Élections législatives slovaques de 2020

Élections législatives slovaques de 2020
150 sièges du Conseil national
(Majorité absolue : 76 sièges)
Type d’élection Élections législatives
Peter Pellegrini - 2015.jpg SMER – social-démocratie – Peter Pellegrini
Sièges sortants 49
Richard Sulík -2011-.jpg Liberté et solidarité – Richard Sulík
Sièges sortants 21
Igor Matovič.jpg Les gens ordinaires et personnalités indépendantes-NOVA – Igor Matovič
Sièges sortants 19
Andrej Danko.jpg Parti national slovaque – Andrej Danko
Sièges sortants 15
Marian Kotleba.jpg Parti populaire « Notre Slovaquie » – Marian Kotleba
Sièges sortants 14
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Nous sommes une famille – Boris Kollár
Sièges sortants 11
Béla Bugár.jpg Most-Híd – Béla Bugár
Sièges sortants 11
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Parti conservateur slovaque – Ivan Zuzula
Sièges sortants 10
Gouvernement
Sortant
Pellegrini
SMER-SD-SNS-Most-Híd

Les élections législatives slovaques de 2020 ont lieu le 29 février 2020 afin de renouveler les 150 députés du Conseil national de la République slovaque.

ContexteModifier

Législatives de 2016Modifier

Les élections législatives de mars 2016 sont marquées par une forte abstention et un très fort recul du SMER-SD du chef du gouvernement Robert Fico, qui passe de 44,5 % des voix en 2012 à 28,3 % et ne conserve que 49 de ses 83 députés. Le scrutin voit également la percée du parti d'extrême-droite Parti populaire « Notre Slovaquie » et de la droite en général[1].

Fico parvient toutefois à former en seulement dix jours une coalition hétéroclite disposant de la majorité absolue au parlement. Celle ci rassemble autour du SMER-SD de Centre gauche le Parti national slovaque (SNS) de droite, ainsi que Most-Híd et SIEŤ, de centre droit[2]. Le , les quatre formations forment le nouveau gouvernement Fico III, sept des treize ministères revenant au Smer-SD[3].

Assassinat de Ján KuciakModifier

À la fin du mois de , le journaliste d'investigation Ján Kuciak est assassiné avec sa compagne Martina Kušnírová. Ján Kuciak enquêtait sur des liens entre la mafia calabraise 'Ndrangheta et des personnalités proches du pouvoir et était connu pour mettre en lumière des affaires de corruption visant des hommes d'affaires ayant des liens avec le monde politique slovaque[4].

 
Manifestation en hommage à Ján Kuciak et Martina Kušnírová le .

Ce double meurtre déclenche les plus importants manifestations dans le pays depuis la révolution de Velours, presque 30 ans auparavant. Les manifestants reçoivent le soutien du président de la République Andrej Kiska, issu de la société civile et élu chef de l'État contre Fico en 2014. Plusieurs démissions au sein du gouvernement slovaque ont lieu après les meurtres de Kuciak et Kušnírová. Le , le ministre de la Culture Marek Maďarič démissionne en expliquant : « Franchement, en tant que ministre de la Culture, je ne peux supporter qu'un journaliste ait été assassiné alors que j'étais en fonctions »[5]. Par la suite, le secrétaire du Conseil national de sécurité Viliam Jasan et une assistante du président du gouvernement démissionnent le temps de l'enquête, le dernier article de Kaciak ayant pointé leurs liens avec l'un des hommes d'affaires italiens arrêtés avant leur entrée au gouvernement[6]. Le ministre de l'Intérieur Robert Kaliňák est à son tour soupçonné d'entrave à la justice dans une affaire de corruption présumée[7]. Kalinak et l'ancien ministre des Finances Ján Počiatek auraient reçu à plusieurs reprises des commissions allant jusqu'à 200 millions d'euros lors d'appels d'offres sur des services et matériels informatiques pour le ministère de l'Intérieur[7].

La manifestation du à Bratislava réunit 40 000 personnes, ce qui en fait la plus grande manifestation qui ait eu lieu dans la capitale depuis la révolution de Velours de 1989[8],[9]. Robert Kaliňák annonce à son tour sa démission le [10] Le chef du gouvernement finit lui-même par remettre sa démission le . La SMER-SD propose alors Peter Pellegrini pour lui succéder.

