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Élections législatives nauruanes de 2019

Élections législatives nauruanes de 2019
Type d’élection législatives
Corps électoral et résultats
Inscrits 7 478
Baron Waqa.jpg Baron Waqa – sans étiquette
(majorité sortante)
Sièges sortants 16
Defaut.svg Riddell Akua – sans étiquette
(opposition sortante)
Sièges sortants 3
Président
Sortant
Baron Waqa

Des élections législatives ont lieu à Nauru le [1] afin de renouveler pour trois ans l'ensemble des dix-neuf députés du Parlement national. Ces élections au suffrage universel direct, sont suivies de l'élection du président de la République par les députés. Il n'existe pas de partis politiques, mais des factions, dont les membres sont officiellement sans étiquette.

Sommaire

Système électoralModifier

 
Façade du parlement.
Article détaillé : Élections à Nauru.

Il n'y a pas de partis politiques à Nauru, les députés s'associant néanmoins pour former une majorité et une opposition. Le droit de vote est ouvert à tous les citoyens âgés d'au moins 20 ans. Voter est obligatoire – tout comme en Australie, l'ancienne puissance coloniale. La non-participation est punie en principe par une amende de 6 A$[2].

Le système électoral, communément appelé « système Dowdall », est un système de vote préférentiel. L'électeur doit indiquer un ordre de préférence pour tous les candidats dans sa circonscription. Son bulletin de vote n'est valide que s'il a assigné un ordre de préférence à chaque candidat. Le candidat qu'il classe premier reçoit une voix pleine ; celui qu'il classe second reçoit une demi-voix (0,5 voix) ; celui qu'il classe troisième reçoit un tiers de voix (0,33 voix), et ainsi de suite. Les circonscriptions étant plurinominales, plusieurs députés sont élus par circonscription[2].

Le nouveau Parlement devra élire un président du Parlement parmi ses membres, puis un président de la République, également parmi ses membres. Le président de la République nommera alors des députés aux divers postes de ministres. Le président de la République, à la fois chef de l'État et du gouvernement, conserve son siège de député ; il en va de même pour ses ministres[3].

ContexteModifier

 
Emplacement de Nauru au sein de l'Océanie.

Depuis 2013, le gouvernement du président Baron Waqa et de son influent ministre de la Justice David Adeang est accusé de multiples atteintes à la démocratie dans le pays. Ainsi « la censure, la déportation du président de la Cour suprême et l'arrestation de députés d'opposition ont mené à un grave déclin de la crédibilité de la démocratie à Nauru »[4].

En 2014 le gouvernement nauruan interdit l'accès au pays au président de la Cour suprême, Geoffrey Eames, et le remplace par le Fidjien Mohammed Khan, perçu comme davantage enclin à soutenir l'autoritarisme du gouvernement[5]. La même année, cinq des sept députés d'Opposition sont suspendus, et interdits de siéger au Parlement, accusé d'avoir critiqué le gouvernement auprès de médias étranger[6]. En juin 2015, trois de ces députés suspendus sont arrêtés pour avoir pris part à une manifestation en faveur de la démocratie[7]. Fin juin, le gouvernement néo-zélandais, l'Union européenne et l'Union interparlementaire s'inquiètent publiquement de ces développements. Ils appellent le gouvernement nauruan à respecter la liberté d'expression, le droit des citoyens de s'informer, le droit de l'opposition parlementaire de fonctionner, ainsi que les normes internationales de droits de l'homme[8]. En juillet la Chambre des représentants de Nouvelle-Zélande adopte à l'unanimité une motion exprimant son « inquiétude » au sujet des actions du gouvernement nauruan : « soupçon d'interférence envers le pouvoir judiciaire, la suspension des députés d'opposition, l'annulation des passeports de députés d'opposition, et l'abrogation de droits civils et politiques »[9]. En septembre, le gouvernement de Nouvelle-Zélande suspend son aide financière au secteur judiciaire de Nauru, en raison du non-respect des règles d'un État de droit par le gouvernement Waqa / Adeang[10].

 
Le président sortant Baron Waqa.

