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Étienne Vincent de Marniola

haut fonctionnaire français du Premier Empire

Étienne Vincent de Magnolas
Illustration.
Buste d'Étienne Vincent de Margnolas[Note 1], Joseph Chinard, 1809 (Salon de 1810), Frick Collection, New York
Fonctions
Préfet du Pô
(Drapeau de l'Empire français Empire français)
Prédécesseur Pierre Loysel
Successeur Alexandre de Lameth
Biographie
Date de naissance
Lieu de naissance Lyon
Date de décès (à 27 ans)
Lieu de décès Paris
Nationalité Drapeau de la France France
Préfets napoléoniens

Étienne Vincent de Margnolas est un haut fonctionnaire français sous le Premier Empire, né à Lyon le et mort le à Paris[1].

Sommaire

BiographieModifier

Issu d'une riche famille de robe, Etienne Vincent de Margnolas était le fils de Claude-Aimé, exécuté pendant la Terreur. Pour sa sécurité, après la mort de son père, Étienne dut quitter la France, comme bon nombre d'autres nobles qui ne pouvaient que craindre pour leur vie en restant sur le territoire français. Il fut alors déguisé en jeune paysan, fit ses adieux à sa famille désolée et partit en Suisse à Lausanne. Il y passa plusieurs années, ainsi qu'à St Maurice en Valais, à Constance et à Venise. Il y fut confié à son oncle, M. l'Abbé Vincent, ancien vicaire général des diocèses de Vienne et de Lyon, qui le couvrit de tendresse et lui dévoua tous ses soins.

Adolescent, ses principes étaient formés. Il reçut une bonne éducation et suivit des études, marqués par le souvenir de son père toujours présent dans sa mémoire, ce qui était sa force mais aussi sa consolation.

A l'age de quinze ans, il rentra rapidement en France car sa présence était nécessaire pour la conservation de sa fortune. Pendant le peu de temps qu'il resta en France, il inspecta ses affaires avec une sagacité et une profondeur dont les personnes les plus expérimentée furent étonnées. Il retourna ensuite à Venise pour continuer ses études, auprès de son oncle.[2]

Il revint en France à la fin de la révolution à l'âge de 18 ans, où il fut rendu définitivement à sa famille.

En 1804 il résolut de visiter l'Italie avec son ami et cousin germain, le Marquis Jean Pierre Montaigne de Poncins. Ils furent reçus et hébergés un long moment par le Cardinal Fesch, alors ambassadeur, avant de visiter le reste de l'Italie.

Il devint à son retour administrateur des hospices de Lyon quand il fut appelé au Conseil d'État.

Auditeur le 11 février 1806, il fut attaché au ministère des Finances (1806-1807). Rattaché à la commission du contentieux en 1807, il fut nommé, le 18 mai de cette même année, commissaire de l'Empereur près de la commission de gouvernement de Varsovie (Duché de Varsovie), d'où Louis Nicolas Davout, qui sut apprécier son travail, écrivait à l'Empereur en  :

« [...] qu'il réunit à une très bonne tête, beaucoup d'instruction, un cœur très chaud, de la dignité [...] »

— Correspondance du Maréchal Davout, tome II, p. 96

Par décret du 11 juillet 1807, il devint Chevalier de la Légion d'Honneur.

La paix ayant été conclue à Tilsitt, et le gouvernement provisoire de la Pologne étant dissous, l'Empereur nomma Étienne son résident dans le Grand Duché de Varsovie. Les Polonais lui apportèrent toutes leurs affections et le Maréchal duc d'Auerstaedt, l'appréciant lui adressa ses paroles : « Vous serez sûrement bientôt préfet. Si j'ai un souhait à former, c'est que vous le soyez dans mon département. »

Devenant un personnage très influant et apprécié, il fut reçu par le roi de Saxe en déplacement à Varsovie qui lui offrit une boite ornée de brillants.

Peu de temps après, il apprit la triste nouvelle de la mort de son oncle Vincent chéri qui l'avait accueilli pendant son exil. Cette nouvelle le rendit profondément triste, ne trouvant aucun réconfort près de lui, sa famille étant si loin...

En novembre 1807 il reçut une lettre du ministre des relations extérieures le rappelant en France.

Il est ensuite nommé préfet du Pô en .

Apprécié pour ses services, il fut, cas exceptionnel, nommé directement conseiller d'État en service extraordinaire (18 février 1809) et chargé de la correspondance du 3e arrondissement de la police générale (« départements au delà des Alpes ») (1er avril 1809).

