14e division SS (galicienne no 1)

14e division SS (galicienne no 1)
Antépénultième appellation allemande :
14. Waffen-Grenadier-Division der SS (galizische Nr. 1)
Image illustrative de l’article 14e division SS (galicienne no 1)
Emblème de la division.

Création
Dissolution
Pays Ukraine
Allégeance Drapeau de l'Allemagne nazie Reich allemand
Branche Flag of the Schutzstaffel.svg Waffen-SS
Type Division de la Waffen-SS
Ancienne dénomination
  • SS-Schützendivision „Galizien“
  • SS-Freiwilligen-Division „Galizien“
  • 14. Galizische SS-Freiwilligen-Division
  • 14. Waffen-Grenadier-Division der SS (galizische Nr. 1)
  • 14. Waffen-Grenadier-Division der SS (ukrainische Nr. 1)
  • 1. Ukrainische Division der Ukrainischen National-Armee
Guerres Seconde Guerre mondiale
Décorations Croix de fer

La 14e division SS (galicienne no 1) ou la division « Galicie » (antépénultième appellation allemande : la 14. Waffen-Grenadier-Division der SS (galizische Nr. 1) ; soit en traduction littérale : « 14e division d'infanterie de la SS (galicienne no 1) ») — en ukrainien : 14-та гренадерська дивізія Ваффен СС «Галичина» — est l'une des 38 divisions de la Waffen-SS durant la Seconde Guerre mondiale.

Elle a été essentiellement composée de Galiciens d'Ukraine.

CaractéristiquesModifier

  • Création :
  • Effectifs maximaux : 27 000 hommes (corps ukrainiens sous commandement allemand)
  • Insigne : le lion de Galicie et plus tard le Trident, lors du transfert à l'UNA ()
  • Croix de Fer obtenues : 1

La création de la « Galizien »Modifier

Mettre en place une division composée de grenadiers ukrainiens est une décision prise durant l'hiver 1942. L'URSS démontre sa capacité de résistance à Stalingrad. Les autorités allemandes se doivent de recruter massivement au sein des pays occupés pour combler les pertes.

Le Dr Otto Wächter, responsable du district de Galicie, ne rencontre au départ pas de soutien fort de la part de sa hiérarchie, les SS ne jugent pas digne d'armer des Slaves. Cependant Himmler fini par donner son aval en créant de sérieuses entorses aux critères de sélection raciale.

Zone de recrutementModifier

 
Parade de volontaires ukrainiens rue Kosciuszki à Sanok, mai 1943.

La zone privilégiée pour le recrutement est l'ancienne Galicie austro-hongroise, dont les populations sont jugés plus facilement aryanisables. La campagne de recrutement est menée durant l'hiver 1942-1943 et rencontre un immense succès : 80 000 Ukrainiens se portent volontaires[1]. Dans un premier temps, 13 000 soldats sont recrutés ; puis, rapidement, les effectifs de la division sont portés à 22 000 hommes[1].

Raisons de cette adhésionModifier

La collaboration massive avec l'occupant allemand est caractéristique en Ukraine des régions de Pologne annexées par l'Union soviétique en 1939, à la suite de l'invasion de l'Est de la Pologne par Staline, à la faveur de la signature du Pacte germano-soviétique. Une partie de ces Ukrainiens redoutent en effet plus que tout le retour des Soviétiques et se jettent à corps perdu dans les bras du « moins pire » des deux envahisseurs. Une partie des volontaires choisissent aussi la lutte armée au côté du Reich pour échapper au service du travail obligatoire. Le volontariat n'est pourtant pas si important car on recense 13 000 recrutés d'office et une partie des « volontaires » se sont vu forcer la main par la signature d'un formulaire spécifiant qu'ils sont bien volontaires. L'engagement au côté de la Wehrmacht est donc momentané et non une adhésion au nazisme.

