Chronologie des faits économiques et sociaux dans les années 1930

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Chronologie de l'économie

Années 1920 - Années 1930 - Années 1940

ÉvénementsModifier

 
Production mondiale d'acier en 1939. Elle figure la prédominance de l'économie européenne et nord-américaine à cette date.
  • 1932 : les accords d’Ottawa intensifient le système de la préférence dans l’empire britannique[1].
  • 1934 : invention du produit intérieur brut par Simon Kuznets.
  • 1936 : selon les statistiques de la Société des Nations sur le commerce international, le classement est le suivant : Royaume-Uni (14 %), États-Unis (11 %), Allemagne (9 %) qui officiellement mène une politique d'autarcie, France (7 %).
  • 1937 :
    • Production des biens d'équipements : États-Unis 41,7 %, Allemagne 14,4 %, Royaume-Uni 10,2 %, France 4,2 %.
    • Production industrielle rapportée à la consommation par habitant : États-Unis 268, Royaume-Uni 198, Allemagne 165, France 108.

AfriqueModifier

  • 1928-1934 : le cuivre perd 70 % de sa valeur.
  • 1928-1933 : invasion de criquets migrateurs dans tout le Sahel.
  • 1930 : une campagne est lancée au Tanganyika sur le thème « grow more crops » qui met les chefs locaux en demeure d’obtenir une croissance de la production agricole[2]. Le café se maintient et le coton reprend. D’autre part, les cultures vivrières se développent.
  • 1930-1933 : sécheresse en Angola.
  • 1931-1932 : famine doa-jiire (année du criquet, en zarma) au Sahel[3].
  • 1931 : l’abandon par le Royaume-Uni de l’étalon-or provoque une monté en flèche des cours de l’or et accentue la demande des États-Unis sur le marché mondial. Les mines d’or d’Afrique du Sud tirent le reste de l’économie vers la reprise.
  • 1931 - 1939 : la part de la France dans le commerce de l’Afrique-Occidentale française et de l’Afrique-Équatoriale française triple.
  • Au Kenya, la crise économique internationale atteint les cultures de zones tempérées (la superficie consacrée au maïs et blé baisse de 60 % entre 1929 et 1934) mais les cultures tropicales (café, cacao, thé et fruits) résistent ou se redressent rapidement.
  • En raison de la crise économique, la Grande-Bretagne fait suspendre la construction du chemin de fer Tanganyika-Rhodésie du Nord.
  • Face à la crise économique internationale, la France lance en AEF une politique d’investissement et de grands travaux.
  • Crise minière : la production de cuivre congolais passe de 132 000 tonnes en 1930 à 50 000 tonnes en 1932. Plus de 100 000 mineurs sont licenciés au Congo belge, ce qui provoque des retours massifs dans les zones rurales. L'Union minière du Haut Katanga réduit ses coûts de main-d’œuvre de plus de 20 % entre 1930 et 1932.
  • Le prix du caoutchouc à Londres est à 13 % de celui de 1913.
  • La crise économique frappe l'économie du Soudan français. Les productions d’arachides, d’huile de palme et de céréales ne se vendent qu’à bas prix alors que le coût de la vie ne cesse de monter et que la métropole, durement touchée, ne peut aider financièrement ses colonies. Les revenus douaniers s’effondrent. L’arrêt des importations européennes permet cependant à l’artisanat et aux petites industries locales de se développer temporairement.
  • Les producteurs africains, incités par des primes ou la fixation de prix minimaux d’achat, augmentent leur production pour compenser la chute des cours (les exportations d’arachide hors territoires britanniques passent de 4 811 000 £ en 1929 à 5 334 000 £ en 1935). Au Dahomey et au Sénégal, les paysans reviennent aux cultures vivrières (manioc, millet, miel…). Les cultures de plantation les moins touchées par la crise se développent : bananes en Guinée ; café en Côte d'Ivoire, en Oubangui-Chari, au Rwanda et à Madagascar ; cacao au Gabon ; le manioc au Congo belge ; le girofle ou la vanille à Madagascar.

