Élections législatives estoniennes de 2011

Élections législatives estoniennes de 2011
101 sièges du Parlement d'Estonie
(Majorité absolue : 51 sièges)
Corps électoral et résultats
Inscrits 913 346
Votants 580 264
63,53 %  +1,6
Portrait Andrus Ansip.jpg Parti de la réforme d'Estonie – Andrus Ansip
Voix 164 255
28,56 %
 +0,7
Sièges obtenus 33  +2
Edgar Savisaar 2005.jpg Parti du centre d'Estonie – Edgar Savisaar
Voix 134 124
23,32 %
 −2,8
Sièges obtenus 26  −3
MartLaar2007.jpg Union de la patrie et Res Publica – Mart Laar
Voix 118 023
20,52 %
 +2,7
Sièges obtenus 23  +4
Mikser sven.jpg Parti social-démocrate – Sven Mikser
Voix 98 307
17,09 %
 +6,5
Sièges obtenus 19  +9
Composition de l'assemblée élue
Diagramme
Premier ministre
Sortant Élu
Andrus Ansip
Parti de la réforme d'Estonie
Andrus Ansip
Parti de la réforme d'Estonie

Les élections législatives estoniennes de 2011 (en estonien : 2011. aasta Riigikogu valimise) se sont tenues le , afin d'élire les 101 députés qui formeront la douzième législature du Riigikogu.

ContexteModifier

La coalition de 2007Modifier

Aux élections législatives du 4 mars 2007, le Parti réformateur (ERE) du Premier ministre sortant, Andrus Ansip, s'était classé en tête du scrutin avec 28 % des voix et 31 élus, devant le Parti du Centre (EKE) du ministre de l'Économie et ancien Premier ministre, Edgar Savisaar, qui avait obtenu 26 % des suffrages et 29 sièges. Par la suite, l'ERE avait formé une coalition gouvernementale avec l'Union Pro Patria et Res Publica (IRL) de Mart Laar, et le Parti social-démocrate (SDE) d'Ivari Padar. Cette alliance, forte de 60 députés, avait constitué le gouvernement Ansip II.

La crise de 2009Modifier

Face aux conséquences de la crise économique mondiale, des mesures de rigueur budgétaire sont proposées, comprenant à la fois une hausse de la fiscalité et une baisse des dépenses publiques. Opposé à ces propositions, le SDE se retire de la coalition, laissant le gouvernement en minorité au Parlement. Andrus Ansip parvient toutefois à se maintenir au pouvoir en négociant le soutien, sans participation au cabinet, de l'Union populaire (ERL).

Mode de scrutinModifier

Les 101 députés du Riigikogu sont élus pour un mandat de quatre ans, au suffrage universel direct et à la représentation proportionnelle suivant la méthode d'Hondt. Le pays est divisé en douze circonscriptions électorales qui comptent chacune de six à quatorze sièges à pourvoir. Seuls les partis ayant recueilli au moins 5 % des suffrages exprimés au niveau national peuvent participer à la répartition des sièges. Les électeurs peuvent voter en ligne depuis leur ordinateur et leur téléphone portable entre le et le , ou se rendre dans l’isoloir le [1].

Circonscriptions électoralesModifier

Circonscription Inscrits Sièges
1 Tallinn (Haabersti, Kristiine, Põhja-Tallinn) 76 189 9
2 Tallinn (Kesklinn, Lasnamäe, Pirita) 104 478 11
3 Tallinn (Mustamäe, Nõmme) 69 816 8
4 Harju, Rapla 130 270 14
5 Hiiu, Lääne, Saare 58 583 6
6 Lääne-Viru 48 875 5
7 Ida-Viru 67 604 8
8 Järva, Viljandi 70 092 8
9 Jõgeva, Tartu 67 504 7
10 Ville de Tartu 70 968 8
11 Võru, Valga, Põlva 79 857 9
12 Pärnu 69 110 8

CampagneModifier

CandidatsModifier

Neuf partis politiques ainsi que des candidats indépendants se présentent aux élections législatives.

