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95e régiment d'infanterie

95e régiment d’infanterie
Image illustrative de l’article 95e régiment d'infanterie
Insigne régimentaire du 95e RI.

Création 1734
Dissolution 1998
Pays Drapeau de la France France
Branche Armée de terre
Type Régiment d'infanterie
Rôle Infanterie
Devise Debout les morts
Inscriptions
sur l’emblème
Austerlitz 1805
Anvers 1832
Sébastopol 1854-55
Puebla 1863
Verdun 1916-1917
Les Monts 1917
la Serre 1918
Anniversaire Saint-Maurice
Guerres Guerres de la Révolution
Guerres de l'Empire
Campagne d'Allemagne
Campagne de Prusse et de Pologne
Guerre d'indépendance espagnole
Campagne d'Allemagne et d'Autriche
Campagne de Belgique
Guerre de Crimée
Expédition du Mexique
Guerre franco-allemande de 1870
Première Guerre mondiale
Seconde Guerre mondiale
Batailles Bataille de Handschuhsheim
Siège de Kehl
Combat d'Erbach
Bataille d'Austerlitz
Bataille de Schleiz
Bataille d'Iéna
Bataille de Lübeck
Bataille de Friedland
Bataille de Durango
Bataille d'Espinosa
Siège de Cadix
Siège de Tarifa
Bataille d'Albuera
Bataille de Vitoria
Bataille de Maya
Bataille d'Essling
Bataille de Wagram
Siège de Dantzig
Bataille de Dresde
Siège de Bayonne
Siège de Mayence (en)
Bataille de Waterloo
Siège de Sébastopol
Bataille de Kinburn
Bataille de Puebla
Siège de Metz
Bataille de Borny-Colombey
Bataille de Mars-la-Tour
Bataille de Noisseville
Bataille de Bellevue
Bataille de Morhange
Bataille de la trouée de Charmes
Bataille de Verdun
Offensive de la Sarre
Bataille de France
Fourragères Au couleurs du ruban de la Croix de Guerre 1914-1918
Décorations Croix de guerre 1914-1918
Deux palmes
Une étoile de vermeil

Le 95e régiment d'infanterie (95e RI) est un régiment d'infanterie de l'Armée de terre française, à double héritage, créé sous la Révolution à partir du régiment de Salis-Marschlins, un régiment d'infanterie suisse au service du Royaume de France, et du 20e régiment d'infanterie légère.

Création et différentes dénominationsModifier

Le no 95 reste vacant jusqu'en 1854.
  • 24 octobre 1854 : le 95e régiment d'infanterie de ligne est recréé avec le 20e régiment d'infanterie légère.
  • 1870 : Devient le 95e régiment de marche
  • 1871 : Reprend le nom de 95e régiment d'infanterie de ligne
  • 1882 : Renommé 95e régiment d'infanterie
  • 1914 : À la mobilisation, il donne naissance au 295e régiment d'infanterie
  •  ???? : prend l'appellation de 95e régiment d'infanterie motorisé (95e RIM)
  • Après l'armistice du 22 juin 1940 le régiment est dissous comme l'ensemble de l'armée française
  • 1945 : nouvelle création du régiment à Rouen à partir des maquis du Loiret et de la Nièvre le 1er janvier
  • 1945 : nouvelle dissolution en septembre
  • 1963 : nouvelle création du régiment à Bourges
  • 1966 : devient 95e régiment d'infanterie divisionnaire (95e RID)
  • 1985 : devient 95e régiment inter-arme divisionnaire (95e RIAD)
  • 1998 : dissolution du régiment

Chefs de corpsModifier

95e demi-brigade et 95e régiment d'infanterie de ligne
95e régiment d'infanterie
  • 1854 : Compérat (95e RI)
  • 1854 : Paulze d'ivoie (95e RI)
  • 1854 : Danner (95e R
 
