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Île d'Ouessant

île du Finistère, France
Page d'aide sur l'homonymie Cet article concerne l'île. Pour la commune, voir Ouessant. Pour les homonymes, voir Ouessant (homonymie).

Île d'Ouessant
Enez Eusa (br)
Rivage d'Ouessant
Rivage d'Ouessant
Géographie
Pays Drapeau de la France France
Localisation Mer Celtique (océan Atlantique)
Coordonnées 48° 28′ N, 5° 06′ O
Superficie 15,58 km2
Point culminant 0 - 61 m
Géologie Île continentale
Administration
Région Région Bretagne
Département Finistère
Commune Ouessant
Démographie
Population 883 hab. (2011)
Densité 56,68 hab./km2
Gentilé Ouessantins
Plus grande ville Lampaul
Autres informations
Fuseau horaire UTC+1

Géolocalisation sur la carte : France

(Voir situation sur carte : France)
Île d'Ouessant
Île d'Ouessant

Géolocalisation sur la carte : Finistère

(Voir situation sur carte : Finistère)
Île d'Ouessant
Île d'Ouessant
Îles en France

L'île d'Ouessant (Enez Eusa en breton) est une île française de la mer Celtique située à l’ouest de la partie continentale de la Bretagne. Il est à noter que les côtes sud de l'île baignent la mer d'Iroise, elle-même incluse dans la mer Celtique. Cette île a donné son nom à la commune homonyme dont elle forme l'essentiel du territoire. Elle fait partie du parc naturel régional d'Armorique et du parc naturel marin d'Iroise.

Sommaire

ToponymieModifier

SituationModifier

 
Carte de l'île

Ouessant est la quatrième île de la France métropolitaine par la taille (après la Corse, l’île d'Yeu et Belle-Île-en-Mer), si l'on omet les îles d’Oléron, de et de Noirmoutier qui sont désormais toutes trois reliées au continent par un pont.

Distante de 18,5 kilomètres à l'ouest-nord-ouest de la pointe de Corsen, sur la côte occidentale du Finistère, longue de huit kilomètres et large de quatre, elle est la terre la plus occidentale de la France métropolitaine si l’on excepte le rocher de An Ividic à quelques encablures de l’île, sur lequel est ancré le phare de Nividic.

L’île est séparée de l’archipel de Molène par le passage du Fromveur, un froid et puissant courant marin (8 à 10 nœuds) résultant d’une faille locale de 60 m de profondeur.

Tout marin connaît cette île du Ponant, ultime escale avant les Amériques. « L'île haute », « l'île de l'épouvante », « l'île des naufragés », tous les marins connaissent ces effroyables surnoms, les perfides écueils qui la ceinturent, les brumes qui l'engloutissent un jour sur quatre, et les redoutables courants qui l'enserrent, tel le Fromveur, l'un des plus forts d'Europe. « Qui voit Ouessant voit son sang », nous dit le célèbre dicton breton[Note 1].

GéomorphologieModifier

Ouessant a une forme rappelant celle d’une pince de crabe, l’ouest de l’île se divisant en deux « branches » : la « branche » de Locqueltas au nord, se terminant par la pointe de Pern, et celle de Feunten Velen au sud, se terminant par la pointe de Porz Doun. Ces deux branches encadrent la baie de Lampaul, au fond de laquelle se trouve le bourg de Lampaul, unique agglomération de l'île. L'altitude maximale est de 61 mètres, l'altitude la plus basse étant évidemment celle du niveau de la mer.

À l’est, la baie du Stiff est la seule facilement accessible par la mer avec la baie de Lampaul et le petit port d'Arland. C'est d'ailleurs au fond de cette baie que se situe le port du Stiff, où accostent les navires à passagers ou à marchandises en provenance du continent.

Il faut attendre la marée basse pour découvrir les quatre plages de sable fin de l'île. La plus grande, celle du Corz, est lovée sous Lampaul, le seul bourg digne de ce nom. Car la centaine de hameaux répertoriés à Ouessant ne sont composés, le plus souvent, que de deux maisons ! Des fermettes en pierre, la plupart transformées en résidences secondaires pour les « gens du continent ». Seules 850 personnes habitent encore l'île à l'année, contre 2 500 en été.

