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« En l'année 1817 cette chaumière a été construite ; cette année-là on payait 120 francs pour une mesure de froment, 24 francs pour un sac de pommes de terre, 100 francs pour un Ohmen (50 litres) de vin. Jacob Stiedel ». Inscription sur le mur d'une maison à Heiligenstein, en Alsace.
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Cette page concerne l'année 1817 du calendrier grégorien.

ÉvénementsModifier

  • 25 janvier : une troupe armée pille des voitures de blé près de Cormeilles dans Eure, puis le 27 janvier à Saint-Georges-du-Vièvre[1].
  • 30 janvier :
    • troubles à Bernay dans l'Eure. Après l’échec qu'un coup de main sur le marché, les émeutiers se répandent dans les campagnes environnantes où ils tentent de piller une ferme. Plusieurs sont blessés par les cuirassiers qui les ont pris en chasse[1].
    • deux ou trois cents bûcherons armés de bâtons réclament des secours au maire de Villers-Cotterêts dans l'Aisne ; ce-dernier parvient à les dissiper[1].
  • 1er février : des troubles de subsistances éclatent à Reims ; le grain est taxé à moitié prix et les insurgés sont pendant quelque temps maîtres de la ville. Une femme qui a été arrêtée par les gardes nationaux est délivrée[1].
 
Théodore Géricault - Les Assassins portent le corps de Fualdès vers l'Aveyron.
  • 1er avril : le duc de Richelieu obtient une réduction d’un cinquième des effectifs d’occupation ; ils sont ramenés de 150 000 à 120 000 hommes, soit un allégement de 30 millions pour le budget de l’État[8].
  • 14 avril : révolte de 600 tisseurs de coton qui réclament des hausses de salaires à Flavy-le-Martel[1].
« à trente lieues à la ronde autour de Paris, il fallut organiser des colonnes mobiles qui parcouraient les routes pour assurer les avenues des marchés... ». Rapport du ministre de l'Intérieur, Lainé au roi, 24 décembre 1817.
  • 27 mai : pillage à La Loupe, en Eure-et-Loir[1].
  • 29 mai : un convois de grain charentais allant à Limoges est attaqué par la population de Saint-Junien en Haute-Vienne et distribué à 20 francs l’hectolitre. Le sous-préfet de Rochechouart ne parvient à rétablir l'ordre qu'après une charge de cavalerie[1].
  • 30 mai : incidents au marché de Châtillon-sur-Seine ; émeute et pillages à Sens ; à Villenauxe le peuple de la campagne se réunit à celui de la ville, taxe le grain et pille plusieurs maisons[1].
  • 31 mai :
    • troubles à Nogent-sur-Seine et Bar-sur-Aube[1].
    • pillages et affrontements avec les gendarmes et les chasseurs à cheval à Villeneuve-l'Archevêque ; les soldats tirent dans la foule et blessent grièvement un homme quand les insurgés délivrent deux prisonniers. Le mouvement se propage les jours suivants dans les campagnes de l'Yonne. Sens est barricadée (1er juin). Decazes fait dégager la ville par deux cents hussards et cinq cents fantassins de la garde. Les soldats parviennent à rétablir l'ordre, et le marché de Sens du 2 juin se déroule dans le calme grâce à leur présence face à 3 000 paysans armés de bâtons et de fusils[1].
  • 2-3 juin : à Thiers dans le Puy-de-Dôme des paysans attaquent un convois de blé qui se dirige vers Lyon ; ils attaquent des soldats et deux personnes sont tuées, trois bléssées[1].
  • 2-5 juin : les autorités sont débordées dans l'arrondissement de Troyes ; de nombreux attroupements se forment le 3 juin dans les cantons d'Aix-en-Othe et d'Estissac, et des collisions avec la troupe se produisent. Le 5 juin, des bandes de pillards se portent sur Maray, Ervy, Sommeval, Chamoy, Davrey, Auxon... Une troupe d’insurgés qui marche sur Troyes pour prendre la ville est mise en fuite après un combat avec la Garde nationale à cheval.
  • 3-4 juin : la population d'Essonnes réclame la taxation du blé. Les révoltés se rassemblent et 4 à 5 000 personnes se rendent maîtres de Château-Thierry, pillent les magasins de grains et les bateaux chargés de froment et de farines ; l’insurrection gagne les campagnes environnantes le lendemain et les troupes venus de Soissons tirent sur la foule, faisant deux mort et sept ou huit blessés. Les saccages continuent, un meunier est assassiné. Le 10 juin les révoltés pillent Chauny et ses environs ; la troupe intervient, deux personnes sont tuées, plusieurs bléssées[1].
  • 4 juin : rassemblement à Saint-Quentin contre la cherté du blé. Émeute à Montargis ; la foule taxe une voiture de farine, désarme les gardes nationaux, enfonce les portes de l'église, sonne le tocsin, assiège le sous-préfet dans le clocher, pillet la maison d'un meunier et délivre un mendiant de la prison[1].
  • 6-7 juin : troubles à Gien et à Pithiviers dans le Loiret ; deux bateaux chargés de grains sont pillés sur le canal d'Orléans près de Lorris le 7 juin[1].
  • 8 juin : échec d'un prétendu « complot bonapartiste » à Lyon et dans plusieurs communes du département du Rhône[9].
La religion catholique, protégée par l’État, est reconnue « religion de la majorité des Français ». Les derniers conflits canoniques sont réglés. Les évêchés, portés à 80, correspondent aux chefs-lieux administratifs. Le clergé paroissial souffre du vieillissement et du manque de formation. La réouverture des grands et petits séminaires permet la formation de nouveaux prêtres. Les congrégations masculines se rétablissent difficilement, mais les congrégations féminines progressent vite, les ordres anciens (Filles de la Charité, ursulines, visitandines, dames de Saint-Maur, Carmélites, Clarisses) comme les ordres nouveaux (dames du Sacré-Cœur de Jésus, sœurs de la charité de Besançon). Ils assurent l’enseignement féminin et l’assistance. Pour une recatholisation massive, le clergé organise des missions (Mazenod en Provence), met en place une presse religieuse, rétablit le calendrier liturgique, diffuse l’enseignement catholique[10].

