Élections régionales de 2012 en Sarre

élection

Élections régionales de 2012 en Sarre
51 députés du Landtag
(Majorité absolue : 26 députés)
Type d’élection Élection législative régionale
Corps électoral et résultats
Inscrits 797 512
Votants 491 591
61,64 %  −6
Votes exprimés 481 294
Votes nuls 10 297
Kramp-Karrenbauer CDU Parteitag 2014 by Olaf Kosinsky-9.jpg CDU – Annegret Kramp-Karrenbauer
Voix 169 617
35,24 %
 +0,7
Députés élus 19  0
Heiko Maas Berlin 2015-08-29.jpg SPD – Heiko Maas
Voix 147 170
30,58 %
 +6
Députés élus 17  +4
Oskar Lafontaine, 2011-03-21.jpg Linke – Oskar Lafontaine
Voix 77 612
16,13 %
 −5,1
Députés élus 9  −2
Jasmin Maurer.jpg Piraten – Jasmine Maurer
Voix 35 656
7,41 %
Députés élus 4  +4
Simone Peter 2014.jpg Grünen – Simone Peter
Voix 24 252
5,04 %
 −0,9
Députés élus 2  −1
Ministre-président
Sortante Élue
Annegret Kramp-Karrenbauer
CDU
Annegret Kramp-Karrenbauer
CDU

Les élections régionales de 2012 en Sarre (en allemand : Landtagswahl im Saarland 2012) se tiennent le de manière anticipée, afin d'élire les 51 députés de la 15e législature du Landtag pour un mandat de cinq ans.

La convocation du scrutin avec deux ans et demi d'avance sur le calendrier prévu résulte de la rupture de la « coalition jamaïcaine » au pouvoir depuis . Le scrutin voit l'Union chrétienne-démocrate l'emporter une nouvelle fois sans retrouver la majorité absolue dont elle disposait entre et . Bien qu'une alliance de gauche à deux ou trois partis soit arithmétiquement majoritaire, le Parti social-démocrate décide de rentrer dans une « grande coalition ». Cette entente permet le maintien au pouvoir de la ministre-présidente sortante Annegret Kramp-Karrenbauer.

Contexte : l'échec de la coalition jamaïcaineModifier

Au cours des élections régionales du 27 septembre 2009, l'Union chrétienne-démocrate d'Allemagne (CDU), au pouvoir depuis dix ans et dirigée à l'époque par le ministre-président Peter Müller, perd clairement sa majorité absolue avec un score en recul de 13 points et huit députés. Dans son ensemble, la gauche remporte 51,2 % des suffrages et 27 députés sur 51, notamment grâce à la percée de Die Linke, conduite par l'ancien ministre-président Oskar Lafontaine.

Toutefois, la CDU parvient à se maintenir au pouvoir, grâce à la formation d'une « coalition jamaïcaine » — la première en Allemagne à un niveau gouvernemental — avec le Parti libéral-démocrate/Parti démocrate de Sarre (FDP/DPS) et l'Alliance 90 / Les Verts (Grünen) ; une telle alliance bénéficie également de 27 sièges au Parlement de Sarrebruck.

Le , Müller annonce son retrait de la vie politique pour les prochains mois[1]. La ministre du Travail et des Affaires sociales Annegret Kramp-Karrenbauer, membre du gouvernement depuis , est aussitôt choisie comme candidate pour lui succéder, à l'unanimité du comité directeur et du groupe parlementaire de la CDU régionale[2]. Élue présidente de la fédération régionale chrétienne-démocrate le par 95 % des voix[3], elle est investie ministre-présidente par le Landtag le au second tour de scrutin, avec 26 voix favorables contre 25 au social-démocrate Heiko Maas.

À la suite d'importantes dissensions internes au FDP/DPS, elle décide en , d'entamer des entretiens exploratoires avec le Parti social-démocrate d'Allemagne (SPD) en vue de constituer une éventuelle « grande coalition ». Devant l'échec de ces discussions et face à l'éclatement de l'alliance au pouvoir, les deux grands partis se mettent finalement d'accord pour convoquer des élections régionales anticipées[4]. Lors d'une session spéciale tenue le , le Landtag vote sa dissolution avec les voix de l'ensemble des groupes parlementaires, à l'exception du Parti libéral[5].

