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Émile Reinaud

homme politique français
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Émile Reinaud
Illustration.
Fonctions
Secrétaire perpétuel de l'Académie de Nîmes
Prédécesseur Paul Clauzel
Successeur Eugène Margier
Président de l'Académie de Nîmes
Prédécesseur Lucius Enjalbert
Successeur Félicien Allard
Membre de l'Académie de Nîmes
Élection
Prédécesseur Eugène Bolze
Successeur André Méric
Maire de Nîmes
Élection
Réélection
Prédécesseur Alexandre Bouchet
Successeur Gaston Crouzet
Biographie
Nom de naissance Alfred Émile Reinaud
Date de naissance
Lieu de naissance Vauvert (Gard)
Date de décès (à 70 ans)[1]
Lieu de décès Nîmes
Nationalité française
Diplômé de faculté de droit de Paris
Profession avocat
Distinctions officier de la Légion d'honneur
officier de l'Instruction publique
prix littéraire Montyon de l'Académie française
Religion protestantisme

Émile Reinaud
Maires de Nîmes

Émile Reinaud, né le à Vauvert (Gard) et mort le à Nîmes, est un avocat, homme politique et écrivain français.

Maire de Nîmes entre 1892 et 1900, il est président puis secrétaire perpétuel de l'Académie de Nîmes.

Sommaire

BiographieModifier

FamilleModifier

Né dans une famille protestante du sud de la France, Alfred Émile Reinaud est le deuxième et dernier fils de Jacques Reinaud, né en 1816, pharmacien à Vauvert (Gard), et d'Émilie Maroger.

Le 5 octobre 1881[2], il épouse à Nîmes Claire Lombard[3] (1854-1939), fille d'Henri Lombard (1818-1889), fabriquant de soie, et de Claire Jalabert (1824-1901), sœur du peintre Charles Jalabert. Ils ont ensemble trois enfants : Paul, Charlotte et Hélène.

Carrière d'avocatModifier

Contrairement à son père et à son frère, Émile ne poursuit pas des études de pharmacie. Il choisit le droit et, après être passé par l'université de Montpellier[4], obtient en 1879 un doctorat à la faculté de droit de Paris[5]. À partir de cette date, il exerce comme avocat à la cour d'appel de Nîmes. Membre du conseil de l'Ordre, il est aussi président du bureau de l'assistance judiciaire[6]. En 1909, il est élu bâtonnier du barreau de la ville[7].

Maire de NîmesModifier

En 1891, il est élu conseiller municipal à Nîmes et nommé premier adjoint au maire. L'année suivante, de nouvelles élections municipales ont lieu et Émile Reinaud est élu maire[8]. Son élection, puis sa réélection en 1896, mettent fin à la grande instabilité municipale qui régnait depuis 1888.

Au cours de ses deux mandats, il enclenche un vaste processus de transformation de la ville de Nîmes. Il permet la modernisation des infrastructures en développant les réseaux de gaz, d'électricité et de téléphone, mais aussi en engageant de grands travaux d'assainissement (adduction d'eau, tout-à-l'égout, forages, pavage des boulevards...) ; il crée même une ligne de tramway électrique. Il agit aussi pour l'éducation en faisant construire de nombreux groupes scolaires et en instituant une « bourse du travail ». Il œuvre enfin pour la culture en rénovant plusieurs grands monuments (le Grand Théâtre, le temple de Diane) et en faisant construire ou installer plusieurs centres culturels (le conservatoire de musique, le muséum d'histoire naturelle, le musée archéologique...)[7].

Émile Reinaud est aussi connu pour avoir organisé en 1894 la « corrida de la contestation »[9]. Décidant de passer outre la loi Grammont (1850) et la circulaire Waldeck-Rousseau (1884) qui interdisaient les corridas et novilladas, il enclenche un mouvement de résistance pour préserver les pratiques tauromachiques espagnoles en France. Cet événement marque symboliquement la naissance de la Feria de Nîmes ; il est aussi le premier d’une longue série de manifestations taurines qui conduiront le législateur à autoriser de telles pratiques lorsqu'« une tradition locale peut être invoquée » (loi du 24 avril 1951).

Autres fonctionsModifier

MilitaireModifier

Nommé officier de réserve en 1880, il sert ensuite comme capitaine au 117e régiment de cavalerie[7].

Durant la Première Guerre mondiale, il préside la Commission de contrôle des œuvres de guerre[7].