Avenue du 95e de ligne à Bourges.
  • 1855 : colonel Danner (Henry Rodolphe)
  • 1857 : colonel Jolivet (Charles Jean)
  • 1863 : colonel Fihlol de Camas (Armand)
  • 1865 : colonel Carteret Thecourt (Simon Hubert)
  • 1870 : Colonel Léopold Davout d'Auerstaedt
  • 1871 : colonel Choppin-Merey (Louis-Marie-Paul)
  • 1875 : colonel Richard
  • 1880 : colonel Guillet (Jean-Clément-Gustave)
  • 1888 : colonel Malher (Edmond)
  • 1889 : colonel Léger (Joseph Émile)
  • 1894 : colonel Davignon
  • 1896 : colonel Bonneau du Martray
  • 1898 : colonel Rebora (Léopold)
  • 1904 : colonel Noël (Joseph Ulisse)
  • 1908 : colonel Famechon
  • 1912 : colonel Weywada
  • 1914 : colonel Louis Étienne Émile Tourret [3].
  •  : lieutenant-colonel De Chaunac de Lanzac [4].
  •  : chef d'escadron Blavet[5].
  •  : lieutenant-colonel Goybet[6].
  •  : chef de bataillon puis colonel Jean-Marie de Bélenet[7],[8]
  •  : lieutenant-colonel Seupel[9]
  •  : commandant Soulages[10]
  •  : capitaine Leroy[11]
  •  : commandant Barrière [12]
  •  : lieutenant-colonel Gouney[13]
  •  : chef de bataillon puis lieutenant colonel Andréa[14]
  • 1919 : colonel Moillard[15]
  • 1923 : colonel Gelin
  • 1927 : colonel Lebel
  • 1931 : colonel Dentz
  • 1933 : colonel Genoudet
  • 1935 : colonel Rivet
  • 1937 : colonel Compagnon
  • 1940 : colonel Grélot
  • 1945 : colonel Sarreau
  • 1963 : colonel Lenoir

1re compagnie 95e régiment d'infanterie

  • 1963 : capitaine Arbogast
  • 1964 : capitaine de Rancourt de Mimerand
  • 1964 : capi taine Jamet
  • 1966 : chef de bataillon Bonnet

95e régiment d'infanterie divisionnaire

  • 1969 : lieutenant-colonel Rousse lacordaire
  • 1973 : colonel (CR) Berthelot
  • 1975 : colonel (CR) Aupy
  • 1977 : colonel (CR) Duranton
  • 1979 : colonel (CR) Henon (premier colonel d'origine "réserve")
  • 1983 : lieutenant colonel (CR) Crochet

95e régiment inter-arme divisionnaire

  • 1985 : lieutenant colonel (CR) Médard
  • 1988 : lieutenant colonel (CR) Baes
  • 1991 : colonel Millour
  • 1994 : lieutenant colonel Boy

Garnisons, campagnes et bataillesModifier

Ancien RégimeModifier

Article détaillé : Régiment de Salis-Marschlins.

95e régiment d'infanterie de ligne ci-devant Salis-Marschlins (1791-1793)Modifier

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Guerres de la Révolution et de l'EmpireModifier

La conduite que tint le 95e régiment d'infanterie de ligne ci-devant Salis-Marschlins pendant la Révolution française le rendit cher aux habitants de la Corse, qui, à l'époque du licenciement des troupes suisses en 1792, firent des démarches empressées pour le conserver[16],[17]. Dans un rapport à la Convention, Charles André Pozzo di Borgo chercha à prouver que ce régiment grison ne se trouvait point dans des conditions analogues à celles des autres corps suisses, que sa capitulation ne renfermait point les clauses onéreuses ou embarrassantes contenues dans les capitulations des autres régiments, qu'il était enfin tout à fait à la dévotion du gouvernement français.
Salis-Marschlins fut, en effet, conservé provisoirement; mais, au commencement de 1793, il fut dénoncé comme attaché à la cause de Paoli, et sur la réclamation de Marat, sa dissolution immédiate fut décrétée, le 2 avril, par la Convention.
Cette mesure eut le résultat qu'on pouvait prévoir : le régiment de Salis-Marschlins passa sous les drapeaux de Paoli.

95e demi-brigade de première formation (1793-1798)Modifier

Guerres de la RévolutionModifier

En 1793, lors du premier amalgame la 95e demi-brigade de première formation est formée avec :

La 95e demi-brigade, fait la campagne de l'an II (1794) à l'armée du Rhin et combat à Edenkoben (13 et 14 juillet 1794).
Durant celles de l'an III (1795) et de l'an IV (1796) il est avec l'armée de Rhin-et-Moselle et participe à la bataille de Handschuhsheim et au siège de Kehl.
Lors du second amalgame, elle est incorporée dans la 62e demi-brigade de deuxième formation.

95e demi-brigade de deuxième formation (1798-1804)Modifier

Guerres de la Révolution et de l'EmpireModifier

La 95e demi-brigade de deuxième formation est formée le 1er nivôse an VII () par l'amalgame de :

La 95e demi-brigade fait la campagne de l'an VII (1799) aux armées du Danube et du Rhin et celles de l'an VIII (1800) et de l'an IX (1801) à l'armée du Rhin.
En 1800, la 95e demi-brigade se distingua lors des combats et batailles de Kehl, d'Eckartsweier, Erbach et Dellmensingen, Vieux-Brisach et du combat du pont de Reichenau ()[18].