Les Allemands font un effort en permettant aux Ukrainiens de pouvoir intégrer des prêtres catholiques et orthodoxes, sans encadrement nazi. L'autre concession est que l'unité ne se battra que pour combattre les bolcheviques. Autrement dit ils ne seront pas envoyés à l'Ouest comme les autres volontaires de l'Est, à l'instar des Russes et des volontaires caucasiens. Les Ukrainiens sont versés dans la Waffen-SS. La création de l'unité est entérinée le , peu de temps après la victoire à Kharkov sur l'Armée rouge.

EntraînementModifier

L’entraînement de base est achevé en septembre 1943.

Constituée et entraînée, la division est nommée « SS-Freiwilligen-Division „Galizien“ », du nom de l'appellation de la partie occidentale de l'Ukraine, le nom « Ukraine » ayant été rejeté.

L’unité suit un entraînement complémentaire à Dembitz, dans le Gouvernement général. Le l'unité est rebaptisée « 14. Galizische SS-Freiwilligen-Division ». La division est perçue comme prometteuse et montre une réelle volonté certaine de se battre, en effet, déployée en Russie, les hommes qui la composent sont des traîtres aux yeux des Soviétiques, et, de ce fait, connaissent leur sort en cas de capture par les unités soviétiques[2].

Malgré cela, à la fin de l'année 1943, une partie de son équipement est versé à d'autres unités de la Waffen-SS.

EncadrementModifier

La direction de cette unité est confiée au SS-Brigadeführer Fritz Freitag. Homme proche de ses troupes, il est très apprécié.

L'encadrement est essentiellement allemand et la troupe est composée de Volksdeutsche ukrainiens et d'Ukrainiens non-germaniques. Parmi tous les officiers et sous-officiers, seuls 30 % d'entre eux sont d'origine ukrainienne et ces hommes n'occupent généralement que des postes subalternes. Une partie importante de cet encadrement a d'abord appartenu aux Einsatzgruppen (les commandos mobiles de tuerie de Juifs, ayant opéré principalement en 1941-1942, derrière les ligne de front), avant de rejoindre les rangs de la division[3].

La majorité d'entre eux proviennent de la partie occidentale de l'Ukraine, en particulier de Lwów et de Tarnopol (villes polonaises avant la seconde guerre mondiale).

Terrains d'opérationsModifier

En Pologne contre les partisansModifier

Le premier engagement a lieu à la mi-février 1944. Le Kampfgruppe « Beyersdorff » est mis sur pied et envoyé à Zamość dans le sud-est de la Pologne contre des partisans polonais.

Face aux SoviétiquesModifier

La préparation de la division est achevé au début de l'été 1944 et est rattachée à l'Heeresgruppe Süd au sein de la 1.Panzer Armee. Le , l'Armée rouge déclenche sa grande offensive d'été, l'opération Bagration. L'action principale a lieu au centre, vers la Biélorussie et le Heeresgruppe Mitte.

L'offensive balaie les troupes allemandes incapable de résister aux multiples opérations soviétiques qui se succèdent sur toute la longueur du front. Incorporée au IIIe corps Panzer, la division participe aux combats en Ukraine occidentale et dans les Carpathes[4].

Les Ukrainiens sont envoyés dans le secteur sud de l'offensive, vers la ville de Brody. Les Soviétiques qui se préparent à attaquer la ville supposent que la division ukrainienne est le point faible du dispositif allemand. Cependant, cette appréciation reste erronée : en effet, à partir du 19 juillet elle défend contre vent et marée leurs positions, contre attaquant vigoureusement, reprenant plusieurs fois le village de Pidhirtsy et parvient à bloquer une attaque de blindés russes du côté d’Olesko. Après d’âpres combats, la division Galizien, saignée à blanc, ne possède plus que 3 000 hommes capables de se battre, et doit reculer.

Les Allemands font preuve d'une grande admiration pour les Ukrainiens, en particulier leur Brigadeführer Freitag qui désormais s'oppose à toute différence de traitement entre Ukrainiens et Allemands. Selon lui « ses sous officiers et hommes […] qui se sont battus dans les journées difficiles de Brody, où ils ont gardé la tête froide et l'esprit combatif, comme il sied à des soldats, créant ainsi la tradition de la 1re division ukrainienne ».