Candidats aux élections législatives estoniennes de 2011
Parti ou candidat Chef de file Résultats en 2007
Parti de la réforme (ERE)
Eesti Reformierakond
Andrus Ansip
Premier ministre
27,8 % des voix
31 députés
Parti du centre estonien (EKE)
Eesti Keskerakond
Edgar Savisaar
Maire de Tallinn
26,1 % des voix
29 députés
Union Pro Patria et Res Publica (IRL)
Erakond Isamaa ja Res Publica Liit
Mart Laar 17,9 % des voix
19 députés
Parti social-démocrate (SDE)
Sotsiaaldemokraatlik Erakond
Sven Mikser 10,6 % des voix
10 députés
Les Verts (EER)
Erakond Eestimaa Rohelised
Aleksei Lotman 7,1 % des voix
6 députés
Union populaire estonienne (ERL)
Eestimaa Rahvaliit
Andrus Blok 7,1 % des voix
6 députés
Parti des démocrates-chrétiens estoniens (EKD)
Erakond Eesti Kristlikud Demokraadid
1,7 % des voix
aucun député
Parti de l'indépendance estonienne (EIP)
Eesti Iseseisvuspartei
0,2 % des voix
aucun député
Parti russe en Estonie (VEE)
Vene Erakond Eestis
0,2 % des voix
aucun député
Candidats indépendants 0,1 % des voix
aucun député

SondagesModifier

Institut Date ERE EKE IRL SDE EER ERL
TNS Emor 02.2011 28,0 % 25,0 % 21,0 % 16,0 % 4,0 % 2,0 %
Turu-Uuringute 01.2011 25,0 % 19,0 % 12,0 % 9,0 % 2,0 % 2,0 %
TNS Emor 01.2011 36,0 % 23,0 % 16,0 % 14,0 % 4,0 % 2,0 %
Dernières élections 04.03.2007 27,8 % 26,1 % 17,9 % 10,6 % 7,1 % 7,1 %

Faits marquants et thèmes abordésModifier

Le Parti réformateur d'Andrus Ansip, au pouvoir depuis six ans, mène campagne sur les questions économiques, en s'opposant à l'établissement d'un impôt progressif et vantant son bilan. Malgré la très forte hausse du chômage et une importante récession en 2009, le parti libéral s'enorgueillit en effet de l'entrée de l'Estonie dans l'Organisation pour la coopération et le développement économique (OCDE), en 2010, et la zone euro, en 2011. Son grand adversaire et ancien partenaire de coalition, le Parti du Centre, axe son discours sur les effets néfastes du plan de rigueur et de l'adhésion à la monnaie unique, promettant notamment de baisser la taxe sur la valeur ajoutée sur certains produits de base. L'EKE a cependant dû accuser le contrecoup de la révélation d'un rapport des services secrets, selon lequel son président aurait reçu, en sa qualité de maire de Tallinn de l'argent de la part d'un homme d'affaires russe, ancien espion du KGB. Second parti de l'alliance au pouvoir, l'Union Pro Patria et Res Publica conduit une campagne conservatrice et libérale, mettant en avant la lutte contre le déficit public, la baisse de l'impôt sur les sociétés et son refus de voir le centre gauche gouverner le pays. Le Parti social-démocrate, dont le nouveau président Sven Mikser est l'une des révélations de la campagne électorale, met pour sa part en avant un projet assez marqué à gauche, combinant l'établissement d'un impôt progressif, la gratuité totale de l'éducation et la hausse des allocations familiales.

RésultatsModifier

Voix et siègesModifier

Résultats des élections législatives estoniennes de 2011[2]
 
Parti Votes % +/- Sièges +/-
Parti de la réforme (ERE) 164 255 28,56   0,8 33   2
Parti du centre estonien (EKE) 134 124 23,32   2,8 26   3
Union Pro Patria et Res Publica (IRL) 118 023 20,52   2,6 23   4
Parti social-démocrate (SDE) 98 307 17,09   6,5 19   9
Les Verts (EER) 21 824 3,79   3,3 0   6
Union populaire (ERL) 12 184 2,12   5,0 0   6
Parti russe en Estonie (VEE) 5 029 0,87   0,7 0  
Parti des démocrates-chrétiens estoniens (EKD) 2 934 0,51   1,2 0  
Parti de l'indépendance estonienne (EIP) 2 571 0,45   0,2 0  
Indépendants 15 882 2,76   2,7 0  
Votes valides 575 133 99,12
Votes blancs et nuls 5 131 0,88
Total 580 264 100 - 101  
Abstentions 333 082 36,47
Inscrits / participation 913 346 63,53