Mode de scrutinModifier

Le Landtag est constitué de 51 députés (en allemand : Mitglied des Landtags, MdL), élus pour une législature de cinq ans au suffrage universel direct et suivant le scrutin proportionnel d'Hondt.

Chaque électeur dispose d'une voix, qui est utilisée deux fois. Elle sert à voter pour une liste dans sa circonscription plurinominale, le Land comptant trois circonscriptions qui totalisent 41 sièges ; ce vote est alors attribué à la liste présentée par le même parti au niveau du Land.

À l'issue du scrutin, les 51 sièges sont répartis à la proportionnelle entre les partis ayant remporté au moins 5 % des suffrages exprimés dans l'ensemble du Land. L'opération est ensuite recommencée dans chaque circonscription, la différence entre le total régional et le total des circonscriptions étant comblée par les candidats de la liste régionale. Si un parti n'en a pas présenté, le calcul est réajusté et ses mandats reviennent aux autres forces politiques.

CampagneModifier

Principaux partisModifier

Parti Idéologie Chef de file Résultats de 2009
Union chrétienne-démocrate d'Allemagne
Christlich Demokratische Union Deutschlands
Centre droit
Démocratie chrétienne, libéral-conservatisme
Annegret Kramp-Karrenbauer
(Ministre-présidente)
34,5 % des voix
19 députés
Parti social-démocrate d'Allemagne
Sozialdemokratische Partei Deutschlands
Centre gauche
Social-démocratie, troisième voie, progressisme
Heiko Maas 24,5 % des voix
13 députés
Die Linke Extrême gauche à gauche
Socialisme démocratique, anticapitalisme, populisme
Oskar Lafontaine 21,3 % des voix
11 députés
Parti libéral-démocrate
Freie Demokratische Partei
Centre à centre droit
Libéralisme économique, libéralisme
Oliver Luksic (de) 9,2 % des voix
5 députés
Alliance 90 / Les Verts
Bündnis 90/Die Grünen
Centre gauche
Écologie politique, progressisme
Simone Peter 5,9 % des voix
3 députés
Parti des familles d'Allemagne
Familien-Partei Deutschlands
Centre droit à droite
Conservatisme social, démocratie chrétienne
Roland Körner (de) 2,0 % des voix
0 député
Parti national-démocrate d'Allemagne
Nationaldemokratische Partei Deutschlands
Extrême droite
Néonazisme, ultranationalisme, populisme
Frank Franz 1,5 % des voix
0 député
Parti des pirates
Piratenpartei Deutschland
Attrape-tout
Social-libéralisme, progressisme, protection de la vie privée
Jasmin Maurer (de) Absent

SondagesModifier

Sondages en vue des élections régionales de 2012 en Sarre[6]
Institut Date CDU SPD Grünen FDP Linke Piraten
Forschungsgruppe Wahlen 16/03/2012 34,0 % 34,0 % 5,0 % 2,0 % 15,0 % 6,0 %
Infratest dimap 15/03/2012 33,0 % 33,0 % 5,0 % 3,0 % 16,0 % 6,0 %
Forsa 09/03/2012 34,0 % 34,0 % 5,0 % 2,0 % 15,0 % 6,0 %
Infratest dimap 15/03/2012 33,0 % 33,0 % 5,0 % 3,0 % 16,0 % 6,0 %
Forsa 09/03/2012 35,0 % 37,0 % 4,0 % 1,0 % 14,0 % 5,0 %
Infratest dimap 23/02/2012 35,0 % 36,0 % 4,0 % 2,0 % 15,0 % 5,0 %
Emnid 27/01/2012 36,0 % 36,0 % 5,0 % 2,0 % 15,0 % 4,0 %
Forschungsgruppe Wahlen 26/01/2012 34,0 % 38,0 % 6,0 % 2,0 % 13,0 % 5,0 %
Emnid 16/11/2011 32,0 % 35,0 % 8,0 % 5,0 % 12,0 % 4,0 %
Dernières élections 30/08/2009 34,5 % 24,5 % 5,9 % 9,2 % 21,3 %