Articles connexesModifier

Notes et référencesModifier

  1. a b c d e f g h i j k l m n o p q r s t u v w x y z aa ab ac ad ae et af Robert Marjolin, « Troubles provoqués en France par la disette de 1816-1817 », Revue d’Histoire Moderne & Contemporaine, vol. 8, no 10,‎ , p. 423-460 (présentation en ligne)
  2. Nelly Schmidt, Abolitionnistes de l'esclavage et réformateurs des colonies: 1820-1851 : analyse et documents, (ISBN 9782845861022, présentation en ligne)
  3. Annuaire de l'École Royale Polytechnique, Bachelier, (présentation en ligne)
  4. Guy Antonetti, La monarchie constitutionnelle, Montchrestien (ISBN 9782402130424, présentation en ligne)
  5. Archives historiques et littéraires du nord de la France, et du midi de la Belgique, vol. 3, Au Bureau des Archives, (présentation en ligne)
  6. Procès Fualdès. Cour d'Assises d'Alby, Louis Gabriel Michaud, (présentation en ligne)
  7. a et b Guy Antonetti, Les ministres des Finances de la Révolution française au Second Empire : Dictionnaire biographique 1814-1848, Institut de la gestion publique et du développement économique, (ISBN 9782821828261, présentation en ligne), p. 104-108
  8. André Jardin, André-Jean Tudesq, Nouvelle histoire de la France contemporaine : La France des notables : L'évolution générale, 1815-1848, Points (ISBN 9791036902840, présentation en ligne)
  9. Roger Dupuy, La Garde nationale entre Nation et peuple en armes : Mythes et réalités, 1789-1871, Presses universitaires de Rennes, (ISBN 9782753531796, présentation en ligne)
  10. Michel Péronnet, Le XVIIIe siècle (1740-1820) : Des Lumières à la Sainte-Alliance, Hachette supérieur (ISBN 9782014612479, présentation en ligne)
  11. Pierre Pradié, La Question religieuse en 1682, 1790, 1802, et 1848, et historique complet des travaux du Comité des Cultes de l'Assemblée Constituante de 1848, augmentée de rapports. etc, Sagnier et Braylieu, (présentation en ligne)
  12. Jean Julg, Les évêques dans l'histoire de la France : Des origines à nos jours, Pierre Téqui, (ISBN 9782740311356, présentation en ligne)
  13. Jean-Charles Volkmann, Petite chronologie de l'histoire de France, Éditions Jean-paul Gisserot, (ISBN 9782877474023, présentation en ligne)