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Philippe Laguérie

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Philippe Laguérie
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Philippe Laguérie, né le à Sceaux, est un prêtre catholique français. Personnalité centrale du catholicisme traditionaliste, il est l'un des cofondateurs et le supérieur de l'Institut du Bon-Pasteur (IBP).

BiographieModifier

La Fraternité sacerdotale Saint-Pie-XModifier

Issu d'une famille catholique et sentant un appel particulier à partir de quatorze ans[réf. nécessaire], Philippe Laguérie entre au séminaire en 1973 à Écône au sein de la Fraternité sacerdotale Saint-Pie-X. Il est ordonné prêtre le 29 juin 1979 par Mgr Lefebvre. Un de ses frères est également prêtre de cette fraternité.

D'abord préfet de discipline et professeur de philosophie et théologie à l'école Saint-Michel à Niherne, dans l'Indre, il prend, à partir de 1984, la succession de Mgr François Ducaud-Bourget comme curé de l'église Saint-Nicolas-du-Chardonnet, située à Paris, dans le Ve arrondissement[1],[2].

Il tente en mars 1993 avec l'aide de quatre cents fidèles d'occuper l'église Saint-Germain-l'Auxerrois. Chassé par la police, il est sanctionné le 10 par l'abbé Paul Aulagnier puis pardonné le 14[3].

En 1998, il rejoint Bordeaux, où il obtient de la mairie en 2002 l'autorisation d'utiliser l'église Saint-Éloi à côté de la Grosse cloche, église désaffectée entre 1981 et 2001 qu'il rend au culte. Il est exclu par le supérieur de la Fraternité sacerdotale Saint-Pie-X, Mgr Bernard Fellay, le 16 septembre 2004[4], à la suite de critiques faites par lettres privées à certains de ses confrères quant au fonctionnement des séminaires de la FSSPX[réf. nécessaire] et quelques mois avant la tenue du chapitre général auquel s'est représenté son supérieur général.

L'Institut du Bon-PasteurModifier

Article détaillé : Institut du Bon-Pasteur.

Le 8 septembre 2006, l'abbé Laguérie est nommé supérieur du nouvel Institut du Bon-Pasteur (IBP), fondé avec l’accord du pape Benoît XVI, institut de droit pontifical dont le siège est à Bordeaux où se trouve aussi l'église Saint-Éloi où il exerce son ministère après une convention signée avec Mgr Ricard, archevêque de Bordeaux. Cet acte rétablit la pleine communion de l'abbé Laguérie (et de ses fidèles) avec l'Église catholique locale. Il coïncide avec le motu proprio « Summorum Pontificum » délivré le 7 juillet 2007 par le pape Benoît XVI, qui assouplit considérablement l'usage de la liturgie romaine tridentine (définie par le concile de Trente, et actualisée, dans sa dernière version, par le missel romain de 1962) qui précédait celle introduite par le concile Vatican II. D'aucuns y voient un signe d'apaisement prochain du conflit opposant la Fraternité sacerdotale Saint-Pie-X et le Saint-Siège, avant une éventuelle réintégration.

Selon le droit canon, l'Institut de droit pontifical du Bon-Pasteur est une société de vie apostolique dépendant à la fois de la commission Ecclesia Dei et de la congrégation pour les instituts de vie consacrée et les sociétés de vie apostolique. Il exerce une juridiction ordinaire sur les prêtres qui en dépendent.

Le 1er février 2007, un décret du cardinal Ricard, archevêque de Bordeaux, érige Saint-Éloi en paroisse personnelle[5], en l'église Saint-Éloi[6].

Le 31 août 2013, l'abbé Laguérie est réélu pour six ans à la tête de l'Institut du Bon-Pasteur[7]. Le 12 septembre suivant, Rome entérine cette élection.

Prêtre médiatique et figure emblématique du catholicisme traditionaliste en France, il est parfois invité à s'exprimer sur les ondes et à la télévision.

Liens avec l'extrême droiteModifier

Durant la période où l'abbé Laguérie officie en l'église Saint-Nicolas-du-Chardonnet (1984-1997), les connexions avec l'extrême droite ne sont pas rares[8]. En 1987, alors que Jean-Marie Le Pen vient de créer le scandale par ses propos sur les chambres à gaz nazies, on entend l'abbé à la télévision française prendre la défense du président du Front National, qu'il présente comme une victime de la « grande banque juive qui tient la France en dictature depuis quarante-cinq ans » et prendre la défense de négationnistes en ces termes : « Les thèses des professeurs Roques et Faurisson sont parfaitement scientifiques »[9]. Néanmoins, dans un article publié sur son blogue le , il se montre très critique vis-à-vis des déclarations révisionnistes de Richard Williamson qu'il qualifie de « divagations scandaleuses et inadmissibles »[10].

