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Émile Roche

économiste français
Émile Roche
Émile Roche 1963.jpg
Émile Roche en 1963.
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Parti politique

Émile Roche, né à Estaires (Nord) en 1893 fils d'épicier et mort en 1990, est un homme politique et journaliste français.

Un jeune journaliste à HazebrouckModifier

Émile Roche commence sa carrière à 18 ans comme journaliste au service du titre fondé en 1910 par Jules-Auguste Lemire, député du Nord depuis 1893 et l'une des figures marquantes de la démocratie chrétienne, qui a eu à maintes reprises des démêlés avec la hiérarchie catholique. Émile Roche écrit ainsi pendant trois ans dans Le cri des Flandres hebdomadaire d'informations générales dans les quatre cantons, d'Hazebrouck (Nord et Sud), Cassel et Steenvoorde.

Le jeune Émile Roche "dévore" les livres sur l'économie et le social[1], devenant l'ami proche de Jules-Auguste Lemire. Cette rencontre lui inocule le virus de la politique et le met en contact avec le personnel politique de la région[1].

Il est également collaborateur de L'éveil Démocratique de Marc Sangnier, autre catholique social et progressiste, et plus tard fondateur février 1928 de La Voix un nouveau quotidien qui deviendra par la suite hebdomadaire.

Un homme politique radical anticommunisteModifier

Il devient un proche collaborateur de Joseph Caillaux en 1927 et le restera jusqu'à la mort de ce dernier. Il est secrétaire en 1929 puis vice-président du parti radical dans les années 1930[2]. Président des radicaux du Nord, candidat radical sans succès à des législatives en 1934 à Cambrai, il est le directeur du quotidien L'Ere nouvelle dans lequel il anime un courant résolument anticommuniste. Il fait partie au sein du parti radical-socialiste de la tendance minoritaire hostile au Front populaire[3].

Le fonds Émile Roche-Joseph Caillaux contient une partie de ce qu'Émile Roche possédait au sujet de Joseph Caillaux. On y trouve, notamment, la correspondance personnelle échangée entre les deux hommes. Une partie a été publiée dans son ouvrage de 1980 Avec Joseph Caillaux. Mémoires, souvenirs et documents ( Publications de la Sorbonne ).

Sous l'OccupationModifier

Sous l'Occupation, Émile Roche fréquente les milieux du RNP de Marcel Déat sans en être membre[4] et participe au journal collaborationniste Les Nouveaux Temps; il y critique les anciens partis et prend position pour le parti unique[5]. En 1950, il interviendra en faveur d'Otto Abetz, dont il fut et restera l'ami[6].

De la IVe à la Ve RépubliqueModifier

Il dirige après la guerre La Semaine économique, qui fusionne en 1950 avec La Vie française[7]. Il est président administratif du parti radical ( 1951-1954 ), vice-président du Rassemblement des gauches républicaines, et présent au Grand-Orient[8]. Entré au Conseil économique et social en 1951, il en devient à la mort de Léon Jouhaux le président du 11 mai 1954 à 1974[9].

Parallèlement, il poursuit son combat anticommuniste: il demande la mise hors-la loi en 1950 du parti communiste[10]. Et surtout, il appuie les officines anticommunistes de Georges Albertini. Il possède cent parts de la SARL appelée le Centre d'archives et de documentation politique et sociale ( à la fois club de réflexion, lieu de rencontre et agence de presse ) à sa fondation en 1951, et encore en 1961[11]. Il préside aussi aux destinées de l'Institut d'histoire sociale de Boris Souvarine, de 1958 à 1976. Une autre partie des archives d'Émile Roche se trouve à l'Institut à Nanterre.

Il est aussi administrateur de diverses entreprises: Poliet et Chausson, les Entreprises de dragage et de travaux publics, la Banque de la Cité, les glaces de Boussois, Pétro-Fuga, Commentry-Oissel. Au Maroc, il est président de la Compagnie marocaine du machinisme agricole et administrateur de la Banque suisse et française d'investissements et de dépôts[12].

DécorationsModifier

  • Croix de guerre 1914-1918
  • Grand officier dans l'ordre de la Légion d'honneur

Notes et référencesModifier

  1. a et b "Un homme d'influence : Émile Roche (1893-1990)", par Franck Tison, dans la Revue du Nord, 1994 [1]
  2. (fr) « Émile Roche et Joseph Caillaux », sur http://centre-histoire.sciences-po.fr (consulté le 22 février 2011).
  3. Serge Berstein, Histoire du parti radical: le temps des crises et des mutations, 1936-1939, PNFSP, 1982, p. 466
  4. Pierre Rigoulot, Georges Albertini, Socialiste, collaborateur, gaulliste, Perrin, 2012, p. 194
  5. Claude Lévy, Les Nouveaux temps et l'idéologie de la collaboration, Armand Colin, p. 88-89
  6. Barbara Lambauer, Otto Abetz et les Français ou l'envers de la collaboration, Paris Fayard, 2001, p. 696-697
  7. Revue du Marché commun, 1958, p. 134
  8. Pierre Rigoulot, op. cit., p. 264, Michel Winock, Le temps de la guerre froide, Seuil, 1994, p. 254, Revue du Marché commun, 1958, p. 134
  9. (es) « Desde sieyes hasta nuestros dias », sur http://www.conseil-economique-et-social.fr (consulté le 22 février 2011).
  10. Michel Winock, Le temps de la guerre froide, Seuil, 1994, p. 163
  11. Pierre Rigoulot, op. cit., p. 233
  12. Le Conseil économique, 1957, Revue du Marché commun, 1958, p. 134

Voir aussiModifier