Étienne de Tournai

Étienne de Tournai, né le 18 février 1128 à Orléans et mort en 1203 à Tournai (Belgique), était un chanoine régulier de Saint-Victor, homme de lettres, auteur spirituel et juriste influent. Abbé de Sainte-Geneviève à Paris il est élu évêque de Tournai en 1191. Il le reste jusqu’à sa mort en 1203.

Étienne de Tournai
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BiographieModifier

Né à Orléans, Etienne fait d’excellentes études de lettres à l'école cathédrale d'Orléans et de droit à l’université de Bologne en Italie (1145-1150). Vers 1155 il devient chanoine régulier victorien à Saint-Euverte (Orléans) dont il devient abbé en 1167. Plus tard, à partir de 1176, il dirige l’abbaye victorienne de Sainte-Geneviève, à Paris. Il est élu évêque de Tournai en 1191.

Comme évêque il met ses connaissances juridiques au service du diocèse de Tournai. Il est bon administrateur. Réformateur et zélé dans le domaine de la discipline ecclésiastique, il défend également les droits de l’Église contre les tentations du pouvoir régalien, en particulier celui de Philippe-Auguste.

Il donne une grande proéminence à la vie religieuse, particulièrement monastique, estimant que seuls les grands ordres fournissent le cadre adéquat - vie régulière, solide et austère - à une formation ecclésiastique. Pour autant que l’on choisisse une vie plus stricte il admet facilement que l’on passe d’un ordre à l’autre. Il écrit une longue lettre à un ami qui après 40 ans de vie active décide de se faire ermite. Il regrette la perte d’un collaborateur mais fait l’éloge de son choix pour l’érémitisme.

ŒuvresModifier

  • Le juriste qu’est Etienne de Tournai a rassemblé un ensemble de décrets et lois ecclésiastiques, la Summa Decreti, qui a fait longtemps autorité. Publié dans la Patrologie Latine de Migne (Vol.211, col.575-580) elle permet de comparer les idées juridiques des universités de Paris et Bologne.
  • Il a surtout laissé à la postérité un grand nombre de lettres, un genre littéraire en lequel il excelle. On y perçoit sa conception de la vie religieuse, certainement supérieure à la vie dans le monde. Lui-même se considère inférieur à un ermite. Cependant il garde un idéal d’équilibre religieux. Il n'est pas nécessaire d’imiter les jeûnes et austérités extrêmes des pères du désert. Il suggère plutôt la voie mesurée de Saint Augustin. Pas de prières trop longues et démonstratives, mais un équilibre entre l’oraison, la lecture et la réflexion. (Patrologie latine de Migne, Vol.211, col.309-561).
  • Parmi ses lettres, certaines sont adressées à de grands personnages scandinaves tels que Knut VI de Danemark. Etienne y demande par exemple la restitution de biens volés par les vikings à Sainte-Geneviève à Paris au milieu du IXe siècle (Patrologie latine de Migne, Vol.211, col.437-441).
  • Ses sermons (une soixantaine) montrent l’importance qu’il donne à la discipline et reforme des religieux et des chanoines réguliers en particulier. la vie religieuse (Patrologie latine, de Migne, vol.211, col. 567-574).

BibliographieModifier

  • Lettres d'Etienne de Tournai, nouvelle édition par l'Abbé Jules Desilve, Valenciennes : Lemaître ; Paris : A. Picard, 1893. (lire en ligne)
  • J. Warichez : Étienne de Tournai et son temps, 1128-1203, Tournai-Paris, 1937.
  • Ph. Delhaye: Morale et droit canonique dans la ‘Summa’ d’Étienne de Tournai in Studia Gratiana, vol.1 (1953), pp. 435–449.
  • Chr. Van den Steen : Étienne de Tournai, ses relations, sa vie quotidienne, essai de biographie et de bibliographie (mémoire universitaire) Université de Louvain 2 + 1 vol. (1972)

Liens externesModifier