Le Sturmpanzerwagen A7V (véhicule d'assaut blindé) fut le seul char d'assaut développé et déployé par l'armée allemande durant la Première Guerre mondiale. Le premier exemplaire fut livré le . Le haut commandement allemand ne croyant pas à l'utilité du char d'assaut, sa fabrication ne fut pas prioritaire : il y eut plus de chars britanniques capturés dits Beutepanzer et utilisés par les forces allemandes que d'A7V, qui ne fut produit qu'à 20 exemplaires.

Sturmpanzerwagen A7V
Image illustrative de l’article A7V
Réplique d'un A7V (nommé « Wotan » mais basé sur un autre exemple « Mephisto ») exposé dans un décor reconstitué au Musée des blindés de Munster en Allemagne.
Caractéristiques de service
Type char d'assaut
Service Octobre 1917 – Novembre 1918
Utilisateurs Drapeau de l'Empire allemand Empire allemand
Conflits Première Guerre mondiale
Production
Concepteur Joseph Vollmer
Année de conception 1916
Constructeur Daimler-Motoren-Gesellschaft (DMG) (châssis et moteur)
Friedrich Krupp AG (Blindage)
Carl Röchling AG (blindage)
Unités produites 20 ou 21 exemplaires.
Caractéristiques générales
Équipage 18
Longueur 7,35 m
Largeur 3,06 m
Hauteur 3,35 m
Garde au sol cm
Masse au combat 33 tonnes
Blindage (épaisseur/inclinaison)
Type Acier laminé riveté
Frontal (caisse) 30 mm
Latéral (caisse) 20 mm
Arrière (caisse) 15 mm
Dessus (caisse) mm
Plancher (caisse) 10 mm
Armement
Armement principal un canon Maxim-Nordenfelt L/26.3 de 57 mm (180 obus) (en casemate)
Armement secondaire Cinq mitrailleuses MG 08 de 7,92 mm (18 000 cartouches) (2x cotés et 2 à l arrière )
Mobilité
Moteur 2 moteurs Daimler-Benz 165 204 de 4 cylindres en ligne à refroidissement liquide
Puissance total : 200 ch (149 kW) à 900 tr/min
Transmission mécanique à 3 vitesses
Suspension Ressorts hélicoïdaux
Pression au sol 0,6 kg/cm2
Vitesse sur route 16 km/h
Vitesse tout terrain 48 km/h
Pente franchissable 25 %
Puissance massique 6,67 ch/tonne
Réservoir 2x 250 L
Consommation 7,5 l/km (route)
16 l/km (hors route)
Autonomie 60–70 km
Autonomie tout terrain 30–35 km

Défauts de conceptionModifier

Simple « boîte » blindée imposante et très peu maniable, inutilisable en terrain mouvementé, sa garde au sol était de seulement 4 cm, l'A7V utilisait en armement principal un canon de capture (le 57 mm Nordenfelt modèle 1888 anglais (utilisé par l'armée belge et l'armée russe) en face avant et six mitrailleuses MG 08 en armement secondaire sur les cotés et à l'arrière. Certains engins A7V eurent l'occasion de se mesurer lors d'affrontements, à des chars anglais Mark IV et subirent quelquefois des dommages importants : les plaques métalliques rivetées de l'A7V cassaient, sous les impacts de balles de calibres moyens.

HistoireModifier

 
Véhicule d'assaut allemand « nettoyant » une localité française.

Dès , deux Abteilungen (« unités ») de A7V furent constituées, suivies par une troisième au mois de décembre. Le , une présentation avec tir réel eut lieu devant le Kaiser lui-même. Mais, si l'on en croit les mémoires de Ludendorff, cet exercice ne fit pas grande impression…

Le des A7V furent engagés pour la première fois à la bataille de Saint-Quentin. Le trois unités furent engagées à Villers-Bretonneux où elles se heurtèrent à des Mark IV de la British Army dans ce qui fut le premier affrontement entre chars de combat. L'un des véhicules se renversa et fut récupéré par les troupes françaises, ce qui permit d'en connaître les points faibles.

Le sept A7V participèrent à une attaque contre les lignes françaises, sans pertes. Le suivant enfin, onze A7V se heurtèrent aux Mark IV du 12e bataillon britannique.

Le les trois unités de A7V ainsi que les unités blindés composées de chars de prise (Beutepanzer) furent transférées en Allemagne, à Erbenheim, où elles furent dissoutes le .