AmériqueModifier

  • 1929-1932 :
    • La crise de 1929 aux États-Unis plonge l’Amérique latine dans un marasme économique dont elle ne sortira qu’après la Seconde Guerre mondiale. Quatre mécanismes conjuguent leurs effets. Les importations des pays développés baissent fortement, privant les pays en voie de développement de leurs principales sources de revenus. Les termes de l’échange évoluent dans un sens défavorable aux pays latino-américains. Le marché international de capitaux s’effondre, et les transferts de capitaux vers l’Amérique latine s’inversent et deviennent négatifs entre 1929 et 1932. Le niveau des prix mondiaux diminue fortement ce qui pénalise les pays débiteurs.
    • Au Mexique, la crise provoque une chute drastique du pouvoir d’achat, mais les gouvernements se montrent plus enclins à tenter d’attirer les capitaux étrangers et répriment tous les mouvements sociaux.
    • Le Brésil, déjà en pleine crise depuis 1924, double la mise. Il subit de plein fouet les retombées du krach boursier américain. Les marchés européens se ferment, les cours des matières agricoles s'effondrent avec en particulier ceux du caoutchouc et du café. Le gouvernement ne peut plus résister et le régime dictatorial tombe. Les devises ne rentrent plus, les Brésiliens ne peuvent plus acheter à l’extérieur, ce qui stimule l’activité industrielle. La capacité de production est utilisée à plein.
    • L’industrie textile brésilienne, qui employait 140 000 ouvriers avant la crise, doit en licencier 30 000 et 60 000 autres se trouvent en chômage partiel.
  • 1931 :
    • 300 000 chômeurs au Mexique. Leur nombre passe à un million un an plus tard.
    • Le Brésil produit 71 000 tonnes de fer.
    • L'Équateur est profondément touché par la crise économique mondiale du fait de sa dépendance à la monoculture du cacao. Cette crise aboutira à 15 ans de chaos politique.
  • 1933 :
    • Au Chili, la production de salpêtre baisse de 3 230 000 tonnes en 1929 à 460 000 tonnes en 1933, celle de cuivre de 320 000 à 100 000 tonnes.
    • Cuba compte 500 000 chômeurs. La production de canne à sucre a chuté de 5,6 millions de tonnes en 1929 à 1,7 million en 1933.
  • 1933-1938 : New Deal, politique interventionniste mise en place par le président Roosevelt aux États-Unis pour lutter contre les effets de la Grande Dépression.
  • 1934-1940 : au Mexique le président Cárdenas relance la réforme agraire et les distributions de terres ; 18 millions d’ha bénéficient à 800 000 paysans par l’institution traditionnelle de l’ejido, une structure de propriété collective qui distribue les lopins de terre en usufruit aux familles. des travaux d’irrigation sont lancés, des voies de communications construites et des crédits attribués.
  • 1934 : décret instaurant la journée de huit heures de travail en Colombie.
  • 1935 :
    • lois sur la protection sociale et l’éducation au Mexique.
    • reprise de la croissance de la capacité de production au Brésil, en particulier dans le domaine de l’acier, de la cimenterie et de la papeterie[6],[7].
  • 1936 :
    • loi réglementant le travail au Venezuela.
    • depuis 1827, l’État de São Paulo au Brésil a reçu 3 millions d’immigrés : Italiens (30 %), Portugais (13 %), Espagnols (12 %), Brésiliens du nord-est (24 %), Japonais (6 %).
  • 1937 : le Brésil produit 1 280 000 quintaux de cacao (2e rang mondial).
  • 1938 : reprise de l’activité économique en Amérique latine en raison de la hausse des exportations.

AsieModifier

  • En Cochinchine, seules 115 communes sur 1 419 sont dépourvues d’écoles en 1932. L’enseignement secondaire concerne 4 800 élèves répartis dans 21 établissements, dont trois pour les filles. Attaqué par les milieux coloniaux conservateurs, ce système scolaire devient un instrument de modernisation de la société[8].
  • La Birmanie devient le premier exportateur mondial de riz (de 0,5 million de tonnes avant la chute de Mandalay à 3 millions avant le début de la Seconde Guerre mondiale).
  • De 1880 à 1936, les rizières appartenant aux sociétés françaises en Indochine ont vu leur surface passer de 11 000 ha à 800 000 ha. 45 % de la production de riz est entre les mains du colonisateur (80 000 colons pour 20 millions d’habitants).

