Étienne-Benjamin Deschauffours

Homme français condamné à être brûlé vif pour « sodomie »
Étienne-Benjamin Deschauffours
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Condamné pour

Étienne-Benjamin Deschauffours (Viviers, vers 1690 – Paris, ) est un homme français ardéchois de la première moitié du XVIIIe siècle condamné à être brûlé vif pour « sodomie »[1],[2].

Crimes, arrestation et procèsModifier

Benjamin Deschauffours est né à Viviers (Ardèche), « dans le Languedoc »[3], fils d'Abraham Deschauffours et Judith d'Artillac[4]. Lors de son arrestation en juillet 1725, il se donne l'âge de « 36 ans environ » : il a donc vu le jour vers 1690 [5].

Outre le crime de sodomie et autres « péchés contre la nature », il est accusé d'avoir enlevé de jeunes garçons, de les avoir vendus à des aristocrates et même d'en avoir tué un[6].

Arrêté en juillet 1725, il est emprisonné à la Bastille. Son procès entraîne l’audition de nombreux témoins. Les autorités souhaitent étouffer l'affaire car parmi les quelque 200 hommes impliqués figurent l'évêque de Laon et un comte, chevalier de l'ordre du Saint-Esprit. Mais par cet exemple, le lieutenant général de police de Paris effraie des personnages haut placés qu'il ne peut poursuivre[6].

Le vendredi , Deschauffours est condamné à être brûlé en place de Grève. L'exécution a lieu le jour même, à huit heures du soir. On l'étrangle avant de le brûler, comme accordé par le retentum du jugement. Mais un témoin digne de foi rapporte l'avoir vu faire un mouvement « plutôt violent » quand les flammes l'ont atteint[7].

Notes et référencesModifier

  1. Jugement à mort rendu par Monsieur Herault, lieutenant général de police de la ville, prevosté et vicomté de Paris… (1726, 2 p.) disponible sur Gallica
  2. Collection des lois, ordonnances et règlements de police depuis le 13e siècle jusqu'à l'année 1818, vol. 3 : 1719-1730, Lottin, (lire en ligne), p. 377.
  3. Jim Chevallier 2010, p. 112
  4. Jim Chevallier 2010, p. 113.
  5. son acte de baptême est introuvable dans les registres paroissiaux de Viviers (Saint-Laurent et Cathédrale). Les prénoms des parents (Abraham et Judith), typiques de la religion réformée, indiquent une naissance protestante. Mais les registres protestants sont absents pour Viviers.
  6. a et b (en) Louis Crompton, Homosexuality and Civilization, Harvard University Press, (lire en ligne), p. 449.
  7. Jim Chevallier 2010, p. 161.

BibliographieModifier

  • (en) Jim Chevallier, The Old Regime Police Blotter II : Sodomites, Tribads and « Crimes Against Nature », Chez Jim, (ISBN 9781434819413, lire en ligne)

AnnexesModifier

Articles connexesModifier