Une nouvelle manifestation rassemble le 65 000 personnes dans la capitale slovaque. Les organisateurs du rassemblement appellent à la tenue d'élections anticipées, tandis que les manifestants scandent « Assez de SMER »[11]. Le , le président Andrej Kiska annonce qu'il refuse de nommer le gouvernement tel qu'il lui est présenté[12]. Le chef de l'État donne trois jours à Peter Pellegrini pour lui présenter de nouveaux noms. Dès le 21, celui-ci accepte une deuxième liste et le président annonce la nomination de Pellegrini pour le lendemain[13]. Il reçoit un vote de confiance le [14].

L'homme d'affaires Marian Kocner est inculpé en mars 2019 pour avoir ordonné le meurtre du journaliste[15]. Le 11 avril 2019, Miroslav Marcek, un ancien militaire, avoue avoir exécuté les assassinats[16].

Présidentielle de 2019Modifier

L'élection présidentielle de mars 2019 voit la victoire de la candidate d'opposition Zuzana Čaputová[17]. Arrivée en tête à l'issue du premier tour avec 40,57 % des voix, elle bat le commissaire européen et candidat du SMER-SD Maroš Šefčovič avec 58,38 % des voix au second tour[18].

Čaputová devient ainsi la première présidente de la République slovaque[18] après une campagne axée sur la lutte contre la corruption, l'écologie et la défense des droits LGBT et de l'accès à l'avortement [19],[20].

Mode de scrutinModifier

 
Le bâtiment du Parlement à Bratislava.

La Slovaquie est dotée d'un parlement unicaméral appelé Conseil national de la République qui se compose de 150 sièges pourvus pour des mandats de quatre ans au scrutin proportionnel plurinominal avec listes ouvertes et seuil électoral de 5 % dans une unique circonscription nationale. Le seuil passe à 7 % pour une coalition de moins de quatre partis et à 10 % au-delà. Les électeurs ont la possibilité d'effectuer jusqu'à quatre vote préférentiels pour des candidats de la liste choisie afin de faire monter leurs place dans celle ci. Une fois le décompte de suffrages effectué, les sièges sont répartis entre tous les partis ou coalitions ayant franchi le seuil électoral selon la méthode dite « Hagenbach-Bischoff », et les sièges restants au plus fort reste[21],[22].

Les électeurs peuvent recourir au vote postal s'ils en font la demande, y compris ceux résidant à l'étranger[23]. Si le droit de vote s'obtient à 18 ans, les candidats à la députation doivent être âgés d'au moins vingt et un ans, résider de manière permanente dans le pays et s'acquitter d'une caution de 17 000 euros qui ne leurs sont reversé que si le parti dont ils sont candidats obtient au moins 2 % des suffrages exprimés[24].

Principales forces en présenceModifier

Principaux partis.
Parti Idéologie[25] Chef de file Résultats en 2016
SMER – social-démocratie
SMER – sociálna demokracia (SMER-SD)
Centre gauche
Social-démocratie, Nationalisme de gauche
Robert Fico 44, 4 %
83 sièges
Liberté et solidarité
Sloboda a Solidarita (SaS)
Centre droit
Libéralisme, Euroscepticisme
Richard Sulík 12,10 % des voix
21 sièges
Les gens ordinaires et personnalités indépendantes-NOVA
Obyčajní Ľudia a nezávislé osobnosti- Nova (OĽaNO-NOVA)
Centre droit
Conservatisme, Démocratie chrétienne
Igor Matovič 11,03% des voix
19 sièges
Parti national slovaque
Slovenská národná strana (SNS)
Droite à extrême droite
National-conservatisme, Nationalisme économique
Andrej Danko 8,64 % des voix
15 sièges
Parti populaire « Notre Slovaquie »
Ľudová strana Naše Slovensko (ĽSNS)
Extrême droite
Néofascisme, Autoritarisme
Marian Kotleba 8,04 % des voix
14 sièges
Nous sommes une famille
Sme Rodina
Droite à extrême droite
Nationalisme, National-conservatisme, Opposition à l'immigration
Boris Kollár 6,63 % des voix
11 sièges
Most-Híd
(Pont, en slovaque et hongrois)
Centre à centre droit
Défense de la minorité hongroise, Libéral-conservatisme
Béla Bugár 6,50 % des voix
11 sièges
Parti conservateur slovaque
Slovenská konzervatívna strana (SKS)
Centre droit
Conservatisme social
Centrisme
Radoslav Procházka 5,61 % des voix
10 sièges
Mouvement chrétien-démocrate
Kresťanskodemokratické hnutie (KDH)
Centre droit
Démocratie chrétienne, Conservatisme social
Ján Figeľ 4,94 % des voix
0 sièges
Parti de la coalition hongroise
Strana maďarskej komunity - Magyar Közösség Pártja (SMK)
Centre droit
Défense de la minorité hongroise, Libéral-conservatisme
József Berényi 4,05 % des voix
0 sièges
Slovaquie progressiste
Progresívne Slovensko (PS)
Centre à centre gauche
Social-libéralisme, progressisme, écologie politique, europhilie
Michal Truban Nouveau