95e régiment d'infanterie de ligne (1803-1815)Modifier

Par décret du 1er vendémiaire an XII (), le Premier Consul prescrit une nouvelle réorganisation de l'armée française. Il est essentiel de faire remarquer, pour faire comprendre comment, souvent le même régiment avait en même temps des bataillons en Allemagne, en Espagne et en Portugal, ou dans d'autres pays de l'Europe, que, depuis 1808, quelques régiments comptaient jusqu'à 6 bataillons disséminés, par un ou par deux, dans des garnisons lointaines et dans les diverses armées mises sur pied depuis cette date jusqu'en 1815.
Ainsi, le 95e régiment d'infanterie de ligne est formé à 3 bataillons avec la 1er, 2e et 3e bataillons de la 95e demi-brigade de deuxième formation.

Guerres de la Révolution et de l'EmpireModifier

Le 95e régiment d'infanterie de ligne fait les campagnes de l'an XII (1803), de l'an XIII (1804) à l'armée de Hanovre.
Il fait la campagne de l'an XIV (1805), 1806 et 1807 au 1er corps de la Grande Armée, avec lequel, durant la campagne d'Allemagne, il s'illustre le 2 décembre 1805 durant la bataille d'Austerlitz[19], puis, durant la campagne de Prusse et de Pologne, aux batailles de Schleiz (9 octobre 1806), d'Iéna (14 octobre 1806), de Lübeck (6 et ), et de Friedland ().

A partir de 1808, le régiment est séparé. Une partie est rattachée à la 1er corps de la Grande Armée et en garnison à Dantzig, dont un bataillon du régiment fit partie de la garnison de Dantzig de 1808 à 1814 date à laquelle il fut fait prisonnier de guerre et l'autre partie est rattachée à l'armée d'Espagne.

Les bataillons envoyés en Espagne sont engagés en 1808 à Durango et Espinosa, en 1810 à Jimena et Cadix, en 1811 à Cadix, Tarifa, et Albuera, en 1812 : Cadix, Miranda, et Saint-Petri et en 1813 à Vitoria, Col de Maya, et Col d'Aran.

Les autres bataillons font les campagnes de 1809 et 1810 aux du Rhin et au 2e corps de l'armée d'Allemagne, ou le régiment se distingue aux batailles d'Essling et de Wagram, celle de 1813, au corps d'observation de Mayence, au 14e corps de la Grande Armée et au corps d'observation de Bavière et combat à Dantzig et Dresde.

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Le régiment effectue la campagne de 1814 à l'armée des Pyrénées, à la défense de Bayonne et défense de Mayence (en).

Après l'exil de Napoléon Ier à l'île d'Elbe une ordonnance de Louis XVIII en date du réorganise les corps de l'armée française. Ainsi 90 régiments d'infanterie sont renumérotés, et le 95e prend le no 79e.
À son retour de l'île d'Elbe, le , Napoléon Ier prend, le , un décret qui rend aux anciens régiments d'infanterie de ligne les numéros qu'ils avaient perdus.

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En 1815, pendant les Cent-Jours, le 32e RI de ligne ayant retrouvé son numéro, fait partie du 1er corps de la Grande Armée et participant à la campagne de Belgique il se trouve le à la bataille de Waterloo, ou il couvre la retraite avec le 1er régiment de grenadiers de la Garde impériale[20]

Après la seconde abdication de l'Empereur, Louis XVIII réorganise de l'armée de manière à rompre avec l'héritage politico-militaire du Premier Empire.
A cet effet une ordonnance du licencie l'ensemble des unités militaires françaises.

Son numéro reste vacant jusqu'en 1854.

95e régiment d'infanterie de ligne (1854-1882)Modifier

Second EmpireModifier

Le décret du 24 octobre 1854 réorganise les régiments d'infanterie légère les corps de l'armée française. A cet effet le 20e régiment d'infanterie légère prend le numéro 95 et devient le 95e régiment d'infanterie de ligne.

Il est engagé dans la guerre de Crimée et participe au siège de Sébastopol (1855), à la bataille de Tracktir () et à la Bataille de Kinburn ().
L'unité retrouve la France le .

Par décret du le 95e régiment d'infanterie fourni une compagnie pour former le 102e régiment d'infanterie.

De 1861 à 1867, il participe à l'expédition du Mexique et s'illustre durant la bataille de Puebla.

1870 à 1914Modifier

Lors de la guerre de 1870, le régiment est intégré à la 2e brigade du général Clinchant de la 1re division d'infanterie du général Montaudon qui est affectée au 3e corps d'armée du maréchal Bazaine. Il est alors sous le commandement du colonel Davout d'Auerstedt.

Il participe le devant Metz à la bataille de Borny sous le commandement du maréchal Lebœuf qui a pris le commandement du 3e corps après que Bazaine a été nommé commandant de l'armée. On le retrouve ensuite à la bataille de Rezonville, le , au centre de la ligne de front où il contribue à repousser les forces allemandes durant de longues heures en leur infligeant d'importantes pertes, toutefois il doit se replier, l'aile droite ayant été débordée.

