1780Modifier

En 1780, un terrible incendie ravage l'abbatiale et la nef est amputée de 5 travées, ce qui explique la position de la tour gothique à l'origine située au niveau de la façade. Enfin, la voûte de la nef est abaissée ce qui entraîne la suppression des fenêtres latérales et explique le manque de luminosité à l'intérieur.

ArchitectureModifier

La nefModifier

 
La nef du XIe siècle

Construite au XIe siècle, la nef a trois vaisseaux. Elle est actuellement longue de sept travées, mais la construction initiale était plus longue et s'étendait sur douze : les cinq travées occidentales sont détruites à cause d'un incendie en 1780. L'ancienne façade, connue par une gravure du XVIIe siècle, était un simple mur pignon au sommet triangulaire, que soutenaient des contreforts aux angles[2].

L'élévation du vaisseau central comportait initialement deux niveaux : de grandes arcades et des fenêtres hautes. Cependant, l'incendie de 1780 nécessite d'abaisser la voûte et de supprimer ces fenêtres, ce qui rend la nef fort sombre. Ne restent donc que les arcades en plein cintre, dont le rouleau simple retombe sur des tailloirs simplement biseautés. Ces tailloirs reposent eux-mêmes sur des chapiteaux très minces et unis, retaillés ainsi après l'incendie pour donner un style dorique à l'ensemble couvert de plâtre. Les chapiteaux couronnent des demi-colonnes adossées à des piles carrées, qui sont leur sont antérieures[2].

Le mur du collatéral nord de la nef, celui du transept nord et la base de celui du collatéral sud sont en partie construits en petit appareil cubique, avec des assises de pierre plates et des chaînes en épi. Certains spécialistes y voient une survivance de l'église carolingienne, ou en tous cas d'un état précédant la construction romane[2].

Le transeptModifier

 
La tour de croisée du XIIe siècle

Les quatre piles du niveau inférieur de la croisée du transept remontent sans doute au XIe siècle. Elles supportent une voûte octogonale sur trompes. Chaque pile est surmontée d'un chapiteau à volutes qui sont les seuls chapiteaux romans subsistant dans l'église[2].

La tour de croisée a été construite lors de la campagne de travaux de l'abbé Hervé, au XIIe siècle. Elle comporte trois niveaux. Le premier niveau est aveugle, et les murs sont décorés par des jeux d'arcatures, dont certaines retombent sur des colonnettes à chapiteau. Le niveau médian, un peu en retrait, présente une série d'arcatures ouvertes ; les angles sont arrondis. Enfin, le niveau supérieur, encore en retrait par rapport au niveau médian, est ouvert d'une série d'arcades plus basses que celles du niveau médian. En plus des jeux d'arcatures ouvertes et aveugles, la tour est décorée par l'emploi irrégulier de pierres de différentes couleurs, en moyen appareil. Cette tour de croisée est unique en Bretagne[2] et s'inspire des modèles aquitains[3].

Le chevetModifier

Après un incendie en 1230, la reconstruction du chevet commence entre 1260 et 1270, et s'achève vers 1300, au moins pour le gros œuvre. Il comprend trois travées droites, puis une abside à cinq pans, le tout entouré d'un déambulatoire à cinq chapelles rayonnantes. De part et d'autre des premières travées du déambulatoire, deux bas-côtés de trois travées accueillent des chapelles rectangulaires. L'ensemble est voûté d'ogives quadripartites[3].

L'élévation a trois niveaux : de grandes arcades à double rouleaux retombent, par l'intermédiaire de chapiteaux à corbeille lisse, sur des piles composées de quatre demi-colonnes ; un grand triforium à claire-voie occupe le niveau médian ; enfin de larges fenêtres hautes éclairent largement l'édifice. Les fenêtres des deux premières travées droites sont composées de trois lancettes qui se recroisent au haut de la baie, sous influence anglaise ; celles de l'abside sont composées de lancettes surmontées de trilobes. L'effet d'ensemble est très sobre, ce qui correspond bien au mouvement de simplification de l'architecture gothique rayonnante dans le dernier tiers du XIIIe siècle[3].

