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Émile Reinaud

avocat, homme politique et essayiste français
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Émile Reinaud
Illustration.
Émile Reinaud en 1891.
Fonctions
Secrétaire perpétuel de l'Académie de Nîmes
Prédécesseur Paul Clauzel
Successeur Eugène Margier
Bâtonnier de l'ordre des avocats de Nîmes
Président de l'Académie de Nîmes
Prédécesseur Lucius Enjalbert
Successeur Félicien Allard
Maire de Nîmes
Élection
Réélection
Prédécesseur Alexandre Bouchet
Successeur Gaston Crouzet
Biographie
Nom de naissance Alfred Émile Reinaud
Date de naissance
Lieu de naissance Vauvert (Gard)
Date de décès (à 70 ans)
Lieu de décès Nîmes
Nationalité française
Diplômé de faculté de droit de Paris
Profession avocat
Distinctions officier de la Légion d'honneur
officier de l'Instruction publique
prix littéraire Montyon de l'Académie française
Religion protestantisme

Émile Reinaud
Maires de Nîmes

Émile Reinaud, né le à Vauvert (Gard) et mort le à Nîmes, est un avocat, homme politique et essayiste français.

Maire de Nîmes entre 1892 et 1900, il est président puis secrétaire perpétuel de l'Académie de Nîmes.

Sommaire

BiographieModifier

FamilleModifier

Né dans une famille protestante du sud de la France, Alfred Émile Reinaud est le deuxième et dernier fils de Jacques Reinaud, né en 1816, pharmacien à Vauvert (Gard), et d'Émilie Maroger, née vers 1828. Son frère, Sully (1852-1925), devient pharmacien et conseiller municipal à Vauvert[1].

Le , Émile Reinaud épouse à Nîmes Claire Lombard (1854-1939)[Note 1], fille d'Henri Lombard (1818-1889), fabriquant de soie, et de Claire Jalabert (1824-1901), sœur du peintre Charles Jalabert. Ils ont ensemble trois enfants. L'aîné, Paul (1886-1923), docteur en droit[2] et avocat[3], décède à 36 ans des suites d'une blessure de guerre, laissant 6 enfants en bas âge. Le deuxième enfant d'Émile Reinaud, Charlotte, meurt à l'âge de 10 ans. Sa dernière fille, Hélène (1884-1962), épouse Rostain, est la seule à ne pas mourir avant lui[4].

AvocatModifier

Contrairement à son père et à son frère, Émile ne poursuit pas des études de pharmacie. Il choisit le droit et, après être passé par l'université de Montpellier[5], obtient en 1879 un doctorat à la faculté de droit de Paris[6]. À partir de cette date, il exerce comme avocat à la cour d'appel de Nîmes. Membre du conseil de l'Ordre, il est aussi président du bureau de l'assistance judiciaire[4]. En 1909, il est élu bâtonnier du barreau de la ville[7].

 
Me Reinaud en 1889, portant la toque et la robe d'avocat.

Maire de NîmesModifier

En 1891, il est élu conseiller municipal à Nîmes et nommé premier adjoint au maire. L'année suivante, de nouvelles élections municipales ont lieu et Émile Reinaud est élu maire[8]. Son élection, puis sa réélection en 1896, mettent fin à la grande instabilité municipale qui régnait depuis 1888[9].

Au cours de ses deux mandats, il enclenche un vaste processus de transformation de la ville de Nîmes. Il permet la modernisation des infrastructures en développant les réseaux de gaz, d'électricité et de téléphone, mais aussi en engageant de grands travaux d'assainissement (adduction d'eau, tout-à-l'égout, forages, pavage des boulevards...) ; il crée même une ligne de tramway électrique. Il agit aussi pour la formation et l'emploi : il fait construire de nombreux groupes scolaires ainsi que la bourse du travail. Il œuvre enfin pour la culture en rénovant plusieurs grands monuments (le Grand Théâtre, le temple de Diane) et en faisant construire ou installer plusieurs centres culturels (le conservatoire de musique, le muséum d'histoire naturelle, le musée archéologique...)[7].

Émile Reinaud est aussi connu pour avoir organisé en 1894 la « corrida de la contestation »[10]. Décidant de passer outre la loi Grammont (1850) et la circulaire Waldeck-Rousseau (1884) qui interdisaient les corridas et novilladas, il enclenche un mouvement de résistance pour préserver les pratiques tauromachiques espagnoles en France. Cet événement marque symboliquement la naissance de la Feria de Nîmes ; il est aussi le premier d’une longue série de manifestations taurines qui conduiront le législateur à autoriser de telles pratiques lorsqu'« une tradition locale peut être invoquée » (loi du 24 avril 1951).

Autres activitésModifier

Académie de NîmesModifier

Le , il est élu membre de l'Académie de Nîmes. Il y occupe, jusqu'à sa mort, le siège laissé vacant par Eugène Bolze[11]. Le , il devient président de l'Académie (mandat d'un an)[12]. Enfin, il est élu secrétaire perpétuel de l'institution en 1918[13].

Le sculpteur André Méric lui succède et dresse son éloge[11].

LittératureModifier

Essayiste, Émile Reinaud est l'auteur du premier rapport sur les syndicats professionnels en France et d'un important ouvrage biographique consacré à Charles Jalabert[7].