Le , le 4e bataillon, formé, pour la plupart, de nouveaux arrivants, quitte le dépôt pour créer le 12e régiment de marche qui formera la 2e brigade de la 2e division du 13e corps d'armée[21] Le il combat à Chanterne.

Les et l'unité est engagée dans la bataille de Noisseville à la « ferme de l'Amitié ».
Cette bataille du fut terrible, acharnée. « On ne profita pas de l'élan de nos troupes pour franchir les obstacles » écrit le général Ambert dans son ouvrage « Gaulois et Germain ». La nuit venue le 95e occupait Servigny après une rude journée et les soldats étaient tellement près des Allemands que les conversations arrivaient jusqu'aux avant-postes. Les officiers du 33e RI affirement avoir entendu très distinctement les paroles suivantes, dites par un Prussien à ses camarades : « Aujourd'hui les Français nous ont bien battus; s'ils nous poursuivent cette nuit nous sommes perdus, car nous n'avons plus de munitions, et nous ne sommes pas en force; mais gare à eux s'ils attendent à demain! Nous aurons notre revanche ».
L'attaque recommença le lendemain, mais trop tard, l'ennemi avait employé la nuit à faire arriver de nouvelles forces, tandis que du côté Français les troupes fatiguées n'étaient même pas relevées par les réserves. Le combat fut acharné , mais vers onze heures, la retraite des troupes Françaises devint nécessaire.
Dans cette bataille les Français perdirent 150 officiers et 3 400 hommes. Les pertes allemandes étant égales mais se battant à cinq contre un[22].

Le durant le siège de Metz il participe à une opération de ravitaillement contre les positions allemandes de Ladonchamps et des Trappes qui occasionne des pertes importantes à l'ennemi (1 700 hommes).

Le , il fait partie des troupes qui capitulent à Metz.

Le 17 novembre 1870, durant la guerre franco-allemande eut lieu le combat de Torçay ou fut engagé une compagnie de marche du 95e RI qui composait le 36e régiment d'infanterie.

Le , la compagnie de marche du 95e RI qui composait le 36e régiment d'infanterie est engagé dans l'affaire du Gué-du-Loir. Après avoir été reconstitué à quatre bataillons à Marseille, le 95e régiment d'infanterie de ligne, est, en 1872, en garnison à Limoges (trois bataillons) et Tulle (un bataillon).

Le le régiment arrive au camp d'Avord.

En octobre 1875 il est garnison à Bourges pour 3 bataillons et un à Avord.

Le , l'ensemble du régiment en garnison à Bourges.

En 1880, à la suite d'une épidémie de typhoïde, un bataillon est envoyé à Avord tandis que les trois autres restent à Bourges.

95e régiment d'infanterie (depuis 1882)Modifier

Dans les années 1900, le régiment est en casernement à Bourges (deux bataillons) et au camp d'Avord (un bataillon). En 1907, dans le contexte de l'affaire Harden-Eulenburg, le régiment est affecté par ce que la presse de l'époque nomme le "scandale militaire de Bourges": le capitaine de la 6e compagnie et un lieutenant sont mis aux arrêts de rigueur en raison de relations homosexuelles avec des soldats[23] .

Première Guerre mondialeModifier

Affectations et compositionModifier

De à , le 95e RI reste affecté à la 31e brigade d'infanterie de la 16e division d'infanterie qui appartient au 8e corps d’armée. Au début du conflit, le régiment comprend un état major, trois sections de mitrailleuses et trois bataillons comprenant chacun quatre compagnies à quatre sections de 60 hommes. Le journal de marche et d'opération du régiment précise que l'effectif est, le , de 3 383 hommes, soit 55 officiers et 3 328 hommes de troupe. En outre, il est doté de 190 chevaux de selle, de trait et de bât[24].

 
Plaque commémorative caserne Condé à Bourges
Année 1914Modifier

À la mobilisation, la 1re armée, commandée par le général Dubail, doit se concentrer au nord-est d’Épinal, son 8e corps, auquel appartient le 95e, se trouve à cheval sur la Moselle près de Charmes à proximité de la charnière avec la 2e armée. L'intention de Joffre est de conquérir rapidement l'Alsace avec ces deux armées afin « d'appuyer au Rhin la droite de son dispositif » en rejetant les troupes allemandes sur Strasbourg et réduire ainsi la ligne de front[25]. En supplément de cet objectif tactique, le second motif de cette action est d'impressionner favorablement l'opinion publique en reprenant à l'Allemagne les régions annexées lors du conflit de 1870[26].