SondagesModifier

 
Sondages en vue des élections législatives de 2020

RésultatsModifier

Résultats des élections législatives slovaques de 2020
Parti Voix % +/- Sièges +/-
SMER – social-démocratie
Liberté et solidarité
Les gens ordinaires et personnalités indépendantes-NOVA
Parti national slovaque
Parti populaire « Notre Slovaquie »
Nous sommes une famille
Most-Híd
Parti conservateur slovaque
Mouvement chrétien-démocrate
Parti de la coalition hongroise
Slovaquie progressiste
Autres partis
Suffrages exprimés
Votes blancs et invalides
Total 100 - 150  
Abstentions
Inscrits / participation

Notes et référencesModifier

NotesModifier

RéférencesModifier

  1. « Slovaquie : la gauche sans majorité alors que l’extrême droite progresse », sur Le Monde, (consulté le 7 mars 2016).
  2. (en) « Smer, SNS, Most-Híd and Sieť agree on priorities », The Slovak Spectator, le .
  3. (en) « Ministries have been allocated, ministers' names still not officially announced », The Slovak Spectator, le .
  4. « Slovaquie : la police enquête sur le meurtre d’un journaliste d’investigation », sur lemonde.fr, (consulté le 1er mars 2018).
  5. « Slovaquie : démission d'un ministre après l'assassinat d'un journaliste », sur lefigaro.fr, (consulté le 1er mars 2018).
  6. « Slovaquie. La coalition ébranlée après le meurtre d'un journaliste », sur ouest-france.fr, (consulté le 1er mars 2018).
  7. a et b « Slovaquie : l'assassinat d'un journaliste plonge le pays dans l'incertitude », sur lefigaro.fr, (consulté le 10 mars 2018).
  8. « Slovaquie: grande manifestation contre la corruption », sur lefigaro.fr, (consulté le 10 mars 2018).
  9. « Grandes manifestations en Slovaquie contre Robert Fico », sur Reuters via Yahoo News, (consulté le 10 mars 2018).
  10. « Slovaquie : démission du ministre de l'Intérieur », Le Figaro,‎ (lire en ligne, consulté le 12 mars 2018).
  11. (en) « Enough of Smer, people chanted in streets », The Slovak Spectator,‎ (lire en ligne, consulté le 17 mars 2018).
  12. « Slovaquie: le président refuse de nommer le gouvernement », Le Figaro,‎ (lire en ligne, consulté le 20 mars 2018).
  13. « Slovaquie: le président approuve le nouveau gouvernement », sur FIGARO (consulté le 21 mars 2018)
  14. (sk) « Vote du Conseil national », sur Parlement sloavque,
  15. « Slovaquie : un homme d'affaires inculpé du meurtre d'un journaliste d'investigation », sur Le Figaro, (consulté le 14 mars 2019)
  16. « En Slovaquie, un ex-militaire reconnaît avoir assassiné le journaliste Jan Kuciak et sa compagne », sur lemonde.fr, Le Monde, (consulté le 11 avril 2019)
  17. Corentin Léotard, « Présidentielle en Slovaquie : une femme libérale peut créer la surprise », sur courrierdeuropecentrale.fr, (consulté le 31 mars 2019).
  18. a et b Antoine Malo, « Zuzana Caputová, l'avocate progressiste qui a conquis la Slovaquie », Le Journal du dimanche,‎ (lire en ligne, consulté le 31 mars 2019)
  19. « Slovaquie : l’avocate libérale Zuzana Caputova remporte la présidentielle », Le Monde,‎ (lire en ligne, consulté le 31 mars 2019)
  20. Jean-Baptiste François, « Zuzana Čaputová, le souffle du changement en Slovaquie », La Croix,‎ (ISSN 0242-6056, lire en ligne, consulté le 31 mars 2019)
  21. [hhttp://archive.ipu.org/parline-f/reports/1285.htm Národná rada (Conseil national)] Union interparlementaire
  22. (en) Inter-Parliamentary Union, « IPU Parline database: Sslovakia (Národná rada ), Electoral system », sur ipu.org (consulté le 1er mars 2016).
  23. Nenájdený dokument
  24. Prieskum: Voľby by vyhral Smer, OĽaNO-NOVA mimo parlamentu
  25. (en) Wolfram Nordsieck, « Parties and Elections in Europe », sur parties-and-elections.eu (consulté le 1er mars 2016).