Académie de NîmesModifier

Le , il est élu membre de l'Académie de Nîmes. Il y occupe le siège no 6 jusqu'à sa mort en 1924[10]. Le , il devient président de l'Académie (mandat d'un an), élu par 18 voix sur 19, la dernière étant un vote blanc[11]. Enfin, il est élu secrétaire perpétuel de l'institution en 1918[12].

DiversModifier

  • Auteur du premier rapport sur les syndicats professionnels en France[7] (cf. Ouvrages).
  • Auteur de nombreuses œuvres en vers (poésie et théâtre), notamment publiées par l'Académie de Nîmes. Il s'inspire particulièrement paysages cévenols et des traditions du Sud-Est.
  • Vice-président de l'Office départemental des pupilles de la Nation et président de la section permanente du Gard[7].
  • Président d'honneur de l'Union taurine nîmoise (UTN)[13], il organise régulièrement des corridas au profit de l'œuvre des pupilles de la Nation qu'il dirige.
  • Membre honoraire de la Société scientifique et littéraire d'Alais (Alès)[14].
  • En 1903, à l'occasion de l'inauguration de la statue d'Antoine Bigot dans les jardins de la Fontaine, il donne un discours en provençal[15].

HommagesModifier

DistinctionsModifier

PostéritéModifier

  • Une rue porte son nom à Nîmes

OuvragesModifier

  • Émile Reinaud, Les Syndicats professionnels : leur rôle historique et économique avant et depuis la reconnaissance légale, la loi du 21 mars 1884, Paris, Guillaumin, [17],[18].
  • Émile Reinaud (préf. Jean-Léon Gérôme, de l'Institut), Charles Jalabert : l'homme, l'artiste – D'après sa correspondance, Paris, Hachette, .
  • Émile Reinaud, Aux arènes de Nîmes, .
  • Émile Reinaud (préf. Gaston Cadix, intro. et photogr. Louis Balsan), Beautés des Causses et Cévennes : poésies régionales, Anduze, Imprimerie du Languedoc, 1958 (posthume)[19].  

RéférencesModifier

  1. « Émile Reinaud », Dictionnaire biographique du Gard, p. 549
  2. Mariage civil le 5 octobre 1881, mariage religieux le 11 octobre.
  3. Nom de naissance complet : Augustine Émile [sic] Henriette Claire Lombard
  4. Gaston Cadix, « Avant-propos », dans Émile Reinaud, Beautés des Causses et Cévennes : poésies régionales, Anduze, Imprimerie du Languedoc, 1958 (posthume).
  5. [1] Informations sur sa thèse de doctorat disponibles sur le site de la BNF
  6. D'après le discours d'éloge funèbre d'Émile Reinaud prononcé par le bâtonnier Roux.
  7. a b c d e f g et h [2] Dossier de nomination à la Légion d'honneur (Archives nationales), disponible sur la base de données Léonore.
  8. [3] Liste des maires, site officiel de la ville de Nîmes
  9. [4] « La Feria peut-elle disparaître ? », Une à Nîmes, no 23, mai 2012
  10. « Liste alphabétique des fauteuils », Académie de Nîmes,
  11. Académie de Nîmes, Bulletin des séances de l'Académie de Nîmes, Imprimerie Clavel et Chastanier, (lire en ligne)
  12. [5] Listes des présidents et secrétaires perpétuels de l'Académie de Nîmes, disponibles sur le site officiel de l'Académie
  13. « La fête de l'Union taurine nîmoise », L'Aficion : organe officiel de la Fédération des Sociétés Taurines de France et d'Algérie,‎ (disponible sur Gallica)
  14. Mémoires & comptes-rendus de la Société scientifique et littéraire d'Alais, t. XXVII, J. Brabo, (disponible sur Gallica), p. 329.
  15. Gaussen 1962.
  16. [6] Page d'Émile Reinaud sur le site de l'Académie française
  17. [7] Métadonnées disponibles sur le site de la BNF
  18. Lire en ligne sur archive.org
  19. [8] Site internet de la librairie La Découverte

Voir aussiModifier

Articles connexesModifier

BibliographieModifier

  • « Reinaud (Emile) », dans Ivan Gaussen (préf. André Chamson), Poètes et prosateurs du Gard en langue d'oc : depuis les troubadours jusqu'à nos jours, Paris, Les Belles Lettres, coll. « Amis de la langue d'oc », (notice BnF no FRBNF33021783), p. 94.
  • Cynthia Martin, « Émile Reinaud », dans David Mataix (dir.), Les Maires de Nîmes depuis la Révolution, Nîmes, Lacour, coll. « Rediviva », (ISBN 978-2-7504-2885-3), p. 103-106.

Liens externesModifier