  •  : le régiment, formé d'un état-major et de 3 bataillons quitte Bourges par 3 trains pour se rendre dans l'est de la France, lieu de concentration de la 1re armée.
  • 7 au  : débarquements successifs des bataillons en Lorraine à Châtel-sur-Moselle et cantonnement dans la région (Nomexy, Châtel, Hadigny-les-Verrières et Pallegney. Le 9, le régiment se met en marche pour Xaffévillers, Glonville et Hablainville.
  • 14 au  : le 14, prise de Domèvre-sur-Vezouze et attaque de nuit de Blâmont par le 2e bataillon ; le 95e enregistre alors ses premières pertes. Le 95 pénètre en Lorraine annexée le 15, rejoint la ville d'Hattigny puis entre et cantonne à Lorquin le .
  • 18 au  : entrée en tête de la division à Sarrebourg puis défense de la ville. Le 20, après une reprise de l'offensive sur les hauteurs au nord de la ville (Eich-Reding) le 95 doit se replier sur Sarrebourg qu'il défend dans l'attente du soutien du 13e corps qui ne rejoindra pas. Très éprouvé[27], le 95e doit se résigner à abandonner la ville et se replie sur Lorquin[28].
Article détaillé : Bataille de Morhange (1914).
  • 21 au  : le régiment retraite sur Blamont (21), Domèvre (22) puis Ortoncourt () afin de « se refaire ».
  • 24 au  : bataille de la trouée de Charmes également appelée bataille de la Mortagne. Le 24, le régiment investi Clézentaine ; le colonel Tourret est tué d'un éclat d’obus et est remplacé provisoirement par le commandant Varay. Le lendemain, lors de l'attaque de la ville de Mattexey le régiment est pris à partie par des armes lourdes et, ses unités dispersées, doit battre en retraite sur Rehaincourt avant de retourner à Ortoncourt.
  • au  : le , tandis que le régiment reçois un renfort de 1 000 hommes, le colonel de Chaumac prend le commandement. Le régiment bivouaque sur ces positions à Deinvillers et est relevé par le 29e RI le . Le régiment cantonne à Fauconcourt et Saint Genest.
  •  : le régiment attaque sans succès à deux reprises la ville de Saint Pierremont.
  • 12 au  : les Allemands ont évacué la ligne de front pendant la nuit du 12. Le régiment cantonne à Domptail (12) puis à Rehaincourt (13 et 14) et se rend le 14 à Charmes où il embarque par voie ferrée pour Saint-Mihiel le . Le régiment cantonne successivement à Rouvrois-sur-Meuse et Spada, à Saint-Maurice et Billy puis à Varvinais et Senonville). Il embarque le 20 à Sampigny et Lérouville et débarque le lendemain à Sainte-Menehould dans la Marne pour cantonner à Braux-Saint-Remy. Après avoir reçu un renfort de 800 hommes les 21 et le régiment embarque à nouveau le 23 dans des trains en gare de Villers Daucourt à destination de Sampigny.
  • fin septembre : bataille de la Woëvre - Apremont, Xivray, Marvoisin, Marbotte puis le bois Brûlé, la redoute du bois Brûlé, la Tête à Vache (octobre-décembre)
  • le , Octave Monjoin, Anthelme Mangin, 'le soldat inconnu vivant' est blessé à Blamont.
Année 1915Modifier
 
Soldat et officier du 95e RI - Guerre 1914-18.

Durant l’année 1915, le régiment va occuper alternativement différentes positions aux abords d’Apremont-la-Forêt notamment dans le Bois Brûlé (tranche Saint Agnant - tranche Bois Brûlé - tranche de la Tête à Vache) mais aussi au ravin de la Source - ravin de Vosel - tranche de la Louvière puis secteur du bois Mullot - tranche Maison Blanche - tranche Rabier (anciennement tranche Louvière).

Année 1916Modifier
  • Secteur d'Apremont-la-Fôret : occupation de la tranche de la Tête à Vache.
  • du au  : Belrain (exercices – instruction - repos)
  •  : le régiment quitte ses cantonnements d’Erize-la-Brûlée et Rosnes pour se porter au ravin de Thiaumont (600 S.O de Douaumont).
  • Verdun (février) : Douaumont (pertes : 686 hommes)

Le au soir, le 95e RI arrive à la cote 347. Il vient de faire 56 kilomètres en trente-six heures. Les reconnaissances envoyées en avant du village de Douaumont par le 95e RI ne rencontrent ni les ouvrages qui avaient été signalés par l'état-major, ni les troupes que le régiment devait relever. Il n'y a plus de troupes entre le 95e et l'ennemi : elles sont toutes en fuite ou prisonnières. Le colonel de Bélenet, qui commande le 95e RI, reçoit du général Balfourier, qui commande le 20e corps, l'ordre de se porter à Douaumont. Il établit son 3e bataillon dans les éléments de tranchée qui existent en avant du village, son 1er bataillon au nord du village, aux cotes 378 et 347, son 2e bataillon en réserve entre Fleury et Thiaumont. L'autre régiment de la brigade, le 85e, occupe à gauche le secteur qui va de l'est de Louvemont à la cote 378. Il a lui-même la 51e division à sa gauche. À droite du 95e se trouve la brigade Chéré (2e et 4e bataillons de chasseurs, et le 418e régiment d'infanterie).[réf. nécessaire]