IndonésieModifier

  • La crise de 1929 secoue l’économie indonésienne. La culture de la canne à sucre s’effondre et 140 sucreries sur 178 doivent être fermées. Le sucre ne retrouvera jamais son importance (7 % des importations en valeur en 1938 contre 22 % en 1930). Le caoutchouc, le thé et le café sont atteints. Au total les exportations diminuent des deux tiers passant de 1,577 milliard de florins en 1928 à 541 millions en 1932. La crise entraîne un chômage qui touche les employés européens et les travailleurs indonésiens, principalement dans le sucre. Les chômeurs regagnent leurs villages surpeuplés, ce qui provoque des troubles, notamment à Java contre la perception des impôts en 1934 et 1935[9].
  • 1934 : face à la chute des prix du caoutchouc, les Pays-Bas doivent accepter une convention internationale contingentant la production.
  • Les Indes néerlandaises produisent 7,4 millions de tonnes de pétrole. La Royal Dutch Shell contrôle 72 % des pétroles indonésiens.
  • 84 000 ha de palmier à huiles sont plantés sur l'ensemble des Indes néerlandaises.
  • 1 630 000 Indonésiens travaillent dans l'industrie, dont 120 000 dans les grandes entreprises, 840 000 dans les industries moyennes et 670 000 dans les fabriques à domicile. Il s’agit d’industries de transformation des produits agricoles (moulin à riz, fabriques de caoutchouc, de thé, usines de torréfaction de café, sucreries, etc.) ou des industries légères de biens de consommation (coton, savon, papier, cigares, cigarettes, bière, margarine, chaussures, couleurs, pneus, bicyclettes, outillage agricole, etc.).
  • Déclin de la propriété communautaire : en 1932, 83 % des terres sont devenus à Java propriétés individuelles. Les pratiques d’entraide communautaire subsistent cependant (Golong Rojong)[10].

Proche-OrientModifier

  • Palestine mandataire : l’immigration juive, limitée à quelques milliers d’individus par an jusqu’au début des années 1930, augmente considérablement à partir de 1933 pour atteindre plus de 60 000 individus en 1935. L’Allemagne nazie soutient le mouvement sioniste. Des « accords de transfert » sont négociés entre les autorités allemandes et l’Organisation sioniste, seule institution juive autorisée sur le territoire germanique : les immigrants juifs d’Allemagne peuvent partir pour la Palestine en emportant une partie de leurs avoirs convertis en marchandises allemandes. La Palestine connaît une arrivée massive d’hommes et de capitaux, qui favorise un développement rapide de certaines régions à un moment où la crise mondiale frappe le reste du Moyen-Orient. Les capitaux qui arrivent en Palestine servent à leur tour à financer l’émigration de Juifs d’Europe centrale.
  • Crise économique frappant la pêche à la perle en Arabie dans les années 1930.
  • Depuis la fin des subsides britanniques, les seules ressources dont disposent Abdelaziz Ibn Sa'ud proviennent du pèlerinage dans les villes saintes. La recherche pétrolière commence juste à se développer dans la péninsule (Bahreïn). Par l’octroie de concessions, Ibn Sa’ud cherche à se procurer des rentrées d’argent. Des contrats seront signés dans les années 1930 avec des compagnies américaines mais l’exploitation pétrolière ne débutera qu’en 1939.


  • Essor de l’enseignement en Égypte : de 1925 à 1936, le nombre d’élèves scolarisés dans le primaire est passé de 193 144 à 661 025, dans le secondaire de 16 979 à 45 203.