 
Plaque du caveau dans lequel est enterré Étienne Vincent-Marniola, au cimetière de Beynost : Famille Vincent de Margnolas.

Sa mort prématurée par maladie (fluxion de poitrine avec une forte fièvre)[3] vint interrompre ce brillant début de carrière. Étienne Vincent de Margnolas est enterré au cimetière de Beynost, dans le caveau familial.

Ascendance et postéritéModifier

Étienne Vincent de Margnolas était le fils de Claude Aimé Vincent de Margnolas (°  - Saint-ÉtienneExécuté le 27 frimaire an II () - Lyon), seigneur de Margnolas, conseiller secrétaire du roi.

Sa veuve, héritière fortunée du préfet[Note 2], se remaria, le à Paris, avec Just Pons Florimond de Faÿ de La Tour-Maubourg (1781-1837), marquis de La Tour-Maubourg. Elle est à l'origine de la construction de la quatrième chapelle de l'église Saint-Julien de Beynost ou elle fait déplacer le corps d'Étienne-Aimé Vincent, son fils, mort en bas-âge[4].

ArmoiriesModifier

Figure Blasonnement
Armes du chevalier Vincent de Margnolas et de l'Empire (titre de chevalier de l'Empire, accordé à la suite du décret du 11 juillet 1807 le nommant membre de la Légion d'honneur, lettres patentes du 5 octobre 1808 (Erfurt)).

D'argent, à la bande de gueules, au signe des chevaliers, accompagnée à sénestre de deux grappes de raisin au naturel surmonté d'un soleil plein d'azur et adextré d'une tour crénelée et ouverte d'azur, maçonnée de sable.[5]

  • Livrées : les couleurs de l'écu ; le verd dans les bordures seulement[5].
Titre de comtesse accordé à Marie, Caroline de Perron de Saint-Martin (née le à Turin), veuve, et Titre de comte accordé à Etienne, Aimé Vincent de Margnolas (né le à Paris), fils unique d'Etienne Vincent de Margnolas, par décret du . Les Tuileries ().

Ecartelé, au premier des comtes conseillers d'État, au deuxième d'argent à la tour d'azur, crénelée de trois pièces ouverte du champ, ajourée et maçonnée de sable, surmontée d'un soleil d'azur et accompagnée de deux grappes de raisin de pourpre tigée et feuillée de sinople ; au troisième à l'écureil assis au naturel soutenu de sinople ; au quatrième, contre écartelé au premier et quatrième losangé d'azur et d'or au deuxième et troisième de gueules plein.[5]

  • Livrées : les couleurs de l'écu, le verd en bordure seulement[5].

Notes et référencesModifier

NotesModifier

  1. Le buste, demeuré dans la famille de l'artiste, réapparut à l’occasion de la vente du château de Launay en Bourgogne en 1997, recouvert d’une patine couleur bronze datant sans doute de la fin du XIXe siècle. Selon le communiqué de la Frick Collection, il avait peut-être été commandé pour célébrer la nomination du modèle au Conseil d'État, la mort de celui-ci ayant empêché la traduction en marbre.
  2. Dans ses mémoires, le comte de Basterot note qu'elle avait hérité de la moitié de la fortune de son premier mari qui percevait 150 000 Francs de rentes annuelles, somme considérable pour l'époque. Cf. F. J. de Basterot : Souvenir d’Enfance et de Jeunesse.

RéférencesModifier

  1. « Etienne Vincent de Margnolas » (consulté le 13 novembre 2011).
  2. Marquis Montagne de Poncins, Éloge funèbre de M. Etienne Vincent de Margnolas
  3. Collection du Bulletin de Lyon, , p. 322
  4. Ouvrage collectif, Richesses touristiques et archéologiques du canton de Miribel : Miribel, Beynost, Neyron, Saint-Maurice-de-Beynost, Thil, , 207 p. (ISBN 2-907656-27-9), p. 83.
  5. a b c et d « BB/29/970 page 244. », Titre de chevalier accordé à Etienne Vincent de Marniola, à la suite du décret du le nommant membre de la Légion d'honneur. Erfurt ()., sur chan.archivesnationales.culture.gouv.fr, Centre historique des Archives nationales (France) (consulté le 4 juin 2011). Erreur de référence : Balise <ref> non valide ; le nom « PLEADE » est défini plusieurs fois avec des contenus différents

Voir aussiModifier

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Eloge funèbre de M. Etienne Vincent de Margnolas par le Marquis Montagne de Poncins

Articles connexesModifier

Liens externesModifier