En amont des élections de 2016, les candidats d'opposition affirment que la police leur interdit d'organiser des meetings publics, et que le gouvernement a interdit aux médias nauruans de leur parler ou de diffuser leur campagne[11]. Après leur plainte auprès de l'équipe des observateurs étrangers, les médias acceptent de diffuser les spots de campagne des candidats d'opposition. Le gouvernement est conforté par ces élections : Baron Waqa est réélu président de la République par les voix de seize députés contre deux, face au candidat d'opposition Riddell Akua. Peu après, le député Sean Oppenheimer rejoint toutefois les bancs de l'opposition, portant le nombre des députés d'opposition à trois (Riddell Akua, Kieren Keke et lui)[12].

En 2019, le gouvernement poursuit une campagne de harcèlement contre les « Dix-Neuf de Nauru », dix-neuf opposants accusés d'émeute pour leur participation à la manifestation pour la démocratie en 2015, et innocentés par la justice en 2018. Le gouvernement maintient une « liste noire » pour les empêcher de trouver un emploi et, pour certains, leur interdit de quitter le pays[13]. L'un des « Dix-Neuf », l'ancien président de la République Sprent Dabwido, meurt le 8 mai d'un carcinome du nasopharynx en Australie, où il demandait l'asile politique. Mathew Batsiua, ancien député d'Opposition et co-accusé, accuse alors le gouvernement de Nauru d'avoir du « sang sur les mains » pour avoir tardé à permettre à Sprent Dabwido de se rendre à l'étranger à des fins médicales[14].

Candidats et campagneModifier

Il y a soixante candidats au total pour les dix-neuf sièges. Tous les députés sortants se représentent, à l’exception de Sean Oppenheimer, député d’opposition. Il y a cinq femmes parmi les candidats : Ronay Dick dans la circonscription de Meneng ; Kay Aliklik et Gabrissa Hartman (députée sortante) à Ubenide ; et Charmaine Scotty (députée sortante) et Isabella Dageago à Yaren[15].

Le 3 août à 16h58, deux minutes avant la clôture des listes électorales, le gouvernement publie un journal officiel accordant la citoyenneté nauruane à 118 étrangers, principalement des personnes de nationalité chinoise employées par le gouvernement. La Commission électorale inscrit ces nouveaux citoyens sur les listes électorales. L'opposition dénonce une tentative par le gouvernement d'acheter des voix[16].

Le 23 août, la veille du scrutin, le gouvernement annonce qu'il distribuera l'équivalent de 6 100  entre quelque 730 personnes affectées par l'effondrement de la Banque de Nauru en 2006. Le président Waqa affirme que cette aide a été rendue possible par la croissance soutenue de l'économie nauruane depuis plusieurs années[17].

Résultats nationauxModifier

Résultats nationaux[18],[19]
Faction Voix % Sièges +/-
Partisans du gouvernement sortant
Partisans de l'opposition sortante
Votes blancs et invalides
Votes valides
Total 100 19  
Abstention
Inscrits / participation 7 478

Résultats par circonscriptionModifier

YarenModifier

Bulletins: -. Dont suffrages exprimés: -.

Candidat[15] Voix Résultat Remarques
Charmaine Scotty Ministre sortante de l'Intérieur, de l'Éducation et de la Jeunesse, et de la Gestion des terres
Kieren Keke Député d'opposition sortant.
John Julius
Dominic Cain
Isabella Dageago

BoeModifier

Bulletins: -. Dont suffrages exprimés: -.

Candidat Voix Résultat Remarques
Baron Waqa Président de la République sortant.
Asterio Appi Député de la majorité sortante.
Martin Hunt
Mathew Batsiua Ancien député, et figure de l'opposition ;
l'un des « Dix-Neuf de Nauru »
Brett Satto

Ewa/AnetanModifier

Bulletins: -. Dont suffrages exprimés: -.

Candidat Voix Résultat Remarques
Cyril Buraman Président du Parlement sortant.
Marcus Stephen Ancien président de la République.
Timothy Ika
Vaiuli Amoe
Antonius Atuen
Konrad Ika
Joseph Harris
Darryl Tom

AiwoModifier

Bulletins: -. Dont suffrages exprimés: -.

