ARA Independencia (V-1)

porte-avions léger

ARA Independencia (V-1)
illustration de ARA Independencia (V-1)
Autres noms HMS Warrior
NCSM Warrior
Type Porte-avions
Classe Colossus
Histoire
A servi dans Naval Ensign of the United Kingdom.svg Royal Navy
Naval Ensign of Canada.svg Marine royale canadienne
Flag of Argentina.svg Marine argentine
Chantier naval Harland and Wolff, Belfast
Quille posée
Lancement
Armé HMS Warrior
novembre 1948 NCSM Warrior
ARA Independencia
Statut Désarmé en 1970
démoli en 1971
Équipage
Équipage 1 075 (1 300 en temps de guerre)
Caractéristiques techniques
Longueur 211,8 m
Maître-bau 24,4 m
Tirant d'eau 7 m
Déplacement 18 300 t
Propulsion Turbines à vapeur Parosons à simple réduction, 4 chaudières Parsons Admiralty 3-drum type 350 psi (2.4 MPa), 2 hélices
Puissance 30 MW
Vitesse 25 nœuds
Caractéristiques militaires
Blindage aucun
Armement 6 × 4 Canon de marine de 2 livres QF antiaérien
32 canons antiaériens jumelés de 20 mm Oerlikon
Argentine
12 x canons antiaériens de 40 mm Bofors
1970 : 8 x canons 40 mm Bofors[1]
Aéronefs 35 chasseurs Chance Vought F4U Corsair
Grumman S-2 Tracker
Hélicoptères Sikorsky H-19
SNJ5C Texan
Carrière
Port d'attache Base navale de Puerto Belgrano
Indicatif V-1

Le ARA Independencia (V-1) a été le premier porte-avions de la Marine argentine. D'abord en service avec la Royal Navy en 1945, il est ensuite utilisé par la Marine royale canadienne entre 1946 et 1948. Il est à nouveau employé par la Royal Navy entre 1948 et 1958, avant d'être acquis par l'Argentine en 1959.

Premières annéesModifier

Le navire est le quatrième de la classe Colossus, une classe de huit porte-avions légers construits durant la Seconde Guerre mondiale. Le navire est complété en 1944 et entre en service en 1945 sous le nom de HMS Warrior, avant d'être rapidement transféré à la Marine Royale Canadienne conformément aux accords pris lors de la Conférence de Québec en . Le Canada n'utilise le navire que deux ans car l'absence de systèmes de chauffage à bord (le navire a été conçu pour servir dans les mers tropicales) empêche son emploi dans les eaux froides et glaciales de l'Atlantique nord. Le navire est donc muté sur la côte Pacifique à la base d'Esquimalt. Mais le besoin d'un porte-avions dans l'Atlantique force le Canada à renvoyer la navire à la Royal Navy en 1948 au profit d'un nouveau bateau plus adapté, le NCSM Magnificent.

En le navire est retourné à la Royal Navy et subit des modifications dans le but de tester un nouveau système d'appontage : le pont en caoutchouc. Cette technique consiste à faire atterrir l'avion sur un « lit » flexible en caoutchouc disposé sur le pont du navire. La technique est par la suite abandonnée. L'année 1950 le voit converti en navire de transport de troupes et d'avions pour la Guerre de Corée[2]. Il subit en 1954 une légère refonte dans le but de le doter d'un pont d'envol angulaire de 5 degrés et sert la même année durant l'opération Grapple, le premier test britannique d'une bombe H, en septembre 1954, il transporte des réfugiés du Nord au Sud Vietnam lors de l'opération Passage to Freedom. Le retour de l'opération Grapple se fait par une escale en Argentine avec des démonstrations et différents tests. Par la suite, l'Argentine s’intéressera beaucoup au navire et l'achètera finalement. En 1958 il est retiré du service et mis en vente.

Marine argentineModifier

Après l’étude de la situation stratégique de l’Argentine par le Comando de Aviación Naval en 1942, et une fois analysés les probables théâtres d’opérations, la nécessité de posséder deux porte-avions se fait sentir[3]. La situation économique et politique intérieure retarde cependant l’acquisition du HMS Warrior (R31) durant 13 ans jusqu’en 1958, date de la vente de divers bâtiments pour couvrir les frais[4]. Le , l’ARA Independencia (V-1) arrive à la base aéronavale de Puerto Belgrano et les opérations aériennes du Grupo Aéreo Embarcado (GAE) commencent le (avant que le bâtiment ne soit officiellement mis en service) avec le décollage et l’appontage de 5 avions d’entraînement SNJ-5C Texan.

Pour l’heure, le GAE ne comprend que quelques Corsair avant son voyage aux États-Unis en durant lequel il réceptionne 6 Grumman S-2 Tracker ASM, 2 hélicoptères de recherche et sauvetage (SAR) Sikorsky S-55 de même que des F9F Panther et sa version à ailes en flèche F9F Cougar d’attaque[5]. L’Independencia est mis en service le et attaché à la base de Puerto Belgrano. Il participe à partir de cette date aux manœuvres UNITAS puis à divers exercices avec la Royal Navy, la Marina militare italienne, la Marine nationale française et l’Armada del Uruguay. Le navire effectuera des opérations de guerre frontalière avec le Chili en et perdit un F4U Corsair pendant les opérations. Ses Corsair furent peu après débarqués en et remplacés par des T28P Fennec destinés au close air support.

Dernières annéesModifier

Après l’arrivée du Veinticinco de Mayo (V-2) racheté aux Pays-Bas le et mis en service le après un changement de chaudières, l’Independencia reste en service quelques mois puis est proposé à la Marina de Guerra del Perú, qui décline l'offre et est placé en réserve en 1970. On envisage de le convertir en navire de débarquement amphibie mais il est finalement démoli en 1971.

GalerieModifier

Notes et référencesModifier

  1. ARA Independencia (V-1) Light Aircraft Carrier, MilitaryFactory.com, 9 novembre 2016.
  2. Korea Coalition Warfare
  3. Décret 9.006/43 du autorisant l’acquisition
  4. La vente des croiseurs ARA Moreno, ARA Rivadavia et du patrouilleur ARA Pueyrredón est décidée par décret 5.939/58 "S" du
  5. L’Independencia n’est cependant pas en mesure de les mettre en œuvre