Ouvrir le menu principal
Page d'aide sur l'homonymie Pour l’article homonyme, voir Détroit d'Ormuz.

Ormuz
هرمز (fa)
Plage de Khezr, Île d'Ormuz, Golfe Persique, Iran
Plage de Khezr, Île d'Ormuz, Golfe Persique, Iran
Géographie
Pays Drapeau de l'Iran Iran
Coordonnées 27° 04′ 00″ N, 56° 28′ 00″ E
Superficie 42 km2
Point culminant 186
Administration
province Hormozgan
Autres informations

Géolocalisation sur la carte : golfe Persique

(Voir situation sur carte : golfe Persique)
Ormuz
Ormuz

Ormuz est une île iranienne située dans le détroit d'Ormuz. Elle dispose d'une importance stratégique de par sa position au débouché du golfe Persique.

Sommaire

ToponymieModifier

L'île d'Ormuz, ou Hormuz, \ɔʁ.muz\ , du persan [1]هر مز tire son nom du chef lieu d'une principauté continentale arabo-persane, qui se situait sur la rivière de Mināb. Connue depuis l'Antiquité, Hormuz était une importante place marchande, qui assurait le débouché commercial du Kirmān[2]. Mais les attaques Turco-mongoles obligèrent le prince d'Hormuz au début du XIVe siècle à déplacer sa capitale sur l'île de Djārūn, aujourd'hui connue sous le nom d'île d'Ormuz, ou Hormuz[3].

GéographieModifier

Topographie et environnementModifier

L'île d'Ormuz est située à l'entrée du détroit du même nom entre le Golfe Persique et la mer d'Oman, à deux kilomètres au sud-est de Bender Abbas, sur la côte iranienne[4]. De forme ovale, son périmètre est de 17 km et sa superficie de 42 km². C'est une île volcanique dont le point culminant au milieu de l'île atteint 186 m[5]. Le littoral Sud et Est de l'île est caractérisé par une côte haute abrupte liée à son origine volcanique. Le littoral Nord et Ouest est quant à lui caractérisé par une plaine littorale basse de sable. En été, l'île est caractérisée par un climat très chaud et sec sans précipitations, qui rend la végétation rare.[6]

HistoireModifier

XIVe-XVIe : Ormuz capitale de royaumeModifier

Du XIVe au début du XVIe siècle, l'île d'Ormuz eu un rôle très important dans le commerce maritime du Golfe Persique, en tant que capitale d'un royaume sous les rois d'Ormuz (Muluk-i Hurmuz)[7]. C'était ici qu'étaient centralisées toutes les marchandises en provenance d'Inde. L'influence du royaume s'étendait sur toutes les îles du Golfe, le littoral et sur la côte de l'Omān. La capitale était située sur la plaine littorale et était peuplée de 40 000 habitants. [2]

Occupation portugaiseModifier

Article connexe : Campagne ottomane contre Ormuz.

En 1507, le navigateur Afonso de Albuquerque après avoir conquis l'île de Socotra dans l'océan Indien négocie avec le souverain d'Ormuz la passation de l'île sous suzeraineté portugaise, assurant ainsi à ces derniers le contrôle de l'entrée du golfe Persique. Il entreprend la construction d'un fort mais doit abandonner ce projet en raison de la défection de certains de ses officiers et de résistances locales[8]. Cette île fut l'un des principaux points d'ancrage de l'Empire colonial maritime Portugais[2], qui leur permettait de faire le lien avec leur Empire Asiatique[9] et de contrôler les navigations dans l'Océan Indien[10]. On comprend donc que la position de cette île revêt une importance stratégique et commerciale de premier plan dans le contrôle des routes maritimes.

Les Ottomans tentent en 1552 la conquête l'île, non pas en partant de Bassorah, au fond du golfe Persique qui est sous leur contrôle mais où ils n'ont pas établi de base navale, mais depuis Suez de l'autre côté de la péninsule Arabique[11]. La flotte ottomane dirigée par l'amiral Piri Reis parvient au large d'Ormuz en septembre 1552 après avoir parcouru environ 5 500 km en cinq mois, soit à peu près cinq fois la distance entre l'île et Bassorah. L'épuisement des troupes ottomanes, ainsi que la pénurie de poudre à canon, sont des facteurs explicatifs de leur échec face aux défenseurs portugais[11].