EuropeModifier

  • 1931 : crise bancaire en Allemagne et en Autriche. En Allemagne, la production industrielle tombe à 53 % de son niveau de 1929. Le gouvernement Brüning sauve les banques de la faillite par une série de mesures énergiques : mise des banques sous tutelle pour contrôler l’industrie, déflation, réduction des dépenses budgétaires, baisse des salaires, baisse générale des prix de 10 %.
  • 1931-1933, Union soviétique : mesures de coercition stalinienne. Grande famine, causée par la collectivisation forcée de l’agriculture et la réquisition des denrées alimentaires dans les campagnes, générant près de 7 millions de morts, dont 4 en Ukraine (Holodomor, 1932-1933). Exode rural vers les villes.
  • 1932 : chômage en Europe. 6 millions de chômeurs en Allemagne, 2,9 millions au Royaume-Uni, et 279 000 en France.
  • 1932-1933 : guerre douanière entre le Royaume-Uni et l’Irlande.
  • 1932-1939 : les taux d’intérêt restent à 2 % au Royaume-Uni, ce qui favorise les investissements des entreprises[11]. 22 % de la population active est au chômage en 1932.
  • 1933 :
    • six millions de chômeurs en Allemagne à l’avènement d’Hitler. 3,5 millions à la fin de l’année.
    • grèves des chemins de fer et des ouvriers du pétrole en Roumanie.
    • la défense représente 2 % du budget national du Royaume-Uni.
  • 1935, Royaume-Uni : la crise économique est en partie achevée. Augmentation des dépenses sociales, qui atteignent 165 millions de £, pour stimuler la consommation des ménages à bas revenus. Chute de la pratique religieuse : 17,7 % de pratiquants à York (35,5 % en 1901).
  • 1936 : un million de chômeurs en Allemagne. Crise économique : difficultés d’approvisionnement en matières premières, pénurie alimentaire. Déclin du commerce extérieur.
  • 1937, Portugal : loi de Salazar limitant les investissements étrangers.
  • 1938 :
    • le nombre de chômeurs en Allemagne tombe à 200 000.
    • revenu national de 94 dollars par tête en Roumanie, de 76 en Grèce, 81 en Bulgarie, de 106 en Yougoslavie, 108 en Hongrie et 246 en France.
    • le revenu national par habitant atteint 120 dollars en Hongrie, soit environ 70 % de la moyenne européenne. Le volume de la production industrielle a augmenté de 28 % par rapport à 1913, le nombre des ouvriers de 16 %, la part de l’industrie dans le revenu national atteint 36 %. Mais à cause de l’état médiocre de l’agriculture, des transports, du commerce et de l’artisanat, la Hongrie, fortement endettée, reste un pays pauvre, et les progrès de l’industrie n’ont pas pu le tirer du marasme dans lequel la plongée sa diminution en 1920, puis la crise mondiale.
    • Roumanie : en 1938, la part de l’industrie dans le revenu national représente 30 % contre 38 % pour l’agriculture. 70 % de la production métallique est destinée à l’État roumain (armement). La production pétrolière est passée de 1,1 million de tonnes en 1921 à 8,4 millions en 1934, pour décliner après.
  • 1939 :
    • augmentation de la production en Allemagne : 186 millions de tonnes de charbon (105 en 1932). 195 millions de tonnes de lignite (126 en 1933). 22,6 millions de tonnes d’acier. 200 000 tonnes d’aluminium. 350 000 automobiles. 500 000 tonneaux. Le budget de l’armement atteint 30 milliards de RM (6 milliards en 1935), soit 20 % du PNB. L’armée active comprend 53 grandes unités dont 35 divisions d’infanterie, 4 divisions d’infanterie motorisée, 6 divisions blindées. Avec 103 grandes unités mobilisables, elle atteint les objectifs fixés en 1936.
    • Le peuple polonais subit sous l’occupation nazie une politique d’oppression et d’extermination systématique. Selon les plans du Führer, le peuple slave polonais devait être réduit en esclavage au profit des maîtres germaniques. Dès , les Juifs sont enfermés dans des ghettos (Varsovie, Lublin, Lódz). 2,5 millions de Polonais seront condamnés au travail forcé en Allemagne, plus de 6 millions périront, dont plus de 3 millions de Juifs.


