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Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Abbas Ier Hilmi et Abbas.

Abbas Ier le Grand Prononciation du titre dans sa version originale Écouter(en persan : شاه عباس بزرگ, Shăh Abbās-e bozorg) (Hérat, - Mazandaran, ) est le cinquième Chah safavide de l'Iran (1588-1629).

Abbas Ier
Portrait du schah Abbas le Grand, BNF, Paris
Portrait du schah Abbas le Grand, BNF, Paris
Titre
Chah de Perse
Prédécesseur Muhammad Khudabanda
Successeur Safi Ier
Biographie
Dynastie Safavides
Date de naissance
Lieu de naissance Hérat
Date de décès
Lieu de décès Mazandaran
Père Muhammad Khudabanda
Mère Khayr al-Nisa Begum
Enfants Soltan Mohammad Baqir Safi Mirza, Soltan Hassan Mirza, Soltan Mohammad Reza Mirza Khouda Banda, Soltan Ismail Mirza, Imam Qouli Amanou'llah Mirza, Shahzadi Zoubaida Begum, Shahzadi Shahzade Begum
Religion Islam chiite

Souverain le plus remarquable de la dynastie safavide, il monte sur le trône en 1588 après avoir poussé son père à lui transmettre le pouvoir et tué ses deux frères. Alors que près de la moitié de l'empire est aux mains d'adversaires, il reprend progressivement le contrôle du territoire.

Sommaire

Les débuts du règneModifier

Afin d'avoir la paix à l'ouest, il conclut une paix défavorable avec la Sublime Porte en 1590, qui transfère l'Iran occidental, avec Tabriz, ainsi que la plupart de l'Azerbaïdjan, sous influence ottomane[1]. Pendant une décennie, il lutte contre les Ouzbeks du Khorassan ; Herat et l'Afghanistan occidental ne tombent qu'en 1598, et la frontière orientale n'est sécurisée qu'au début du XVIIe siècle[2].

Trop proche des frontières, la capitale, Tabriz, est transférée à Ispahan en 1598, qui devient un lieu culturel et artistique majeur de l'époque. En 1603, Abbas se retourne contre les Ottomans. Il les refoule de l'Iran occidental (1605-1607), puis s'empare de Diyarbakir (sud-est de la Turquie actuelle, annexée par l'Empire Ottoman en 1534) en 1620, et de Bagdad en 1623[2].

Centralisation du pouvoir et modernisation de l'arméeModifier

 
Abbas recevant l'ambassadeur des mongols Khan ‘ Alam en 1618. Abbas est à droite du tableau, et offre un verre de vin à l'ambassadeur, à gauche. Auteur inconnu.

De plus, il centralise le pouvoir politique et l'administration, en particulier en équilibrant le pouvoir des troupes turcophones qizilbash (ou Kizil Bash) grâce à la création du corps des gholams, des soldats chrétiens esclaves, principalement Arméniens et Géorgiens, qui lui sont loyaux. S'il peut compter sur environ 50 000 Kizil Bash[2], ces troupes provinciales sont dirigées par des chefs locaux, qui servent le chah en échange de leur pouvoir politique (à l'instar du système de vassalité féodale). Aussi, les gholams, faits prisonniers lors des campagnes en Arménie (1603) et en Géorgie (1614, 1616)[2], qui sont rétribués sur ses propres deniers, lui permettent de regagner l'ascendant sur ces chefs locaux[2]. Des milliers d'artisans sont aussi transférés d'Arménie à Ispahan[2].

Outre ces 10 000 cavaliers gholams[2], il crée un corps de 12 000 mousquetaires[2], les tofangchis, et dispose aussi de 12 000 artilleurs (avec 500 canons)[2]. Avec, en outre, sa garde personnelle de 3 000 hommes, le chah Abbas dispose ainsi d'une armée permanente de 37 000 hommes, auxquels il faut ajouter les 50 000 qizilbash qu'il peut lever le cas échéant[2]. Le pouvoir des qizilbash est progressivement réduit à la fin de son règne: seul les provinces périphériques de Géorgie, du Khuzistan, du Kurdistan et de Loristan bénéficient encore d'une autonomie relative[3]. La puissante tribu des Khanat est divisée en trois, et postée en Azerbaïdjan, à Merv et à Asterabad, éloigné de chacune d'entre elles de centaines de kilomètres[3].