GéologieModifier

Géologiquement, Ouessant est formée principalement de granulite grenue à gros grains dans sa moitié nord et de gneiss granulitique micacé, alternant avec des micaschistes, avec des filons de granulite grenue blanche dans sa moitié sud[1]. L'île possède aussi un gisement de graphite dans sa partie sud-ouest et des grenats dans sa partie sud.

La levée de gros galets basaltiques située à Porz Nenv près de l'ancien hameau de Pern seraient venus d'Islande, transportés par des icebergs lors des glaciations quaternaires et forment une plage suspendue, témoignant d'un niveau de la mer plus élevé lors des périodes de réchauffement interglaciaires.

L'archipel d'Ouessant-Molène est un morceau détaché de l'anticlinal du Léon, formé de granites d'époque archéenne et carbonifère, que l'on peut subdiviser en deux parties : la première, composée de la seule île d'Ouessant, est séparée du continent depuis très longtemps ; la seconde, qui comprend Molène et les îles de son archipel, dont la séparation d'avec le continent est récente. Une ancienne barrière granitique unissait les îles de l'archipel de Molène au continent au niveau de l'actuel chenal du Four ; cette barrière s'abaissa lentement, provoquant un ennoiement progressif dont des forêts submergées comme on en retrouve des traces dans l'anse de Goulven ou à Tréompan, des monuments mégalithiques engloutis et des légendes de villes englouties (Ys, Tolente)[2].

« L'archipel d'Ouessant est constitué d'un ensemble d'îles dont les plus importantes sont, à partir de la pointe Saint-Mathieu, les îles de l'archipel de Molène : Béniguet, Quéménès, Trielen, Molène, Balanec, Bannec, et enfin Ouessant. À ces îles, il faut ajouter une infinité d'îlots, hauts fonds, récifs, parties émergentes d'un vaste plateau sous-marin, limité à l'Ouest par Ouessant et au sud par la chaussée des Pierres Noires. Cette ligne de rochers, matérialisée par un phare du même nom, s'ouvre sur la rade de Brest et la baie de Douarnenez. Cet archipel ne ménage, entre les îlots et récifs, que d'étroits passages peu profonds hérissés d'écueils et réservés à la navigation locale. Par contre au Nord, le chenal du Four permet de communiquer avec l'Iroise en longeant le continent : malgré son étroitesse, il peut être emprunté par tous les navires car les courants suivent la direction du chenal ; les récifs des Plâtresses le séparent du chenal de la Helle, autre passage permettant d'éviter les dangers de l'archipel[3]. »

Signalisation maritimeModifier

L’île d’Ouessant compte les phares suivants : Kéréon, La Jument, Nividic, Le Créac’h et Le Stiff ainsi que la tour-sémaphore homonyme du CROSS contrôlant le rail d'Ouessant.

BibliographieModifier

NotesModifier

  1. Le célèbre dicton des îles du ponant au complet est : « Qui voit Molène, voit sa peine. Qui voit Ouessant voit, son sang. Qui voit Sein, voit sa fin. Qui voit Groix, voit sa croix. »

RéférencesModifier

  1. Charles Barrois, Notice explicative de la feuille géologique de Plouguerneau et Ouessant, 1893, Bulletin de la Société des sciences naturelles de l'Ouest de la France, 1894, [lire en ligne]
  2. Camille Vallaux, Sur les oscillations des côtes occidentales de la Bretagne, "Annales de Géographie", janvier 1903, [lire en ligne]
  3. Nicole Le Pourhiet-Salat, La défense des îles bretonnes de l'Atlantique, des origines à 1860, Vincennes, Service Historique de la Marine, 1983, 2 volumes, XLV-375 pages, XXV planches.
  4. Quéniart Jean. Françoise Péron. Ouessant, l'île sentinelle., Annales de Bretagne et des pays de l'Ouest, 1986, vol. 93, n° 3, pp. 361-362.

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