  • Royaume-Uni : les salaires réels augmentent de 12,9 % de 1920 à 1938. Les revenus apparaissent moins inégalement répartis à la fin des années 1930, mais la concentration de la fortune est toujours inégalitaire (2 % de la population a une fortune de plus de 5 000 £, 75 % de la population ne possède que 5 % de la richesse nationale). L’Angleterre assure 19 % du commerce mondial de produits manufacturés. La production industrielle globale est supérieure de 43 % à celle de 1932 (11 % de la production industrielle mondiale). Elle est particulièrement soutenue par ses branches les plus novatrices (automobile, aéronautique, électroménager, textiles synthétiques). 400 000 employés travaillent dans l’aéronautique.
  • Augmentation des dépenses militaires au Royaume-Uni, qui passent de 265 millions de £ en 1937 à 400 millions en 1938 et 700 millions en 1939. Un tiers des crédits va à l’armée de l’air.
  • Roumanie : 6 700 grands propriétaires détiennent encore 24 % du sol face à 2,5 millions de paysans pauvres qui en ont 28 %, situation due à la poussée démographique (+1,2 % par an). D’où un développement de la main-d’œuvre salarié agricole. Les rendements moyens restent faibles (8 à 9 q à l’ha pour le blé contre 16 en France, 10 à 11 q pour le maïs contre 15 à 16).
  • En Espagne 26,5 % de la population active travaille dans le secteur secondaire (plus 10 % en 20 ans), 28 % dans le tertiaire.
  • 16 000 associations diverses en Hongrie.