Slovaquie et SlovénieModifier

Après la bataille, les 3 000 survivants sont stationnés dans la région de Neuhammer, dans le Reich, pour reconstitution. Au début d'octobre 1944, la division est envoyée en Slovaquie, afin de sécuriser la ligne de chemins de fer autour de Žilina. Au côté de la garde locale, (Hlinkova garda), deux groupes de combat (appelés Kampfgruppen Wildener et Kampfguppen Wittenmeyer), formés à partir des premières unités de la division arrivées sur place, engagent les combats contre les partisans slovaques, réfugiés dans les montagnes après l'échec du soulèvement du [5].

À la fin de janvier 1945, elle est déployée en Slovénie pour combattre les partisans de Tito. Elle est rebaptisée 14.Waffen Grenadier Division der SS (ukrain. Nr.1) le . À partir du 1er avril les Russes lancent leur offensive contre l'Autriche. Elle tente de les stopper à Graz et à Feldbach où un millier d'hommes sont mis hors de combat. Elle est rattachée à la Ukrainischen National-Armee (armée nationale ukrainienne) où elle fait figure de première division.

RedditionModifier

La capitulation surprend les restes de l'unité dans les villes de Tamsweg et Judenburg en Autriche. Les survivants parviennent à se rendre aux Américains dans ces villes et aux Anglais à Radstadt le .

CompositionModifier

La division est composée avec des volontaires ukrainiens provenant de toutes les régions d'Ukraine (Galicie, Ruthénie, Volhynie, Transcarpatie, région de Kiev); cependant la majorité d'entre eux est originaire des régions occidentales de l'Ukraine et de Galicie.

 
Dr Malinovki, administrateur ukrainien de la division à Sanok.

CommandantsModifier

Désignations successivesModifier

Les noms effectifs utilisés pour la division ont été les suivants (en observant incidemment que la numérotations des divisions de la Waffen-SS date d') :

  • mai 1943 : SS-Schützendivision „Galizien“ ; traduction en français : « division SS de protection « Galicie » ;
  • 30 juin 1943 : SS-Freiwilligen-Division „Galizien“ ; traduction en français : « 14e division de volontaires SS « Galicie » ;
  • 22 octobre 1943 : 14. Galizische SS-Freiwilligen-Division ; traduction en français : « 14e division de volontaires SS galicienne » ;
  • 27 juin 1944 : 14. Waffen-Grenadier-Division der SS (galizische Nr. 1) ; traduction en français : « 14e division d'infanterie de la SS (galicienne no 1) » ;
  • 12 novembre 1944 : 14. Waffen-Grenadier-Division der SS (ukrainische Nr. 1) ; traduction en français : « 14e division d'infanterie de la SS (ukrainienne no 1) » ;
  • 25 avril 1945 - 8 mai 1945 : 1. Ukrainische Division der Ukrainischen National-Armee ; traduction en français : « 1re division ukrainienne de l'Armée nationale ukrainienne ».
 
Dr Hofscheller entrant dans l'église gréco-cattholique ukrainienne à Sanok.

Ukrainiens de la divisionModifier

Ordre de batailleModifier

  • Waffen-Grenadier-Regiment der SS 29 (galizisches Nr. 1)
  • Waffen-Grenadier-Regiment der SS 30 (galizisches Nr. 2)
  • Waffen-Grenadier-Regiment der SS 31 (galizisches Nr. 3)
  • Waffen-Artillerie-Regiment der SS 14
  • Waffen-Füsilier-Battalion 14
  • SS-Freiwiligen-Flak-Ableitung 14
  • Waffen-Nachrichten-Ableitung der SS 14
  • SS-Radfahr-Battalion 14
  • Waffen-Pionier-Battalion der SS 14
  • Waffen-Panzerjager-Kompanie 14
  • SS-Sanitäts-Ableitung 14
  • SS-Veterinär-Kompanie 14
  • SS-Division-Nachschubtruppen 14
  • SS-Wirtschafts-Battalion 14
  • SS-Versorgungs-Kompanie 14
  • SS-Feldpostamt 14
  • SS-Kriegsberichten 14
  • SS-Feldersatz-Battalion 14

Après la guerreModifier

Dislocation de la divisionModifier

Après la défaite de Brody, de nombreux combattants continuent à lutter contre l'Armée rouge au sein de l'UPA, dans les Carpates jusqu'au milieu des années 1950. Les autres membres de la division choisissent l'exil au Canada, où réside une importante communauté ukrainienne.

