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Étienne Dumont (juriste)

personnalité politique suisse
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Étienne Dumont et Dumont.
Étienne Dumont
ÉtienneDumontParReynoldsGravéParWitteMartin1861.jpg
Portrait par Samuel William Reynolds
gravé par Henry Witte Martin en 1861.
Biographie
Naissance
Décès
Nom de naissance
Pierre Étienne Louis Dumont
Nationalité
Coat of Arms of Geneva.svg genevoise, puis Drapeau : Suisse suisse dès 1815
Activités

Étienne Dumont (1759-1829), né Pierre Étienne Louis Dumont, est un traducteur, écrivain et juriste suisse.

BiographieModifier

Pierre-Étienne-Louis Dumont[1], dit Étienne, est né le [a] à Genève. Il est le fils d'Abraham-David Dumont, qui exerce la profession de joailler et sa mère, née Louise Esther d'Illens, dirige un pensionnat[2]. Son père meurt, en 1762, et sa mère élève seule ses cinq enfants. Étienne Dumont fait ses études au collège tout en aidant financièrement sa mère en donnant des leçons en qualité de répétiteur. Puis il entre à la faculté de théologie de Genève[2] et c'est 24 ans, en 1783, qu'il est consacré pasteur de l'Église calviniste[1].

Le jeune pasteur, un « républicain de cœur, un libéral modéré, favorable aux opinions démocratiques qui cherchent alors à s'imposer », fait des prédications qui marquent. Sa critique de l'ambition et de ces conséquences néfastes, bien que subtile, provoque les notables, notamment les magistrats genevois. Face aux pressions, cherchant à lui faire amender son discours, il préfère s'éloigner plutôt que polémiquer ou plier[3]. En 1784, Étienne Dumont quitte Genève, avec sa mère, pour rejoindre Saint-Pétersbourg, où habitent trois de ses sœurs et devient pasteur de la communauté française de l'Église réformée. En 1785, plus d'un an depuis son arrivée, après une déception amoureuse, il reçoit de son ami François d'Ivernois, une invitation rejoindre l'Angleterre pour s'occuper de l'éducation de John Henry Petty, fils de William Petty, ancien premier ministre du Royaume-Uni[1].

Étienne Dumont accepte, et le il arrive à Londres[1]. En 1788, il reçoit, pour avis, un ouvrage écrit en français dont il ne connait pas l'auteur. Par courrier il retourne son avis :« je répondis très-naïvement que le français était plein de fautes, de barbarismes, et défigurait un ouvrage d'ailleurs très-bon ». Quelques jours plus tard, l'auteur Jeremy Bentham, accompagné d'un groupe d'amis, arrive en souriant et le remercie pour cet avis sincère et réaliste. C'est le point de départ d'une profonde amitié et d'une relation de travail de longue durée[4].

En 1789, il revint en France et se mit en relation avec Mirabeau, rédigea pour lui plusieurs discours et l'aida dans la publication du Courrier de Provence. Ce fut durant cette période de sa vie que Monsieur Dumont acquit de profondes connaissances sur les plus hautes fonctions de la politique et de la législation[4].

Il alla quelques années après s'établir en Angleterre (1791) où il lia une étroite amitié avec Samuel Romilly et travailla avec Jeremy Bentham, dont il fut le collaborateur pendant plus de vingt ans. Sa célébrité fut acquise dès ses premières publications et lors d'un nouveau voyage en Russie, il reçut l'offre d'Alexandre 1er de collaborer à la révision des lois russes mais refusa afin de ne pas sacrifier à ses propres opinions.

La chute de l'Empire français rendit Genève indépendant et M. Dumont rentra à Genève en 1814. Appelé par le suffrage de ses concitoyens, il y fut nommé membre du Conseil souverain[b] et fit adopter un code pénal conforme aux principes de Bentham. A Genève, il fut l'un des fondateurs de la Société de lecture et fut un des membres actifs pour l'érection d'un monument en l'honneur de Jean-Jacques Rousseau[5].

Il fit en outre paraître une série de Lettres sur Bentham (dans la Bibliothèque britannique, vol. V-VII) et publia en français, en 1791, le texte de Bentham sur le panoptique.

Étienne Dumont, meurt à Milan le [2]

Ses Souvenirs sur Mirabeau, sont publiés, à titre posthume, en 1831.

ŒuvresModifier

Les ouvrages qu'il a rédigés pour exposer ses doctrines sont :

  • Traité de législation civile et pénale, 1802 ;.
  • Théorie des peines et des récompenses, 1812 ;
  • Tactique des assemblées délibérantes, 1816 ;
  • Traité des preuves judiciaires, 1823 ;
  • De l'organisation judiciaire et de la codification, 1828.
  • Observations sur prison pénitentiaire 1829

HommageModifier

  • Le , à Genève, la « rue des Belles-Filles » est renommée « rue Étienne Dumont », dans cette rue est posée une plaque en marbre où il est gravé : « Étienne Dumont - Publiciste, Collaborateur de Mirabeau et de Bentham Auteur d'un Règlement du Conseil représentatif et du Code de Police pénale du Canton de Genève »[6].

Notes et référencesModifier

NotesModifier

  1. Le dictionnaire historique de la Suisse indique pour sa naissance la date du 18 janvier 1759[2], mais d'autres sources donnent le 18 juillet 1759[1].
  2. Il s'agit du Conseil souverain de Genève.
  • Cet article comprend des extraits du Dictionnaire Bouillet. Il est possible de supprimer cette indication, si le texte reflète le savoir actuel sur ce thème, si les sources sont citées, s'il satisfait aux exigences linguistiques actuelles et s'il ne contient pas de propos qui vont à l'encontre des règles de neutralité de Wikipédia.

RéférencesModifier

  1. a b c d et e Delisle 1999, p. 175.
  2. a b c et d Zogmal 2006, fiche web.
  3. Delisle 1999, p. 174-175.
  4. a et b Delisle 1999, p. 174.
  5. Journal de Genève, le 22 octobre 1829, Nécrologie
  6. Delisle 1999, p. 172.

Voir aussiModifier

BibliographieModifier

  • Jean Delisle, « Étienne Dumont, ou l'esprit cartésien au service du jurisconsulte Jeremy Bentham », dans Portraits de traducteurs, University of Ottawa Press, coll. « Regards sur la traduction », (ISBN 9782760319721, lire en ligne).
  • Emmanuelle de Champs, « Religion, politique et utilité chez Jeremy Bentham », Archives de philosophie, t. 78, no 2,‎ , p. 275-290 (lire en ligne, consulté le 2 janvier 2019).

WebographieModifier

Liens externesModifier