En 1622, l'Angleterre, alliée aux Perses séfévides du shāh 'Abbās[2] met fin à la domination portugaise. Ainsi, le 19 février, six navires anglais de la Compagnie anglaise des Indes orientales accompagnés d'une multitude de petites embarcations transportent sur l'île 3 000 soldats perses sous la direction d'Iman Qouli Khan Undiladzé[12]. Après un long siège, les Portugais capitulent le 22 avril suivant et le Shah rase la ville.Trois ans plus tard, en 1925, les Portugais tentent de retrouver leur pouvoir sur l'île mais en sont empêchés par les Anglais alliés avec les Pays-Bas[9].

ÉconomieModifier

Ressources naturellesModifier

Le dynamisme lié au commerce maritime de l'île d'Ormuz fut néanmoins rapidement dépassé par la côte iranienne et le port de Bandar 'Abbās. L'île ne compte aujourd'hui que sur l'exploitation de ses ressources naturelles[2]. L'Iran exploite aujourd'hui cette île pour de nombreuses ressources naturelles comme l'ocre, le minerai de fer qui donne une couleur rouge particulière à la boue, le minerai de cuivre, d'argile verte. Ces ressources sont destinées à l'exportation[2].

TourismeModifier

On peut visiter les ruines de Nahr-e Qadîm situées au Nord de l’île, près de la citadelle portugaise, et qui furent construites à l’époque des sassanides[4].

AccèsModifier

Cette île est accessible en bateau à partir de l'embarcadère du port de Bandar Abbas. La fréquence des bateaux varie selon la saison[13].


ImagesModifier

Notes et référencesModifier

  1. « Ormuz — Wiktionnaire », sur fr.wiktionary.org (consulté le 2 avril 2019)
  2. a b c d e et f Encyclopædia Universalis, « ORMOUZ ou HORMUZ », sur Encyclopædia Universalis (consulté le 2 avril 2019)
  3. Encyclopædia Universalis, « ORMOUZ ou HORMUZ », sur Encyclopædia Universalis (consulté le 2 avril 2019)
  4. a et b « Les îles iraniennes du golfe Persique - La Revue de Téhéran | Iran », sur www.teheran.ir (consulté le 2 avril 2019)
  5. « Les îles iraniennes du golfe Persique - La Revue de Téhéran | Iran », sur www.teheran.ir (consulté le 2 avril 2019)
  6. « Les îles iraniennes du golfe Persique - La Revue de Téhéran | Iran », sur www.teheran.ir (consulté le 2 avril 2019)
  7. Mohammad Bagher Vosoughi, « The Kings of Hormuz: From the Beginning until the Arrival of the Portuguese », dans The Persian Gulf in History, Palgrave Macmillan US, (ISBN 9780230612822, lire en ligne), p. 89–104
  8. The New Cambridge modern history, Cambridge University Press, (ISBN 0521345367, lire en ligne), p. 662
  9. a et b Uzi Rabi et Jean-François Daguzan, « La présence britannique dans le Golfe : de la genèse au retrait de 1971 », Maghreb - Machrek, vol. 205, no 3,‎ , p. 123 (ISSN 1762-3162 et 2271-6815, DOI 10.3917/machr.205.0123, lire en ligne, consulté le 2 avril 2019)
  10. Frédéric Tinguely, « Le moment persan », Dix-septième siècle, vol. 278, no 1,‎ , p. 3 (ISSN 0012-4273 et 1969-6965, DOI 10.3917/dss.181.0003, lire en ligne, consulté le 2 avril 2019)
  11. a et b (en)Soucek 2008, p. 89.
  12. (en)Soucek 2008, p. 82.
  13. « île d'Ormuz » (consulté le 2 avril 2019)

BibliographieModifier

  • (en) Svat Soucek, « The Portuguese and the Turks in the Persian gulf » in Studies in ottoman naval history and maritime geography, Istanbul, The Isis press, coll. « Analecta isisiana n°102 », , 255 p. (ISBN 9789754283655)