Émilie-Sophie de Montullé

peintre française

Émilie-Sophie de Montullé, marquise Turpin de Crissé, née le et morte le , est une artiste peintre française.

Émilie-Sophie de Montullé
Titre de noblesse
Marquise
Biographie
Naissance
Décès
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ParisVoir et modifier les données sur Wikidata
Sépulture
Nationalité
Activité
Père
Mère
Conjoint
Enfant
Autres informations
Genre artistique
Père-Lachaise - Division 10 - Turpin de Crissé 01.jpg
Vue de la sépulture.

BiographieModifier

Émilie-Sophie de Montullé est la fille de Jean-Baptiste-François de Montullé ( - ) et d'Élisabeth Haudry (1727 - Paris, ). Le , elle épousa Henri Roland Lancelot Turpin de Crissé (Paris, - Philadelphie, avant 1799).

On a prétendu que la Société de la Table ronde, regroupant les meilleurs artistes du temps, siégeait dans sa maison parisienne de la rue de Bondy acquise en 1774[1]. Ce qui est plus certain, c'est que la marquise Turpin de Crissé fut introduite chez sa tante, Mme de Montecler, dans le salon qu'elle tenait rue du Cherche-Midi où elle recevait la « petite académie de peinture » que décrira Jacob-Nicolas Moreau. Elle pratiqua la miniature sur ivoire de 1789 à 1799 pour survivre durant la Révolution.

Son mari démissionna de l'armée alors qu'il était colonel du régiment de hussards de Bercheny au moment de la Révolution. Il acheta, pour s'y réfugier le , une maison à Seine-Port, puis de nouveaux bâtiments en 1792 afin d'établir une fabrique de faïence anglaise[2]. « En 1793 le citoyen Turpin de Crissé, ci-devant noble vendit son domaine (situé à Seine-Port près de Melun) à Gouverneur Morris, diplomate, qui avait représenté les États-Unis auprès de Louis XVI et de la république »[3]. Avec le fruit de la vente, la famille émigra en Angleterre d'où son mari parti seul en 1794 pour rejoindre les États-Unis[4]. Il y mourut seul, dans un dénuement total, probablement vers 1795 à Philadelphie.

« La marquise, restée seule avec son fils et sa fille vécut de la vente des miniatures qu'elle peignait ; mais pendant la terreur, les commandes devenues rares, ce fut presque la misère. Elle vivait dans un grenier, partageant son temps entre ses miniatures, les travaux domestiques et l'éducation de ses enfants. La vicomtesse fut émue de la détresse de sa cousine et l'invita en Anjou ainsi que ses deux enfants. Le comte Turpin de Crissé ne pouvait raconter sans une vive émotion, dit Ch. Lenormant, l'apparition dans le grenier qu'il occupait avec sa mère, de sa bienfaitrice ; les années qu'il avait passé au château d'Angrie en 1794 au milieu des ruines encore fumantes de la Vendée, sous l'aile d'une femme qui, par son généreux caractère, s'était concilié le respect de tous les partis »[5]. Elle continua de peindre des miniatures et influença son fils, Lancelot Théodore Turpin de Crissé.

Elle est inhumée au cimetière du Père-Lachaise (10e division)[6].

DescendanceModifier

Émilie-Sophie de Montullé eut trois enfants de son époux Henri Roland Lancelot Turpin de Crissé :

Œuvres dans les collections publiquesModifier

Notes et référencesModifier

  1. Bultin historique et monumental de l'Anjou, 1861-1862, p. 373.
  2. Mémoires du comte de Paroy, Paris 1895.
  3. « Journal de Gouverneur Morris (1789-1792) », Mercure de France, Paris, 2002.
  4. Lettres autographes de Turpin de Crissé, Paris, Bibliothèque Doucet, carton 27, n° 12 187.
  5. vicomte Palmède de La Grandière, Le Comte Turpin de Crissé, un gentilhomme artiste, Angers, 1935.
  6. Jules Moiroux, Le cimetière du Père Lachaise, Paris, S. Mercadier, (lire en ligne), p. 336

BibliographieModifier

  • Lancelot-Théodore Turpin de Crissé 1782-1859, [catalogue de l'exposition Angers-Boulogne-Billancourt], La Spezzia, Somogy, 2006 (ISBN 2-7572-0044-5).