RésultatsModifier

Voix et siègesModifier

Résultats des élections régionales de 2012 en Sarre
 
Parti Voix Sièges
Votes % +/- Circ +/- Land Total +/-
Union chrétienne-démocrate d'Allemagne (CDU) 169 617 35,24   0,73 17   1 2 19  
Parti social-démocrate d'Allemagne (SPD) 147 170 30,58   6,04 14   3 3 17   4
Die Linke (Linke) 77 612 16,13   5,12 7   2 2 9   2
Parti des pirates (Piraten) 35 656 7,41 Nv 3   3 1 4   4
Alliance 90 / Les Verts (Grünen) 24 252 5,04   0,85 0   2 2 2   1
Parti des familles d'Allemagne (FAMILIE) 8 394 1,74   0,26 0 - 0 0  
Parti libéral-démocrate (FDP) 5 871 1,22   7,95 0   3 0 0   5
Parti national-démocrate d'Allemagne (NPD) 5 606 1,16   0,35 0 - 0 0  
Électeurs libres (FW) 4 173 0,87   0,02 0 - 0 0  
Die PARTEI 2 222 0,46 Nv 0 - 0 0  
Démocratie directe (DD) 721 0,15 Nv 0 - 0 0  
Votes valides 481 294 97,91
Votes blancs et nuls 10 297 2,09
Total 491 591 100 - 41   10 51  
Abstentions 305 921 38,36
Inscrits / participation 797 512 61,64

AnalyseModifier

Contrairement à ce qu'annonçaient les sondages, l'Union chrétienne-démocrate d'Allemagne, au pouvoir depuis 1999, reste le premier parti du Land, d'environ cinq points, tout en obtenant un résultat similaire à celui de 2009. Le Parti social-démocrate d'Allemagne effectue, de son côté, un net redressement, en progressant de plus de six points et quatre sièges, ce qui lui permet de maintenir Die Linke, pourtant emmenée par l'ancien ministre-président du Land, Oskar Lafontaine, à distance, d'autant que la formation de gauche radicale recule sous la barre des 20 %.

Après les élections de Berlin, en 2011, le Parti des pirates confirme son implantation dans la vie politique allemande en dépassant nettement la barre des 5 % et se classant directement en quatrième place des forces politiques régionales. Il passe devant l'Alliance 90 / Les Verts, qui se maintient de justesse au Landtag, au contraire du Parti libéral-démocrate/Parti démocrate de Sarre, qui s'effondre complètement avec moins de 1,5 % des voix, pire qu'en 1994, quand il avait obtenu 2,1 %.

ConséquencesModifier

Le , la conservatrice Annegret Kramp-Karrenbauer est réinvestie ministre-présidente du Land. Elle est soutenue par une grande coalition, formée avec les sociaux-démocrates.

Notes et référencesModifier

  1. (de) « Saar-Ministerpräsident kündigt Rückzug an », Der Spiegel,‎ (lire en ligne)
  2. (de) « Kramp-Karrenbauer statt Müller », Der Tagesspiegel,‎ (lire en ligne)
  3. (de) « Kramp-Karrenbauer neue CDU-Chefin an der Saar », Frankfurter Allgemeine Zeitung,‎ (lire en ligne)
  4. (de) « Neuwahl nach gescheiterter Sondierung », Frankfurter Allgemeine Zeitung,‎ (lire en ligne)
  5. (de) « Landtag beschließt Auflösung », Frankfurter Allgemeine Zeitung,‎ (lire en ligne)
  6. (de) « Sonntagsfrage – Saarland (Wahlumfrage, Wahlumfragen) », sur wahlrecht.de (consulté le 23 mars 2012).

AnnexesModifier

Articles connexesModifier