Émilie Busquant

Émilie Busquant
une illustration sous licence libre serait bienvenue
Biographie
Naissance
Décès
Voir et modifier les données sur Wikidata (à 52 ans)
AlgerVoir et modifier les données sur Wikidata
Nationalité
Activité
Conjoint
Autres informations
Mouvement

Émilie Busquant, née à Neuves-Maisons et morte le [1] à Alger, est une personnalité française, militante anarcho-syndicaliste, féministe et anticolonialiste qui fut la compagne de Messali Hadj[2]. Selon certains historiens, elle serait à l'origine du drapeau algérien.

« Mère » discutée du drapeau algérienModifier

Selon Benjamin Stora, les couleurs du drapeau algérien sont choisies lors d'une réunion des dirigeants de l'Étoile nord-africaine au domicile de Hocine Benachenhou, dans le 13e arrondissement de Paris, en 1934 ; le drapeau est ensuite confectionné par Émilie Busquant, compagne de Messali Hadj, dans leur logis du 20e arrondissement[3]. Un autre historien, M. Yahia, précise qu'elle en a conçu la forme actuelle et définitive pour les manifestations du 14 juillet 1937, à Belcourt, où il apparaît pour la première fois tel qu'il est resté ; mais le même auteur n'écarte pas d'autres thèses, dont celle qui soutient que le drapeau algérien a été vu pour la première fois au siège parisien de l'Étoile nord-africaine en 1933, sans préciser qui lui a donné sa forme[4]. Quoi qu'il en soit, le 14 juillet 1939, Émilie Busquant, avec Mohamed Khider et Mohamed Douar, défile en tête du cortège organisé par le PPA derrière le drapeau algérien[5]. L'emblème est adopté le 3 avril 1962 par le gouvernement provisoire de la République algérienne (GPRA) et officialisé par la loi du 25 avril 1963.

À la mort d'Émilie Busquant, Messali Hadj n'est pas autorisé à assister à ses obsèques. Le 9 octobre 1953, il prononce un discours aux peuples algériens et français, devant la tombe de sa femme à Neuves-Maison, appelant à « construire une société plus humaine, plus juste où la liberté ne sera pas un vain mot »[1].

Selon le témoignage de son petit-fils Chakib Belkalafat au quotidien El Khabar, Émilie Busquant a laissé des mémoires. Elle n'est pas reconnue officiellement en tant que militante de la cause nationale pour l'indépendance de l'Algérie[6].

Emilie Busquant est enterrée (ainsi que leur fils Ali Messali 1930-2008) dans l'allée de la Lavande du cimetière de Neuves-Maisons en Meurthe et Moselle (54230) Lorraine.

CommentaireModifier

Selon Lou Marin, auteur de Albert Camus. Écrits libertaires (1948-1960) : « L’épouse de Messali, Émilie Busquant, fut anarcho-syndicaliste, fille d’un mineur anarcho-syndicaliste de Lorraine. C’est elle qui a introduit Messali Hadj au milieu anarcho-syndicaliste français. Il se sentait parmi ce milieu comme « chez soi » et a adopté une stratégie d’atteindre l’indépendance d’Algérie en s’alliant avec les courants les plus radicaux du mouvement ouvrier français. »[7]

Notes et référencesModifier

  1. a et b Stora 1985, article « Busquant Émilie », p. 79-80.
  2. Benjamin Stora, « Messali Hadj raconté par sa fille », sur Médiapart, 21 mai 2013.
  3. Stora 1985, article « Benachenhou Hocine », p. 74.
  4. B. Houda, « Le vert, le blanc, l’étoile et le croissant : Qui a conçu le drapeau algérien ? », El Watan, no 2052 du 20 août 1997.
  5. Jacques Simon, Algérie : le passé, l'Algérie française, la révolution, 1954-1958, p. 474.
  6. Nabila Sandjak, El Khabar, 16 janvier 2010.
  7. pwll & Sebastian Kalicha, Albert Camus et la pensée libertaire : une entrevue avec Lou Marin, La tomate noire, 28 avril 2014, texte intégral.

AnnexesModifier

BibliographieModifier

  • Mohamed Benchicou, La parfumeuse ou La vie occultée de Madame Messali Hadj, Riveneuve éditions, 2012, 267 p. (ISBN 9782360131150)
  • Djanina Benkelfat-Messali, Une vie partagée avec mon père, Messali Hadj, Riveneuve éditions, 2013, 394 p. (ISBN 9782360131488)
  • Benjamin Stora, Dictionnaire biographique de militants nationalistes algériens, L'Harmattan, , 404 p. (ISBN 9782296340923)
  • Rachid Mokhtari, La parfumeuse : interview de Mohamed Benchicou à l'Est républicain, Le Matin (Algérie)/L'Est républicain, 25 juillet 2012, texte intégral.
  • Rabah Zanoun, « Emilie Busquant, une passion algérienne », documentaire, France, 2014, 52 min

NoticeModifier

Article connexeModifier

Liens externesModifier