FranceModifier

  • 1928-1831 : création d'Uniprix, premier magasin populaire en France, suivie de celles de Prisunic (1931) et Monoprix (1932).
  • 1930-1934 : 7,6 % des conscrits sont illettrés[12].
  • 1930 :
    • Faible inflation (1,1 %).
    • Recul de 2,6 % du PIB.
    • Le budget atteint un excédent record de 15,1 milliards de francs (3,5 % du PIB).
    • Hausse du chômage à 2,9 %.
    • Hausse de la dette publique à 90 % du PIB.
    • La production industrielle (base 100 en 1913) atteint l’indice 140.
    • Les exportations françaises atteignent 43 milliards de francs.
    • Le gouvernement crée le Comité supérieur de la normalisation, chargé de préparer la standardisation de la production industrielle.
  • 1931 :
    • La Grande Dépression atteint la France.
    • PIB à 410 milliards de francs. Recul du PIB de 3,9 %.
    • Sous l'effet de la crise, la production industrielle chute de 23 % par apport en 1929.
    • La dette publique atteint 103 % du PIB.
    • La crise va faire connaitre durant 5 ans à la France une grave période de déflation (cette année, chute des prix de 4,5 %).
    • Baisse de l'excédent public à 2,2 % du PIB (9 milliards de francs).
    • Hausse continue du chômage (6,5 % de la population active).
    • La population active est de 20,5 millions (19,4 en 1946, 20,6 en 1968, 21,8 en 1975).
    • Pour la première fois, les habitants des villes sont plus nombreux que ceux des campagnes (villes de plus de 2 000 habitants)[13].
  • 1932 :
    • Depuis la stabilisation du franc français, les exportations ont chuté de 62 % entre 1929 et 1932.
    • La France connaît une déflation de 8,4 %.
    • Fort recul de la production industrielle. Sur une base 100 en 1928, l’indice atteint alors 78. La sidérurgie (58) et les constructions mécaniques (68) sont les plus atteintes. Le textile (74) et la chimie (83) sont moins durement touchés.
    • 15,4 % de la population est au chômage. Le chômage touche 900 000 travailleurs au plus fort de la crise. Le chômage partiel touche ¼ des ouvriers des usines de plus de 100 salariés, et les gains hebdomadaires des ouvriers ont diminué de 12,5 % en moyenne. Mais les prix de détail et le coût de la vie diminuent dans le même temps de 25 % (baisse des prix agricoles).
    • PIB à 380 milliards de francs. Le PIB poursuit son recul à 8,8 %.
    • 25 % des dépenses de l'État sont absorbées par la charge de la dette. La dette atteint 135 % du PIB.
  • 1933 :
    • Léger rebond de l’économie.
    • PIB à 390 milliards de francs. Hausse du PIB de 4,5 %.
    • La déflation se poursuit à 3,9 %.
    • Baisse du chômage à 14 %.
    • La dette continue de croître (150 % du PIB).
    • Le déficit public continu d'augmenter (2 % du PIB, 7,6 milliards de francs).
  • 1934 :
    • Le revenu national se contracte à 375 milliards de francs pour l'année 1934.
    • 13,5 % de la population active est au chômage.
    • déflation de 4,1 %.
    • Forte augmentation de la dette face aux nouveaux emprunts de l’État pour financer l'économie en crise. L'endettement public atteint plus de 2 fois le revenu national, un record.
    • 9 milliards de francs de déficit (2,4 % du PIB).
    • 60 000 hommes en fonction dans les forces de l'ordre.
    • Création du constructeur automobile « Simca » par le groupe « Fiat ».
  • 1935 :
    • 380 milliards de francs de richesse nationale.
    • La dette publique se stabilise à 200 % du PIB.
    • Forte déflation à 8,4 %.
    • Le PIB se rétracte de 2,5 %.
    • Augmentation légère du chômage (14,5 %).
    • Le déficit budgétaire se creuse à 10,4 milliards de francs (2,6 % du PIB).
    • La moitié du budget de l’État est engloutie par le remboursement de la dette.
    • L'instabilité gouvernementale chronique se paye par un coût élevé pour les emprunts du gouvernement (5 % contre 1 % pour le Royaume-Uni).
    • 82 milliards de francs de billets circulent en France dont 25 milliards sont thésaurisés dans le fameux « bas de laine » des français. Le paiement par billets est encouragé, car il existe une taxe sur chaque paiement par chèque.
    • Création de la Fédération CFTC Santé-Sociaux au cours du 2e semestre.
  • 1936 :
    • Amorce d’une reprise économique durant l’hiver 1935-1936.
    • La richesse de la France est de 365 milliards de francs.
    • 1 franc français de 1936 = 0,59487 euro de 2002
    • Reprise économique à l’automne.
    • La dette publique baisse pour la première fois depuis 1929 (165 % du PIB).
    • Fin de la période de déflation, retour de l'inflation (7,7 %).
    • Taux de chômage à 10,5 %.
    • Le PIB augmente de 2 %.
    • Le déficit public atteint 4 % du PIB (14,6 milliards de francs).
    • Déficit de la balance commerciale de 10 milliards de francs. La surévaluation du franc provoquent un effondrement de 2/3 des exportations à 15,5 milliards de francs.
    • Air-France inaugure sa ligne Paris-Dakar. Avec 40 000 km de lignes, la compagnie aérienne dessert 87 villes dans 29 pays. Sur Paris-Londres, elle a un quasi-monopole de fait — 61 000 passagers sur 65 000. Cependant, la compagnie, née en 1933 de la fusion de cinq petites compagnies ne peut toujours pas fonctionner sans de généreuses subventions annuelles d'environ 150 millions de francs.
  • 1937 :
    • PIB à 380 milliards de francs.
    • L’inflation se monte à 26 % en France.
    • Hausse du PIB de 5,5 %.
    • Le chômage poursuit sa baisse à 7,5 % de la population.
    • Dette publique à 120 % du PIB.
    • Le budget de l’État continue d'être déficitaire (44 milliards de francs, 12,5 % du PIB).
  • 1938 :
    • Le Produit Intérieur Brut atteint 390 milliards de francs.
    • La crise continue. L’incendie de production industrielle (base 100 en 1928) est à 83 en France (128 en Allemagne, 122,5 en Angleterre, 77,9 aux États-Unis).
    • Stagnation du PIB.
    • Le niveau de l'inflation atteint 13,6 %.
    • Chômage stable à 7,5 %.
    • Dette à 110 % du PIB.
    • Déficit public à 23,5 milliards de francs (6 % du PIB).
    • Agitation nationaliste dans les colonies françaises.
  • 1939 :
  • 41,9 millions d’habitants. La production industrielle retrouve son niveau de 1928.
    • La France est frappée par la dénatalité et le vieillissement[14].
    • PIB à 395 milliards de francs.
    • La dette progresse à 125 % du PIB.
    • Croissance à 3 % du PIB.
    • Inflation à 7 %.
    • Déficit public à 7,5 % du PIB (29,7 milliards de francs).
    • Chômage à 6 %.
    • 54 000 hommes dans la gendarmerie

DémographieModifier

  • Deux millions d’habitants au Caire. 14,8 millions d’habitants en Égypte en 1930, 15,8 millions en 1936.
  • L’Inde britannique compte 352,8 millions d’habitants en 1931.
  • 1 033 314 d’habitants en Palestine mandataire, dont 174 606 Juifs (17 %) en 1931. En 1936, il y a 1 366 692 habitants, dont 384 078 Juifs[15]. 1 544 530 d’habitants en 1940, dont 464 535 Juifs.