Le gholam Allahverdi Khan, d'origine géorgienne, est nommé gouverneur de Fars vers 1595-1596, devenant le premier gholam à bénéficier d'un statut égal à celui des émirs qizilbashs. Devenu commandant-en-chef de l'armée, et conseillé par l'Anglais Robert Shirley (envoyé par Robert Devereux, 2e comte d'Essex, afin de forger une alliance contre les Ottomans), il réorganise l'armée au tournant du siècle.

Par ses victoires militaires sur les Ouzbeks, les Ottomans et les Portugais, il renforce les frontières du nord et de l'ouest et rétablit la suprématie iranienne sur le golfe Persique. Les Anglais l'aident à récupérer l'île d'Ormuz, que les Portugais possédaient depuis 122 ans. Il maintient par ailleurs des contacts avec l'Espagne, envoyant d'abord à la cour du roi catholique Philippe III Husayn Ali Beg, qui arrive à Valladolid le 13 août 1601; puis l'imam Quli Beg (5 février 1608); enfin Robert Shirley (22 janvier 1610) et Denzig Beg (15 janvier 1611). Nombreux descendants de ces envoyés se convertissent par la suite au catholicisme et entrent au service du roi, adoptant des noms chrétiens suivis du patronyme "de Perse" (tels Jean de Perse). De son côté, Philippe III lui envoya comme ambassadeur García de Silva Figueroa, qui identifia Persépolis et découvrit l'écriture cunéiforme.

En 1618, l'Italien Pietro Della Valle tente de le convaincre de s'allier aux Cosaques contre les Ottomans, mais les récentes victoires d'Abbas le poussent à ignorer cette requête.

Abbas était un roi pieux, qui a soutenu les institutions religieuses en construisant des mosquées et des médersa (écoles religieuses) ; cependant, on constate sous son règne une séparation graduelle des institutions religieuses et de l'État, dans un mouvement vers une hiérarchie religieuse indépendante.

 
Shah Abbas et le page, par Mohammad Qassim.

Son règne est aussi un âge d'or pour le commerce et les arts. Avec l'aide des Anglais, il se bat d'abord contre les Portugais qui occupaient le détroit d'Ormuz, puis accueille les commerçants étrangers (britanniques, hollandais, français et autres). Le niveau des arts patronnés par le chah est visible à Ispahan, sa nouvelle capitale, où il construit des palais et mosquées de toute beauté : Place Naghsh-e Jahan, et Ali Qapu, mosquée du Chah, mosquée du Sheikh Lutfallah, Palais de Chehel Sotoun, etc.) et donne une grande importance aux miniatures et aux beaux-arts.

Unions et postéritéModifier

 
Chah Abbas Ier
Gravure hollandaise du XVIe siècle.

Abbas Ier eut six épouses :

  1. en 1587, une fille de Chahzada Sultan Mustafa
  2. en 1587, Chahzadeh (princesse) Oglan Pasha Khanoum, veuve de son frère aîné Hamza Mirza et fille de Chahzadeh (prince) Sultan Hussain Mirza.
  3. de 1604 à 1614 Tinatin, Péri Lala Fatima Sultan Begoum fille du roi Georges X de Karthli
  4. en 1605, Kheshish, fille du roi David Ier de Kakhétie
  5. en 1610, Ne, une autre fille de David Ier de Kakhétie
  6. une autre fille de Chahzadeh (prince) Sultan Hussain Mirza.

dont il eut six fils et deux filles parmi lesquels :

RéférencesModifier

  1. Gérard Chaliand, Guerres et civilisations, Odile Jacob, Paris, 2005, p.299.
  2. a, b, c, d, e, f, g, h, i et j Gérard Chaliand, op.cit., p.300.
  3. a et b Gérard Chaliand, op.cit., p.301.

SourcesModifier

Articles connexesModifier

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