Également poète, il publie de nombreux textes en vers, notamment auprès de l'Académie de Nîmes. Il s'inspire particulièrement des paysages cévenols et des traditions du Sud-Est. Certains de ses poèmes sont écrits en provençal ; en 1903, il donne même un discours dans ce dialecte à l'occasion de l'inauguration de la statue d'Antoine Bigot dans les jardins de la Fontaine, à Nîmes[14].

Il est membre honoraire de la Société scientifique et littéraire d'Alais (Alès)[15].

GuerreModifier

Nommé officier de réserve en 1880, il sert ensuite comme capitaine au 117e régiment de cavalerie[7]. Durant la Première Guerre mondiale, il préside la Commission de contrôle des œuvres de guerre[7].

Il est ensuite vice-président de l'Office départemental des pupilles de la Nation et président de la section permanente du Gard[7].

TauromachieModifier

Président d'honneur de l'Union taurine nîmoise (UTN)[16], il organise régulièrement des corridas au profit de l'œuvre des pupilles de la Nation qu'il dirige.

HommagesModifier

DistinctionsModifier

PostéritéModifier

  • Une rue porte son nom à Nîmes

OuvragesModifier

  • Émile Reinaud, Les Syndicats professionnels : leur rôle historique et économique avant et depuis la reconnaissance légale, la loi du 21 mars 1884, Paris, Guillaumin, (lire en ligne).
  • Émile Reinaud (préf. Jean-Léon Gérôme, de l'Institut), Charles Jalabert : l'homme, l'artiste – D'après sa correspondance, Paris, Hachette, (disponible sur Gallica).
  • Émile Reinaud, Aux arènes de Nîmes, .
  • Émile Reinaud (préf. Gaston Cadix, intro. et photogr. Louis Balsan), Beautés des Causses et Cévennes : poésies régionales, Anduze, Imprimerie du Languedoc, 1958 (posthume).  

Notes et référencesModifier

NotesModifier

  1. Nom de naissance complet : Augustine Émile [sic] Henriette Claire Lombard

RéférencesModifier

  1. Émile Guigou, Les Contraintes de la vie vauverdoise : histoire politique, religieuse et économique de Vauvert (1789-1975), Montpellier, Rouvière, (notice BnF no FRBNF34837326), p. 187.
  2. Thèse de doctorat par Paul Reinaud, notice BnF no FRBNF31192708.
  3. « Mariages », Le Figaro, no 354,‎ (disponible sur Gallica).
  4. a et b « Discours de M. le bâtonnier Roux aux obsèques de M. Emile Reinaud, secrétaire perpétuel de l'Académie », dans Mémoires de l'Académie de Nîmes, 1924-1925 (lire en ligne), p. LXXXIII-LXXXV.
  5. Gaston Cadix, « Avant-propos », dans Émile Reinaud, Beautés des Causses et Cévennes : poésies régionales, Anduze, Imprimerie du Languedoc, 1958 (posthume).
  6. Thèse de doctorat par Émile Reinaud, notice BnF no FRBNF31192637.
  7. a b c d e f g et h « Cote 19800035/250/33254 », base Léonore, ministère français de la Culture
  8. « Les maires de Nîmes de 1723 à nos jours », sur nimes.fr
  9. Martin 2012, p. 103.
  10. Jérôme Puech, « La Feria peut-elle disparaître ? », Une à Nîmes, no 23,‎ , p. 7 (lire en ligne).
  11. a et b « Liste alphabétique des fauteuils », Académie de Nîmes, .
  12. Académie de Nîmes, Bulletin des séances de l'Académie de Nîmes, Imprimerie Clavel et Chastanier, (disponible sur Gallica.)
  13. « Présidents et secrétaires perpétuels », sur academiedenimes.org.
  14. Gaussen 1962.
  15. Mémoires & comptes-rendus de la Société scientifique et littéraire d'Alais, t. XXVII, J. Brabo, (disponible sur Gallica), p. 329.
  16. « La fête de l'Union taurine nîmoise », L'Aficion : organe officiel de la Fédération des Sociétés Taurines de France et d'Algérie, no 31,‎ , p. 2 (disponible sur Gallica.)
  17. « Émile Reinaud », sur academie-francaise.fr
  18. Reinaud 1886, p. III.

Voir aussiModifier

BibliographieModifier

  • « Émile Reinaud », dans Dictionnaire biographique du Gard, Flammarion, , p. 549.
  • Fernand Roux, « Discours aux obsèques de M. Emile Reinaud, secrétaire perpétuel de l'Académie », Mémoires de l'Académie de Nîmes, Académie de Nîmes, no XXXXII,‎ , p. LXXXIII-LXXXV (ISSN 0755-8864, notice BnF no FRBNF34387869)  (lire en ligne).
  • « Reinaud (Emile) », dans Ivan Gaussen (préf. André Chamson), Poètes et prosateurs du Gard en langue d'oc : depuis les troubadours jusqu'à nos jours, Paris, Les Belles Lettres, coll. « Amis de la langue d'oc », (notice BnF no FRBNF33021783), p. 94.
  • Cynthia Martin, « Émile Reinaud », dans David Mataix (dir.), Les Maires de Nîmes depuis la Révolution, Lacour, , p. 103-106.

Articles connexesModifier

Liens externesModifier