Aujourd'hui ne subsiste qu'un seul A7V d'origine, le Mephisto, récupéré le par des troupes britanniques et australiennes, remorqué par deux chars britanniques, après son abandon à la suite d'une panne trois mois plus tôt. Il est exposé désormais au Queensland Museum à Brisbane, en Australie.

VariantModifier

  • A7V-U : (umlaufende Ketten = "pistes faisant tout le tour"). Tentative de reproduction de la capacité tout-terrain des chars britanniques, l'A7V-U était toujours basé sur le châssis Holt mais avait une coque rhomboïdale et des chenilles polyvalentes. La cabine était similaire à celle de l'A7V, mais plus grande, et était montée sur la partie avant de la coque. Deux canons de 57 mm étaient transportés dans des sponsors similaires au type britannique. Le prototype a été construit en juin 1918; les essais ont montré qu'il était lourd en nez et avait un centre de gravité élevé, et le poids de 40 tonnes posait des problèmes de maniabilité. Dans l'hypothèse où les problèmes pourraient être corrigés, 20 ont été commandés en septembre 1918, le même mois, les travaux de conception ont été interrompus.Des dessins pour deux modèles améliorés ont été préparés, mais la guerre s'est terminée avant qu'aucun ne soit produit.Trente châssis ont été affectés à l'achèvement en tant que transporteurs de ravitaillement Überlandwagen, mais tous n'ont pas été achevés avant la fin de la guerre.

Sur les autres projets Wikimedia :

Culture populaireModifier

  • Dans le jeu vidéo de stratégie Empire Earth : il est possible de construire des chars A7V dans les usines de chars durant l'ère atomique - Grande guerre (époque 10), ces chars sont efficaces contre les unités blindées. Il peut être amélioré en Panzer durant l'ère atomique - Seconde guerre mondiale.
  • Dans le jeu vidéo Battlefield 1 : jeu se déroulant pendant la première guerre mondiale où il est possible de conduire des A7V ainsi que de les personnaliser.

BibliographieModifier

  • Foley, John (1967). A7V Sturmpanzerwagen. Armour in Profile. Great Bookham, Surrey: Profile Publications.
  • Forty, George (1995). Tank Action from the Great War to the Gulf. Stroud, Gloucestershire: Alan Sutton Publishing Ltd. pp. 39–47. (ISBN 978-0-7509-0479-7).
  • Foss, Christopher F. (2003). The Encyclopedia of Tanks and Armoured Fighting Vehicles. Staplehurst, Kent: Spellmount. (ISBN 978-1-86227-188-3).
  • Funk, Wolfram (2003). Sturmpanzerwagen A7V : vom Urpanzer zum Kampfpanzer Leopard 2 : ein Beitrag zur Militär- und Technikgeschichte. Wehrtechnik und wissenschaftliche Waffenkunde. Bonn: Bernard & Graefe. (ISBN 978-3-76376-243-9).
  • Hundleby, Maxwell; Strasheim, Rainer (1990). The German A7V Tank and the Captured British Mark IV Tanks of World War I. Haynes Foulis. (ISBN 978-0-85429-788-7).
  • Hundleby, Maxwell; Strasheim, Rainer (2010). Sturmpanzer A7V: First of the Panzers. Tankograd. (ISBN 978-3-936519-11-2).
  • Koch, Fred (1994). Beutepanzer im Ersten Weltkrieg [Captured tanks in the First World War] (in German). Wölfersheim-Berstadt: Podzun-Pallas-Verlag GmbH. (ISBN 978-3-7909-0520-5).
  • Schneider, Wolfgang; Strasheim, Rainer (1990). German Tanks in WWI – The A7V & Early Tank Development. West Chester, Pennsylvania: Schiffer Publications. (ISBN 978-0-88740-237-1).
  • Tucker, Spencer (2004). Tanks: An Illustrated History of Their Impact. Santa Barbara, California: ABC-CLIO. (ISBN 978-1-57607-995-9)Zaloga, Steve (2006). German Panzers 1914–18. Oxford, UK: Osprey Publishing. (ISBN 978-1-84176-945-5).
  • Vincent Bernard, « A7V contre MarkV, les grosses caisses », Guerres & Histoire Hors série n°10,‎ , p. 66 (ISSN 2115-967X).

Voir aussiModifier