Rapport canadienModifier

Dans son rapport établi en 1986, la Commission canadienne de recherche sur les criminels de guerre affirme que

« leur comportement [celui des anciens Waffen SS] depuis qu'ils sont venus dans ce pays a été bon et ils n'ont jamais indiqué de quelque façon que ce soit qu'ils avaient été infectés par l'idéologie nazie [...] Il semble qu'ils avaient été volontaires pour se battre contre l'Armée rouge pour des raisons nationalistes qui ont connu une forte impulsion provoquée par le comportement des autorités soviétiques durant l'occupation de la partie occidentale de l'Ukraine après la signature du pacte Germano-Soviétique »

— CCRCG

Cette conclusion du rapport canadien ne peut pas se référer aux susdites interventions de la Division SS Galicie en Slovénie et Slovaquie[réf. non conforme][6] dans le cadre d'opérations de lutte contre les partisans locaux, pour lesquelles les divisions de la Waffen SS sont intervenues de manière systématique. Ces actions de la Division SS Galicie contre des résistants d'autres pays luttant sur leurs territoires nationaux contre les occupants nazis ne peuvent évidemment pas être imputées à des « raisons nationalistes » ukrainiennes.

Controverse mémorielleModifier

La responsabilité de la division Galicie dans le massacre des 1 000 habitants du village polonais de Huta Pieniacka (Ukraine), le , fait l'objet de débats. Ce fait est contesté par certaines sources ukrainiennes. La commission d'enquête canadienne sur les crimes de guerre, déjà citée, affirme dans son rapport final, en 1986, que les accusations de crimes de guerre commises par la 14e division SS n'avaient jamais été prouvées[I 1].

L'institut polonais de la mémoire estime quant à lui, via une analyse publiée le , que ce sont bien des hommes du 4e régiment de la division Galicie qui ont commis le massacre, et ce sur la base de documents exhumés en 1999, soit après l'enquête canadienne[I 2].

La controverse n'est toujours pas apaisée à ce jour. En effet, dans la partie occidentale de l'Ukraine, le souvenir de la division est exalté par les milieux ultranationalistes[7].

Les vétérans de la division reçoivent, dans les années 2000, les mêmes retraites que ceux de l’Armée rouge et de l’UPA[8].

Stèles et monumentsModifier

 
Monument pour la 14. Waffen-Grenadier-Division der SS (galizische Nr. 1) en Feldbach.

En Autriche, où la 14. Waffen-Grenadier-Division der SS Galizien a combattu, il existe des monuments commémorant le passage de la division. Sur les stèles figure le nom de l'unité porté à la fin de la guerre : 1. Ukrainische Division der Ukrainischen National-Armee.[I 3]Ces monuments à emblème du trident se trouvent en Feldbach (Autriche), Bad Gleichenberg, Trautmannsdorf in Oststeiermark et Gnas.

Notes et référencesModifier

NotesModifier

Liens internetModifier

RéférencesModifier

  1. a et b Pauwels 2016, p. 47-50.
  2. Lopez 2014, p. 295.
  3. Lopez 2014, p. 294.
  4. Lopez 2014, p. 292.
  5. Melnyk 2002, p. 195-214.
  6. Melnyck 2002, p. 50-147.
  7. Lopez 2014, p. 293, note 2.
  8. Jean-Marie Chauvier, « Comment les nationalistes ukrainiens réécrivent l’histoire », sur Le Monde diplomatique,

BibliographieModifier

Liens externesModifier