Le 25 juillet 1996, l'abbé Laguérie procède à la célébration d'une messe pour les obsèques de Paul Touvier, condamné pour crimes contre l'humanité en 1994 pour l'exécution de sept Juifs lorsqu'il était chef de la Milice lyonnaise sous l'Occupation allemande. Au cours de cette messe, l'abbé Philippe Laguérie qualifie notamment l'ancien milicien d'« âme sensible, délicate et même nuancée » et souhaite se faire « l'avocat de Paul Touvier auprès de Dieu », fustigeant la LICRA, les communistes, les franc-maçons, la presse, etc[11].

À l'époque, un rapprochement s'est également effectué avec les membres de l'AGRIF et avec l'ancien député FN Bernard Antony. C'est ainsi que, par exemple, à l’occasion de la sortie du film La Dernière Tentation du Christ en 1988, on peut voir Philippe Laguérie et Bernard Antony appeler tous deux à manifester pour l'interdiction du film ou la suppression des scènes les plus « blasphématoires ».

En juillet 2008, bien qu'il ait été exclu de la Fraternité Saint-Pie X et qu'il dirige maintenant l'IBP, l'abbé Laguérie reste proche des milieux d'extrême droite. En 2008, c'est à Saint-Éloi qu'il baptise le quatrième enfant de l'humoriste Dieudonné[12], enfant dont le parrain serait Jean-Marie Le Pen, présent à la cérémonie selon le journal Libération[13],[14]. Une partie de la gauche bordelaise lui reproche également de célébrer chaque 23 juillet une messe en la mémoire du maréchal Pétain[8].

En 2010, l'émission de France 2, Les Infiltrés dénonce une connexion entre l'abbé Laguérie et l'association nationaliste Dies Irae, dont le leader, Fabrice Sorlin, serait un ami du prêtre. Mais l'abbé Laguérie et l'Institut du Bon-Pasteur nient toute relation avec Dies Irae[15],[16].

OuvragesModifier

Notes et référencesModifier

  1. Il aura notamment l'occasion de marier Albert Spaggiari et Emilia de Sacco.
  2. « Maintien de l'occupation illégale de l'église Saint-Nicolas-du-Chardonnet - Sénat », sur www.senat.fr (consulté le 30 avril 2019)
  3. cf Quid, in religion catholique
  4. Philippe Brassart, « Messes basses à Bordeaux », sur ladepeche.fr, (consulté le 3 mai 2019)
  5. Canon 518 : « En règle générale, la paroisse sera territoriale, c’est-à-dire qu’elle comprendra tous les fidèles du territoire donné ; mais là où c’est utile, seront constituées des paroisses personnelles, déterminées par le rite, la langue, la nationalité de fidèles d’un territoire, et encore pour tout autre motif. »
  6. Décret d'érection de la paroisse personnelle de Saint-Éloi « Copie archivée » (version du 8 février 2007 sur l'Internet Archive)
  7. « L’abbé Laguérie réélu à la tête de l’Institut du Bon Pasteur », sur Riposte-catholique, (consulté le 30 avril 2019)
  8. a et b Olivier Landron, À la droite du Christ: Les catholiques traditionnels en France depuis le concile Vatican II (1965-2015), Editions du Cerf, (ISBN 9782204108492, lire en ligne)
  9. « Des moulins à vent »(ArchiveWikiwixArchive.isGoogleQue faire ?), sur lemonde.fr,
  10. « Mgr Williamson : la position de l’IBP. - le blog de l'abbé laguérie », sur blog.institutdubonpasteur.org (consulté le 30 avril 2019)
  11. « Requiem pétainiste pour Touvier », Libération, 26 juillet 1996.
  12. « "Oui, j'ai bien célébré le baptême de la fille de Dieudonné" » [archive], sur huffingtonpost.fr,
  13. « Dieudonné, les liens du baptême », sur Libération.fr, (consulté le 30 avril 2019)
  14. « Le Pen-Dieudonné : beaucoup d'intox... mais une vidéo », sur L'Obs (consulté le 30 avril 2019)
  15. Joséphine Bataille, « La face sombre des traditionalistes », sur La Vie.fr, La Vie, (consulté le 3 mai 2019)
  16. « Saint-Éloi, Saint-Projet, Dies Irae : des liens très discrets », sur SudOuest.fr (consulté le 30 avril 2019)

Voir aussiModifier