Le 25, dès le petit jour, bombardement allemand sur le village de Douaumont et sur ses alentours. Les soldats du 95e régiment d'infanterie ont l'impression d'être seuls, abandonnés du reste de l'Armée, holocaustes choisis pour le salut de Verdun. Vers le milieu de l'après-midi, le bombardement cesse et l'attaque se produit. Des masses, jaillies du bois d'Haudremont, submergent le 1er bataillon mais se brisent contre nos mitrailleuses et nos feux de salve, à nous. Les Allemands s'aplatissent, se terrent. Et le bombardement reprend. Il est de courte durée, cette fois. La fumée qui couvrait le fort se dissipe et, de sentir cette force si près, cela rassure nos hommes. Ils sont tous à leurs postes, attentifs à l'assaut que ce calme présage. Soudain, un cri : « Les voilà ! » … [réf. nécessaire]

J'ai dit que le 3e bataillon occupait les tranchées autour du village. Ces tranchées formaient un angle droit. Sur la plus grande branche, parallèle à la rue et face à la cote 347, les 9e, 10e et 11e compagnies. Sur la plus petite, face au fort, la 12e compagnie ou, plus exactement, un peloton de la 12e compagnie : la 4e section que je commande en qualité de lieutenant, la 3e section sous les ordres de l'adjudant Durassié. Avec nous, la section de mitrailleuses du 3e bataillon, sous les ordres du capitaine Delarue. Delarue et Durassié sont toujours vivants. Et vivants également une quinzaine d'hommes qui étaient avec nous ce jour-là…Perte du village de Douaumont qu'occupait le 3e bataillon du 95e RI.[réf. nécessaire]

Le 26, le 95e régiment d'infanterie devait être relevé au matin du 26 par le 110e, mais le colonel de Bélenet, « le géant d'Apremont », décida de retarder la relève. Jusqu’à la nuit, afin de ne pas compromettre la défense. Quand le régiment partit, dans la nuit du 26, il laissait derrière lui 800 hommes tués, mais il avait sauvé Verdun.[29]

  • Bonzée, Villers (mars à juin); Verdun (juil.-août) : Secteur de Tavannes, ferme de Dicourt, La Lauffée, Tunnel de Tavannes perte : 238h; Les Eparges (août - 15 sept.); repos et instruction région Ludre - Tonnoy et Ferrière près de Nancy (16 Sept. - 30 Nov.); Proyart (arrondissement de Péronne) à compter du 15 déc. puis Berny-en-Santerre.
Année 1917Modifier
  • Argonne (janv.-mars) : Le Four de Paris
  • Champagne : Les Marquises (début avril) puis offensive du  : bois de la Grille Pertes : 850h Woëvre (mai-juin) : Blanzée, Moulainville
  • Champagne (juin-décembre) : La Main de Massiges
  • -  : retrait du front. Instruction et travaux vers Dampierre-le-Château et vers Sainte-Menehould.
Année 1918Modifier
  • Champagne (janvier-juillet) : Main de Massiges - La Marne (août) : bois des Dix-Hommes, Aubilly, Bouleuse puis Sapicourt, Rosnay - Champagne : La Vesle, Trigny, Brimont, Pongivart, Auménancourt, Lor, Béthancourt.
  • 25 -  : attaque d’une partie de la « Hunding Stellung », dernière ligne de défense allemande composée de tranchées, casemates et protégée par d’épais réseaux de barbelés.
  •  : attaque de la colline de la Chapelle de Recouvrance (les derniers tués à l’ennemi).
  •  : le 95e RI subit sa dernière journée de bombardement. Après relève, il se rend, au repos, à Ay en Champagne situé à proximité de la ville de Epernay où il apprendra la notification de la signature de l’Armistice entre les puissances alliées et l’Allemagne.
  •  : la 16e DI est dirigée, pour se regrouper, sur la région de la forêt de Compiègne.
  •  : la 16e DI fait mouvement pour se regrouper au 8e CA dans la région d’Hirson.
  •  : parvenu dans le département du Nord, une partie des effectifs est affectée à la garde des frontières. Des mesures sont prises pour venir en aide aux services publics et à la population civile.

Entre-deux-guerresModifier

Le , le général Maistre, commandant le GAC, remet à Fourmies la fourragère aux couleurs de la Croix de Guerre 1914-1918 aux drapeaux des 85e, 95e, 13e, 29e RI et à l’étendard du 1er RAC. Les régiments sont représentés respectivement par un bataillon, le chef de corps et le drapeau.