Résultats par circonscriptionModifier

Résultats dans chaque circonscription (en %)[2]
En vert, 1er parti, en gras, meilleur résultat par parti
Circonscription ERE EK IRL SDE EER ERL VVE EEKD EI
Première circonscription 23,5
32,4
20,8 13,7 2,1 0,6 1,3 0,5 0,2
Deuxième circonscription 21,8
40,0
17,4 11,7 3,9 0,6 1,9 0,3 0,2
Troisième circonscription
32,3
25,3 20,2 15,1 3,1 0,5 0,9 0,5 0,5
Quatrième circonscription
39,5
12,8 22,2 13,5 4,7 1,1 0,4 0,4 0,3
Cinquième circonscription
32,7
15,1 16,4 24,1 5,3 1,8 0,1 1,2 0,4
Sixième circonscription
26,8
16,7 21,2 24,8 1,9 6,0 0,3 0,8 0,4
Septième circonscription 12,5
54,5
10,7 12,4 1,9 2,9 4,0 0,6 0,1
Huitième circonscription 27,1 13,4 23,0
27,4
1,9 2,0 0,1 0,4 0,2
Neuvième circonscription
28,1
15,3 26,1 17,6 2,9 7,3 0,2 0,3 0,8
Dixième circonscription
34,4
15,5 24,3 18,7 3,6 1,2 0,5 0,3 0,7
Onzième circonscription
26,9
18,5 20,8 25,8 2,6 3,8 0,3 0,9 0,5
Douzième circonscription
28,5
17,4 21,9 12,5 10,8 1,1 2,1 0,5 0,3

AnalyseModifier

Le taux de participation est de 63,61 %. C'est le taux le plus élevé depuis 1995[3].

La coalition gouvernementale sort victorieuse de cette élection législative en remportant 49,1 % des suffrages et une majorité de 56 sièges. Le Parti de la réforme (ERE) confirme son statut de première force politique du pays en obtenant 33 sièges, soit deux de plus qu’en 2007. Son allié l'Union Pro Patria et Res Publica (IRL) réalise aussi un bon score avec 20,5 % des voix et 23 sièges, quatre de plus qu'en 2007. Le Premier ministre Andrus Ansip voit ainsi ses choix de politique économique confirmés[4]. Ce résultat est aussi considéré comme un indicateur de la popularité de l'euro : les électeurs estoniens approuvent l’entrée du pays dans la zone euro deux mois plus tôt, malgré un regain d'inflation dans les semaines précédent le vote[5].

Le premier parti d'opposition, le Parti du centre estonien (EKE) du maire de Tallinn Edgar Savisaar, est le grand perdant de cette élection. Il ne parvient pas à battre la majorité sortante et perd trois sièges par rapport à la législature précédente. Le parti, qui critiquait la politique de rigueur, reste soutenu par la minorité russophone, mais a souffert d'un scandale de financement par un homme d'affaires russe proche de Vladimir Poutine[3].

Le Parti social-démocrate (SDE), qui milite pour un impôt progressif sur le revenu et des réformes sociales, réalise la plus forte progression, mais reste dans l’opposition. Il réunit 17,1 % des voix et obtient 19 sièges, soit neuf de plus qu’en 2007[6].

Les Verts (EER) et l'Union populaire (ERL) ne franchissent pas la barre des 5 % nécessaires pour être représentés au Riigikogu qui ne comptera donc que quatre formations, une situation inédite depuis les élections de . Les candidats indépendants progressent, sans toutefois parvenir à faire élire un seul d'entre eux.

RéactionsModifier

Le soir des élections, le Premier ministre Andrus Ansip annonce que son Parti réformateur et lui-même ont l’intention de poursuivre l'alliance avec le parti de droite Union Pro Patria et Res Publica (IRL), mais que « les négociations de coalition ne seront pas faciles ». Le président de l'IRL Mart Laar déclare quant à lui : « La coalition actuelle est la plus probable pour former un nouveau gouvernement compte tenu de la proximité de nos programmes. »[7]

Les 28 observateurs envoyés par Election Observation : Theory and Practice ont révélé, malgré quelques manquements mineurs dans certains bureaux de vote, que ces élections avaient été conduites conformément aux dispositions nationales et internationales[8].

La Communauté des États indépendants, qui avait envoyé une équipe d'observateurs, dénonce des élections qui « ne peuvent pas être considérées comme totalement démocratiques ». Elle considère comme « étrange » la procédure de vote par anticipation, et critique la presse estonienne qui aurait cherché à « discréditer » le Parti du Centre, largement soutenu par la minorité russophone d'Estonie[9].

Notes et référencesModifier

AnnexesModifier

Articles connexesModifier

Liens externesModifier