Vers le milieu du XVe siècle, sous l'abbatiat d'Yves Le Sénéchal, le duc Jean IV fait ajouter au chevet une chapelle, adossée au bas-côté nord du chœur[3].

Le clocherModifier

Le clocher appartenait initialement à un projet de façade monumentale conçu autour de 1310, qui devait se placer devant l'ancienne nef romane : la tour nord est le seul élément qui est réellement construit. Les travaux s'achèvent sans doute avant 1341. Il abrite 6 cloches datées de la première moitié du XIXe siècle. 3 ont été baptisées Hyacinthe, Marie-Ursule et Thérèse de l'Enfant-Jésus. Sur chacune d'elles est représenté le blason de la ville et un Christ.

En 1741, une cloche se brise mais les moines et la commune se rejettent la responsabilité, un accord est trouvé avant 20 ans après. Durant ce temps aucune cloche n'a sonné.

Les orguesModifier

Article détaillé : Liste des orgues de Redon.

C'est sur l'orgue de la chapelle du collège que le musicien Pierre Pincemaille a découvert l'orgue à la fin des années 1960, grâce à son oncle, le père eudiste Paul Pincemaille, économe au collège[4].

AnnexesModifier

BibliographieModifier

  • Chanoine Amédée Guillotin de Corson, Pouillé historique de l'archevêché de Rennes, Rennes, Fougeray et Paris, René Haton, 1880-1886, 6 vol. in-8° br., couv. impr. (disponible sur Gallica).
  • Paul Banéat, Le Département d'Ille-et-Vilaine, Éditions Librairie moderne J. Larcher, Rennes, 1928, Réédition Éditions régionales de l'Ouest, Mayenne, 1994, 4 tomes, (ISBN 2-85554-067-4), tome III, p. 169-177.
  • Louise-Marie Tillet, Bretagne romane, Zodiaque, Abbaye Sainte-Marie de La Pierre-qui-Vire, Saint-Léger-Vauban, 1982, Collection "La nuit des temps", no 58, 348p., p. 73-79.
  • Véronique Orain (Dir.), Ille-et-Vilaine. Églises et chapelles. Indicateurs du patrimoine., Association pour l'Inventaire Bretagne, Rennes, 1996, (ISBN 2-905064-25-0).
  • Collectif, Le Patrimoine des Communes d'Ille-et-Vilaine, Éditions Flohic, Paris, mars 2000, 2 tomes, (ISBN 2-84234-072-8), tome II, p. 1149-1155.
  • Philippe Bonnet et Jean-Jacques Rioult, Dictionnaire guide du patrimoine. Bretagne, Éditions du patrimoine, Paris, 2002, 531 p., (ISBN 2-85822-728-4), p. 390-391.
  • Anne Autissier, La sculpture romane en Bretagne, Presses universitaires de Rennes, Rennes, 2005, Collection "Art et société", 380p., (ISBN 2-7535-0066-5), p. 323-326.
  • Philippe Bonnet et Jean-Jacques Rioult, Bretagne gothique, Éditions Picard, Paris, septembre 2010, 485p., (ISBN 978-2-7084-0883-8), p. 352-364.
  • Marc Déceneux, la Bretagne romane, Editions Ouest-France, (ISBN 9782737322624) 1998, p 37 à 39.

Articles connexesModifier

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Liens externesModifier

RéférencesModifier

  1. a et b « Église Saint-Sauveur (ancienne basilique) », notice no PA00090666, base Mérimée, ministère français de la Culture
  2. a b c d et e Louise-Marie Tillet, Bretagne romane, La Pierre-Qui-Vire, Zodiaque, coll. « La Nuit des Temps » (no 52), , p. 73-79
  3. a b c et d Philippe Bonnet et Jean-Jacques Rioult, Bretagne gothique, Paris, Picard, (ISBN 978-2-7084-0883-8), p. 352-364
  4. Pierre Pincemaille, « Entretien avec Pierre Pincemaille », L'Orgue, no 212,‎ (lire en ligne)