Ouvrir le menu principal

État policier

État qui, pour maintenir et faire respecter les prérogatives du pouvoir politique, utilise la police, en particulier la police secrète, et de manière générale la surveillance policière


Un État policier est un gouvernement qui exerce son pouvoir de manière arbitraire par le biais des forces policières .

DescriptionModifier

À l'origine, un État policier est un état régi par une administration civile, mais depuis le début du XXe siècle, il a « pris un sens émotionnel et péjoratif » en décrivant un état de vie indésirable caractérisé par la présence dominante des autorités civile[1]. Les habitants d’un État policier peuvent être confrontés à des restrictions à leurs libertés d'expression, de déplacement, ou de diffusion d'opinions politiques ou autres, qui font l'objet d'une surveillance ou d'une répression policière. Le contrôle politique peut être exercé au moyen d'une force de police secrète opérant en dehors des limites normalement imposées par un État de droit [2].

Robert von Mohl, qui a introduit pour la première fos la notion d'État de droit dans la jurisprudence allemande, a comparé la Rechtsstaat ( État "légal" ou "constitutionnel") avec la Polizeistaat anti-aristocratique (État policier)[3].

Étymologie et usageModifier

L’Oxford English Dictionary retrace l'origine de l'expression « Etat policier » dès 1851, en référence au recours à une force de police nationale pour maintenir l'ordre en Autriche[4]. Le terme allemand Polizeistaat est entré en usage anglais durant les années 1930, en référence aux gouvernements totalitaires qui avaient commencé à émerger en Europe[5].

D'après Brian Chapman, toute loi qui a pour effet d'entraver la liberté est considérée comme allant vers un État policier, tandis que toute loi limitant le contrôle exercé par le gouvernement sur la population est considérée comme allant vers un État libre[6]. Pour Raymond Carré de Malberg, « L’État de police est celui dans lequel l'autorité administrative peut, d'une façon discrétionnaire et avec une liberté de décision plus ou moins complète, appliquer aux citoyens toutes les mesures dont elle juge utile de prendre par elle-même l’initiative, en vue de faire face aux circonstances et d’atteindre à chaque moment les fins qu’elle se propose : ce régime de police est fondé sur l’idée que la fin suffit à justifier les moyens. À l’État de police s’oppose l’État de droit... »[7].

Un État policier électronique est un État dans lequel le gouvernement utilise de manière agressive les nouvelles technologies pour enregistrer, organiser, rechercher et distribuer des preuves médico-légales contre ses citoyens[8],[9].

Exemples historiques et actuelsModifier

Voir aussiModifier

Sur les autres projets Wikimedia :

RéférencesModifier

  • (en) Elise K. Tipton, The Japanese Police State: Tokko in Interwar Japan, A&C Black, , 14– p. (ISBN 9781780939742, lire en ligne)
  • (en) A Dictionary of World History, Market House Books, Oxford University Press, 2000.
  • (en) The Police State, Chapman, B., Government and Opposition, Vol.3:4, 428–440, (2007).
  • (en) Oxford English Dictionary, Third edition, January 2009; online version November 2010. ; accessed 19 January 2011.
  • (en) The New Police Science: The Police Power in Domestic and International edited by Markus Dubber, Mariana Valverde
  • (en) Police State (Key Concepts in Political Science), Brian Chapman, Macmillan, 1971.
  • Raymond Carré de Malberg, Contribution à la théorie générale de l'État, Paris, Librairie de la Société du Recueil Sirey, 1920, p. 488.
  • "Police Checkpoints on the Information Highway", Computer underground Digest, Volume 6 : Issue 72 (14 August 1994), (ISSN 1066-632X), "The so-called 'electronic frontier' is quickly turning into an electronic police state."
  • The Electronic Police State: 2008 National Rankings, by Jonathan Logan, Cryptohippie USA.