Candidat Voix Résultat Remarques
Milton Dube Député de la majorité sortante.
Aaron Cook Ministre sortant du Commerce, de l'Industrie et de l'Environnement, de la RONPHOS, et de la Nauru Rehabilitation Corporation
Lance Agir
Rennier Gabadu
Dantes Tsitsi Ancien député
Evi Agir
Delvin Thoma
Preston Thoma

BuadaModifier

Bulletins: -. Dont suffrages exprimés: -.

Candidat Voix Résultat Remarques
Shadlog Bernicke Ministre sortant de la Nauru Phosphate Royalties Trust, des Télécommunications, et de la Nauru Utilities Corporation
Bingham Agir Député de la majorité sortante.
Richie Halstead
Sean Halstead
Arrow Depaune
Rowan Detenamo
Linkbelt Detabene

Anabar/Ijuw/AnibareModifier

Bulletins: -. Dont suffrages exprimés: -.

Candidat Voix Résultat Remarques
Riddell Akua Député d'opposition sortant.
Ludwig Scotty Député de la majorité sortante.
Maverick Eoe
Jeb Bop
Transom Duburiya
Pyon Deiye

MenengModifier

Bulletins: -. Dont suffrages exprimés: -.

Candidat Voix Résultat Remarques
Lyn-Wannan Kam Député de la majorité sortante.
Lionel Aingimea Député de la majorité sortante.
Vodrick Detsiogo Député de la majorité sortante.
Jesse Jeremiah
Khyde Menke
Paner Baguga
Chubasco Diranga
Ronay Dick
Squire Jeremiah Ancien député et figure de l'opposition ;
l'un des « Dix-Neuf de Nauru »

UbenideModifier

Bulletins: -. Dont suffrages exprimés: -.

Candidat Voix Résultat Remarques
David Adeang Ministre assistant le président et ministre des Finances et de la Justice sortant.
Ranin Akua Député de la majorité sortante.
Russ Kun Député de la majorité sortante.
Gabrissa Hartman Députée sortante (positionnement incertain).
Reagan Aliklik
Kay Aliklik
Darned Dongobir
Wawani Dowiyogo
Aloysius Amwano Ancien député.
Vyko Adeang
Maximillian Kun
Renos Agege

RéférencesModifier

  1. (en) "Nauru election to be held August 24th", Radio New Zealand, 16 juillet 2019
  2. a et b Nauru : système électoral, Union interparlementaire.
  3. (en) "Nauru country brief", ministère australien des Affaires étrangères, février 2013
  4. (en) Matthew Dornan et Tess Newton Cain, "Pacific perspectives in 2016", East Asia Forum, 6 janvier 2017
  5. (en) "Australia props up Nauru's 'out of control' president", The Saturday Paper, 7 avril 2018
  6. (en) "Suspended Nauru MPs accused of high treason by speaker of parliament", Australian Broadcasting Corporation, 26 juin 2014
  7. (en) "Constituents 'living in fear': Nauru MP", Special Broadcasting Service, 19 juin 2015
  8. (en) "EU says Nauru must meet obligations", Radio New Zealand, 29 juin 2015
  9. (en) "New Zealand parliament passes motion expressing concern over Nauru politics", Australian Broadcasting Corporation, 2 juillet 2015
  10. (en) "New Zealand suspends aid to Nauru's justice sector citing diminishing rule of law", Australian Broadcasting Corporation, 3 septembre 2915
  11. (en) "Nauru opposition MPs hampered as election nears", Radio New Zealand, 4 juillet 2016
  12. (en) "Nauru opposition MP stares down 'difficult battle'", Radio New Zealand, 2 août 2016
  13. (en) "Nauru 19 left penniless and exhausted by 'neverending' ordeal, lawyer says", The Guardian, 2 mai 2019
  14. (en) « Ex-Nauru president Sprent Dabwido who oversaw detention centre reopening dies », Australian Broadcasting Corporation, 8 mai 2019
  15. a et b (en) "2019 General Election Candidates", Commission électorale de la République de Nauru, 15 août 2019
  16. (en) "The world's smallest republic goes to the polls today — what's at stake?", Australian Broadcasting Corporation, 24 août 2019
  17. (en) "Nauru govt makes payout on eve of election", Radio New Zealand, 23 août 2019
  18. Commission électorale
  19. Over 7400 voters registered to vote in nauru election