Seconde Guerre mondialeModifier

Le , le régiment, affecté à la 9e division d'infanterie motorisée et commandé par le colonel Compagnon, quitte Bourges pour la frontière de la Sarre. Il participe aux opérations de septembre en pénétrant de quelques kilomètres dans la Sarre, au nord de Erching. Il est relevé fin septembre et rejoint le Nord dans la région de Cassel où il reste jusqu'en . le , le colonel Grélot remplace le colonel Compagnon appelé à d'autres fonctions. Le , le 95e RIM est intégré à la 7e armée du général Giraud et va cantonner vers Boulogne-sur-Mer.

Le , dans le cadre du plan Dyle-Breda, la 7e armée s'élance vers la frontière hollandaise. Le , le 95e RI est déployé au nord de Bruxelles, vers Vilvorde, quand il reçoit l'ordre d'aller colmater la percée opérée par les Allemands à Sedan. Le , il part en convoi automobile, contournant par l'Ouest le principal corps de bataille français engagé en Belgique. Le convoi arrive dans le Cambrésis le 17 au matin, complètement disloqué par la cohue de réfugiés en exil et de troupes en retraite rencontrés sur le parcours. Le débarquement se fait au hasard des pérégrinations nocturnes, dans une zone déjà partiellement contrôlée par la 7e division blindée du général Rommel et le 1er régiment de SS Totenkopf. La grande bataille a lieu à Catillon-sur-Sambre du 17 au . Le régiment, à court de munitions et d'hommes, réduits à une poignée de combattants autour du colonel Grélot, rend les armes après avoir brûlé le drapeau. Il est dissous de fait.

De 1945 à nos joursModifier

En , le 95e RI est brièvement recréé avec les maquis du Loiret (maquis de Lorris) et le 1er bataillon de marche de la Loire. Il exerce principalement une mission de garde des camps de prisonniers allemands en Normandie auprès de l'armée américaine du général Patton. Il est dissous en . Il reçoit un nouveau drapeau en .

En 1963, il est une nouvelle fois recréé dans le cadre de la réserve. Il est composé d'un noyau d'actifs et de réservistes.

En 1966, il devient 95e RID (régiment d'infanterie divisionaire)

En 1985, il devient le 95erégiment inter-armes divisionnaire (RIAD) à Bourges en 1985.

Le , le 95e RIAD est dissous et quitte Bourges.

Il est reconstitué l'année suivante à Pannes, près de Montargis.

Il est lui-même dissous en 1998 dans le cadre général de la réorganisation des armées.

TraditionsModifier

DeviseModifier

Les régiments de Travers et de Salis-Maïenfeld avaient adopté la devise « Fortiter et Prudenter » (fort et prudent) qui devient « Virtues Premium » (le premier par le courage) au régiment de Salis-Marschlins.

En 1919, la devise adoptée par le 95e est « Debout les morts ». Elle provient de l'exclamation de l'adjudant Péricard, qui, le l'utilise pour motiver ses troupes plaquées au sol lors d'un violent bombardement ennemi[30]. L'action a lieu au cours d'un combat de tranchées sur une redoute du Bois-Brûlé dans le Saillant de Saint-Mihiel et permet de sauver une position juste conquise et menacée. Barrès, président de la Ligue des patriotes, avec l'accord de l'adjudant, en fait un récit mystique dans un roman sorti en 1916.

En mémoire de cet événement, l'un des vitraux de l'église Saint-Gérard de Marbotte illustre cet épisode du au Bois Brûlé.

 
Insigne de béret d'infanterie.

Cette apostrophe, qui était depuis longtemps déjà en garnison un cri de mépris aux mal-portants et tire-au-flancs, est également le titre des Mémoires du sous-officier, devenu lieutenant à la fin de la guerre et a depuis été reprise dans de multiples œuvres :

  • le chant Verdun ! On ne passe pas ! (vers Hardi les gars, debout, debout les morts !) ;
  • un film Gaumont réalisé par Henri Pouctal et Léonce Perret, Debout les morts ;
  • une gravure du peintre Lucien Jonas ;
  • une peinture de Frans Masereel (1917) ;
  • une pièce de Laylo Nabusi.

Sans rapport avec la guerre, Debout les morts est également :

Elle est également devenue la devise du 3e régiment d'infanterie de marine

Drapeau et décorationsModifier

 
Drapeau du 95e RI et sa garde - 6 septembre 2014 à Bourges, caserne Condé.

Il porte, cousues en lettres d'or dans ses plis, les inscriptions suivantes[31]:

 

Le régiment reçoit la fourragère aux couleurs de la Croix de Guerre 1914-1918 le .

Sa cravate est décorée de la Croix de guerre 1914-1918 avec deux citations à l'ordre de l'armée puis une à l'ordre du corps d'armée.