AmériqueModifier

EuropeModifier

  • Le Royaume-Uni compte 44,8 millions d’habitants en 1931. La population vieillit : 11,6 % de plus de soixante ans contre 8 % avant la guerre. 45 % de la population active travaille dans les services. 5,5 millions de femmes travaillent. En 1939, il compte 46,4 millions d’habitants. La population a augmenté de 8,6 % depuis 1921 au rythme annuel de 0,4 %. L’agglomération londonienne rassemble 9 millions de personnes. 7 millions de postes de radio.
  • Politique nataliste en Allemagne : le taux de natalité passe de 14,7 0/00 en 1933 à 20,4 0/00 en 1939. La population passe de 66 à 69,3 millions d’habitants (15 millions en Autriche).
  • Recensement en Roumanie : sur 18 millions d’habitants, 71,9 % de Roumains, 7,9 % de Magyars, 4,1 % d’Allemands, 4 % de Juifs, 3,2 % d’Ukrainiens, 2,3 % de Russes, 2 % de Bulgares, 1,5 % de Tziganes, 1 % de Turcs et Tatars, 0,3 % de Polonais, 0,3 % de Serbo-croates. 73 % d’orthodoxes.
  • Le Portugal compte 6 825 000 habitants. Lisbonne compte 600 000 habitants. À la suite de la crise économique mondiale, le Brésil ayant fermé ses portes, l’émigration se réduit à 10 000 départs par an en moyenne (30 000 au début du siècle).
  • 1934, Suède : 38 % d’agriculteurs, 31 % de personnes employées dans l’industrie, 19 % dans le secteur tertiaire.
  • 250 000 Juifs à Budapest, soit le quart de la population de la ville, à la fin des années 1930.

Notes et référencesModifier

  1. Pierre-Paul Proulx, Le commerce international, PUQ, , 979 p. (ISBN 978-2-7605-2554-2, présentation en ligne)
  2. A. Adu Boahen, Africa Under Colonial Domination 1880-1935, vol. 7, UNESCO, , 865 p. (ISBN 978-92-3-101713-1, présentation en ligne)
  3. Jérôme Aloko-N'Guessan, Amadou Diallo, Kokou Henri Motcho, Villes et organisation de l'espace en Afrique, Paris, Karthala, , 226 p. (ISBN 978-2-8111-0339-2, présentation en ligne)
  4. Dessalegn Rahmato, Alula Pankhurst, Jan-Gerrit van Uffelen, Food Security, Safety Nets and Social Protection in Ethiopia, African Books Collective, , 580 p. (ISBN 978-99944-50-47-3, présentation en ligne)
  5. Michel Agier, Jean Copans et Alain Morice, Classes ouvrières d'Afrique Noire, Paris, Karthala, , 293 p. (ISBN 2-86537-168-9, présentation en ligne)
  6. Frédéric Mauro, op. cit, p. 90.
  7. Frédéric Mauro, Histoire du Brésil, Presses Universitaires de France, (présentation en ligne)
  8. Marc Ferro, Histoire des colonisations : Des conquêtes aux indépendances, XIIIe-XXe siècle, Seuil, , 525 p. (ISBN 978-2-02-018381-9, présentation en ligne)
  9. Jean Bruhat, Histoire de l'Indonésie, P.U.F., (présentation en ligne)
  10. Jean Bruhat, Histoire de l'Indonésie, P.U.F., (présentation en ligne)
  11. Philippe Chassaigne, Histoire de l'Angleterre des origines à nos jours : DES ORIGINES A NOS JOURS, Éditions Flammarion, , 609 p. (ISBN 978-2-08-123467-3, présentation en ligne)
  12. Georges Duveau, Les instituteurs, Le temps qui court (présentation en ligne)
  13. Gérard Noiriel, Une histoire populaire de la France : De la guerre de Cent Ans à nos jours, Agone, (ISBN 9782748903027, présentation en ligne)
  14. La Deuxième Guerre mondiale en Première - La France dans la Seconde Guerre mondiale par Jean-Pierre Husson
  15. Edward W. Said (trad. S. Chiarini, A. Uselli), La questione palestinese, Il Saggiatore, , 318 p. (ISBN 978-88-428-1638-6, présentation en ligne)