 
Détail de la cravate du drapeau du 95e RI.

ChantModifier

Personnalités ayant servi au sein du régimentModifier

Notes et référencesModifier

  1. Licenciement des régiments suisses 1792
  2. Alain-Jacques Czouz-Tornare : Les troupes suisses capitulées et les relations franco-helvétiques à la fin du XVIIIe siècle
  3. Louis Étienne Émile Tourret - du ?? au . Mortellement atteint à la tête par un éclat d’obus au nord de la commune d’Ortoncourt - Vosges
  4. lieutenant-colonel De Chaunac de Lanzacdu au - évacué pour maladie
  5. chef d'escadron Blavet commandant par intérim du au - A été tué le dans le secteur d'Apremont-la-Forêt - Saint-Agnant)
  6. lieutenant-colonel Goybet du au - évacué à la suite d'une blessure à la main droite d’une balle qui lui coupe deux doigts
  7. le chef de bataillon de Bélenet provient du 29e RI. Il est promu lieutenant colonel le 10 janvier 1915 puis colonel le 4 avril 1916. Le 12 septembre 1916, il prend le commandement de la 146e brigade d’infanterie remplaçant le colonel Florentin qui a disparu, le 4 septembre 1916 avec une partie de son état-major dans l’incendie du tunnel de Tavannes.
  8. Jean-Marie de Bélenet - du au
  9. lieutenant-colonel Seupel du au - blessé par un ricochet de balle au mollet est évacué
  10. - commandant le 1er bataillon depuis 3 jours, le commandant Soulages prend le commandement et est tué par un obus vers 12 heures
  11. - ancien commandant le 2e bataillon
  12. Du 18 au - venant du dépôt divisionnaire 16 où il était en réserve de commandement, il prend provisoirement le commandement du régiment
  13. lieutenant-colonel Gouney du au - ancien chef d’état major de la 169e DI. Est appelé à d’autres fonctions
  14. chef de bataillon puis lieutenant colonel Andréa du au - venant du 27e RI. Le lieutenant colonel Andréa est mis en route pour Salonique
  15. colonel Moillard du au ... - venant du 226e RI dissous
  16. Licenciement des régiments suisses 1792
  17. Alain-Jacques Czouz-Tornare : Les troupes suisses capitulées et les relations franco-helvétiques à la fin du XVIIIe siècle
  18. French Infantry Regiments and the Colonels who Led Them: 1791 to 1815
  19. Histoire du Monde → Bataille d’Austerlitz
  20. Art de la guerre sur stratisc.org
  21. Opération du 13e corps et de la 3e armée durant le siège de Paris (1870-1871) par le général Vinoy, pages 7 et 15
  22. Émile Ferdinand Mugnot de Lyden : Nos 144 régiments de ligne
  23. Les deux officiers sont ensuite mis en non-activité par retrait d'emploi pour 3 ans: cf. https://gallica.bnf.fr/; par exemple: "Le Petit Parisien, 17/11/1907, p. 1, "Le Petit Parisien", 19/11/1907, p. 1, "Gil Blas", 20/11/1907, p. 3, "Le Journal", 18/11/1907, p. 1, "Le Journal", 19/11/1907, p. 1, "La Presse", 17/11/1907, p. 2"Le Radical", 17/11/1907, p. 2"le Radical", 2061161907, p. 2"Le Matin, 16/11/1907, p. 2"Le Matin", 1/2/1908, p. 4,
  24. In JMO du 6 août 1914 au 4 février 1915, page 4.
  25. In Mémoires du maréchal Joffre, tome premier, pages 252 à 254.
  26. In La guerre racontée par nos généraux, page 17.
  27. Depuis le premier engagement le 14 août, le régiment enregistre en effet 1209 hommes hors de combat, soit 46 tués, 404 blessés et 759 disparus, In JMO du 6 août 1914 au 4 février 1915, pages 7 à 9.
  28. En souvenir de cet épisode particulièrement douloureux pour la ville de Bourges, une rue est inaugurée le 28 février 1919 à la demande du général Maud'huy qui commandait à l'époque des faits la 16e DI.
  29. Raconté par Henri Carre (lieutenant 4e section, 12e compagnie, 95e RI), texte tiré de « La grande guerre vécue, racontée, illustrée par les Combattants, en 2 tomes Aristide Quillet, 1922
  30. In La vie militaire à Bourges et dans le Cher, page 157.
  31. Décision no 12350/SGA/DPMA/SHD/DAT du 14 septembre 2007 relative aux inscriptions de noms de batailles sur les drapeaux et étendards des corps de troupe de l'armée de terre, du service de santé des armées et du service des essences des armées, Bulletin officiel des armées, no 27, 9 novembre 2007

Sources et bibliographieModifier

Voir aussiModifier